l'insuline dans tous ses états

L'INSULINE DANS TOUS SES ETATS

 

La glycémie du sujet non diabétique est un paramètre extrêmement stable, quelles que soient les situations physiologiques (jeûne, état nourri, exercice ). Pourtant, les flux du glucose dans l'organisme sont très intenses au cours de la journée. En effet, le glucose, source énergétique fondamentale, inonde l'organisme lors des repas. Immédiatement, il est stocké dans le foie et dans les muscles. A l'opposé, à l'état de jeûne, c'est un flux inverse qui s'établit, par déstockage hépatique.

Si la glycémie reste si stable malgré ces flux, c'est grâce à l'intervention de l'insuline (plus précisément du rapport insuline/glucagon ) qui commande le mouvement des flux avec précision. A l'état nourri, la sécrétion d'insuline s'élève, permettant le stockage du glucose dans le foie (60% ) et dans les muscles (40% ). A l'état de jeûne, la sécrétion d'insuline s'abaisse, ce qui entraîne le déstockage hépatique. A l'effort, la sécrétion d'insuline s'effondre, ce qui permet un largage encore plus important du glucose hépatique.

Quelle que soit la situation physiologique, le cerveau satisfait directement son besoin en glucose dans le sang, sans intervention de l'insuline.

La sécrétion d'insuline varie donc physiologiquement. Il existe une sécrétion basale permanente, qui persiste à distance des repas, lors du jeûne et lors de l'effort. Cette insuline "pour vivre " permet au glucose circulant d'être utilisé par les cellules, en particulier musculaires. Lors des repas, on observe un pic de sécrétion d'insuline. Ce pic permet au glucose absorbé d'être stocké par l'organisme.

L'insulinothérapie fonctionnelle est un moyen de traitement optimisé du diabète de type 1, dont l'objectif est de reproduire le plus fidèlement possible les sécrétions physiologiques d'insuline.

Ainsi, les besoins de base en insuline sont déterminés avec précision pour les différentes heures de la journée, au repos et à jeun. Ces besoins de base dépendent entre autres de la corpulence et de la sécrétion résiduelle du pancréas. Ils sont satisfaits, soit par le débit basal d'une pompe portable, soit par des injections d'insuline lente ou intermédiaire.

Le besoin prandial en insuline dépend de l'heure du repas et de la quantité de glucides. Ainsi, à titre d'exemple, 2 unités d'insuline brève permettent d'utiliser 10 grammes de glucides au petit déjeuner. Ce besoin prandial est satisfait soit par les bolus d'une pompe portable, soit par des injections d'insuline brève (idéalement Humalog ou Novorapid ) pratiquées au début du repas.

L'insulinothérapie fonctionnelle a donc pour ambition de suppléer parfaitement le déficit insulinique, tant à l'état de jeûne qu'à l'état nourri.

L'activité physique introduit un bouleversement physiologique. Comme nous l'avons vu plus haut, le flux de glucose doit permettre d'alimenter rapidement les muscles en glucose grâce à un déstockage hépatique. Pour ce faire, la sécrétion d'insuline s'effondre, tout en restant positive, sans quoi l'entrée du glucose dans les cellules musculaires n'est plus possible. Bien entendu, l'aspiration musculaire du glucose ne doit pas abaisser la glycémie en dessous du niveau auquel le cerveau fonctionne, sans quoi des symptômes d'hypoglycémie apparaissent (rappelons que l'utilisation du glucose par le cerveau est indépendante de l'insuline ). Dernier élément en jeu: la durée de l'exercice. Initialement, le glucose est le substrat prépondérant ; par la suite, le muscle consomme aussi des graisses, ce qui diminue le besoin en glucose.

L'insulinothérapie fonctionnelle adaptée au sport est-elle possible ?

Plusieurs paramètres entrent en jeu à l'occasion de l'exercice :

La durée de l'exercice : au départ, le besoin glucidique est plus élevé du fait de la consommation exclusive du glucose ; par la suite, le besoin glucidique est moins élevé en raison de la consommation parallèle des graisses.

L'intensité de l'exercice : la puissance du travail musculaire augmente la consommation glucidique. Naturellement, le poids de l'individu intervient dans le calcul de ce paramètre.

L'entraînement : le conditionnement musculaire améliore le rendement et limite le besoin glucidique.

La complexité des paramètres en jeu rend impossible la formulation des adaptations thérapeutiques sous forme d'équations. Cependant, ce qui vient d'être vu permet d'expliquer les conseils aujourd'hui classiques en matière de sport et diabète:

La réduction de l'insulinothérapie à l'occasion de l'exercice s'impose pour orienter le flux glucidique dans le sens du déstockage. Toutefois, le besoin en insuline n'est jamais nul, car l'insuline reste indispensable pour permettre l'entrée du glucose dans les cellules.

L'apport en glucides est fonction de la puissance de l'exercice. Des tables donnent une indication de ce besoin horaire en fonction du type de sport et du poids du sujet. Elles doivent cependant être adaptées par chacun en fonction des résultats de l'autosurveillance glycémique régulière.

Au cours de l'exercice, le besoin glucidique est plus élevé au cours de la première heure. Il diminue et se stabilise par la suite.

Ces réflexions permettent de comprendre les adaptations de l'insulinothérapie et la nécessité des apports glucidiques réguliers à l'occasion du sport. Elles ne permettent cependant pas de fournir des indications chiffrées exactes sur ces adaptations. Seule la mise en pratique et les résultats empiriques des expériences personnelles permettent à chacun de les évaluer pas à pas.

 

 

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dernière mise à jour le 23.10.2002