« Je parle en langue

« Je parle en langue  plus que vous tous »

G.F. Rendal

 

« ...ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu'on leur disait était exact. ».2

La lecture et l'étude de ce livre éclaireront ceux qui s'inquiètent, avec raison, de la marée de subjectivisme qui déferle sur l'Église et qui entraîne les âmes mal affermies dans des expériences qui, subtilement, portent l'étiquette biblique.

Deux pièges y sont signalés : l'erreur chaude de la contre- façon et la vérité froide de l'orthodoxie morte. La plupart de ceux qui avant G.F. Rendal ont abordé le parler en langue l'ont fait avec un esprit d'à-priori propre aux opposants. Ils en parlent comme étant eux même en dehors  de l'action.

Leur argumentation reste touffue, souvent incomplète, parfois partisane. Ils ne convainquent pas. Pas assez. G.F. Rendal l'aborde de l'intérieur, pour ainsi dire à reculons. Il le démonte pièce par pièce et en démontre le mécanisme périmé, erroné ou frauduleux. Sous sa plume

tout l'enseignement biblique sur le sujet s'harmonise. Il convainc. Il est hautement souhaitable que pasteurs, responsables, membres d'Église ou d'Assemblées, librairies, éditeurs de journaux et périodiques chrétiens, professeurs d'Instituts et de Facultés Bibliques,

recommandent ce livre et lui donnent la publicité qu'il mérite..3

P r é f a c e

C'est pour nous un inestimable privilège de recommander un ouvrage dont beaucoup de chrétiens souhaitaient la parution depuis longtemps. Écrit d'une plume alerte, sans temps mort, il se lit aussi facilement qu'un livre d'aventures. C'est en fait l'aventure doctrinale du Parler en Langues qui nous est contée. L'intérêt reste soutenu de bout en bout. La verve étincelante de M. G.F. Rendal fait presque oublier que son livre est une étude biblique sérieuse, approfondie et exhaustive sur un sujet dont il ne néglige aucun aspect. Ce livre ne laissera personne indifférent. Il sera utile à tous les milieux Réformés, Évangéliques, Pentecôtistes ou Charismatiques qui baignent dans un océan de subjectivisme. Partant d'un cheminement personnel, M. G.F. Rendal nous présente une étude objective du Parler en Langue. Il s'est rigoureusement interdit de sortir de son itinéraire afin de ne pas égarer son lecteur dans des chemins annexes. Toute la force du livre réside dans cette contrainte qu'il s'est librement imposé. Il évite le piège des expériences subjectives pour nous ramener inlassablement sur le Roc inébranlable de la Parole de Dieu. On lui saura gré d'avoir résisté à la tentation d'aguicher son lecteur par des récits d'expériences ou d'anti-expériences qui n'accrochent que les esprits faibles et avides de sensations.

M. G.F. Rendal se révèle être un redoutable polémiste. Sa pensée fortement nourrie de la sève de la Parole de Dieu et doué d'une acuité spirituelle aiguë, débusque l'erreur et la dénonce avec une vigueur et une rigueur toute paulinienne. Nous lui sommes redevables d'avoir tenu la gageure d'écrire un livre qui, tout en ayant la teneur d'un débat théologique, peut être lu et compris par un non-initié.

Si parfois sa plume se fait ironique, il prend grand soin de ne faire sourire que de lui-même. Mais le plus grand mérite de G.F. Rendal c'est non seulement d'avoir démonté le mécanisme de l'erreur depuis l'intérieur mais c'est de reconnaître qu'il s'est trompé et d'avoir eu le courage de le dire. Nous n'avons pas cru devoir éliminer telle ou telle expression idiomatique vaudoise qui sent bon le terroir de la Suisse romande et nous avons volontairement conservé le style parlé.

Ce livre prend position sans ambiguïté sur un sujet aussi actuel que controversé.

Les professeurs et étudiants des Facultés et des Instituts bibliques trouveront dans ce livre des pensées inédites ainsi qu'une argumentation solidement charpentée qui nous paraît irréfutable. Le flou qui flottait encore sur le sujet est levé. On y voit clair enfin. Merci à l'auteur d'avoir dit tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas.

Nous souhaitons que ce livre déborde le monde francophone, qu'il soit traduit en d'autres langues et qu'il ait une diffusion mondiale.

Ce livre contient de la dynamite. Nous souhaitons qu'il soit dynamique tout simplement dans la vie et pour les assises spirituelles du plus grand nombre. L'idée d'avoir mis un appendice sous forme de questionnaire est original. Pourront s'y référer tous ceux qui seront appelés à contester pour la Foi qui a été donnée aux saints une fois pour toutes.

Nous n'avons qu'un seul regret à exprimer, une seule critique à faire, c'est que ce livre n'ait pas été écrit et publié dix ans plus tôt.

Les Éditeurs..4

Je parle en langue plus que vous tous

P r o l o g u e

Grand a été mon étonnement au lendemain de ma conversion du monde à Jésus-Christ, de découvrir que des gens apparemment sérieux, spirituels et consacrés, des gens que l'Esprit de Dieu employait pour le salut des âmes, se hérissaient dès qu'on leur parlait des dons de l'Esprit mais surtout du parler en langues.

Avec tristesse je les entendais parfois ravaler l’œuvre que Dieu faisait pourtant chez ceux qu'avec ironie ils appelaient « les excités de la rue à côté ». Tels des tranche-montagnes ils les pourfendaient à grands coups de déclarations que j'estimais aussi péremptoires que creuses comme : « le don des langues n'existe plus » ou « c'était pour les temps apostoliques ». Leur conviction m'impressionnait plus que leurs arguments car à vrai dire, en fait d'arguments je ne les entendais pas défendre bibliquement leurs convictions. Dans leurs églises le sujet des langues était aussi tabou que le sexe ou la guérison des malades ; on n'en parle pas, un point c'est tout ! C'est tout juste s'ils ne vous sifflotaient pas avec un petit air de supériorité l'air bien connu : « Monsieur l'inspecteur, on sait tout ça par cœur... » Je n'osais pas discuter du sujet avec eux car j'étais jeune, inexpérimenté et mon bagage biblique plutôt maigre. Mais quelque élémentaire que fût ma connaissance de la Parole de Dieu, je me demandais quelle grille de lecture ces gens devaient employer pour  éviter les très nombreux textes qui, dans le Nouveau Testament, se rapportent au Parler en Langues. Car en ce qui me concernait, aurais-je voulu les éviter (ce qui heureusement n'était pas le cas) que je n'aurais pas pu le faire. Je me demandais comment toute une fraction du monde évangélique parvenait à jouer à cache-cache

avec ces textes ; si on pouvait les éviter dans les prédications, cela n'était pas possible dans la lecture et l'étude personnelle des Écritures. Ils m'apparaissaient omniprésents dans le Nouveau Testament.

Les ignorer me semblait aussi grave queignorer l'Apôtre Pierre dans les Évangiles. Jésus n'a-t-il pas dit : « Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris. » 1

Certes, tous ceux qui ont cru à salut ne font pas la preuve de leur foi en chassant chacun des démons ou en buvant tous un breuvage mortel, ou en mangeant tous, sans danger une amanite phalloïde, ou en parlant tous de nouvelles langues, ou en guérissant tous des malades. Mais a-t-on le droit d'enlever une pareille pièce au merveilleux puzzle de l'image biblique? Un jour, quelqu'un m'a dit sans rire, que c'était satanique. Holà! j'ai appris qu'il avait nuancé son  opinion depuis. Comment peut-on ignorer que tant de chrétiens ont fait l'expérience du parler en langue et qu'ils en témoignent comme d'une grande bénédiction? Peut-on passer sous silence que dans le monde ce sont les Églises de Pentecôte qui progressent le plus rapidement (mis à part l'Islam et peut-être les Témoins de Jéhovah). Le travail parmi les Gitans est à mettre à leur actif et il est prodigieux ; l'Apôtre Paul, celui que l'on a appelé le plus grand après l'Unique n'a-t-il pas dit : « je parle en langue plus que vous tous ?” Cette parole du grand apôtre des nations sera le titre de ce livre.

(1) Marc 16:17-18.5

Chapitre 1

Un message aux hommes ?

Un jour, un opuscule m'est tombé sous la main. Quelle ne fut pas ma surprise d'y lire de la plume de quelqu'un qui se voulait sérieux que : « le don des langues n'avait plus sa raison d'être parce qu'aujourd'hui on pouvait apprendre les langues à l'école ! » Tandis que l'apôtre Paul (n'était-il pas aller à l'école ? !)

prêchait à tant de gens de langues différentes que ce don miraculeux lui était donné plus qu'aux autres pour se faire comprendre de ces païens aux langues si diverses. La faiblesse de l'argument m'apparut immédiatement. Entre-temps j'avais déjà quelque peu creusé ma Bible et je commençais à la connaître un peu mieux. Comment Paul aurait-il pu se servir du parler en langues pour la prédication alors que lui-même enseignait que « celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes... » 1

Si donc la parole en langue ne s'adresse qu'à Dieu et non aux hommes, Paul aurait été en flagrante contradiction avec le Saint-Esprit qui lui avait fait écrire ce texte déterminant : « Celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes mais à Dieu. » 1 L'argument m'apparut d'une navrante pauvreté doublée d'une évidente mauvaise foi envers des vérités aussi limpides. Ces explications qui n'expliquaient rien m'ont rendu soupçonneux vis-à-vis des opposants au parler en langue. En effet il saute aux yeux que, dans la Bible, jamais le parler en langue n'a été employé pour autre chose que pour s'adresser à Dieu. Or, à Dieu je ne peux

m'adresser que dans la louange ou la prière. On ne peut pas enseigner Dieu ; on ne peut pas évangéliser Dieu ; on ne peut pas exhorter Dieu ; on ne peut pas prophétiser à Dieu.

Il n'y a pas d'alternative

Dans le parler en langue ce n'est jamais Dieu qui s'adresse aux hommes mais ce sont les hommes qui s'adressent à Dieu ; le Saint-Esprit ne peut pas se contredire. En y regardant bien, à la Pentecôte il n'y a pas eu de prédication en langues mais « la publication des merveilles de Dieu ».2 Cette louange au Yahvé d'Israël empruntait les langues des païens. Et les oreilles juives, habituées aux langues de ces pays d'où ils venaient, les comprenaient. Ce dut être un choc pour tous ces juifs venus de quinze pays différents et montés à Jérusalem pour adorer le Dieu d'Israël... Eux qui croyait que leurs langues juives, la langue du bon peuple juif élu, était la seule que le Bon Dieu pouvait comprendre. C'est que... leur Dieu à eux n'était pas le Dieu

de tout le monde ! Le partager avec les païens ? Pas question ! Ne voilà-t-il pas que non seulement leur Yahvé comprend l'arabe, le Grec et les treize autres aussi bien que l'hébreu, mais voici que son Saint-Esprit le parle Lui-même au travers des apôtres et des disciples. Autrement dit, la louange qui vient du ciel retourne au ciel après s'être plongée dans un bain de langue païenne. Est-ce que cela voudrait dire que les païens avec leurs langues barbares sont acceptés de Yahvé au même titre qu'eux ? Le don des langues en serait-il le Signe ?

Le premier parler en langues

Avant d'aller plus loin il faut que je vous raconte une petite anecdote où mes connaissances

bibliques ont été mises à l'épreuve. J'étais en compagnie de Frères consacrés et avancés dans la foi. Chacun d'eux connaissait bien sa Bible et nos entretiens s'y rapportaient toujours. Le plus âgés posa la question : quand a-t-on parlé en langue pour la première fois ? Les réponses ont fusé spontanément et toutes pareilles : « à l a Pentecôte ».

On en était si sûr ! Eh bien non ! C'est à la tour de Babel 3 . J'étais un brin vexé. Comment n'y avais-je pas pensé ? Mon oreille était accrochée pour de bon.

(1) 1 C or.14 : 2 (2) Actes 2 : 11 (3) Ge n.11 : 7.6

Je n'oublierai jamais l'explication qui a suivi. La diversité des langues à la tour de Babel était un jugement.

Or, il y a dans la Bible la loi de la première mention. C'est-à-dire qu'une vérité qui est mentionnée pour la première fois dans la Bible gardera sa signification jusqu'au bout. En cours de route elle pourra se charger de sens, se développer, s'enrichir, mais sa valeur du départ ne s'annulera pas. Est-il possible que le parler en langues portât en lui une idée de jugement ? C'est en tout cas ce qu'affirme le texte qui s'y rapporte.

Le texte central du parler en langues repris par Paul en 1 Cor.14 : 21 se trouve en Ésaïe 28 : 11. Paul poussé

par le Saint-Esprit cite librement le prophète Ésaïe 28 : 11 « C'est par des hommes d'une autre langue et par des lèvres d'étrangers que je parlerai à ce peuple... » La citation d'Ésaïe continue par cette précision qui confirme qu'une idée de jugement est contenue dans le parler en langues : « ...afin qu'en marchant ils tombent et se brisent, afin qu'ils soient enlacés et pris... » v.13. Je me suis alors souvenu qu'à la Pentecôte des langues de feu 1 étaient descendus sur ceux qui étaient présents. Des langues de feu... Et, sans contredit, le feu dans 1'Écriture est un symbole de jugement. Même si ses effets peuvent être purificateurs, le sens du jugement se retrouve partout dans le feu. Je me raccrochais un instant à l'idée que le feu pourrait ne pas être un jugement puisque nous chantions souvent le si beau cantique : Revêts-nous de ta puissance, Et baptises-nous de feu !... citant en cela les paroles même de Jean-Baptiste.2

Première vérification

Pour en avoir le coeur net j'ai regardé d'un peu plus près les textes qui s'y rapportaient. D'étonnement en étonnement j'ai trouvé que notre hymnologie n'est pas toujours bonne théologie. La Bible m'a fait découvrir que le baptême de feu était mis en opposition avec le baptême du Saint-Esprit et qu'il était synonyme de perdition. En effet j'ai trouvé que les quatre Évangiles reprenaient les paroles de Jean-Baptiste. Tous les quatre parlent du baptême du Saint-Esprit mais deux seulement mentionnent le baptême de feu. Une lecture attentive m'a fait découvrir que le baptême de feu n'est cité que par Matthieu et Luc justement parce que les

opposants, les pharisiens sont là, cités dans le contexte. C'est en raison de leur présence et à leur adresse que le feu est mentionné. Les pharisiens étant absents du contexte de Marc et de Jean, le baptême de feu et le jugement sont aussi absents. L'explication toute naturelle découle du verset qui suit : « Il amassera son blé dans le grenier (c'est le baptême du Saint-Esprit) et il brûlera la paille dans le feu (c'est le baptême de feu) ». L'un des baptêmes, celui du Saint-Esprit est lié au grenier céleste ; l'autre, celui de feu est lié au feu inextinguible. Quelques années plus tard, l'apôtre Paul poussé par le Saint-Esprit écrira les mêmes vérités

avec d'autres mots. Il dira que l'Évangile est pour les uns une odeur de vie donnant la vie et que pour les autres le même Évangile est une odeur de mort donnant la mort.3 Il me faut bien admettre que cette révélation ne faisait qu'embrouiller les cartes car la question suivante surgissait d'elle-même : si le parler en langue est aussi porteur d'une idée de jugement...

Chapitre 2

Du jugement

de qui s'agissait-il ?

Cette question à laquelle aucune réponse n'avait été apportée m'a tracassé pendant longtemps. Car jusque là, les explications que j'avais pu entendre concernant le parler en langue portaient sur l'édification, la louange, la puissance, l'évangélisation et surtout le signe du baptême du Saint-Esprit. Mais que le parler en langue soit aussi porteur d'une idée de jugement, voilà ce qui nous avait échappé à tous.

(1) Ac tes 2 : 3 (2) Matt.3 : 11 (3) 2 Cor.2 : 16.7

La difficulté a commencé à se lever quand une bonne fois pour toutes, ayant lu dans les Proverbes que Dieu a tout fait avec un but, 1 je me suis posé la question :

Quel était donc le but de Dieu en donnant le parler en langue ? C'était un grand signe assurément, mais pourquoi celui-là ? Pourquoi pas, par exemple la faculté de se rendre invisible ? Ou le don d'ubiquité ? Ou une auréole permanente autour de la tête ? Etc... Me

répondant à moi-même, je me disais : ça n'aurait pas de sens. Donc le parler en langue devait avoir un sens sinon ce serait insensé. Oui mais quel sens ? Ça devait vouloir dire quelque chose et à quelqu'un ; mais dire quoi et à qui ?

Or à la réflexion je devais convenir que le parler en langue n'était pas la sublimation du vocabulaire humain ni une forme plus élevée d'expression. On m'avait dit : voici, quand tu parles en langue, tu te dépasses ; du français tu passe au sublime jusqu'à rejoindre les anges dans leur langage céleste. Cela me paraissait formidable. Quand on se trouve à court de mots pour bénir Dieu, le Saint-Esprit vient à notre secours pour nous élever d'un cran ou de plusieurs crans dans des transports inaccessibles à la pourtant belle langue de Voltaire. J'étais cependant troublé par l'idée que mon parler en langue à moi aurait pu être de la même nature que ceux que j'entendais autour de moi.

Inquiétudes

Car il fallait bien l'admettre, à part l'extase, ça n'avait rien d'extraordinaire pour un don si

extraordinaire. Ce qui m'avait souvent indisposé dans le parler en langue que j'entendais c'est que c'était toujours incompréhensible et que ça ne ressemblait pas vraiment à une langue parlée. Ayant personnellement étudié plusieurs langues je trouvais que les sons émis étaient plutôt insolites. Je m'en suis ouvert à un pasteur qualifié qui m'a dit que ça pouvait être un dialecte des tribus indiennes de l'Amérique du Sud, du Matto Grosso ou de l'Afrique centrale. Comment le savait-il ? Je peux paraître irrévérencieux mais je me suis demandé vers quel hémisphère le Saint-Esprit nous embarquait. Cela me parut être un non-sens de taille.

La langue française est une des plus riches, des plus étendues et des plus complètes du monde. Comment donc une autre langue rudimentaire au vocabulaire cent fois plus limité pouvait-elle sublimer ce que le français ne pouvait pas faire ? Ce non-sens évident n'avait pas l'air de tracasser mon interlocuteur le moins du monde. Ah ! Cette belle foi du charbonnier ! Que voulez-vous, j'aime avoir de l'ordre jusque dans les idées. Est-ce un mal ou est-ce que je tiendrais cela de Dieu ?

Néanmoins le côté surnaturel du parler en langue s'imposait à moi puisque j'entendais dire que des gens qui ne connaissaient pas un traître mot de Pakistanais s'exprimaient dans cette langue ou en grec ancien avec une aisance et une pureté que n'aurait pas désavoué un professeur d'université. Ce surnaturel admis, je n'en saisissais pas encore le sens ou la portée.

Premières questions

J'ai fréquenté une ou deux Retraites des milieux non-Pentecôtiste avec l'espoir d'y trouver une

réponse à ma recherche du vrai BUT du parler en langues et de connaître aussi les raisons de leur non-parler en langue et de leur refus de ce don du Saint-Esprit. Mes questions là aussi restaient sans réponses satisfaisantes. Je les trouvais d'une navrante ignorance sur le sujet. Quand je demandais quel était le BUT du parler en langues, c'était le vide biblique aussi total que chez les tenants de la doctrine. Les uns parlaient en langues sans trop savoir pourquoi et les autres ne savaient pas pourquoi ils ne parlaient pas en langues.

(1) Pr o.16 : 4.8

Personne ne m'aidait à avancer dans ma recherche. Il y avait bien de part et d'autre des réponses à l'emporte-pièce mais c'était d'une rare indigence. On était fraternel et courtois avec moi mais mes questions agaçaient comme une mouche d'orage.

La couleuvre

Un jour j'ai failli mourir d'apoplexie quand un grand prédicateur très estimé dans les milieux

charismatiques m'a dit que vu son grand âge et sa fatigue due à ses nombreuses prédications, quelques minutes de parler en langues lui redonnaient des forces physiques. Il se sentait renouvelé dans son corps. Il le disait même du haut de la chaire. Beaucoup se pâmaient d'émotion en l'écoutant sans même se demander si la Bible supportait de telles explications. Le pis de tout c'est que moi aussi, l'espace d'un instant, tel un mouton de Panurge je m'étais pâmé avec tous les autres qui opinaient du bonnet en entendant cette bourde qu'on nous faisait prendre pour parole d'Évangile. Je me suis ressaisi assez rapidement. En fait, ce qu'on nous

demandait ce n'était pas de bien réfléchir mais de bien bêler ! De ma vie je n'ai jamais avalé une aussi grosse couleuvre. Pauvre nigaud, me suis-je dit, tu gobes tout. On te dit de fermer les yeux, d'ouvrir la bouche toute grande, on t'enfile une couleuvre grosse comme un bras et tu l'avales sans contrôler. Tu cries même: Alléluia ! Celle-là, je vous assure quelle m'est restée à travers la gorge. Comme le corbeau de la fable j'ai juré mais un peu tard qu'on ne m'y  reprendrait plus. Ça y est, me suis-je dit après réflexion, voilà le parler en langue qui entre dans la panoplie des reconstituants et autres défatigants à employer en gériatrie. Une

phrase du Grand Livre m'a traversé l'esprit : « ...ils s'attacheront à des fables... des contes de vieilles femmes... » 1

Les Croisades

J'ai eu mal ce jour-là pour ce peuple de Dieu pourtant si ardent qui était comme un troupeau qui n'a pas de berger. J'ai pensé aux Croisades, à ces Croisés malades. mourants, décimés, découragés, en route pour la Terre Sainte dont on remontait le moral à coup de balivernes. Un moine de la troupe venait - ô !

Miracle fabriqué - de retrouver le fer de la lance qui avait servi, plusieurs siècles plus tôt à percer le côté du Sauveur.

Le Ciel venait de leur donner le Signe de son approbation. Et les voilà repartis vers leur utopie, regonflés pour quelques jours... Pauvre, pauvre troupeau me suis-je dit que celui qui prend la voix d'un étranger pour celle du Bon Berger.

Combien j'ai chéri ce jour-là cette Parole du Livre des Actes : « ces juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique, ils reçurent la Parole avec beaucoup d'empressement et ils examinaient chaque jour le s Écritures pour voir si c e qu'on leur disait était exact ».2

Si la prédication du grand apôtre Paul était passée au crible de la Sainte Écriture, n'y a-t-il pas pour nous aussi une impérieuse obligation d'éprouver les esprits en comparant ce qu'ils disent avec ce qu'enseigne ou n'enseigne pas l'Écriture ?

Chapitre 3

Langues angéliques

Il y a un point important à propos duquel j'ai été souvent mal à l'aise. C'est quant il y avait un parler en langue suivi d'interprétation. Car à tout parler en langue, dans l'Église primitive, il devait y avoir interprétation.3

(1) 2 T im.4 : 4 (2) Actes 17 : 11 (3) 1 Cor.14 :27-28.9

Le texte est formel : « s'il n'y a point d'interprète qu'on se taise. » Sur ce point je constatais une désobéissance flagrante et quasi-générale devant l'ordre de celui qui parlait en langue plus et mieux que les autres. Son enseignement n'était que très rarement appliqué. Savez-vous que parfois je préférais presque que l'on n'interprète pas ce qui se disait. J'étais honteux de ce qu'on interprétait. Ce qu'on n'avait pas encore traduit pouvait passer pour être inspiré tant qu'on ne le comprenait pas. Mais une fois interprété, c'était ce que je comprenais qui me mettait mal à l'aise. La plupart du temps c'était d'une indigence à faire rougir un

dernier de classe. C'était presque toujours banal, quelconque. Je me disais : Il aurait très bien pu le dire tout de suite en français. En fait, le pasteur ou un autre frère édifiait beaucoup mieux quand il prêchait en français que quand il parlait en langue. L'interprétation étant, elle aussi, un don de l'Esprit, où était l'élévation promise, la pensée sublime, la vérité transcendante ? C'était au contraire des lieux communs, des chemins battus, des idées mille fois rabâchées. Tandis que Paul, lui, lorsqu'il a été ravi au troisième ciel, y a entendu

des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer. Je saisissais mal. Je me disais : c'est comme si avant de boire un verre d'eau on en sépare l'hydrogène et l'oxygène par catalyse puis qu'après ce laborieux procédé on les remet ensemble pour avoir de nouveau de l'eau et la boire enfin. Ne peut-on pas la boire tout de suite, comme elle est, sortant de la source ? Je me disais parfois : Je dois être bien bête de me poser tant de questions. Puisque Paul a dit : « Je désire que vous parliez tous en langues », 1 cela devrait me suffire.

Langues ou Célibat ?

Je me suis tout à coup souvenu que le même apôtre qui avait dit « je voudrais que vous parliez tous en langues » disait aussi dans la même épître « je voudrais que tous les hommes soit comme moi », 2 c'est-à-dire célibataires. En grec les deux expressions sont identiques. C'est alors que je me suis trouvé vraiment bête car celui qui me donnait le feu vert pour le parler en langue me le donnait aussi pour le célibat. Or, je n'avais pas du tout l'envie de rester célibataire ! Je me disais : je désire l'un et je rejette l'autre, ce n'est pas cohérent. Cela fait sourire.

Pourtant il y a toute une implication doctrinale derrière ces deux désirs de Paul ; l'un pour les

langues, l'autre pour le célibat. Car c'est aux Corinthiens, donc à ceux à qui il va dire : « je désire que vous parliez tous en langues » qu'il dira aussi « je voudrais que vous soyez tous comme moi » célibataires. Je me suis rendu compte à quel point nos choix pouvaient être arbitraires et avec quelle désinvolture nous écartons les textes qui nous gênent pour nous attacher à ceux qui vont dans le sens de nos désirs. Nous faisons de la haute voltige pour tenter de concilier l'inconciliable. Ainsi, ô paradoxe, ceux qui affirment que tous doivent

parler en langues affirment aussi que tous ne doivent pas rester célibataires ! Au nom de quelle règle d'interprétation des Écritures en arrive-t-on à de telles aberrations ? N'est-il pas plus honnête d'admettre que tous les Corinthiens n'étaient pas appelés à être célibataires et que tous n'étaient pas non plus appelés à parler en langues ? Paul admet ces deux choses. D'une part que tous n'ont pas le don de célibat et d'autre part que tous n'ont pas le don des langues quand il dit « Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils

docteurs ? Tous parlent-ils en langues ? » 3 Poser la question c'est donner la réponse.

La langue des anges

C'est à cette époque aussi qu'un frère pasteur, que je questionnais sur le côté in-compréhensible du parler en langue, m'a dit que cela pouvait être la langue des anges. Pauvres anges, me suis-je dit, ils ne parlent pas mieux que ça ? La langue des anges et du ciel ne serait donc que cela ? J'étais déçu. J'avais cru à autre chose. J'allais même jusqu'à penser (ô  profanation, Dieu me pardonne) que si les anges ne parlaient pas mieux que cela, moi, je parlais mieux qu'eux ! Je me disais encore : Si voltaire est au ciel (Dieu ait son âme) les anges ne vont pas trouver cela facile de converser avec lui. Il va les renvoyer sur les bancs de

l'école !

(1) 1 C or 14 : 5 (2) 1 C or.7 : 7 (3) 1 Cor.12 : 30.10

Non, franchement, l'explication de ce pasteur ne me satisfaisait pas du tout. Elle m'apparaissait comme une échappatoire pas très honnête à une question pourtant pertinente. Mais puisque la Bible le disait c'est que ça pouvait être vrai. Par la foi il me fallait l'admettre, m'incliner et même demander pardon à Dieu d'avoir osé raisonner avec Lui sur la forme d'expression qu'Il lui avait plu de donner à ses anges. Le Seigneur n'est-il pas le seul juge de Ses décisions ? 1 Puisque ce pasteur avait fait référence à la Bible je me suis avisé d'aller voir ce qu'elle en disait. J'espérais tant soit peu que ce fût vrai. Hélas ! Une nouvelle déconvenue est venue s'ajouter aux précédentes !

J'ai tout juste trouvé cette phrase : « Si même je parlais toutes les langues des anges et des

hommes...»2 Intérieurement j'étais écœuré. Je me sentais joué, berné par ce cou-tordu fait à la Parole de Dieu. Car il saute aux yeux que Paul emploie ici le « Quand bien même » de l'hyperbole. Paul n'a jamais eu la connaissance de tous les mystères puisqu'il affirme quelques lignes plus loin qu'il ne connaît qu'en partie.3

Jamais Paul n'a livré son corps pour être brûlé. Jamais il n'a distribué tous ses biens pour la nourriture des pauvres. Il ne possédait rien. Il n'a pas davantage parlé toutes les langues des hommes et des anges. Paul pouvait d'autant moins parler la langue des anges qu'il déclare formellement à propos de cette langue céleste: « Ce sont des paroles qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer. » 4 C'est le mode conditionnel qu'il emploie. Un enfant comprendrait cette forme de langage. Comment un homme que je croyais mûr, un berger du troupeau pouvait-il étayer pareille idée sur pareille ineptie ? J'en étais renversé. C'était un cas isolé,

je l'admets, mais cet homme n'était pas n'importe qui, et je crains que plusieurs n'aient repris l'argument à leur compte. Ce serait le meilleur moyen de décommander la cause qu'ils défendent.

Chapitre 4

Deux parlers en langues

Heureusement qu'à côté de ces fâcheuses explications humaines il y en avait une bonne, scripturaire celle-là. Le côté incompréhensible du parler en langue était rendu acceptable par l'affirmation de Paul :

« Celui qui parle en langue... personne ne le comprend » 5 Ouf ! Plus besoin d'aller couper les plumes des ailes des anges en quatre. Merci grand frère Paul. Si donc les hommes parlent si mal, même en langue, ce n'est pas la faute des anges. Merci Paul de nous rappeler que celui qui veut faire l'ange fait la bête. Merci Apôtre Paul de nous rappeler à ta façon que les choses révélées sont pour nous et pour nos enfants et que les cachées sont à l'Éternel.6 A ce stade de réflexion où j'étais parvenu, ce texte venait à point pour me mettre à l'aise et me permettre de souffler un peu. Certes, la difficulté n'était pas encore aplanie mais, au point où j'étais arrivé dans ma recherche de la vérité, cette parole inspirée de celui qui parlait en langue plus que les

autres me fit l'effet d'une petite oasis dans mon acheminement spirituel sous les rayons trop chauds des opinions contradictoires. Je pouvais donc ne rien comprendre sans devoir m'en inquiéter. Quel soulagement !

C'était sécurisant comme une messe en latin. Et ça avait le même petit goût de mystère qui n'était pas  déplaisant du tout. Il faut maintenant que j'avoue que les adversaires du parler en langues commençaient à me faire peur. Si ne n'était plus à cent pour cent dans la ligne de charisme je l'étais encore à quatre-vingt-dix-neuf et j'espérais bien reprendre le un pour cent qui m'avait été grignoté moins par les tenants du non-parler que par les bévues de ceux qui y croyaient. Ce verset providentiel me permettait de croire avec mes frères de la Pentecôte qu'il y avait bien deux sortes de parlers en langue, celui du jour de la Pentecôte que tout le monde comprenait 7 et celui dont Paul parlait aux Corinthiens et que personne ne pouvait  comprendre.8

(1) Rom.11 : 34-35 (3) 1 Cor.13 : 12 (5) 1 C or.14 : 2 (7) Ac tes.2 : 8

(2) 1 C or.13 : 1 (4) 2 C or.12 : 4 (6) Deut.29 : 29 (8) 1 C or.14 : 2.11

J'avais aussi remarqué avec un grand soulagement que partisans et opposants avaient sur ce point une parfaite identité de vue. Le parler en langue dont parle Paul n'était plus celui de la Pentecôte. Alléluia!

Quand je rencontrerai Paul au ciel j'irai lui serrer la main et le remercier d'avoir écrit ces paroles. Par elles, le flou qui subsistait dans ma compréhension du sujet me permettait de rester serein dans ma foi en la solidarité de mes positions.

Chat échaudé craint l'eau froide

Cette parole de la Bible « nul ne le comprend » était une véritable aubaine ; il y avait donc bien deux parlers en langues. Mais j'avais déjà été tellement échaudé dans le passé que je n'ai pas pris cette affirmation pour argent comptant. Je m'en suis tenu à ma méthode habituelle. Puisque la Bible est notre règle de conduite et de foi, j'ai préféré me pencher sur ce que le Saint-Esprit avait fait écrire. J'ai voulu vérifier s'il y avait vraiment deux parlers en langues. Et si l'opposition des deux textes n'était qu'une contradiction d'apparence et non une contradiction réelle ? J'ai longtemps hésité avant de m'y résoudre. Cela me faisait frémir. Il y a

dans la Bible, tant de contradictions apparentes qui ne résistent jamais à un examen sérieux et approfondi.

Voici comment j'ai procédé. Avec l'aide d'une concordance j'ai aligné tous les versets relatifs au parler en langue sans en omettre aucun. J'en ai trouvé presque trente. Puis-je suis allé vers le texte grec. J'y ai trouvé :

Primo: que nos versions françaises recouvrent parfaitement le texte grec et qu'il était superflu de s'y référer vu la bonne tenue de nos versions.

Secundo : Qu'il n'y avait qu'une seule et même expression pour tous ces textes.

Or, il est évident que si le parler en langue des épîtres est une glossolalie différente du parler de la Pentecôte cela devrait se retrouver au niveau des termes employés. Il n'en était rien. Luc, l'auteur du livre des Actes des Apôtres se sert des mêmes mots dans son chapitre 2 que Paul dans ses chapitres 12, 13 et 14

de sa lettre aux Corinthiens. Or, si, comme je le croyais, les deux parlers en langues étaient différents, Luc l'aurait signalé ne fût-ce que par l'emploie de mots différents. En effet les Actes des Apôtres ont été écrits après l'épître aux Corinthiens. Cette lettre de Paul circulait largement parmi les Églises et Luc, cela va de soi, était au courant de cette lettre. Il était de plus l'un des compagnons de voyage de Paul. Si donc le parler en langue qu'il rapporte dans son livre avait été différent de celui dont Paul parle dans le sien, Luc l'aurait sûrement relevé afin d'éviter la confusion. Or il n'en dit rien. Il en parle comme Paul en parle et il emploie

les mêmes mots pour parler d'une même choses. C'est la « glossa » dans un cas comme dans l'autre. Le texte grec est formel. Cette constatation n'était pas très arrangeante pour moi. Il n'y avait plus que deux possibilités de comprendre la chose :

1) La contradiction. C'est une hypothèse que tout chrétien convaincu de l'inspiration des Écritures écarte.

2) Un seul parler en langue. Mais alors il reste à expliquer pourquoi Paul semble dire le contraire de ce que dit Luc. Paul a en vue des langues aussi connues que celles mentionnées par Luc puisqu'il dit : « ...aussi nombreuses que puissent être dans le monde les diverses langues... » 1 Il s'agit bien dans la pensée de Paul de langues humaines. Si elles sont de notre monde, pourquoi n'étaient-elles plus comprises des Corinthiens alors qu'elles l'étaient encore quelques années plus tôt à Jérusalem ? Dieu n'est-il pas le même hier, aujourd'hui et éternellement ? Le problème était sérieux et d'envergure. Par la prière, la méditation des Écritures et l'aide du Saint-Esprit le nœud s'est défait tout seul. C'était si simple et si évident que j'ai douté de ce que j'avais compris. Je n'en ai jamais rien dit à personne.

Quelques mois plus tard, un Frère américain, sans que le lui fasse part de ma découverte, m'a dit exactement la même chose, exactement ce qui m'avait été révélé quelque temps plus tôt. Si donc un autre avait fait la même découverte c'est que le Saint-Esprit est à l'oeuvre aujourd'hui comme autrefois pour ceux qui ne se contentent pas d'ouï-dire mais qui sondent Sa Parole et la méditent jour et nuit.2

(1) 1 C or.14 : 10 (2) Ps.1 : 2.12

La Pentecôte actualisée

Que s'était-il donc passé à Jérusalem pour que tous ceux qui étaient là comprennent ces hommes qui parlaient des langues étrangères qu'ils n'avaient pas apprises ? A la venue du Saint-Esprit des langues de feu séparées s'étaient posées sur les disciples.1 Séparément et distinctement ils ont parlé dans les langues maternelles des gens qui étaient là. Quinze pays et peuples, donc quinze langues, sont cités.2

Et comme ils étaient venus de ces pays-là ils ont tous compris.

Ce n'est pas sorcier, me suis-je dit, puisque les 15 peuples aux 15 oreilles différentes étaient là pour les comprendre. L'émission était surnaturelle mais la réception naturelle.

Supposons maintenant qu'il y ait eu là 15 Corinthiens munis de 15 magnétophones et que tous les 15 aient enregistré séparément ce qui se disait et que l'on comprenait si bien. Allons plus loin.

Supposons encore que rentrés à l'Église de Corinthe ils s'y aient fait entendre leurs 15 cassettes aux chrétiens de l'endroit qui ne comprenaient et ne parlaient guère qu'une ou deux langues. L'inévitable conclusion aurait été celle de Paul : nul ne comprend. Forcément puisqu'à Corinthe il n'y avait personne pour comprendre 3 la plupart de ces 15 langues. Allons plus loin encore. Si ces cassettes enregistrées, traversant les siècles étaient entendues, à notre époque, dans une Église de Lausanne, de Paris ou de Madrid, le résultat serait le même. Ces 15 langues que tout le monde comprenait à Jérusalem, personne aujourd'hui pas plus

qu'à Corinthe, ne les comprendraient.

Inversement, imaginons que l'on ait transporté en bloc l'Assemblée de Corinthe à Jérusalem au jour de la Pentecôte. De tout ce qui s'est dit ce jour-là en langues, tous auraient compris les paroles dites miraculeusement dans leur langue, c'est-à-dire le grec. Mais ils n'auraient rien compris des quatorze autres langues. Forcément. Et si le grec n'avait pas été au programme du Saint-Esprit ce jour-là, ils n'auraient rien compris du tout. C'est précisément ce qui se passait dans leurs réunions d'Assemblées à Corinthe. C'était en d'autres langues que le grec qu'on y parlait par l'Esprit. Personne n'y comprenait rien, non pas parce que c'était un langage extatique mais tout simplement parce que ce n'était pas le grec. Ce qui s'y disait leur était

aussi inaccessible que de téléphoner en japonais à un homme qui ne comprend que le français.

C'est l'occasion de signaler qu'il ne s'agissait pas d'un langage extatique comme certain me l'ont suggéré. Cette idée est absolument étrangère tant au texte grec qu'à nos versions habituelles.

Qu'est-ce que cela prouve ?

Que le parler en langues des Corinthiens n'était pas un verbiage extatique incompréhensible ni un langage angélique inaccessible mais des langues aussi nationales et distinctes que l'étaient celles de la Pentecôte à Jérusalem. Et si, comme le dit Paul, on n'en saisit pas le sens c'est parce que, pas plus que Paul et les Corinthiens, nous n'avons les 15 oreilles pour les comprendre. Nous avons autant d'oreilles que nous connaissons de langues et pas davantage. C'est aussi simple que un et un font deux. Cela m'a permis de comprendre trois choses :

1) Qu'il s'agissait bel et bien de langues parlées et vivantes, de langues des nations de l'époque.

2) Que le « nul ne le comprend » peut devenir, si l'on n'y prend garde, un paravent bien commode pour faire accroire que ce qui se pratique dans nos Assemblées est dans la ligne de ce que pratiquait l'Église apostolique puisque de toute façon ni chez eux ni chez nous on n'y comprend rien ! Que cette dialectique conduit tout droit à une contrefaçon d'autant plus incontrôlable qu'un « nul ne le comprend » abusivement employé enlève tout moyen de vérification.

(1) Ac tes.2 : 8 (2) Actes 2:9-11 (3) 1 C or 14 : 2.13

3) Que Paul, malgré l'authenticité du don à l'époque ne permettait pas qu'on l'exerce sans qu'il soit suivi d'interprétation ; 1 que le rassemblement des croyants n'était pas le lieu pour y exercer ce don ; qu'il valait mieux se taire et parler à soi-même que de l'exercer dans ces conditions là.2 Paul, avec l'autorité du Saint-Esprit

en réglemente l'usage et en condamne l'abus et cela à une époque de l'histoire de l'Église où ce

charisme avait sa pleine raison d'être, au point qu'il écrira : Je parle en langue plus que vous tous.3 Cela se comprend. Son apostolat envers les gens de langues était contesté par les opposants Juifs.

Il leur démontrait ainsi que les langues étrangères pouvaient tout aussi bien que la leur louer le Yahvé d'Israël.

Et pour bien le prouver cet ex-pharisien libéré, de ses lèvres de Juif, publiait parmi les Juifs les merveilles du Dieu des Juifs dans la langue des païens ! Merveilles pour les uns (Juifs et païens convertis) ; feu de jugement pour les autres (Juifs incroyants) qui les enflammait de jalousie et les faisait grincer des dents.

Chapitre 5

Le signe et son but

Il me faut maintenant revenir en arrière et reprendre cette question sur laquelle je butais depuis si longtemps et à la quelle je n'avais pas encore reçu de réponse. Assurément le parler en langue était un signe, mais pour qui ? Avant de trouver pour qui était ce signe j'ai trouvé pour qui il n'était pas. En relisant soigneusement l'épître de Paul aux Corinthiens je suis tombé sur cette affirmation que c'était :

Un signe, non pas pour les croyants 4

Je me suis frotté les yeux. Avais-je bien lu ? Oui, j'avais bien lu. Ce signe n'était pas pour les croyants.

Pendant des années j'avais lu ce texte sans le voir vraiment, maintenant il me crevait les yeux. Jamais personne n'avait attiré mon attention sur cet enseignement du Saint-Esprit. Ce qu'on enseignait dans les Assemblées, c'était justement le contraire. Toujours j'avais entendu dire que c'était un signe pour les croyants, que les croyants devaient rechercher ce signe pour eux même et que par-dessus tout c'était le signe que les croyants ont reçu le baptême du Saint-Esprit. Intrigué d'abord, troublé ensuite, je suis allé demander à plusieurs serviteurs de Dieu ce que cela voulait bien dire. Un silence embarrassé et des réponses emberlificotées m'ont donné la certitude qu'eux non plus n'avaient jamais vu ce texte et que ma question les

laissait sans réponse. La gravité de l'enjeu m'est apparue clairement. Le capital confiance était entamé. Ce coup de bélier qui lézardait mon bel édifice ne venait pas des ennemis du parler en langues mais de cet apôtre Paul que j'admirais tant. Il s'en est suivi une sorte de réaction en chaîne. D'autres versets de la Bible s'éclairaient à leur tour. En effet, si ce signe avait été pour les croyants, Paul les aurait encouragés à montrer ce signe dans l'assemblée des croyants. Au contraire, il décourageait cette pratique dans l'Église.5 C'est en dehors de l'Église qu'il parlait en langue plus que les autres mais dans l'Église il préférait ne dire que cinq paroles intelligibles que dix mille en langues.5 C'est-à-dire qu'il était deux mille fois plus opposées à ce qu'on y parle en langues qu'à ce qu'on n'y parle pas. Jamais personne ne m'avait dit ces choses. Et pour cause. Par moments j'étais furibond contre ceux qui m'avaient caché ces choses et furieux contre moi-même d'avoir filtré le moucheron et avalé le chameau. Dieu ! Serait-il possible que les autres aient raison ? Vade Retro Satanas!

J'étais bien résolu à ne plus reculer d'un pouce. Je me sentais bousculé dans mes opinions. J'ai donc décidé de prendre le sujet à bras-le-corps. J'en avais assez de ne comprendre que par personnes interposées.6

J'ai décidé d'attaquer le sujet à fond et sérieusement. J'ai constaté combien il est dangereux de ne connaître une doctrine que par bribes, par ouï-dire ou au travers « d'expériences » qui prétendent s'y rapporter.

(1) 1 Cor.14 : 27 (2) 1 Cor.14 : 28 (3) 1 Cor 14:18 (4) 1 Cor.14 : 22 (5) 1 Cor.14 : 19 (1) Jean.4 : 42.14

J'ai une fois de plus constaté que des textes écrits noir sur blanc depuis deux mille ans nous avaient échappé totalement.

Un signe pour qui ?

Ce qui m'a mis sur la poste c'est bien sûr le « ce n'est pas un signe pour les croyants » mais surtout les paroles qui suivent « mais pour l es i ncroyants ».1 Mais quels incroyants? J'allais chercher midi à quatorze heures alors que la réponse se trouvait dans le verset précédent où Paul nous demande d'être dans notre jugement des hommes mûrs 2 en citant Ésaïe : « Je parlerai à ce peuple par des hommes d'une autre langue, par des lèvres d'étrangers ».3 Quel est ce peuple ? Les Juifs. C'était donc un signe pour les Juifs, pour les Juifs incroyants. C'était un signe pour ces Juifs qui ne voulaient pas croire au salut des païens (des langues) et qui s'y opposaient de toute leur force, « ... qui sont ennemis de tous les hommes, qui nous empêchent de parler aux païens pour qu'ils soient sauvés. » 4 Sur ce point, tout s'est éclairé en un instant. Le voilà le but, le signe par excellence ! Toute la Bible bouillonnait de sève et de vérité devant moi. Le film de la féroce opposition des Juifs à ce qui n'était pas eux même s'est déroulé devant moi.

Jonas

Je vois Jonas qui déteste les langues (les Ninivites) au point de désobéir à Dieu.5 Il fuira à Tarsis plutôt que de leur apporter la parole du salut. Il contestera avec Dieu. Il souhaitera la mort de l'immense métropole plutôt que son salut. Pour lui, l'Éternel était le Dieu d'Israël et de personne d'autres. En tout cas pas de ces langues exécrées. Il ira dans son dépit jusqu'à appeler la mort contre lui-même. Si Ninive vit, que Jonas meure! Il reprochera à Dieu ce qui fait sa gloire : être le Sauveur des hommes de toute langue, tribu, peuple et nation. Cet esprit d'opposition et d'incrédulité ne fera que se confirmer au travers des siècles. Eux sont à Yahvé et Yahvé est à eux ; le cercle est fermé. Les autres sont des maudits. Toute tentative de

fraternisation ou même de tolérance envers les gens d'une autre langue les hérissera en des haines qui atteindront des sommets effroyables. Mort aux autres langues et aux peuples qui les parlent. Oser suggérer que des gens d'une autre langue que la leur soient bénéficiaires des bontés de Dieu, c'était risquer la mort.6

Ils conduisirent même le Seigneur Jésus jusqu'au sommet de la montagne afin de le précipiter en bas quand il leur dit : « Il y avait plusieurs veuves en Israël du temps d'Élie... il ne fut envoyé vers aucune d'elles si ce n'est vers une femme veuve à Sarepta de Sidon » ; 7 et Jésus ajouta pour leur plus grande colère : « Il y avait plusieurs lépreux en Israël du temps d'Élisée... aucun d'eux ne fut guéri si ce n'est Naaman le Syrien. » 8

C'était assez à leurs yeux pour mériter la mort.

Même les Samaritains, pourtant proches parents, n'échappaient pas à leur opposition raciste au point qu'un jour, parce que Jésus n'avait pas été reçu dans un de leurs villages, ses propres disciples, se croyant sans doute les émules du prophète Élie, lui ont demandé :

« Seigneur, veut-tu que nous commandions que le feu descendre du ciel et les consume ? » 9

Jésus dut leur répondre : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés. » 10

D'ailleurs, la pire insulte qu'on pouvait faire à un Juif c'était de le traiter de Samaritain. Quand ils avaient dit cela ils avaient tout dit et ils crachaient par terre.

Plus tard, après avoir reçu le Saint-Esprit ils retourneront vers ces même samaritains et ils demanderont au ciel, non pas de les griller tous par le feu, mais que la grâce du plein salut leur soit accordé.11

Même les Apôtres

Cet atavisme était tellement ancré en eux que les chrétiens juifs restaient incrédules quant à cette vérité d'un salut qui passait aux autres langues. Au point que, lorsque Pierre fut envoyé par le Saint-Esprit vers la maison de Corneille et que tous s'y soient convertis quelques apôtres ne l'ont pas compris de cette

(1) 1 Cor.14 : 22 (3) 1 Cor.14 : 21 (5) Jo nas 1 : 3 (7) (Luc 4 : 25 26 (9) Luc 9:54-55 (11) Actes 8:15

((2) 1 Cor.14 : 20 (4) 1 Thess.2 : 16 (6) Luc 4 : 29 ; Actes 22 : 21-22 (8) Luc 4 : 27 (10) Luc 9:54-55.15

oreille. Pierre s'est fait taper sur les doigts parce qu'il était allé prêcher la bonne nouvelle aux païens. Il a fallu qu'il leur raconte ce qui s'était passé ; que lui, Pierre, les avait entendu parler en langues étrangères comme eux au commencement.1 Ce fut un choc pour eux parce que le signe était pour eux. Eux qui croyaient que leur Bon Dieu n'accepterait que l'hébreu, ne voilà-t-il pas que Son Saint-Esprit Lui-même mettait Sa louange dans des langues et chez des gens qu'ils exécraient. C'est encore tout étourdis de cette révélation qu'ils se dirent avec stupéfaction : « Ainsi Dieu a aussi accordé la repentance aux païens ?!?!?!? » 2 Ils n'en

revenaient pas. Le Dieu d'Israël était donc aussi le Dieu des païens ! Il leur a fallu ce signe des langues pour qu'ils commencent tant soit peu à l'admettre. Mais ils étaient tellement endurcis qu'ils ont récidivé. Ça leur collait tellement à la peau. C'était devenu comme une deuxième nature, au point que quelques année plus tard ce fâcheux état d'esprit réapparaît chez le grand apôtre Pierre. Ce récit se trouve dans Galates 2:11-14.

Il a fallu un surdoué, un homme de l'envergure de Paul pour saisir la vérité rapidement et leur tenir tête à tous.3

Pierre aussi !

Pierre s'est fait secouer comme un prunier par Paul car sa dissimulation était d'autant plus coupable que, plus que les autres, il avait été averti de l'universalité de l'Évangile.4 Si donc les nouveaux convertis juifs en étaient encore à un tel stade d'incroyance quant à un salut qui débordait le peuple d'Israël, à quoi ne fallait-il pas s'attendre des inconvertis et des fanatiques juifs ? Cela est illustré par l'épisode d'Antioche.

Quand les Juifs virent la foule des païens qui écoutaient et recevaient la Parole de Dieu, ils furent remplis de jalousie et s'opposaient à ce que disait Paul en l'insultant et en l'injuriant.5

L'idée de Jonas avait fait du chemin ! Mais quand ils entendirent Paul et Barnabas dire: « Je t'ai établi pour être la lumière des nations et pour porter le salut jusqu'aux extrémités de la terre », ils provoquèrent une persécution contre Paul et Barnabas et les chassèrent de leur ville.6 D'Antioche ils passent à Icone où ça repart de plus belle. Paul et Barnabas, Go Home ! 7

Moïse l'avait dit

C'était l'accomplissement littéral de la parole prononcée 1500 ans plus tôt : « J'exciterai votre jalousie par ce qui n'est point une nation, je provoquerai votre colère par une nation sans intelligence. » 8 Cette antipathie farouche pour les païens leur venait de loin..

Peuple choisi, élu, certes ils l'étaient mais ils en avaient perverti le sens voulu par Dieu

Toute leur histoire était celle d'un peuple mis à part, séparé des autres peuples, tribus, nations et langues.

Mais séparation d'avec le mal, l'idolâtrie, les abominations de ces peuples, ne voulait pas dire haine, mépris, orgueil et supériorité. Ils étaient devenus plus catholiques que le Pape, allant jusqu'à exclure tout ce qui n'était pas eux même et à emprisonner leur Yahvé au lieu de le révéler aux autres. Et quand Dieu se révèle aux païens, la prophétie s'accomplit à la lettre, ils en dépitent de jalousie. Cela se retrouve à Thessalonique où les Juifs jaloux prirent avec eux des méchants hommes de la populace, provoquèrent des attroupements et répandirent l'agitation dans la ville.9 Tout cela pourquoi ? Parce que des non-Juifs, des gens d'une autre

langue, croient en leur Dieu à eux, mais d'une autre façon. Ils se sentent caressés à rebrousse-poil et ça ne leur plaît pas du tout.

Sur les marches de la forteresse

Les choses vont repartir de plus belle à Jérusalem où Paul est revenu. Quel récit prenant que ce chapitre 22 du livre des Actes ! Paul prisonnier, debout sur les escaliers de la forteresse fait signe de la main

(1) Actes 11:15 (3) Ga l 2:5 (5) Actes.13:45 (7 Actes.14:5-6 (9) Ac tes.1 7 : 5

(2) Actes 11:18 (4) Gal 2:11-14 (6) Actes.13:50 (8) Deut.32:21 ; Rom.10 : 19.16

et demande la parole. Il parle en hébreu et un grand silence se fait. Tous retiennent leur respiration pour mieux entendre. Paul raconte sa rencontre avec le Christ s ur le chemin de Damas, sa conversion. Ils sont suspendus à ses lèvres. Personne ne l'interrompt. Sans broncher ils l'écoutent parler de son passé, de ses titres, de ses activités, de son zèle pour la cause juive. Il leur parle de l'apparition de Jésus et ils ne bronchent pas. Il leur parle du baptême et ils ne bronchent toujours pas. Mais au moment où il entame sa phrase : « Le

Seigneur m'a dit, je t'enverrai au loin vers les nations... » la phrase reste suspendue. Ils l'écoutèrent jusqu'à cette parole : les nations.

Ils poussèrent des cris, jetèrent leurs vêtements et lancèrent de la poussière en l'air en disant :

« Ote de la terre un pareil homme. Il n'est pas digne de vivre. » 1 Qu'est-ce qui les fait exploser ? L'idée que Dieu serait aussi le Dieu de tout homme de toute langue. Il devient facile de comprendre pourquoi le parler en langues est le signe de cette grande vérité et que pour « ce peuple » c'était un moyen d'accès à cette vérité.

C'est cette incrédulité envers le salut des païens qui les poussera à se lier par serment et à jurer contre eux-mêmes qu'ils ne prendraient plus aucune nourriture tant qu'ils n'auraient pas tué l'apôtre des païens,2 celui qui parlait aux langues et en langue plus que tous.

Jonas encore

Jonas a fait pareil. Il a boudé le Seigneur et s'est assis à l'orient de la ville, attendant que la ville soit détruite. Et là, sous son ricin, il se lamente parce que le châtiment tarde à venir, tout occupé qu'il était de ses affreuses espérances ; souhaitant la mort d'un peuple que Dieu voulait sauver. Jonas qui fait le reproche à Dieu d'épargner Ninive est le père spirituel des apôtres, oui, vous lisez bien, des apôtres incrédules qui firent

des reproches à Pierre parce qu'il avait annoncé l'Évangile aux païens.3 Incroyable ! Spirituellement parlant, ils étaient tous un peu durs d'oreille. Pierre l'était aussi, bien qu'il eût vécu cet événement extraordinaire que fut la Pentecôte. Bien qu'il eût parlé en langue ce jour-là, pour aller vers les gens d'autres langues il dut avoir la vision de la nappe qui descendait du ciel plein d'animaux qu'il estimait impurs. Trois fois le Seigneur dut lui répéter : « Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé ! »

Il a fallu que le Seigneur s'y reprenne trois fois avec lui pour qu'il se décide à y aller en disant : « je reconnais que Dieu ne fait pas de favoritisme mais qu'en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable. » 4

Quiconque ?

Ce n'est qu'après cela qu'il prononcera le fameux mot « quiconque » au sein d'une phrase-clé d'un des tout grands moments de l'histoire : « Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. » 5 Le mot quiconque me donne l'occasion d'avouer une ignorance de vingt ans. Un aspect très important de Jean 3 : 16 m'avait échappé. Ce verset que des millions de chrétiens connaissent de mémoire cachait une vérité doctrinale qui m'avait complètement échappé. Jésus a dit à Nicodème : Car Dieu a tant aimé... Qui ? LE MONDE. Jamais un Juif n'aurait dit cela ; ni Jonas, ni Pierre, ni les autres. Ils auraient tous dit : Car Dieu a tant aimé Israël. Déjà si tôt dans l'Évangile le Seigneur

annonce l'étendue de son amour : le monde entier composé de nations, de peuples, de tribus et de langues.

Sur la croix, le motif de sa condamnation était écrit en trois langues.6 En latin - la langue judiciaire, en grec –la langue commerciale, en hébreu - la langue religieuse.

A leur insu les auteurs de cet écriteau proclamèrent le côté désormais universel de l'Évangile. Cet écriteau porte en embryon le grand commandement qui va retentir quelques jours plus tard : « Allez faites des disciples de toutes les nations » de toutes langues... La chose était entendue mais j'ai une nature de combattant et je voulais aller jusqu'au bout de mes recherches. Il me restait à connaître...

(1) Actes.22 : 22 (3) Actes.11 : 1-3 (5) Actes.10 : 43

(2) Actes.23 : 12 (4) Actes.10 : 9-16,34-35 (6) Jean 19 : 20.17

Chapitre 6

L'enseignement des épîtres

Quand Jean écrivit son épître il dit cette phrase qui allait si naturellement de soi qu'elle m'en

apparaissait superflue : « il est mort non pour nos péchés seulement mais pour ceux du monde entier. » 1 Bien sûr ! Mais cela n'étais pas aussi évident pour les Juifs. Or, Jean était l'apôtre de la circoncision, c'est-à-dire des Juifs. Son apostolat s'exerçait en priorité parmi eux. Il fallait sans cesse leur rappeler que le pardon de Dieu acquis par la mort de Christ sur la croix n'était pas pour eux seuls mais pour toutes les langues du monde entier. Jusque dans l'Apocalypse, soixante ans après la Pentecôte, Jean reviendra à la charge plusieurs fois. Il parlera maintes fois d'un Cantique Nouveau qui contraste avec le Cantique de Moïse. Quel est le thème dominant du Cantique de Moïse ? Les relations de l'Éternel avec le peuple élu et racheté. Il ne déborde guère ce cadre. C'est le Cantique de l'Ancienne Alliance. Que dit maintenant le Cantique Nouveau de la Nouvelle Alliance ? « Tu as racheté par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation... » 2 Le Cantique d'Israël n'allait pas jusque-là. Cette dimension mondiale leur échappait.

Pour la saisir, ils avaient besoin de l'illumination intérieur du Saint-Esprit et d'un signe extérieur, le parler en langue.

Un mystère

Je me suis alors mis à l'écoute de Paul, le docteur de l'Église. Il explique dans sa lettre aux Éphésiens que les païens et les Juifs forment un seul corps et participent à une même promesse.3 Ceci n'a pour nous, au XX e siècle, rien de mystérieux, mais Paul l'appellera un mystère. Car pour les Juifs, partager les mêmes promesses avec les païens, c'était une vérité toute neuve et inattendue qu'ils ne pouvaient bien comprendre qu'avec l'aide de ce grand signe qu'était le parler en langue, car les Juifs demandent des signes.4

Les Juifs, à l'exemple de Jonas, voulaient bien que les hommes soient sauvés, mais pas tous et surtout pas les païens tandis que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.5 Cette vérité, Paul la redira sous une autre forme à Tite. Il lui rappellera que la grâce de Dieu est une source de salut pour tous les hommes.6 Cela n'allait pas de soi pour les nouveaux Jonas du Nouveau Testament. Il faudra que Paul emploie le pistolet à répétition pour les convaincre. Entre eux et les païens ils avaient élevé une sorte de mur de Berlin. Paul abat  ce mur de la honte truffé de miradors théologiques d'abord en parlant par le Saint-Esprit les langues de ceux qui sont de l'autre côté de ce mur mais encore en leur enseignant que Christ est la paix pour ceux qui sont

des deux côtés du mur. Il leur dit que des deux, Il n'en a fait qu'un et qu'Il s'est créé en Lui-même avec les deux un seul homme nouveau en les réconciliant avec Dieu l'un et l'autre en un seul corps par la Croix et en détruisant par elle l'inimitié ; qu'Il est venu annoncer la paix à ceux qui étaient loin (les païens) et la paix à ceux qui étaient près (les Juifs), car par Lui les uns et les autres ont accès auprès du Père dans un même Esprit.7 Alléluia ! Avec extase Paul s'écrie : « C'est à moi, le moindre de tous, que cette grâce à été accordée d'annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ...8

Hélas tous ne partageaient pas la conviction de Paul, cet homme baptisé dans le Saint-Esprit pour former un seul corps avec tous les hommes, Juifs ou Grecs.9

Leur irréductible opposition allait les exposer au terrible baptême de feu, « ... eux qui sont les

ennemis de tous les hommes, qui empêchent de parler aux païens pour qu'ils soient sauvés en sorte qu'ils ne cessent de mettre le comble à leurs péchés. Mais la colère de Dieu (qu'ils ont souhaité aux autres), a fini par les atteindre. » 10 Oui, ces langues étrangères, annonciatrices d'un si grand Évangile, signe d'une alliance nouvelle et mondiale allaient devenir un feu pour eux mais un feu porteur de jugement. La colère de Dieu allait les embraser comme la paille que l'on brûle au feu.11

(1) 1 J ean.2 : 2 (3) Ep h.3 : 6 (5) 1 T im.2 : 4 (7) Eph.2 : 11-17 (9) 1 Cor.12 : 13 (11) Matt.3 : 12

(2)Ap oc.5 : 9 (4) 1 Cor.1 : 22 (6) Tite 2 : 11 (8) Ép h.3 : 8 (10) 1 Thess.2 : 16.18

Le but

Pour en terminer avec ce chapitre, le BUT DU PARLER EN LANGUE était là tout bonnement expliqué dans un texte que j'avais lu et relu cinquante fois : le récit même de la Pentecôte ! Tout était là. A la grande question de ces gens étonnés qui demandaient ce que pouvait bien vouloir dire le parler en langue, Pierre répondit tout simplement par l'Écriture. Il cite le prophète Joël, « Je répandrai mon Esprit sur toute chair (v.17) et quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé » (v.21). Quiconque... Toute chair... c'est la réponse ! Le but ? Dire à ces Juifs irréductibles venus de partout que l'Évangile était aussi pour les gens de  partout. Ainsi, conclura Paul, le parler en langue est un signe, non pas pour les croyants mais pour les incroyants. Paul conduit par le Saint-Esprit donne avec une précision irréfutable l'identité de ces incroyants et il les nomme : les Juifs. « C'est par des lèvres d'étrangers que je parlerai à CE PEUPLE. » 1.

Dans tout le Nouveau Testament, le parler en langue ne s'est fait qu'en présence des Juifs à qui il était destiné; et même quand les païens parlaient en langues, le signe était pour CE  PEUPLE, pour les Juifs et  les Juifs seuls. Il n'y a aucune exception à cette règle.

Mais, m'a-t-on fait remarquer, si le signe était pour les Juifs, pourquoi les païens de la maison de Corneille et Corneille lui-même ont-ils parlé en langues ?

La réponse est tout entière dans le texte qui suit. C'était pour que Pierre puisse rapporter à ses Frères juifs qui n'admettaient pas encore le droit au salut des paëns : « ... le Saint-Esprit descendit sur eux comme sur  nous au commencement. » 2 « Après avoir entendu cela ils se calmèrent. » 3 Ce dernier verbe démontre à quel point la prédication de la grâce aux nations les avait mis en ébullition. C'était pour « ce peuple » le signe indiscutable que leur Dieu acceptait les langues étrangères au même titre que les purs enfants d'Israël. Ils durent en convenir par cette exclamation d'abord étonnée puis émerveillée : « Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens afin qu'ils aient la vie! » 4 Corneille était le porteur du signe mais le signe était pour « CE PEUPLE ».

J'ai paraît-il, un homonyme célèbre au Far-West, un cow-boy redresseur de tort incarné par Steve Macqueen. Ce Jos Rendal, jusque-là suspect, fut pour les besoins de la cause, inopinément nommé shérif.

Mais comment accréditer auprès de la population et surtout des voyous peu enclins à le croire que l'autorité de Jos Rendal n'était pas usurpée mais au contraire tout-à-fait légale ? La fameuse étoile, signe de sa nouvelle vocation et de sa bonne foi fut épinglée sur sa poitrine.

De même Corneille, par un signe irréfutable divinement « épinglé » dans son langage,5 accréditait à la face d'un Israël encore incrédule que le païen qu'il éta it avait aussi reçu l'appel à la vocation céleste. Il devenait de plein droit enfant de Dieu au même titre que les Juifs convertis selon ce qui est écrit : « ...il est venu chez les siens (les Juifs) mais les siens ne l'ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l'ont reçu (Corneille) il leur a donné le droit de devenir enfant de Dieu. » 6

L'épisode d'Éphèse (Actes 19:1-7) où douze disciples parlent soudainement en langue n'est pas une  exception. Ces hommes étaient, non des disciples du Christ, mais des Juifs, des disciples de Jean-Baptiste qui avaient été baptisés de son baptême qui était pour le peuple Juif.

Croyant alors en Christ, rebaptisés d'eau au nom de Jésus et baptisés dans l'Esprit, ils devinrent un seul corps (1 Cor. 12:13) avec les convertis d'entre les païens au point que les langues de ces gens s'emparaient miraculeusement de la leur pour louer le Dieu d'Israël qui devenait à leurs yeux le Dieu des nations. Ils avaient besoin de ce signe, du parler en langue pour être eux-même édifiés quant à la dimension mondiale que leur Yahvé donnait maintenant à son salut.

(1) 1 Cor.14 : 21 (3) Actes.11 : 18 (5) Actes.10 : 46

(2) Actes.11 : 15 (4) Actes.10 : 46 (6) Jean.1 : 12.19

Chapitre 7

Jésus et les langues

Ce qui me surprenait au plus haut degré c'est que notre bien-aimée Seigneur Jésus-Christ, notre divin modèle n'avait jamais parlé en langue. Lui qui avait le Saint-Esprit en plénitude, et qui avait tous les dons, ne semblait pas avoir celui-là.

Ça n'avait pas du tout l'air de lui manquer. Il n'en parlait pas et Il ne semblait pas le rechercher. Pourtant si le parler en langue était tout ce qu'on m'avait dit qu'il était et tout ce à quoi il pouvait servir, Il en aurait bien eu besoin ; Lui qui priait tant et jusqu'aux larmes, qui jeûnait souvent, qui prêchait le salut aux foules, qui s'épuisait en guérisons.

Si le parler en langues est le défatiguant et le reconstituant que l'on prétend, Il en aurait eu bien besoin, Lui qui était souvent fatigué jusqu'à épuisement. Pourquoi, me disais-je, ne s'est-Il jamais édifié Lui-même en langue ? Si le parler en langue est à exercer chez soi, en son privé ou dans le cercle des amis, pourquoi ne l'a-t-Il jamais fait ?

Pourquoi n'a-t-Il jamais prié en langue lors des nombreuses guérisons qu'Il a opérées ?

Pourquoi n'a-t-Il pas joint le parler en langue lorsqu'Il chassait les démons si telle devait être la meilleure pratique ?

Pourquoi n'a-t-Il pas chanté en langue en se rendant à la montagne des Oliviers?1

Pourquoi n'a-t-Il jamais rejoint les anges dans leur langage, Lui qui les voyait monter et descendre au-dessus de Lui ? 2

Pourquoi, me disais-je, n'a-t-Il jamais eu ce charisme ?

Pourquoi, pour le bien de son ministère, n'a-t-Il pas recherché ce signe et ne l'a-t-Il pas ajouté aux autres signes ? En lisant 1 Cor.12 j'y ai trouvé les neuf dons de l'Esprit que voici :

SAGESSE, CONNAISSANCE, FOI, GUÉRISON, OPÉRATION DES MIRACLES, PROPHÉTIE, DISCERNEMENT DES ESPRITS, DIVERSITÉ DES LANGUES, INTERPRÉTATION.

Notre bien-aimé Seigneur les avait tous et les a tous exercés sauf le parler en langue et son corollaire explicatif (interprétation).

Dieu l'avait-Il privé de ce précieux don ?

Dieu lui avait-Il retiré ce don ?

Ce don lui avait-Il échappé ? Ne l'avait-Il pas assez recherché ? N'avait-Il pas assez de spiritualité pour le recevoir ? Tout ceci est impensable et à la limite de l'hérésie. Car lui, n'avait pas l'Esprit avec mesure.3 Il l'avait en plénitude. S'Il avait ce charisme pourquoi ne l'a-t-Il pas utilisé ? S'Il ne l'a pas fait c'est qu'il n'y avait pas lieu de le faire, mais POURQUOI ?

Les gens à qui Il parlait n'avaient-ils pas besoin de voir ce signe alors qu'ils avaient besoin de voir tous les autres ? Jésus pouvait-Il avoir la plénitude des dons sans avoir celui-là ? Là plus qu'ailleurs mes questions étaient reçues avec agacement. J'étais une sorte de diablotin qui jaillit de sa « Boite-à-questions-surprises-qui-font-peur ! » Or, mes questions étaient justement de celles auxquelles on souhaitait ne pas répondre.

Une fois de plus j'en étais réduit à m'adresser à Dieu et à m'attendre au Saint-Esprit pour avoir les réponses. La réponse a surgi toute seule de l'ensemble des Saintes Écritures. Elle était conforme au caractère des quatre Évangiles.

(1) Marc.14 : 26 (2) Jean.1 : 51 (3) Jean.3 : 34.20

Le pourquoi expliqué

Jésus n'a guère franchi les frontières de la Palestine. Son Évangile ne s'étendait qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël 1 . C'est aux Juifs seulement et hors de la présence des étrangers que s'exerçait son ministère. Il avait commandé à ses disciples : « n'allez pas vers les païens ni dans les villes des Samaritains.

» 2 L'aspect mondial de son enseignement restait secret. Il n'était pas encore question de « peuples, tribus, nations, et langues » Rien ou presque rien dans ses paroles ne pouvait encore laisser entrevoir la dimension internationale de son oeuvre.

Le signe des langues n'avait donc pas encore sa raison d'être et de se manifester. Jusque là rien ne pouvait hérisser les Juifs et les rendre jaloux des grâces accordées aux païens puisqu'ils n'étaient pas encore question d'eux. Jésus ne mentionnera le parler en langue qu'une seule fois. Il le dira en Marc 16 : 17 tout à la fin de son ministère... « ils parleront de nouvelles langues ». Ce qui est hautement significatif c'est de voir quand Il le dit Dans la foulée de phrases qui précède... « allez par TOUT LE MONDE ». Ce qui déclenche le parler en langue c'est l e fameux « ... à toute créature ». Les étroites limites d'un nationalisme juif borné vont éclater. Mais le Seigneur sait que « ce peuple » va tout mettre en oeuvre pour que la Bonne Nouvelle

ne soit pas annoncée à d'autres langues et en d'autres langues. Il va donc donner à « ce peuple » et par ses disciples LE SIGNE approprié que Lui-même dans sa sagesse n'a jamais voulu ou eu l'occasion d'exercer.

Inversement mais en harmonie avec ce qui vient d'être dit, chez les purs païens d'Athènes et de Malte, hors de la présence de « ce peuple » juif farouchement opposé à leur salut, le parler en langue ne s'exerce pas. Les Juifs absents, le signe qui était pour eux n'avait plus sa raison d'être. Il ne l'a pas davantage aujourd'hui où « ce peuple » juif n'est plus là pour s'opposer au salut du monde.

Chapitre 8

Les expériences

Ainsi, en ce qui me concernait, c'était mon grand ami l'apôtre Paul lui-même qui me taillait des croupières par son implacable logique inspirée du Saint-Esprit. Toutefois, sur ce point je disposais encore de deux îlots de résistance : un grand blockhaus et un petit fortin. Mon blockhaus, c'était une ligne de l'Écriture qui pouvait encore me faire espérer que l'absolu de Paul fût tant soit peu atténué part sa citation de l'Ancien Testament « Je parlerai à ce peuple... » 3 Je me disais, si Dieu s'adresse aux incroyants par le moyen du parler en langue c'est que c'est peut-être quand même un message aux hommes. Mon espoir fut de courte durée car mon blockhaus était miné et il a sauté tout seul. Bien sûr que Dieu parlait aux Juifs par ce signe, mais si le signe leur parlait, les paroles de ce signe étaient pour Dieu et pour Lui seul. Un jour un général d'armée m'a invité personnellement dans son bureau pour que je lui parle de la foi. Quand je suis arrivé, plusieurs personnes attendaient d'être reçues. Je suis entré le premier. Mon entretien était avec le général seul mais mon entrée immédiate était pour les autres un signe de l'honneur qui m'était fait. Il en est ainsi du parler en langues. Les langues païennes désormais privilégiées sont admises au protocole privé du Roi des rois. C'est à Dieu seul qu'ils parleront mais ce sera très « parlant » pour les autres.

Deuxième ligne de défense

Sur ce point encore j'ai tenté de résister dans mon fortin-minus. Je l'appelle minus parce qu'il se situait en dehors de la Bible. C'était le fortin des expériences dont finalement on  s'entretenait plus que de la Parole de Dieu. Or rien n'est plus sujet à caution que l'expérience. C'est pourquoi je n'ai pas voulu m'y engager dans ce livre. C'est un terrain bien trop mouvant.

(1) Ma tt.10 : 6 (2) Ma tt.10 : 5 (3) 1 Cor.14 : 21.21

J'ai deux sortes de livres sur ma table de travail. Il y a ceux qui à grands renforts d'anecdotes rapportent des témoignages vécus, prouvés, qui tous militent en faveur d'un parler en langue qui s'adresserait bel et bien aux hommes. Il y a les autres avec leurs contre-témoignages qui démystifient la chose. Dans ce domaine de l'expérience ou de l'anti-expérience les forces en présence sont à peu près égales ; je m'en tiendrai au principe « sola scriptura ». J'ai été personnellement l'objet de prophéties dites au travers du parler en langue. D'autres que moi l'ont été et quelques-uns peuvent même affirmer que ce qu'on a dit d'eux était vrai et que les choses se sont passées comme elles ont été dites. Or, de telles expériences ne peuvent pas être niées. Mais enfin ! s'est écrié un cher ami, j'ai entendu une prophétie en langue qui me concernait et elle s'est accomplie dans ma vie ! Cet ami était-il sérieux ou voulait-il plaisanter? Eh bien soit, vous comme moi nous avons entendu cette forme de « vérité », il y a eu accomplissement donc, le ciel a parlé. En sommes-nous sûr ? Parce que le ciel a aussi parlé dans la Bible et ce qui y est dit contredit cette expérience. L'expérience affirme que dans

le parler en langue c'est le ciel qui parle aux hommes tandis que la Bible dit que ce sont les hommes qui parlent au ciel.1 A qui vais-je donner raison ? A ce que Dieu dit ou à ce que dit mon expérience ? Job semble avoir connu ce dilemme quand il a dit : « J'ai fait plier ma volonté à ta Parole. » 2

L'expérience ! Mais elle est partout dans la vie et elle ne prouve pas grand-chose.

Même l'occultisme !

Il arrive à l'horoscope de ne pas se tromper ! Des millions de gens sont prêts à en témoigner ; ça c'est l'expérience.

Les parois de la chapelle de Notre-Dame de la Garde à Marseille sont couvertes de plaquettes

reconnaissantes attestant des exaucements miraculeux ; ça c'est l'expérience.

Madame Soleil dit des choses extraordinairement vraies parfois.

Deux voyantes américaines ont prédit l'une l'assassinat de J.F. Kennedy et l'autre l'attentat contre le président Reagan et ce fut vrai. Les béquilles et prothèses suspendues dans la grotte de Lourdes accréditent-elles la doctrine mariale ? Parce que cela aussi c'est de l'expérience.

Le radiesthésiste qui vous indique le lieu d'un objet perdu à des centaines de kilomètres de là rien qu'en passant son pendule sur une carte Michelin c'est aussi de l'expérience.

L'expérience n'est-elle pas prouvée quand le même radiesthésiste vous dit, sans même vous ausculter, le nom de la maladie dont vous souffrez ? Des milliers de gens y croient et ont recours à ces pratiques parce que la réalité de l'expérience les empêche de voir le côté occulte et divinatoire de ces choses.

Sola scriptura

Mais, me suis-je récrié tout un temps, c'est dans le domaine des expériences bibliques et spirituelles que notre recherche de la vérité se situe ! Ta Parole est la Vérité 3 fut la réponse qui me revenait toujours à l'esprit; et en dehors de la Parole le diable peut nous fournir des expériences à la pelle ; il peut alors très bien se déguiser en anges de lumière 4 et nous dire des vérités. Car si c'est le Saint-Esprit qui parle là où il y a tant soit peu de vérité, dans quelle catégorie faut-il classer celle d'Actes 16 où dans la ville européenne de Philippes une jeune fille douée d'un extraordinaire don de prophétie, se met à suivre deux hommes qu'elle

n'a jamais rencontrés et crie à qui veut l'entendre que ces hommes sont des serviteurs de Dieu et qu'ils annoncent la Parole du salut.5 Cela aussi c'est de l'expérience. Mais c'était un démon qui parlait et Paul lui a fait vider les lieux. Tant que cette jeune fille pouvait dire ces vérités, elle était dans l'erreur ; ce n'est que quand elle n'a plus pu rien dire qu'elle a été dans la vérité !

(1) 1 C or.14 : 2 (3) Jean.17 : 17 (1) Actes.16 : 17

(2) Job.23 : 12 (4) 2 Cor.11 : 14.22

Pharaon aussi

De l'expérience ! Pharaon en avait tant qu'il en voulait. Ses magiciens changeaient l'eau en sang, faisaient proliférer les grenouilles et changeaient des bâtons en serpents.1 C'était vrai, c'était authentique ; vrais aussi l'expérience et le témoignage de ces femmes en Jérémie 44 : 16 et 17 « ... quand nous offrions de l'encens à la reine du ciel, nous avions du pain pour nous rassasier, nous étions heureux et nous n'éprouvions pas de malheur. Et depuis que nous avons cessé d'offrir de l'encens à la reine du ciel et de lui faire des libations nous avons manqué de tout et nous avons été consumés par l'épée et par la famine... » Qui dit mieux ! ?

Qu'est-ce qui détermine qu'une chose est vraie ou fausse ? le témoignage vécu ou la Parole de Dieu ? Quand Dieu dit que celui qui parlait en langue ne s'adressait pas aux hommes, que faut-il renier, cette Parole qui le dit ou le témoignage qui contredit cette Parole ? Entre les « expériences » et la Bible un choix s'est imposé à moi. Ce choix je l'ai fait. Je me suis rangé du côté de l'Écriture et contre ces pseudo-témoignages.

A mes lecteurs de faire leur choix.

Pas aux hommes mais à Dieu 1

Sur ce point il m'était facilement possible de passer de la doctrine à la vérification. Avec ma manie de tout passer au crible de l'Écriture, l'occasion fut vite trouvée. Celui qui allait me servir de cobaye fut un de mes chers amis, pasteur réveillé et dans l'église duquel j'étais invité à apporter quelques messages. Au cours d'une conversation privée il me parla d'une soeur de l'Église qui, en tête-à-tête avec lui avait parlé en langue. J'ai discerné, me dit-il dans ce qu'elle disait un message qui m'était adressé. L'occasion était trop belle, comme servie sur un plateau. Je lui dis donc : Comment accordes-tu l'idée d'un message qui te serait adressé à toi avec ce qu'affirme la Bible « Celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes mes à Dieu

».2 Tu n'es pas Dieu. C'était pour lui comme un coup d'assommoir. Il ne put pas me répondre. Je venais de lui faire découvrir un texte que manifestement il n'avait jamais vu ou sur lequel il ne s'était jamais penché.

J'étais gêné pour lui. Il me faisait pitié. Je ne lui ai pas dit que ce parler en langue qui s'adresse aux hommes sentait le souffre. Je ne lui ai pas dit que c'était de la fumisterie, ni même de la supercherie. Je l'ai laissé juger pour lui-même qu'il avait affaire à une grossière contrefaçon.

Or, chacun sait que la contrefaçon dans les choses humaines est punissable par la loi. Serait-ce moins grave dans les choses divines ?

Que penser de tous ces parlers en langues qui expriment une prophétie ou une exhortation ou une révélation, donc un message aux hommes ? Ils sont en flagrante contradiction avec ce qu'enseigne le Saint-Esprit.

Que penser sinon qu'il y a contrefaçon ? Un autre ami, pasteur d'une Assemblée de Dieu ayant lui aussi saisi cette vérité en avait exigé l'application dans son Église.

Lui et son Assemblée furent mis à l'index par le groupement auquel ils appartenaient. La tradition l'emporte souvent sur la Parole de Dieu. L'histoire de l'Église à travers les siècles en est la douloureuse et humiliante démonstration.

Un choix

Je garde un pénible souvenir du temps où mon voisin immédiat, pasteur chevronné de l'Assemblée de Dieu, m'invita à assister à un débat sur le sujet qui nous occupe.

Son opposant était un Frère à l'Oeuvre (c'est ainsi qu'ils appellent leurs serviteurs à plein temps) des Assemblées dites Darbystes. Chacun avait sa Bible ouverte sur la table. Mon ami pasteur que je croyais très versé dan sa propre doctrine ne fit vraiment pas le poids. Quelle lessive ! Ce fut comme une tornade qui balayait tout sur son passage. Ce serviteur de Dieu connaissait sa Bible d'une façon extraordinaire.

(1) Exo.7 (2) 1 C or.14 : 2.23

C'était à croire qu'il en avait avalé une, tellement il faisait corps avec elle. J'avais l'impression de me trouver devant Étienne de qui il est dit : « ...personne ne pouvait résister sa sagesse et à l'Esprit par lequel il parlai t ».1 Je ne me souviens plus des vérités qui désarmèrent et acculèrent mon ami, j'étais trop novice pour les retenir. Mais ce qui m'a atterré et que je n'oublierai jamais c'est ceci : Il ferma la Bible, la poussa de côté et dit : « Bibliquement vous avez raison mais je ne peux pas renier une expérience ! » Cette scène m'a longtemps suivi et poursuivi car tout était là, dans le geste et la parole. La Bible mise de côté et l'expérience mise en avant.

Battu sur son terrain favori et obligé de le reconnaître, il devait, pour garder tant soit peu la face, choisir entre l'expérience et la Bible. Renier l'une ou garder l'autre. C'est la Bible qui fut sacrifiée à l'expérience. C'est cela le subjectivisme galopant qui envahit toujours les couches du christianisme.

Subjectivisme qui écarte ce qui le gêne, fût-ce la Parole de Dieu, tout en collant subtilement sur ces expériences une étiquette biblique. Le tour est joué. Les nouveaux convertis et les gens mal fondées n'y voit que du feu.

Au retour, dans la voiture, j'étais triste pour lui ; je l'aurais volontiers consolé. Mais lui n'avait pas du tout l'air de s'en faire. Il paraissaient joyeux et détendu.

Il avait son expérience, il en était content et satisfait. Il m'a fait penser à ce prêtre catholique qui m'a dit : « que la Bible ne parle pas du purgatoire, cela ne me gêne pas; le magistère de notre Église le dit, cela me suffit. » Ses « expériences » lui suffisaient aussi...

Expériences encore

Dans ce domaine des expériences j'aimais entendre raconter que plusieurs s'étaient convertis en écoutant l'interprétation d'un parler en langue qui leur était destiné. Or, me disais-je, l'Erreur ne peut pas convertir les hommes à la Vérité. Puisque cela les a conduits à Dieu, cela ne pouvait venir que de Dieu. Ce raisonnement n'était logique qu'en apparence. Il ne m'a pas satisfait longtemps. J'ai découvert que les gens de la ville de Philippe en Grèce auraient très bien pu se convertir en entendant la jeune phytonnisse,

Indiscutablement animée du démon, dire, en parlant de Paul et de Silas : « Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut et ils vous annoncent la Parole du salut » 2 Cette femme tout à la fois victime et servante de Satan était à ce moment porteuse du plus pur message évangélique. Il a fallu toute la spiritualité de Paul pour discerner et dévoiler la confusion. Mais cette vérité issue de l'Abîme accrédite-t-elle l'occultisme ? J'ai rencontré des chrétiens qui m'ont dit avoir été mis sur la voie du salut par des Témoins de Jéhovah qui leur

ont procuré la Bible. En aucun cas leur conversion à Christ due à l'initiative des Témoins de Jéhovah ne peut accréditer la doctrine d'une secte d'erreur.

L'Apôtre Paul nous rapporte que certains prêchaient l'Évangile par envie dans le but de lui faire du tort. Cette prédication portait ses fruits au point que Paul dit : « ...je me réjouis de ce qui l'Évangile est prêché ».3 Le résultat rend-il pour autant les mauvais sentiments recommandables ? Peut-on justifier la prédication basse et envieuse au nom des résultats qu'elle produit ?

Voici l'Opéra

J'ai connu un serviteur de Dieu qui s'est converti au théâtre. Il y a entendu une citation de la Bible et, sur-le-champ, saisi par l'Esprit de Dieu il s'est donné au Seigneur.

Non seulement il n'est plus jamais retourné au théâtre mais il n'y a jamais envoyé personne pour être sauvé. Ou bien la fin justifierait-elle les moyens ? Je crains fort que ce soit cet esprit du monde qui prévale chez certains chrétiens.

John Bost, le fondateur des Asiles de la Force à Bergerac en France, était fils de pasteur. Encore inconverti il aimait beaucoup le monde. Il est allé à l'Opéra pour y voir jour le Domino Noir.

(1) Actes.6 : 10 (2) Actes.16 : 17 (3) Phil.1 : 15-18.24

C'est là que l'Esprit de Dieu l'a saisi. Il est sorti précipitamment pour aller se jeter à genoux dans sa chambre et se donner à Dieu. Si l'Opéra peut produire de si beaux fruits pourquoi le chemin de tout sacerdoce ne passerait-il pas par une loge d'Opéra ? SACRILÈGE ! Mais n'était-ce pas là le principe que j'essayais de défendre en justifiant la pratique du parler en langue par un occasionnel bon résultat ?

Quand cet ami, colonel de l'Armée du Salut revenu d'Afrique, est passé dans un de nos cultes il y a loué le Seigneur en Lingala, langue de l'Ouest africain. Il s'en est suivi une Interprétation qui n'avait rien à voir ni de près ni de loin avec ce qu'il venait de dire dans son action de grâce. Or cette imposture était biblique dans ce sens que la pseudo-interprétation était aussi évangélique que les paroles de la pythonisse d'Actes 16. Quelqu'un dans l'auditoire aurait très bien pu la prendre pour lui. Mais de là à justifier la contrefaçon au nom de ce qui n'est qu'une tricherie, il y a une ligne que seuls oseront franchir ceux qui sont animés d'un autre esprit que le Saint-Esprit.

L'insolite

A l'époque où je n'étais pas encore très éclairé sur le sujet, je remarquais déjà à quel point chez certains le parler en langue devenait incontrôlable. C'était un dérapage dans des pratiques telles qu'aux temps apostoliques leurs auteurs auraient été sévèrement tancés par l'Apôtre.

C'est ainsi qu'un jour un Frère qui croyait avoir un don de guérison ou qui le voulait coûte que coûte, m'a dit qu'il accompagnait son imposition des mains aux malades du parler en langue. Étrange. Je me suis souvent demandé dans quelle portion de la Bible il avait trouvé l'exemple et la justification de cette pratique.

Un autre accordait au parler en langue une place de choix lorsqu'il priait pour des gens possédés de mauvais esprits.

Selon lui un exorcisme assisté du parler en langue en devenait d'autant plus efficace. Plus qu'étrange.

D'autre dont la conversion était douteuse - ceci soit dit sans esprit de jugement - n'étaient assurés du pardon de leurs péchés et de leur salut que parce qu'ils parlaient en langue. La foi était remplacée par le parler en langue.

J'ai constaté que les recettes étaient très variées, qu'elles n'engendraient certes pas la monotonie mais que toutes faisaient fi des conseils du grand Livre de Dieu.

L'Apôtre Paul qui, hors du contexte prévu (Juifs non-croyants et interprétation), en contestait l'emploi dans l'Assemblée des croyants, 1 n'aurait-il pas crié son indignation face à de telles déformations ? Ne répèterait-il pas ce qu'il a dit aux Corinthiens : « ...ne soyez pas des enfants sur le rapport du jugement, le parler en langue n'est pas pour les croyants... c'est pour ce peuple... d'incroyants... » 2

Chapitre 9

La grande question : Quand ?

J'en reviens au point déjà cité précédemment que le parler en langue était, comme le dit Paul, un signe pour les juifs incrédules et non pour les païens puisque le Saint-Esprit dit : « Je parlerai à CE PEUPLE... » 3 Ce point étant acquis, je ne voulais plus y revenir mais au contraire aller plus loin. De fil en aiguille j'ai été amené à une conclusion bien troublante. Je sentais confusément que je m'encoublais* de plus en plus dans mes convictions. Je me suis dit : maintenant que l'Église est composée de gens issus des Nations, la question de l'universalité de l'Église ne se pose plus. A quoi le signe peut-il encore servir et à qui ?

(1) 1 Cor.14 : 19 (3)1 Cor.14 : 21

(2) 1 Cor.14 : 20-22.25

Plus personne depuis de très nombreux siècle n'a besoin d'être convaincu que le salut est pour les gens de langues comme les Suisse, les Français, les Anglais, les Chinois, les Zoulous etc... Plus personne ne le conteste depuis des siècles. Alors ? ! ? ! Cette logique rigoureuse me conduisait où je ne voulais pas.

Comme un lapin pris au collet, je m'étranglais de dépit en me débattant furieusement. Chacun sait que quand le Saint-Esprit saisit un homme Il ne le lâche pas tant qu'il n'a pas capitulé devant Lui. Jérémie en a fait l'expérience. Il s'est regimbé contre Dieu mais il a fini par dire : « Tu m'as persuadé et je me suis laissé persuader... » 1

L'Apôtre Paul, le Maître en logistique biblique, qui avait parlé en langues plus que les autres, qui en avait exposé la doctrine et les limites, se devait d'en annoncer la fin, ce qui est dans la nature des choses d'ici-bas, même les meilleures. C'est aussi logique que de supprimer certaines lignes de chemin de fer secondaires quand plus personne ne prend le train. En effet Paul sous la poussée du Saint-Esprit dit : « Les langues ne continueront pas... » 2

Au fait, c'est vrai, conserver un signe qui ne signale plus rien à personne équivaudrait à maintenir des panneaux de déviation sur une route où les travaux seraient finis depuis longtemps. Ça ne rimerait plus à rien.

D'ailleurs, j'ai trouvé dans le Nouveau Testament un decrescendo aussi significatif que troublant :

1) en Actes 2 - tous parlent en langues

2) en 1 Cor.12 - tous ne parlent plus en langues

3) en 1 Cor.13 - les langues cesseront

That is the question !

Oui, les langues cesseront mais Quand ? That is the question ! Jusqu'ici j'avais perdu une bataille, même deux, plutôt trois. J'avais définitivement admis, Bible en main :

1.- que le parler en langue ne pouvait en aucune façon s'adresser aux hommes et que là où cela se pratiquait il y avait contrefaçon.

2.- qu'il était le signe pour les Israélites incroyants de l'universalité du salut et que ce signe n'était que pour eux.

3.- qu'il n'y avait qu'une sorte de parler en langue et non deux comme cela m'avait été enseigné par une exégèse superficielle.

Il faut dire que ces trois batailles perdues, je les tenais maintenant pour des conquêtes et non pour une espèce de cheval de Troie infiltré dans la place ni de sorte de cinquième colonne. La vérité n'aliène pas, elle affranchit. Mes découvertes commençaient toutefois à m'aliéner quelques amitiés mais il me restait encore tant de points et d'intérêts communs avec mes frères que si cheval de Troie il y avait, je me chargeais de le renvoyer d'où il venait. J'étais décidé à résister jusqu'à la dernière cartouche.

Saint Augustin

Entre-temps j'avais même fait appel à l'Histoire bien que je me méfie de la façon dont elle est parfois écrite. Ce que les Pères de l'Église primitive ont dit n'a rien arrangé dans le sens que j'espérais tant soit peu. Jean Chrysostome et St. Augustin (354-430) disent dans leurs commentaires des Écritures que ce don avait déjà cessé de leur temps. Voici comment s'exprimait Augustin dans : « Homélies sur la première épître de Jean ».

« C'était des signes appropriés à cette époque. Il étaient destinés à annoncer la venue du Saint-Esprit chez les humains de toutes langues pour démontrer que l'Évangile de Dieu devait être annoncé à toutes les langues de la terre. Cette chose arriva pour annoncer quelque chose puis di sparut ».

(1) Jé r.20 : 7 (2) 1 C or.13 : 8

* N.d.l.r Savoureuse expression vaudoise que nous avons préféré laisser et qui signifie : trébucher, s'empêtrer..26

Ainsi, ce que j'avais appris si difficilement, St.Augustin l'avait écrit voici bientôt 1,700 ans.

Ce qu'il a enseigné et que j'ai découvert à mon tour va de soi. l'Église primitive et déjà même l'Église apostolique devenait de moins en moins juive et de plus en plus composée de gens de langues, donc de plus en plus convaincue de l'universalité de l'offre du salut. Une foi la chose pleinement admise, il ne restait plus personne à convaincre dans son sein que Dieu avait tant aimé « le monde » et que l'Éternel était plus que le Dieu d'Israël mais qu'il était aussi le Dieu des Nations. Cette vérité étant définitivement admise dans l'Église et même dans le monde, le charisme qui en était le signe comme l'exercice de ce charisme n'avaient plus leur raison d'être. Dieu l'a retiré. Il a fait la même chose avec les écrivains inspirés. Après Jean et son

Apocalypse, plus personne depuis dix-neuf siècles n'a eu le charisme d'ajouter des pages à la Bible. Dieu a retiré ce don. Sauf pour quelques têtus comme Joseph Smith, auteur prétendument inspiré, du livre des Mormons ! Or, écrire le Nouveau Testament était aussi un don de L'Esprit. Il n'a pas continué. Tout le monde sur ce point (sauf quelques illuminés) s'accorde pour le dire, les Frères du mouvement Pentecôte autant que les autres.

Baptême du Saint-Esprit

Du même coup ce qui vacillait sur ses bases c'était l'enseignement bien connu selon lequel le parler en langue était le signe évident ou indiscutable du baptême du Saint-Esprit. La seule chose que le parler en langue confirmait c'est que le baptême du Saint-Esprit était bel et bien l'entrée dans le corps de Christ des Juifs et des non-Juifs. C'est ce que dit Paul : « Nous avons tous, Juifs et Grecs, été baptisés dans un seul Esprit pour... » pourquoi me disais-je ? Quel est le but du baptême de l'Esprit ? La réponse était là écrite sous mes yeux : « ...pour former un seul corps. » 1

Le parler en langue confirmait cette entrée des Grecs dans l'Église à ceux qui n'y croyaient pas ou qui s'y opposaient. Là encore j'en ai eu le coeur tout chaviré quand j'ai vu que le baptême du Saint-Esprit était tout autre chose que ce que je pensais. On m'avait enseigné, dit et redit, que c'était pour avoir accès aux dons de l'Esprit et voici que le seul verset de la Bible qui parlait du but du baptême du Saint-Esprit me disait au contraire que c'était pour former un seul corps composé de Juifs et de gens de langues.

Avais-je bien lu ?

J'ai dû relire le verset plusieurs fois pour me persuader que j'avais bien lu. C'étais bien là le BUT :

« former un seul corps, soit Juifs soit Grecs » et non pas ce qu'on m'avait martelé à longueur d'années. J'ai enfin compris que par ce baptême, le Saint-Esprit enlève l'inimitié entre les peuples, abat les séparations qui les divisent et les dressent les uns contre les autres. Il les fond en une nouvelle nation, un nouveau corps l'Église.

Comme des raisins épars issus de plusieurs ceps forment désormais une seule coupe de bénédiction à la Sainte Cène, de même le divin pressoir du Saint-Esprit, par un seul baptême unit des hommes aux langues si différentes en une seule et même espérance.2 Ah ! qu'elles étaient belles ces rencontres internationales auxquelles j'ai assisté où des gens de races, de cultures, de couleurs différentes, d'un même coeur chantaient les louanges de l'Éternel. Nous formions un seul corps. C'est cela le baptême du Saint-Esprit dit Paul ! « ...baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps soit Juifs soit Grecs... » et j'ajouterai soit Français, soit Anglais, soit Espagnols, soit Africains... Alléluia ! Nous étions nous-mêmes le Signe, l'évidence de l'entrée des Langues dans l'Internationale de Dieu.

Une passe d'arme qui tourne mal

Mais voilà, j'ai une nature de combattant. j'ai même un tempérament d'attaquant. J'aime marquer des buts. En me frottant à St-Paul j'en avais déjà encaissé quelques-uns. Il me fallait sauver l'honneur en serrant ma défense d'une part et ne marquant au moins un but d'autre part.

(1) 1 Cor.12 : 13 (2) Éph.4 : 4-6.27

Comme Paul et les « anti » s'étaient installés dans mon camp, il me fallait procéder par contre-attaques

surprises ; quand on sent qu'un duel tourne mal on sort ses bottes secrètes. J'avais plus d'un tour dans mon sac et plus d'une corde à mon arc. Il me restait le coup de Jarnac. Il est bien dit que les langues cesseront mais QUAND ? Le texte qui dit que les langues cesseront dit aussi que la connaissance et les prophéties cesseront.1 Tac ! Or, si ces deux premiers n'ont pas cessé pourquoi le troisième n'exsisterait-il plus  ? Tac ! n'est-ce pas arbitraire d'en éliminer un et de garder les deux autres. Tac et re-Tac ! J'ai croisé le fer sur ce point avec un de ces anti-langues. J'étais sûr de l'allonger par terre. Par malheur je suis tombé sur un vrai d'Artagnan.

Ma botte qui devait faire Tac n'a fait que toc et je me suis retrouvé embroché comme un vulgaire poulet. Le coquin m'a vraiment mis sur le gril.

Connaissance et Prophétie

J'ai très vite compris qu'à une époque où le Nouveau Testament n'était pas encore écrit, où ni la Prophétie ni la connaissance n'étaient scellées dans ces écrits, il y avait, données par l'Esprit dans les réunions de l'Église primitives, une parole spontanée de connaissance et une édification prophétique tout aussi spontanée.2 Paul dira d'ailleurs : « Voyez la connaissance que j'ai du mystère de Christ ».3 Mais une fois cette connaissance et ces prophéties consignées dans le Nouveau Testament, ces deux charismes eux aussi prenaient fin. Il n'y a plus dès lors qu'une connaissance et une prophétie de seconde zone. Elle ne sont que le commentaire des premières. Elles en sont une explication, une interprétation qui n'ajouteront plus jamais rien à ce qui est écrit et dont la valeur inspirée ne peut en aucun cas leur être comptée sinon il faudrait les ajouter à la Bible. C'est ce que font les Mormons avec les tablettes du Nouveau-Monde de Joseph Smith.

Et elles sont en or S.V.P. ! Elles ont du poids pour eux mais pour eux seul. D'autres ont leurs prophètes inspirés ou leur magistère infaillible. C'est la caractéristique des sectes. Les nouveaux écrits sont mis en parallèle avec la Bible et arrivent à éclipser son autorité et ses enseignements. Il y a bien une prophétie du genre de celle d'Agabus qui annonça une famine.4

Mais elle n'a rien de commun avec celle dont Paul dira : « Vous êtes édifiés sur le fondement des apôtres, des prophètes, Jésus-Christ Lui-même étant la pierre angulaire. » 5 Il y a donc la Connaissance et la Prophétie des fondements auxquels personne ne peut rien ajouter. De cette Connaissance et de ces Prophéties des fondements Paul peut donc dire, et tout chrétien avec lui quelles cesseront. Et elles ont cessé avec les dernières lignes écrites par l'auteur de l'Apocalypse. Voilà ce que veut dire : « ...jusqu'à ce qui est parfait soit venu. » 6 Et la Parole de Dieu achevée, complétée est le point final de la Perfection. Il est écrit : « Je vois des bornes à tout ce qui est parfait mais tes commandements (la Parole) n'ont point de limite. » 7

A la remorque des autres

Quant à la cessation du parler en langue, j'étais comme tant d'autres, imprégné de cette idée qu'elle était liée à : « ...Jusqu'à ce que ce qui est parfait soit venu. » On me l'avait dit et répété tant de fois que j'avais fini par y croire sans vérifier. Puisque c'est écrit, c'est donc vrai. C'était tellement évident. Mais pris d'un soupçon j'ai décidé de lire pour moi-même ce qu'en disait le Saint-Esprit. Quel choc j'ai reçu ! Ce n'était plus mon d'Artagnan cette fois-ci qui me portait l'estocade finale, c'était St.Paul lui-même. Je constatai avec indignation qu'une fois de plus on m'avait trompé. En effet le Saint-Esprit ne dit nulle part dans la Bible que les langues cesseront quand ce qui est parfait sera venu. Il a suffi que je lise posément la Parole de Dieu pour découvrir l'imposture. C'était là tout simplement écrit dans trois versets cités à contre-sens et à des fins  souvent malhonnêtes. En relisant les versets 8,9, et 10 de 1 Cor.13 j'ai trouvé... mieux vaut les lire ensemble.

D'abord le v.8 : « les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. » C'est très clair.

(1) 1 C or.13 : 8 (3) Eph.3 : 3-4 (5) Eph.2 : 20 (7) Ps.119 : 96

(2) 1 C or.12 : 8 (4) Actes.11 : 28 (6) 1 Cor.13 : 10.28

Les deux versets qui suivent nous disent maintenant ce qui va disparaître quand ce qui est parfait sera venu. Lisons bien v.9 : « nous connaissons (Connaissance) en partie, nous prophétisons (Prophétie) en partie... »

Mais où est passé le parler en langue ? ? ? C'est nous qui l'insérons dans le verset pour faire croire qu'il durera au moins jusqu'à ce qui est parfait soit venu. Mais il ne s'y trouve pas !

C'est-à-dire que la disparition du don des langues n'est pas liée comme les deux autres à la venue de ce qui est parfait. Paul ne dit pas cela. Forcément. Nous l'avons dit et redit, vu et revu. La fin du charisme des langues est liée à toute autre chose : au BUT pour lequel Dieu l'avait suscité. Ce BUT a été pleinement atteint lorsqu'il a été pleinement admis que les gens des nations bénéficiaient aussi du salut de Yahvé au même titre que « ce peuple ». Ce fait étant universellement cru, accepté et surtout n'étant plus contesté par personne, ce don n'avait plus sa raison d'être. Et c'est justement celui qui, à une époque où le don était pleinement justifié et qui le maniait plus et mieux que les autres, c'est justement celui qui, conduit par

l'Esprit, nous dit : « les langues cesseront » ou selon une autre version « ne continueront pas ». Ces « langues de feu » se sont éteintes, non à la venue de ce qui est parfait mais faute de leur combustible naturel : la présence de « ce peuple » et surtout de son incrédulité à admettre le salut des autres peuples. Les étoiles, chacun le sait se voient et ne son utile qu'à la nuit. Elles s'éteignent à la lumière du jour. De même le parler en langue n'était utile qu'à l'obscurantisme d'un Israël incrédule et opposé au salut des gens de toutes langues.

Le don s'est éteint tout naturellement quand toute la lumière a été faite sur la vocation des païens.

Voici ce qui a eu définitivement raison de ma résistance.

J'essayais comme tant d'autres de traduire le verset 10 « quand ce qui est parfait sera venu » par cette variante possible : « quand PARFAIT sera venu ». Et parfait à mes yeux c'était le Seigneur.

Admettons un instant ce point de vue. Le verset 8 voudrait donc dire que Prophéties, Connaissances et Parler en langue ne cesseront qu'au retour de Jésus. Mais pourquoi le verset 13 dit-il « la foi, l'espérance et l'amour DEMEURENT et ceci en contraste avec les trois autres qui passent ? Ils demeurent mais après quoi ? Car il est clair qu'au retour de Jésus-Christ, la foi et l'espérance disparaîtront aussi. (L'amour est excepté car il est éternel)

Si c'est donc au retour du Christ que Prophéties, Connaissance et Parler en langue  disparaissent, la foi et l'espérance devraient aussi disparaître avec eux, ensemble et en même temps. Mais le Saint-Esprit dit au contraire que la foi et l'espérance demeurent et survivent aux trois premiers. C'est trois là auront donc cessé avant, avant que cessent la foi et l'espérance, avant la venue de Jésus-Christ.

Quand donc ? En voici l'ordre :

1.- La connaissance et les prophéties cessent à la venue de ce qui est parfait, c'est-à-dire quand la Parole de Dieu est parfaitement complétée.

Le parler en langue cesse quand son but est atteint, c'est-à-dire quand toute la lumière est faite sur la vocation des païens et quand le jugement dont il était porteur est tombé sur l'Israël incrédule.

2.- L'espérance et la foi ne cessent pas mais demeurent jusqu'à la venue de Jésus.

3.- L'amour qui est le plus grand, dépasse le retour de Jésus-Christ, il continue éternellement.

Le bateau coule

Cette fois j'avais bien compris ce qu'il pouvait y avoir de malhonnête de ma part à ergoter sur des vétilles comme si j'étais le défenseur attitré de la doctrine. Car ma doctrine était comme un bateau qui fait eau de toute part. Jusque-là mon bateau était sur la mer mais maintenant la mer était dans le bateau.

J'avais essayé de colmater quelques petits trous alors que tout un flanc était enfoncé. Il fallait quitter le bateau le plus vite possible. Mais j'y tenais tellement à mon vieux rafiot. Le coeur humain est ainsi fait..29

Il résiste à Dieu et à l'évidence. Il préfère rompre que de plier. Pourtant, qu'importait ma défaite si c'était la Vérité de Dieu qui triomphait ? J'aurais encore aimé croire que la fin du chapitre treize laissait tant soit peu espérer une réelle continuation du parler en langue. Mais cette fois le coeur n'y étais plus. J'en avais assez d'ergoter avec des déclarations lumineuses du Saint-Esprit en coupant les virgules en quatre. Et ce n'était pas les « ce qui est partiel » 1 les « lorsque je suis devenu homme » 2 et les « alors nous verrons face à face » 3 qui allaient renflouer mon vaisseau. Entre-temps l'Écriture et son analogie m'étaient devenus familières. Je saisissais sans peine quand disant : « alors nous verrons face à face » Paul passe d'une situation présente, du partiel présent à sa conclusion lointaine et glorieuse : « alors je connaîtrai comme j'ai été connu », qu'il le fasse dans une seule phrase ne doit pas nous surprendre. Tout lecteur assidu de la Bible y est habitué. Quand le Seigneur Jésus se rendit à la synagogue de Nazareth Il lut le fameux texte d'Ésaie : « l'Esprit du Seigneur est sur moi... ; il m'a oint... il m'a envoyé... pour publier une année de grâce du Seigneur. » 4 Il s'est arrêté là,

au milieu de la phrase. C'est intentionnellement qu'il l'a fait. Car entre le dernier mot qu'Il a dit et le mot suivant de la même phrase il y a deux mille ans d'écart. La phrase qu'Il a citée est pour sa première venue, la suite pour son retour en gloire. Mettra-t-on la première venue du Christ au XX e siècle sous prétexte que les deux événements sont rapportés dans la même phrase ? C'est ce que font, avec le parler en langue, ceux qui disent qu'il continue jusqu'à la fin, jusqu'à ce que nous le voyions face à face. Simplement parce qu'il est dans le même chapitre que la phrase qui dit : « alors nous connaîtrons comme nous avons été connus »

! ! ! Très peu pour moi ! Non, cette exégèse-cabriole digne des Témoins de Jéhovah n'est pas pour moi ! Je la laisse aux amateurs de haute voltige.

Cabrioles

En voici un exemple typique. Un cher ami devenu charismatique voulant envers et contre tout

soutenir la continuité du parler en langue m'a livré la pensée suivante : « Si le parler en langue n'existe plus aujourd'hui qu'à l'état de supercherie c'est qu'il n'existait pas non plus au premier siècle et qu'il était tout aussi faux. » Car Dieu, ajoutait-il reste le même hier, aujourd’hui, éternellement. On trouve ici la plus belle illustration de ce qu'on appelle un sophisme. C'est tout à fait comme si cet ami disait : S'i l n'y a plus d'apôtres capables d'écrire la Bible de nos jours c'est qu'il n'y en a jamais eu !

A ce jeux, comment expliquer que ce Dieu qui ne se repent pas de ses dons, qui reste immuable hier, aujourd'hui et toujours, a dès les temps apostoliques retirés certains signes, certaines manifestations ?

Car à la Pentecôte TROIS signes ont accompagné la réception du Saint-Esprit.

1.- Un grand bruit comme un vent impétueux.

2.- Des langues de feu visible et séparées posées sur chacun.

3.- Le parler en langue.5

Tout le monde convient que les deux premiers signes n'ont PAS CONTINUÉ bien que Dieu n'ait jamais dit qu'ils ne continueraient pas. Serait-il honnête d'affirmer au nom de Dieu qui ne change pas : « dès lors que les deux premiers signes n'existent plus aujourd'hui, c'est qu'ils n'ont jamais existé ? » Mais voici, ô déroutante exégèse, que l'on refuse la disparition du troisième signe, le seul cependant dont Dieu ait dit qu'il disparaîtrait !

La manne, pain du ciel

Pendant longtemps je me suis élevé contre l'idée selon laquelle Dieu aurait pu retirer à l'Église un ou plusieurs dons de l'Esprit. J'ai bien été obligé de me rendre à l'évidence que Dieu seul demeure et non ses dons. Le don du ricin-parasole a été donné à Jonas puis retiré alors qu'il croyait en avoir encore besoin.6 Mais en perdant son ricin Jonas n'a pas perdu son Dieu car si le Seigneur reprend ses dons Il ne se reprend pas Lui-Même.

(1) 1 Cor.13 : 10 (3) 1 Cor.13 : 12 (5) Actes.2 : 2-4

(2) 1 Cor.13 : 11 (4) Luc 4 : 18 (6) Jonas.4 : 7-8.30

À titre de comparaison et non comme preuve évidente, une leçon s'est dégagée pour moi de l'histoire

d'Israël dans le désert ; il recevait six jours sur sept ce don du ciel qu'était la Manne, le pain d'En-Haut qui descendait sur la terre. Ce don ils ne l'avaient pas en Égypte bien que Dieu fût avec eux. Dans le désert ce don était le signe, la preuve par anticipation que de riches moissons les attendaient en Canaan. Cela a duré quarante ans. Dès leur arrivée dans la terre promise la manne a cessé.1 Dieu l'a retiré. Pourquoi ? Parce qu'ils avaient les récoltes du pays. Le don, signe et ombre des choses promises, étant devenu réalité s'arrêta.

Je résume cette comparaison en trois points :

1.- La manne n'a pas été donné en Égypte pas plus que le parler en langue n'a été donné au Seigneur

Jésus pendant son ministère terrestre.

2.- La manne donnée pendant quarante ans dans le désert annonçait les moissons de Canaan,

comme le parler en langue annonçait au peuple juif la moisson des païens.2

3.- La manne n'a pas continué en Canaan. De même, selon Paul, le parler en langue ne continue pas quand l'évidence de la moisson des païens n'est plus nié ou combattue.

La fin

Quittant maintenant le terrain de la comparaison toujours discutable, une double vérité s'est

irrésistiblement imposée à moi car elle revêt un caractère à la foi doctrinale et absolue :

1.- Le jugement qu'annonçait le parler en langue 3 sur l'Israël incrédule est dramatiquement tombé sur lui à partir de l'an 70 par la prise de Jérusalem et la dispersion mondiale des Juifs.

2.- L'entrée massive des païens (langues) dans l'Église, qu'annonçait aussi le parler en langue,

s'est faite parallèlement avec la mise à l'écart et le jugement d'Israël. Le signe était

entièrement accompli. Aussi accompli que le grand « Tout est accompli » de la Croix qui

interdit tout renouvellement de sacrifice. Le parler en langue non plus ne se perpétue pas

selon ce qu'en a prophéti sé l e Saint -Esprit : « les langues ne continueront pas ».4

Chapitre 10

Il s'édifie lui-même

Une nouvelle fois il me faut revenir en arrière pour parler de cette phrase mille fois citée : « Celui qui parle en langue s'édifie lui-même.5

Cette affirmation ne remet pas en question la fin du parler en langue dont nous avons longuement débattu. Si donc nous en parlons encore c'est en le situant dans son occasion historique. C'est un peu comme lorsqu'on parle de l'inspiration de la Bible : dire qu'elle est inspirée de Dieu ne veut pas dire que cela la prolonge dans le sens où des pages nouvelles doivent aujourd'hui encore s'ajouter aux anciennes.

Nous avons vu que le BUT du parler en langue était de donner un signe aux Israélites incrédules qui s'opposaient à l'élection des païens. Mais à l'époque où cette vérité ne m'éclairait qu'à demi je me demandais

si c'était là le seul but. Si oui, c'en était bien fini du parler en langue. A cette époque je partageais l'idée de milliers d'autres que le parler en langue avait surtout pour but d'édifier celui qui l'exerçait. On me l'avait trop répété pour que la leçon ne fût pas apprise. Ce refrain, je le connaissais par coeur. A ce stade encore infantile de ma connaissance, ce seul texte devait, dans mon esprit, imposer silence à tous ceux qui niaient l'actualité du parler en langue. C'était un don de l'Esprit pour s'édifier soi-même.

(1) Jos.5 : 12 (2) Actes.2 : 17-21 (3) És.28 : 11-13 (4) 1 C or 13 : 8 (5) 1 C or 14 : 4.31

Il y avait un certain triomphalisme à manier ce verset. Il m'apparaissait aussi absolu que le : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église » 1 pour un catholique conservateur. Étant catholique de naissance il a bien fallu que je déchante devant ce fameux : « Tu es Pierre... » Cette arme que j'avais cru absolue, dans mon ignorance euphorique, s'est révélée être un pétard mouillé. Aussi mouillé que l'autre qui ne voulait pas du tout dire ce que Rome lui faisait dire. Déjà échaudé par quelques méprises de ce genre, je me suis dit qu'il serait utile de vérifier mon texte à l'aide de tout son contexte, c'est-à-dire les chapitres 12, 13 et 14 de la première lettre de Paul aux Corinthiens. J'ai donc relu tous ces chapitres avec le plus grand soin en repartant à zéro.

Ça m'a fait l'effet d'une bombe qui explosait, non plus dans la figure des autres mais dans mes propres mains.

L'idée maîtresse

Quelle était l'idée maîtresse, le fil conducteur de ces trois grands chapitres ? : les autres, l'utilité commune. Toujours, à tout moment, ce qui est en vue c'est le bien de l'autre, l'édification de l'autre. Cela revient comme un leit-movit : l'autre, l'autre, l'autre sous différents vocables.

1.- 12 : 17 « ...à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune... »

2. - 12 : 25 « ... que les membres aient également soin les uns des autres... »

3.- 14 : 3 « ... celui qui prophétise au contraire les édifie, les exhorte, les console... »

4.- 14 : 4 « ... il édifie l'église... »

5.- 14 : 5 « ... pour que l'église en reçoive de l'édification... »

6.- 14 : 6 « ... de quelle utilité vous serais-je ? »

7.- 14 : 7 « ... comment reconnaîtra-t-on... »

8.- 14 : 8 « ... qui se préparera... »

9.- 14 : 9 « ... comment saura-ton... »

10.- 14 : 12 « ... que ce soit pour l'édification de l'église... »

11.- 14 : 16 « ... comment celui qui écoute...dira-t-il Amen... »

12.- 14 : 16 « ... puisqu'il ne sait pas ce qui tu as dit... »

13.- 14 : 17 « ... l'autre n'est pas édifié... »

14.- 14 : 19 « ... afin d'instruire aussi les autres... »

15.- 14 : 26 « ... que tout se fasse pour l'édification (des autres)

16.- 14 : 31 « ... afin que tous soient instruits... »

17.- 14 : 31 « ... afin que tous soient exhortés... »

18.- Tout le chapitre 13 où il est question de l'amour qui, par excellence, est un fruit pour les autres car un arbre ne porte pas du fruit pour lui-même. Mais voici qu'au beau milieu de cet altruisme général qui est le BUT de tout don de l'Esprit, surgit le plus beau spécimen d'égocentrisme qu'il nous soit donné de contempler : « ...celui qui parle en langue s'édifie lui-même ! ! ! » Que c'est petit, petit, petit ! Ramener à soi un charisme que Dieu donnait comme un signe pour les autres !

Égoïsme blâmable que celui-là !

Car c'est bien sous la forme d'un blâme 2 que s'exprime l'apôtre Paul quand il stigmatise : « ...il s'édifie lui-même.. . ».

Sus aux accapareurs du don de l'Esprit. Honnis soient ces Samsons qui sont plus agités de l'Esprit qu'ils n'en sont animés et qui en usent comme des enfants dépourvus de mesure et de bon sens ramenant tout à eux-mêmes.

(1) Matt.16 : 18

(2) Hé b 8 : 8.32

Un blâme

Regardez les prophètes, dit St.Paul. Voilà l'exemple qu'il faut suivre. Certes leur don les édifie aussi (cela va de soi) mais eux au moins édifient les autres ; c'est pour les autres qu'ils prophétisent et pas que pour eux-mêmes. Si l'oeil voit, c'est pour le corps tout entier qu'il voit et pas pour lui tout seul. Il ne capte pas la lumière pour lui seul mais il en fait bénéficier tout le corps. Le pied ne marche pas tout seul ; il fait marcher tout le corps. Or, à une époque où le don du parler en langue avait sa pleine raison d'être, son exercice hors de la présence de ceux à qui il était destiné (les Juifs incrédules) était sanctionné par celui qui avait maîtrisé ce son plus que tout autre. Il fustigera ceux qui ne l'exerçaient pas à bon escient ou à des fins personnelles.

Le pasteur aussi s'édifie mais il édifie les autres. Le docteur aussi s'édifie quand il expose la doctrine mais il édifie les autres. L'évangéliste tire de l'édification personnelle de son charisme mais ce sont les inconvertis qui en bénéficient. Et c'est justement l'exercice de la prophétie que Paul met en opposition dans une même phrase avec le parler en langue.1 L'un édifiait l'église contrairement à l'autre qui n'édifiait que celui qui parlait et qui de plus était un barbarisme pour les simples auditeurs.2 C'est-à-dire que celui qui prophétisait atteignait le but : les autres ; celui qui parlait en langue ratait le but. Le : « ...il s'édifie lui-même » n'est autre

chose qu'un mauvais usage que Paul blâme. Et ce blâme venant de ce maître qui parlait en langue plus et mieux que tous, devait secouer d'importance ces bavards de Corinthiens qu'ailleurs il traitera de «gamins».3

Chapitre 11

Où devait s'exercer le parler en langue ?

Cette question m'avait déjà amené à revoir l'idée très répandue dans certains milieux que c'était «chez soi », « à la maison » qu'il fallait surtout parler en langue. Cette idée était attribuée à St.Paul qui l'aurait dite aux Corinthiens. J'ai donc été voir ce qu'il en disait. J'ai cherché ce texte et je ne l'ai pas trouvé. Charrette ! * me suis-je dit, de qui se moque-t-on ? Ça devient la foire aux illusions. Non, je ne crois pas à l'homme invisible du feuilleton télévisé. Toutes les versions que j'ai consultées auraient-elles escamoté le texte devenu invisible à son tour. Texte qu'on voulait me faire prendre pour parole d'apôtre.

Tout ce que j'ai trouvé était : « ...s'il n'y a pas d'interprète qu'on se taise dans l'Église et qu'on parle à soi-même et à Dieu.. » 1 C'est tout simplement la façon la plus élégante et la plus chrétienne de dire : Taisez-vous ! Mais rien n'est dit de parler chez soi, à la maison. Où devait s'exercer le parler en langue ?

Étant un signe pour « ce peuple » juif incroyant c'était dans leur compagnie, en leur présence qu'on devait exercer ce signe. Là où étaient les Juifs incrédules. Là où le signe avait des chances d'être compris et non pas là où nul ne le comprenait. Actes 2 en est le plus bel exemple. Le signe apparaît en présence de Juifs venus de 15 nations différentes pour leur signifier que l'élection de Dieu est pour « quiconque » et qu'elle s'étend à « toute chair ». C'était là que devais s'exercer le signe et non chez soi ou dans l'Assemblée. Car dans

l'Assemblée, Paul préférais ne dire que cinq mots que l'on comprenait que d'en dire 10,000 en langue qu'on ne comprenait pas. Paul de par sa vocation d'apôtre des païens avait plus que tous l'occasion de parler en langue dans le cadre voulu par Dieu car tout en étant l'apôtre des gens de langue, il était partout aussi en contact et en conflit avec les Juifs et même avec ces Frères Juifs incroyants sur ce point de doctrine.

Les feux tricolores, chacun le sait, sont des signes destinés aux usages de la route. Que penserait-on des responsables de la signalisation routière s'ils les rassemblaient dans une salle de la mairie de leur ville pour les faire fonctionner en privé ? En dehors de leurs carrefours, l'utilisation de ces signaux deviendrait absurde. De même, à quoi aurait pu servir le feu vert du parler en langue chez soi, entre quatre murs, c'est-à-dire hors de vue de « ce peuple » à qui ce signe était destiné ?

(1) 1 C or.14 : 4 (3) 1 Cor.3 : 1 ; 14 : 20

(2) 1 Cor.14 : 11 (4) 1 Cor.14 : 28

* Exclamation idio matique vaudoise qu i marque la décep tion, la désapprobati on..33

Car c'était bien là ce que voulait dire ce signe : que le feu était maintenant au vert, ouvrant le passage à toutes les langues de la terre pour qu'elles se joignent au cortège des rachetés de Jésus-Christ.

Une preuve comme une autre

Quelqu'un me dira peut-être : Quand Paul a reçu le Saint-Esprit, lui le Juif, il n'a cependant pas parlé en langue. Cela lui aurait été utile et utile aussi à Ananias cet autre Juif venu lui imposer les mains. Mais justement le signe était inutile dans leur cas car l'un et l'autre venaient d'être avertis directement par le Seigneur Lui-même que le nom de Yahvé et sa parole passaient aux gens de langues en ces mots : « ...cet homme est un instrument que j'ai choisi pour porter mon nom devant les nations, devant les rois et devant les fils d'Israël... » 1 et « Le Dieu de nos pères t'a destiné à connaître sa volonté, à voir le Juste et à entendre les Paroles de sa bouche ; car tu lui serviras de témoin auprès de tous les hommes des choses que tu as vues et entendues. » 2 Paul sait. Ananias aussi. Le signe ne s'exerce pas comme il ne s'exerce plus pour ceux qui savent que l'Évangile est pour les gens de tous peuples, toutes nations, toutes tribus et langues. Ni Paul ni Ananias ni nous maintenant ne contestons plus cette vérité. Le signe serait superflu.

N'empêcher pas de parler en langue

Un frère à qui j'exposais ces choses m'a un jour posé la question : pourquoi Paul dit-il : «

...n'empêchez pas de parler en langue. » 3 ?

Parce que malgré les exagérations des Corinthiens et leur usage intempestif et inapproprié de ce don, c'était un don de l'Esprit que Paul veut régenter mais qu'il se garde bien d'étouffer.

Tant que ce don était de saison, Paul ne pouvait en interdire l'exercice sinon là où il était employé à contre-sens.

Les dons et les appels de Dieu sont sans repentance comme nous le voyons dans le cas de Samson. Sa  force herculéenne était aussi un don de l'Esprit. Mais dans son immaturité spirituelle il en use et en abuse comme les Corinthiens le faisaient du parler en langue. La force de l'un et le charisme des autres devaient être canalisés à de meilleures fins jusqu'à ce que le Saint-Esprit en retire l'exercice. Paul n'a pas découragé Luc d'écrire son Évangile et le livre des Actes des Apôtres. Il écrivait des épîtres inspirées de l'Esprit plus que tous les autres. Il aurait pu dire de la rédaction des livres du Nouveau Testament : n'empêchez pas de les écrire comme il a dit du parler en langue « ne l'empêchez pas ». Mais continuer à en écrire ou continuer à parler en langue quand Dieu Lui-même a décrété que ces dons cesseraient, est une affaire qui relève de la plus dangereuse hérésie.

Le grand nombre

Ce qui rassure les uns et trouble les autres, c'est le grand nombre de gens qui parlent en langue

aujourd'hui. Ça me sécurisait autrefois. Je me disais avec une certaine satisfaction :

Il n'y a quand même pas que des flibustiers parmi ceux qui parlent en langue. Mais avec cette fichue manie de réfléchir qui me venait de Descartes ! (J'ai appris entre-temps que cela venait de Dieu puisque nous sommes appelés à l'aimer de toute notre... pensée). Mes réflexions jugées trop cartésiennes assombrissaient souvent ma sérénité quant à la valeur de mes arguments. Je me disais : le nombre n'est pas une preuve de vérité. C'est le plus grand nombre, la majorité qui a dit : « Relâche nous Barabbas et crucifie celui-ci. » 4 Que sept cent millions de musulmans croient ce qu'a enseigné Mahomet ne prouve pas qu'il ait dit vrai . IL y a

plus de gens qui croient aux miracles de Lourdes et à la doctrine qui en découle que de gens qui parlent en langues. Faut-il admettre la doctrine mariale au nom du plus grand nombre ? Jésus était bien seul. Jérémie et Paul aussi. C'étaient eux pourtant qui avaient raison.

(1) Actes.9 : 15 (3) 1 Cor.14 : 39

(2) Actes.22 : 14-15 (4) Luc.23 : 18.34

Et puis il y avait, argument des arguments, quelques grands noms du monde évangélique qui, eux aussi, étaient venus au parler en langues et à la renommée desquels on faisait constamment référence. Ces noms, on me les glisse maintenant comme une peau de banane sous le pied pour me faire comprendre sur un air connu : « T'es bin trop petit mon ami, t'es bin trop petit ! » Mais ce qui est encore un point d'ancrage pour les autres n'est plus une référence pour moi, d'autant plus qu'ont pourrait opposer de beaucoup plus grands noms de plus grands serviteurs de Dieu mondialement connu qui sont radicalement opposer au parler en langue.

La loupe grossissante

J'avais eu l'honneur de côtoyer voici quelques années le plus en vue de ceux qu'on propose

aujourd'hui comme modèle de la découverte du parler en langue. Il m'avait lui-même fait part d'autres découvertes se situant en dehors du sujet qui nous occupe. Deux de ces découvertes étaient des erreurs doctrinales à faire pâlir de plaisir un recalé de première année de théologie. Son auréole était un mythe. Dès ce jour je l'ai écouté, toujours avec plaisir, mais autrement qu'au travers de la renommée qu'on lui faisait et de l'envergure qu'on lui prêtait. Sans loupe grossissante il était d'une stature spirituelle respectable sans doute mais tout compte fait, normale sans plus. Ses prises de position n'était pas plus infaillibles que celles du Saint Père à Rome qui pour les indulgences et contre le mariage des prêtres. Mais ça, c'est une autre affaire

: c'est la leur, pas la mienne. La mienne c'est de me plier devant l'Écriture à l'instar de Job.1 Car il faut bien plier d'un côté ou de l'autre. Il y a l'Écriture souveraine, transcendante, d'un côté. Et de l'autre les « évidences», « expériences », « découvertes » et autres prises de position notoires dont je viens de parler. Il faut bien que j'y vienne, et cela malgré moi, à ces « expériences » qui, le moins qu'on puisse dire sont suspectes, outre la gravité du fait qu'elles s'exercent en dehors du temps de Dieu.

Chapitre 12

Contradictions

Récemment J'ai entendu un chant en langue dont l'interprétation était vingt fois plus longue que les lentes et rares paroles de ce chant. Personne n'a bronché, tous ont avalé le chameau dans cette Église, pourtant réputée, prompte à couler le moucheron. Que penser de ce dernier parler en langue entendu voici quelques semaines où l'expression « spiriti sancti ? » a été articulée au moins trois fois sans que l'équivalent soit repris dans l'interprétation. Le milieu dans lequel se pratiquent ces outrances est pourtant sobre et modéré. Ces contradictions n'avaient pas du tout l'air d'entamer la sérénité de ceux qui les entendaient.

Quand j'ai essayé de me faire expliquer ces anomalies, les réponses ont été d'abord évasives.

- C'était, selon certains, une interprétation extatiques ; plutôt une compréhension du coeur qu'une traduction réelle ! Ça pouvait donc être n'importe quoi !

- D'autres admettaient très bien qu'il pût y avoir plusieurs interprétations différentes à un seul parler en langue !

Ainsi, me suis-je dit, un semis de froment pourrait très bien se traduire par une récolte de maïs, d'avoine, de seigle et d'épeautre - outre le froment - sans que le fermier s'en étonne ? !

Essayera-t-on de me faire accroire qu'une chatte puisse mettre bas tout à la fois chaton, chiot,

renardeau et poussin sans que je m'en offusque ? Et personne ne s'offusque quand, dans le domaine spirituel, on voudrait nous faire croire qu'UNE espèce de parler en langue donne naissance à plusieurs espèces d'interprétation différentes ? Assisterions-nous là à une mutation des espèces, à une sorte de darwinisme évangélique ? Devrais-je acquiescer passivement sans crier à la fraude ?

(1) Job.23 : 12.35

- Un autre m'a répondu par écrit qu'il ne trouvait rien d'anormal à ce qu'une interprétation soit deux ou vingt fois plus longue que l'original.

Selon lui, l'interprétation n'est pas la traduction de ce qui est dit par l'homme mais la réponse de Dieu au parler en langue ! ! ! J'en étais médusé ! Dussé-je être le seul au monde à protester que je le ferais. Non et encore non, l'Écriture ne se manipule pas de la sorte ! Elle ne se laisse d'ailleurs pas manipuler.

Elle exige impérativement une traduction en disant à celui qui parlait en langue dans  l'Assemblée de Corinthe: « Comment celui qui est dans les rangs des simples auditeurs répondra-t-il Amen à ta prière puisqu'il ne sait pas ce que tu dis ? » 1 Il fallait donc savoir ce qui s'était dit en langue afin de pouvoir y joindre son Amen. Et comment pouvait-on le savoir ? Par l'interprétation.2 Et cette interprétation n'était pas autre chose que la traduction de ce qui venait d'être dit e langue à Dieu par l'Esprit. Seuls ceux qui tordent le sens de l'Écriture pour leur propre ruine oseront prétendre le contraire.3

Je m'y refuse

Je pourrais en rapporter un plein camion de ces « expériences » malheureuses sur lesquelles on colle malencontreusement l'étiquette passe-partout du Saint-Esprit. En fait, elles portent la marque de l'imaginaire, de l'opportunisme, du subjectivisme et quelques-unes sentent franchement le soufre à plein nez. Je pourrais  continuer sur ce mode longtemps. La source est intarissable. Mais je me refuse à jeter en pâture ces histoires sordides, hélas tristement vraies, à ceux qui n'aspirent qu'à s'en délecter. Jeter le discrédit sur les apôtres du Christ au nom de la trahison de Judas et du reniement de Pierre est une méthode que je refuse. On ne juge pas toujours d'une cause d'après ceux qui la défendent. On m'a fait remarquer qu'une affligeante immoralité parcoure les milieux pentecôtistes presque autant que dans le catholicisme mais pour d'autres raisons. Cela tient à leur approche hyper-sentimentale de la vie spirituelle, à l'abandon de leur volonté à des puissances psychiques inconnues et à leur désir démesuré de succès. On ne m'apprendra rien en me disant qu'ils sont souvent déloyaux envers les autres milieux évangéliques, qu'ils sont volontiers pêcheurs en eau trouble et que, tant dans leurs paroles que dans leurs écrits, le respect de la stricte vérité ne les étouffe pas. Pour ma part je me refuse à relever systématiquement ces failles, d'autant plus que les autres milieux évangéliques ne sont pas toujours exemplaires sur ces points. Mais cela doit nous servir de leçon. Le feu est à l'orange pour ceux qui mettent la Bible de côté tout en affectant de ne jurer que par elle.

Trois dangers

Il y a trois dangers liés à la pratique actuelle du parler en langue. Il faut, pour en parler correctement et en faire ressortir toute la gravité, garder en mémoire que ce charisme a été retiré par le Saint-Esprit qui l'avait donné pour des raisons qui j'ai déjà longuement exposées.

Premier danger - L'intelligence demeure stérile nous dit St.-Paul.4 Elle est au point mort. Le Saint-Esprit est censé tout faire. Le psalmiste disait : « je dirai les choses que j'ai composées pour le Roi... » Le Saint-Esprit ayant pris la relève du compositeur, on ne compose plus rien. On laisse faire. On laisse aller et on aboutit au laisser-aller d'un bien commode oreiller de paresse.

Deuxième danger - Le brevet de supériorité passe-partout. Pour plusieurs, accéder au parler en langue c'est la consécration suprême mais c'est en même temps leur bâton de maréchal. Les autres ne sont que des «deuxième classe » ou tout au plus de simples caporaux. Il arrive  parfois que ceux qui n'ont pas eu accès à ce charisme soient tenus pour non-chrétiens.

(1) 1 Cor.14 : 16 (3) 2 Pier.3 : 16

(2) 1 Cor.14 : 28 (1) 1 Cor.14 : 14.36

Troisième danger - Il remplace le jugement de soi et l'examen de soi devant la parole de Dieu. Quand le péché s'installe à demeure chez un chrétien il doit s'éprouver lui-même.1 Or avec le parler en langue comme critère de jugement l'épreuve est vite faite. Chacun peut refaire l'essai du parler en langue et si l'expérience marche - elle marchera à coup sûr puisque le Saint-Esprit même attristé n'est pour rien dans cette affaire –celui qui s'analyse de cette façon pourra se dire avec soulagement : si l'Esprit continue à m'animer, à s'exprimer par moi d'une manière aussi surnaturelle c'est qu'Il m'approuve, disons plutôt qu'Il ne me désapprouve pas. Pas assez en tout cas pour m'ôter Ses Paroles de ma bouche.

Aberrante conclusion que celle qui a pour base de jugement non plus ce que la Parole de Dieu condamne mais ce que le parler en langue accrédite. Heureux celui qui ne se condamne pas dans ce qu'il approuve.2

C'est le danger auquel se sont exposée et ont cédé nos frères charismatiques qui ne peuvent plus désapprouver un prêtre catholique et les fausses doctrines qu'il continue à professer dès lors qu'il parle en langue.Car si ce Père, fût-il, jésuite, mariolâtre, clérical etc., parle en langue c'est donc que le Saint-Esprit de Dieu l'agrée au même titre que n'importe quel chrétien évangélique né de nouveau. Cruel dilemme et piètre déduction qui conduit tout droit à toutes les capitulations doctrinales.

Chapitre 13

Le serpent d'airain

Le serpent d'airain fabriqué par Moïse l'avait été sur l'ordre de Dieu et il avait servi au salut de

milliers de personnes.3 C'était un don divin, une puissance de Dieu pour le salut de ceux qui avait cru à la Parole de Dieu et que le Seigneur Jésus allait évoquer lors de sa mémorable entrevue avec Nicodème ; allant jusqu'à tracer un parallèle saisissant entre Sa personne, Son oeuvre et le serpent : « ...comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'Homme soit élevé... » 4 Ce serpent d'airain, les Israélites l'avaient pieusement conservé pendant des siècles. Or, que lisons-nous en 2 Roi 18 : 4 ? Qu'en fait le bon roi Ézéchias ? « Il fit disparaître les hauts lieux, brisa les statues, abattit les idoles et mit en pièces le serpent d'airain que Moïse avait fait, car les enfants d'Israël avaient jusqu'alors brûlé des parfums devant lui...

» Ce serpent était devenu une occasion de chute pour Israël. C'était pour tant le même serpent qu'autrefois.

Ce n'était pas une copie, une imitation du vrai. C’était le vrai, le bon. L'usage initial qui consistait à le regarder s'était même étoffé, enrichi avec les siècles. On lui offrait des parfums dûs à l'Éternel. Sous le couvert de l'attachement à Dieu il avait fini par devenir une idole et à remplacer le vrai Dieu. On peut être assuré que celui qui a dénoncé l'usage périmé et coupable du serpent n'a pas fait l'unanimité autour de lui.

Les partisans du serpent d'airain pouvaient, à l'appui de leur foi, invoquer des données historiques, bibliques et, à n'en pas douter expérimentales.

Ils pouvaient avancer que Dieu qui l'avait commandé ne change pas parce qu'Il est le même hier, aujourd'hui  et éternellement ; 5 que ce qui s'était passé au désert pouvait encore se passer de leurs jours ; que la puissance de Dieu n'avait pas changé et que surtout pas un seul mot n'est dit concernant la fin de son action, de son usage et de son utilité.

La relique

En fait, les exercices spirituels qui pivotaient autour de cette relique étaient devenus une abomination aux yeux de l'Éternel. Pour plusieurs, le parler en langue est aussi une relique qu'ils défendent et portent dans leur coeur. C'est une idole qu'ils chérissent, de laquelle ils parlent sans cesse et à laquelle ils vouent une dévotion sans borne. Puisque c'est Dieu qui l'a donné c'est que... mais Dieu avait aussi donné le serpent d'airain... pour une occasion précise, pour un temps.

(1) 1 Cor.11 : 28,31 (3) No m.21 : 9 (5) Héb.13 ; 8

(2) Rom.14 : 22 (4) Jn.3 : 14.37

Au delà de ce temps, de cette date il devenait périmé comme des marchandises ou des médicaments ayant dépassé la date limite. Ils en deviennent dangereux. La guérison se transforme en infection.

C'est ce qui s'est passé avec le serpent d'airain. Leur vie spirituelle en a été infectée. On peut être assuré que lorsque le serpent leur a été retiré, beaucoup ont vu leur vie religieuse s'effondrer car ils n'avaient plus rien de tangible à quoi se raccrocher. J'ai compris pourquoi certains se raccrochaient au parler en langue avec une sorte de frénésie. Parce que leur vie spirituelle est si faible que s'ils perdent ça, ils n'ont plus rien.

Leur vie intérieure presque entièrement fondée sur cette manifestation extérieure s'écroule. Ils ne peuvent s'en passer sans être complètement déboussolés. Sans le parler en langue ils sont comme des drogués privés de leur came : dans un insupportable état de « manque ».

Mauvaise foi

J'ai rencontré de telles personnes. Un jour un pasteur extrémiste dans cette voie essayait de me

convaincre que le parler en langue était une expérience que tout homme devait nécessairement faire. Son serpent d'airain était pour tous et pour tous les temps.

J'ai ouvert ma Bible et je lui ai demandé de lire avec moi la fin du chapitre 12 de la première épître aux Corinthiens, v.29 et 30 :

« Tous sont-ils apôtres ? » Non bien sûr, m'a-t-il répondu.

« Tous sont-ils prophètes ? » Non.

« Tous sont-ils docteurs ? » Non.

Quand nous sommes arrivés au verset suivant il a refusé de me répondre et d'aller plus loin. Il voyait très bien ou le texte allait le mener. A dire : « Tous parlent-ils en langue ? » La réponse ne pouvait être que NON.

Trois fois j'ai essayé de reprendre le texte avec lui. Trois fois il a refusé d'aller jusqu'au bout. Il s'en est allé fâcher. A dater de ce jour je lui étais devenu « persona non grata ». Quand on abat des pieux sacrés comme Gédéon il faut s'attendre à des réactions violentes et à perdre des amis.

Extases

Au point où nous sommes arrivés, il faut démythifier certaines pratiques ou expériences. qui, dans la vie de plusieurs sont un dérapage inconscient de l'Écriture. Voici le témoignage rendu à un jeune chrétien authentique par ses parents. Quand leur fils descend de sa chambre après avoir été devant Dieu dans le parler en langue, on ne peut s'empêcher de voir qu'il s'est passé quelque chose en lui. Il est un peu comme Moïse qui redescendait de la montagne tout transfiguré par la présence de Dieu. Irréfutable et convaincant, pas vrai ? Ça en a l'air. Mais pour en arriver là, il faut déjà passer sous silence tout ce que nous avons dit sur le BUT

du parler en langue. Il faut mettre de côté le fait que ce n'était pas un signe pour les croyants, que l'exercice de ce don n'était pas accordé à tous et qu'il n'est dit nulle part qu'il faille l'exercer chez soi d'autant plus que son usage est terminé. Cela fait déjà au moins trois grands coups de pied tapés dans l'Écriture, sans compter tous les autres que je ne puis rappeler sinon il me faudrait redire tout ce que j'ai déjà dit. Tous ceux qui se  pâment devant de telles expériences ne s'aperçoivent pas que l'Écriture est débordée et qu'ils sont en plein

subjectivisme ; que les religions orientales en donnent autant sinon plus. Ceux qui ont eu le privilège de lire les « Combats » du Père Chiniquy, ce prête canadien qui s'est converti après cinquante années dans l'Église de Rome, feront bien de relire s'ils le peuvent son témoignage. Il rapporte que dans sa vie de prêtre, les moments les plus bénis, les plus élevés, il les a passées en adoration devant l'hostie. C'est là qu'il touchait le sublime. Il en était transporté, soulevé, transfiguré.

Après sa conversion ce sublime issu de la doctrine de la transsubstantiation lui est apparu comme une abomination. Et pourtant, quelle élévation d'âme, quelle exaltation, quel témoignage !.38

Fausse exaltation

Je garde le souvenir des premiers jours de ma conversion, lors d'un camp mixte en France. Un jeune frère et moi, sous prétexte sincère d'évangéliser la ville voisine, nous nous sommes mis, l'espace d'un après-midi, en marge de la discipline du camp. Au Nom de Jésus-Christ nous avons vécu une escapade anodine mais glorieuse. Nous croyions avoir fait des exploits. En rentrant nous étions rayonnants, euphoriques, légers dans notre démarche comme portés par des anges. Le directeur du camp chrétien d'expérience, ne comprenait rien à rien. Notre bonheur était notre justification. Et c'était du vécu. Nous étions si sûrs de nous   et de notre expérience. Mais cette exaltation n'a pas duré. Je sais une chose maintenant, c'est qu'il ne m'a pas fallu attendre longtemps pour lui coller une toute autre étiquette que celle de l'extase, de la révélation ou de la spiritualité. Ce n'était que de l'auto-suggestion. Il est encore vrai que Dieu préfère l'obéissance aux sacrifices 1 et que l'esprit des prophètes est soumis aux prophètes.2 Les états d'âmes élevés ne me disent rien qui vaille quand c'est le serpent d'airain, même biblique, qui les inspire. Depuis quand l'intensité religieuse ou émotive est-elle un signe de vérité et de spiritualité ? On trouve dans Ézéchiel 8 : 14 que des femmes, à la porte du Temple de Jérusalem étaient plongées dans une dévotion qui leur arrachait des larmes. Mais c'était une idole abominable appelée Thammuz qui les faisait accéder à cette extase. Aujourd'hui encore où  tant d'expériences psychiques se substituent à la simple foi en la Parole de Dieu, il faut crier avec le vieux  prophète : « A la loi et au Témoignage ».3 Nul doute que ces femmes en ressentaient un bienfait, une libération intérieur mais nul doute aussi que Dieu l'appelle une grande abomination.

J'admets qu'il peut y avoir une ivresse dans le Saint-Esprit. Je ne suis pas étranger à des expériences de plénitudes. J'ai connu de tels moments et ne les ai jamais reniés. Mais j'ai examiné toutes choses et j'ai retenu ce qui était bon.

Quant au reste je l'ai abjuré. Tout ceci me faisait mal, d'autant plus mal que, comme l'apôtre Pierre je pouvais me réclamer de la Pentecôte. Mais où en étais-je ? Sur la pente ou sur la côte ? Si j'étais sur la pente, je plongeais ferme et si j'étais sur la côte, j'allais plutôt à reculons.

Humiliante capitulation

Oui, ça fait mal de s'apercevoir que ce qu'on a cru, ce pour quoi on a combattu, ce à quoi on s'est accroché est en train de couler et de vous entraîner au fond. Mais ce qu'il y avait de plus dur c'était de reconnaître que les autres avaient raison. Dans le fond, c'étai t mon « MOI », mon orgueil qui en prenait un sacré coup.

Quand on a cru pendant des années qu'on a reçu plus que les autres, cela donne un petit sentiment agréable de supériorité. S'apercevoir ensuite que ceux qu'on a regardés de haut en savent plus que vous et sont sur un terrain plus solide que le vôtre, je vous assure que ça fait mal. C'est ce qui s'appelle se faire étriller. J'ai compris pourquoi les chevaux chatouilleux n'aiment pas se faire étriller et qu'il leur arrive de ruer des quatre fers. Je croyais moi aussi avoir quelques bonnes ruades en réserve. Malheureusement j'avais une sorte de Lucky Luke sur le dos et au lieu de le faire vider les étriers, c'est lui qui m'a dompté. C'était un rodéo d'où

j'avais peu de chance de sortir vainqueur. Les textes de la Bible sur lesquels j'avais glissé si légèrement m'entraient maintenant dans les flancs comme des éperons. Ce qui n'arrangeait rien c'est que ceux de mon bord que j'appelais à l'aide n'avaient aucune théologie de leur système à m'offrir. Tout tournait autour d'expériences tout en ayant grand soin de ne pas parler d'innombrables expériences négatives qui confinaient au blasphème et à l'imposture.

Chez les autres

Quand je me hasardais timidement à signaler ces choses on me répondait invariablement que la contrefaçon était chez les autres. Entendez par là les autres groupements, les autres Églises du mouvement de Pentecôte, mais jamais chez eux. C'était chez ceux de l'autre bout de la ville ou de la rue à côté.

(1) 1 Sam.15 : 22 (2) 1 Cor.14 : 32 (3) És.8 : 20.39

Pour la tendance Suédoise, c'était chez les Gitans que tout était faussé. Pour les Assemblée de Dieu ce sont les Charismatiques qui sentent le souffre ou les Branhamistes, les Four-Sqare, le Plein-Évangile, les Holy Rollers, le Réveil, etc. Tous ces groupes issus d'une même famille spirituelle ne garantissaient l'authenticité que chez eux. Et pas tous encore car certains m'ont avoué leur inquiétude de savoir que des Spirites se plaisaient dans leur Église alors quand général ils fuient les autres. Quand on sait que les Spiritesne sont pas étrangers au phénomène des langues, il y a vraiment de quoi être troublé. Spirites ou pas cela aussi relève de l'expérience.

On ne fait de faux billets que parce qu'il y a les vrais

L'un de mes plus chers amis est un pasteur d'une Église de Réveil. C'est un homme dont j'apprécie hautement les qualités morales et spirituelles. Ainsi que beaucoup d'autres il répète, toujours en rapport avec le parler en langue, qu'on ne s'amuserait pas à faire des faux billets de banques s'il n'y avait pas les vrais. Il reconnaît qu'il y a beaucoup de contrefaçon mais dans sa pensée les vrais se fabriquent chez lui. L'Hôtel des Monnaies c'est Made in Réveil. Or ce bien-aimé frère ne se rend pas compte que dans sa propre Assemblée il est dupé sur toute la ligne. Car ce qu'il s'obstine à reproduire, sans y arriver toutefois, ce sont des billets périmés. Des billets qui n'ont plus cours depuis des siècles et qui ont été retirés de la circulation. Il prétend

imiter ce qui se faisait dans l'Église Primitive mais l'imitation est très loin du modèle biblique. Voyez plutôt:

D'abord dans son Église les trois quarts des parlers en langue sont des messages adressés aux

hommes, Cela fait déjà les trois quarts de faux puisque le Saint-Esprit dit que celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes.1

Ensuite le quart restant est destiné aux croyants, ce qui est à cent pour cent opposé à ce que dit le Saint-Esprit qui enseigne le contraire.2

Enfin le tout n'atteint plus son but puisqu'il ne convainc pas le peuple juif incroyant à qui ce signe était destiné.3

En plus muni d'un magnétophone je suis allé voir un des membres de son Église qui a, selon lui, un authentique charisme d'interprétation des langues et en qui il a entière confiance. Je lui ai fait entendre l'enregistrement d'un précédent parler en langue et lui ai demandé de l'interpréter à nouveau ce qui fut fait sur le champ. Hélas, la deuxième interprétation était aussi différente de la première (soigneusement conservée) que le Rhône est différent du Rhin et coule dans un sens opposé. L'opposition des deux interprétations était tout aussi évidente. J'ai poussé la vérification plus loin. Un Frère Écossais m'avait enregistré le Notre Père en dialecte de son pays. L'interprétation qui en fut donnée ne ressemblait en rien à la prière du Seigneur.

En fait sa planche à imprimer est si grossière que n'importe quel faussaire n'en voudrait pas. Mais il aime ses faux billets et il y tient parce qu'il les croit vrais. Seuls vrais au milieu de tous les faux. Ça fait sourire. Tristement. Mais hormis ce sourire ce sourire triste et sa planche à faux billets je lui conserve une amitié fraternelle que par ailleurs il mérite bien.

La Bible nous met en garde contre la tentation de vivre par la vue, à coups de miracles, de signes et d'expériences. Ceux qui s'engagent sur cette voie dangereuse seront une proie facile pour l'Antichrist qui vient avec toutes sortes de miracles, de signes, de prodiges mensongers et avec toutes les séductions de l'iniquité.1 Son esprit satanique est à l'oeuvre aujourd'hui déjà et son chemin semble bien préparé dans le coeur de ceux qui tout en se réclamant du Christ se placent sur le terrain de prédilection de l'Antichrist.

Quant le fruit est mûr, il tombe tout seul. L'autre, l’Adversaire n'aura plus qu'à le ramasser, sans peine et sans coup férir.

(1) 1 C or.14 : 2 (3) 1 Cor 14 : 21

(2) 1 Cor.14 : 22.40

Chapitre 14

Première conclusion

Cet avant-dernier mot est pour toi mon Frère Pentecôtistes ou Charismatique qui jusqu'ici as cru sincèrement sur ce point précis de doctrine, à un enseignement qui t'apparaît maintenant tronqué, surfait et aussi périmé que le serpent d'airain au temps des rois d'Israël. L'enseignement du Livre des livres devrait te suffire. Mais le milieu dans lequel tu évolues te retient, malgré toi, sous l'influence d'expériences que tant bien que mal et plus souvent mal que bien, on essaie de faire coller à la Bible.

Si donc le cas précis qui nous a occupés tout au long de ces pages, en tenant compte de l'analogie de la foi, te laisse ne serait-ce que un pour cent de doute, alors permets-moi de te rejoindre sur ton terrain favori, celui de L'EXPÉRIENCE. Mais tremble de ne pas être honnête avec toi-même et avec ton Dieu. Fais cette expérience sur toi-même et pour ton compte personnel. Fais-la sans tricher. Quand tu seras chez toi dans une extase ou dans l'exercice du parler en langue, mets ton magnétophone en marche et enregistre ce que tu as

dit devant Dieu. Tu crois que ce don n'est pas disparu et que le tien en particulier est authentique. C'est ton droit. Mais tu dois aussi croire que le don d'interprétation de tes frères est aussi vrai que le tien. Va ensuite avec ton enregistrement chez plusieurs  de tes frères ou de tes sœurs que tu reconnais pour être parmi les plus spirituels et en qui tu as toute confiance. Demande-leur de t'interpréter, SÉPARÉMENT, ton parler en langue. Puis, si tu as assez de courage, écoute chacune de ces interprétations et compare les entre elles. A quelques mots ou nuances près, elles devraient toutes dire la même chose. Tu me diras alors si j'exagère en

employant le mot « CONTREFAÇON ». Je sais ce que tu ressens en lisant ces lignes. Tu es agité. Tu as peur. Peur de découvrir la vérité. Et déjà à cet instant tu te dérobes. Tu sais que jamais tu ne feras ce « test ». Pour y échapper ton coeur a déjà trouvé une parade qui ne convaincra que toi-même : il serait sacrilège  de soumettre un tel don de l'Esprit à une épreuve électronique, je me refuse à y descendre. Es-tu bien sûr que ce soit la bonne raison ? Car en d'autres circonstances tu n'hésites pas à mettre des prédications sur bandes magnétiques, à les écouter toi-même et à les faire écouter, apprécier et juger par d'autres. Ou bien est-ce la peur de découvrir enfin la vérité sur toi-même qui te fait reculer ? C'est un moyen d'éprouver les esprits et il est à ta portée. En plus la science de l'électronique est une science exacte. Elle est neutre. Elle ne pourra en aucun cas se tromper ni te tromper. A moins que tu ne préfères être trompé et le rester. Tu m'en veux. Je le sais. Tu m'en veux ad Vitam Aeternam, de t'avoir enfin fourni un moyen de contrôle infaillible. Finie la commode excuse « nul le comprend ». Fini le jeu de cache-cache, tu es découvert et compté « trois ». Moi, j'ai compris. Ça m'a pris du temps mais j'ai compris.

Mais peut-être préfères-tu ne pas comprendre, comme cet homme gigot qui apprenant qu'une sainte du calendrier qu'il priait souvent n'avait jamais existé a dit :

Qu'elle existe ou qu'elle n'existe pas je la prierai quand même, Na ! Voilà bien le point final de l'obstination du coeur humain. Je veux mon serpent d'airain, na ! C'est Dieu qui l'a donné... etc... etc... na ! Hé bien amuse-toi bien avec ton joujou. Appelle-le comme tu voudras. Chéris-le dans ton coeur. Fais-en ton Dieu.

Qu'il soit ton idole évangélique. Mais si tu ne la déboulonne pas de ta vie, prends garde que Dieu ne t'abandonne à tes penchants, qu'Il ne te livre à elle et que tu ne partages sa ruine.

Le remède

Plusieurs qui n'avaient pas ce don et qui l'avaient recherché sincèrement pendant des années m'ont dit leur désespoir de ne pas l'avoir reçu. Ils vivaient dans l'angoisse d'être rejetés par Dieu car on allait jusqu'à leur dire qu'ils ne seraient pas sauvés s'ils ne parlaient pas en langue. Et s'ils persistaient à se dire convertis on leur faisait sentir qu'ils n'étaient que des banlieusards de la foi et non des citoyens à part entière.

(1) 2 Thess.2 : 9-10.41

A ceux-là qui connaissent les affres du doute, je veux leur dire qu'ils cessent de se tourmenter et qu'ils saisissent par la foi que tout enfant de Dieu « possède tout pleinement en Christ »,1 dans ce Christ divin qui pas plus qu'eux n'avait le don de s'exprimer en langue et qui cependant était le FILS DE DIEU.

D'autres sont venus vers moi pour chercher du secours et mon avoué leur désarroi car l'exercice de ce don n'était qu'une façade qui cachait en fait, une faillite spirituelle et morale quasi-totale. Leur parler en langue était une sorte de compensation à une vie d'échec. Ils restaient superficiels tout en ayant l'air de démontrer le contraire. Ils en avaient besoin pour se revaloriser à leurs propres yeux et aux yeux des autres.

Ceux qui s'adonnaient le plus fréquemment à cette pratique étaient atteints d'une affligeante instabilité dont ils souffraient en cachette sans oser le dire et sans en deviner la cause. Ils devaient toujours doubler la mise pour ne pas perdre la face devant les autres et pour se sécuriser eux-mêmes. Ils tournaient en rond autour de leur expérience comme pris dans un cercle vicieux.

Le sable mouvant des expériences psychiques - pour ne les appeler que de ce nom - les conduisait à une vie de haut et de bas, à des sautes d'humeur imprévisibles ; tantôt imprévisibles ; tantôt dans la joie, tantôt dans les larmes. Le diagramme de leur vie était en dents de scie ; heureux le matin et déprimé le soir ; encensant leur serviteur de Dieu le mois d'avant et le poignardant le mois d'après ; changeant d'Assemblée comme on change de chemise.

Le chemin qui conduit à la délivrance est le suivant. S'assurer que l'on est bien dans la Foi au

Seigneur Jésus. Ensuite faire comme le bon roi Ézéchias qui mit en pièces le serpent d'airain que Moïse avait fait. C'est-à-dire apporter l'erreur d'appellation biblique ainsi que ses conséquences dans une pleine confession. Enfin l'abjurer tout en se réclamant du sang du Jésus qui purifie de tout péché 2 L'idole biblique fut pardonnée à Israël. Dieu pardonnera aussi la vôtre. Votre foi doit alors saisir le pardon de Dieu et la pleine délivrance de ces forces psychiques qui dominent sur vous et dont vous subissez, malgré tous vos efforts, les influences déstabilisantes. Aux pieds de Jésus, l'instable Légion, l'homme aux cris inarticulés,

l'abonné des montagnes russes 3 qui finissait toujours par se retrouver en bas, trouve paix, repos, bon sens et la puissance pour présenter à ceux qui l'entourent un témoignage enfin cohérent. Ma prière ardente est que ces lignes vous trouvent prosterné devant Celui qui délivre de toutes les aliénations y compris celles que crée un zèle même biblique mais démuni d'intelligence.4

Deuxième et dernière conclusion

Ce dernier paragraphe est pour toi mon Frère non-Pentecôtiste. Mon livre te remplit d'aise. Il te donne raison. Mon itinéraire spirituel a rejoint le tien. Peut-être aurais-tu aimé que j'aille plus loin, jusqu'au bout d'une conclusion logique, à savoir que le parler en langue actuel, à la fois anti et extra-scriptuaire ne peut être que d'origine diabolique. Je ne l'ai pas dit, c'est vrai parce que, en conscience, je ne peux pas aller au-delà de ce que j'ai reconnu pour vrai ou faux. Certes je reconnais que le père du mensonge y est embusqué. Certains affirment avoir, selon le commandement de l'Écriture,5 éprouvé les esprits qui animaient ceux qui parlaient en langue et qu'ils étaient des démons. Je n'ai pas atteint ce stade. Je n'ai reçu le don d'éprouver les esprits autrement que par l'examen des Écritures. L'emploie de l'électronique a confirmé cet examen et révélé que c'est un esprit d'erreur qui préside au parler en langue actuel. Et l'esprit d'erreur ce n'est certainement pas le Saint-Esprit. Tu me diras peut-être qu'esprit satanique et esprit d'erreurs c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Puisque tu y tiens je préfère t'envoyer vers les écrits du Dr. Gerald E. Mac-Graw qui me paraissent être le prolongement des lignes de mon livre. Je te soumet ici quelques trop courts extraits de son int éressant arti cle int itulé : « Tongues should be tested ».

« ...Après quelques instants de prière nous recommandons à la personne conseillée de parler ne langues.

Ensuite le chef de groupe adressera ses questions non pas à cette personne mais à l'esprit qui inspire le parler en langues... La plupart avaient exercé le don des langues au cours de leur recueillement personnel. Beaucoup doutaient de l'authenticité de ce don, mais beaucoup étaient certains que l'examen auquel ils se soumettaient en confirmerait l'origine divine.

(1) Col.2 : 10 (2) 1 Jn.1 : 7-9 (3) Ma rc.5 : 5 (4) Ro m.10 : 2 (5) 1 Jn 4 : 1-3.42

Le fait choquant, c'est que plus de 90 pour cent durent admettre l'origine démoniaque de leur don des langues. Il y a bien des Pentecôtistes et des charismatiques qui reconnaissent le fait que des langues démoniaques existent. Cependant ils sont certains que le don qu'ils ont reçu est authentique. Une jeune fille demanda d'examiner son don car elle ressentait des influences mauvaises dans sa vie... elle était certaine que son don était d'origine divine. Une dame de son Église locale qui avait le don du discernement lui avait affirmé que chez elle le parler en langue venait du Saint-Esprit. Lorsque nous nous réunîmes dans le but de rier pour la délivrance de cette soeur, l'esprit nous dit qu'il haïssait le Seigneur Jésus-Christ. En le

questionnant, le démon admit que c'était lui l'esprit à l'origine de ce don des langues... Des chrétiens très fondés peuvent être possédés par un démon qui parle en langue... Il s’est trouvé que des missionnaires en congé entendaient parler en langue, de façon blasphématoire dans le langage de leur champ de mission...

Quelqu'un demanda un entretien. C'était une chrétienne remarquable, doué, équilibrée, sur qui l'on pouvait compter, une gagneuse d'âmes... il me fut impossible d'imaginer que cette chrétienne distinguée pouvait héberger un démon par rapport aux langues... bientôt se manifesta un parler en langue exprimant de l'amertume et de la haine à l'égard de Christ, à l' égard d'elle-même et à notre égard. Il était indéniable qu'un don de langues démoniaques l'habitait. D'autres... sont profondément sincères et spirituels. Leur vie témoigne de conversion réelle, d'une faim de croissance spirituelle... Je ne crois pas que le démon du parler en langue

puisse séparer quelqu'un de Christ... seulement les expériences faites en les examinant sur ce point font conclure que des multitudes d'enthousiastes croyant parler en langue s'illusionnent. » Je laisse au Dr. Mac-Graw la responsabilité de ses conclusions, mais je ne les affirme pas. D'autres en Europe, sont arrivés aux mêmes résultats que lui. C'est une sphère d'investigation où je n'ai pas encore accès. Je ne peux ni démentir ni confirmer que le parler en langue soit, comme il le dit à 90 pour cent d'origine démoniaque.

Ce que j'affirme par contre, Bible en main, c'est qu'il est à 100 pour cent faux.

Bras-de-fer

A nous deux maintenant, mon frère. Nous allons faire une partie de bras-de-fer ensemble. Tu

voudrais me pousser dans mes derniers retranchements pour me faire dire ce que je n'ai pas envie de dire.

Tu me forcerais volontiers la main en trois poussées irrésistible :

1) Puisque que ce n'est pas de Dieu, c'est donc du diable.

2) Tu y ajouteras le poids de jacques 3 : 11 relatif à l'usage de la langue : « La source fait-elle

jaillir par l a même ouverture l 'eau douce et l 'eau amère ».

3) Irrésistible de logique tu iras tout droit à la seule conclusion possible : Ceux par qui Satan

parle ne peuvent être à Christ ; Christ et Bélial 1 ne peuvent cohabiter dans une même vie. Direction : 1 000 degrés centigrade pour l'éternité !

Minute papillon ! Tu risque très fort en employant des raisonnements pareils de te retrouver au banc des accusés. Car toi aussi tu loues le même Seigneur qui t'a sauvé d'une si grande perdition par un si grand sacrifice. Et ces mêmes lèvres qui s'ouvrent au culte comme une source d'eau douce, s'ouvrent en dehors du culte comme une source amère pour médire de ton prochain, de ton collègue ou de l'oeuvre que Dieu lui a confié. Tu dis que c'est le démon qui parle en langue par la bouche de ton Frère Pentecôtistes? Tu as probablement raison. Mais QUI remplit la tienne quand tu aboie des ordres déplaisant à ton subalterne, gardes un mutisme tout aussi déplaisant devant ton conjoint, calomnies ton frère, le dénigre, l'abaisse ou lui lances des « vérités » à la tête, lui savonnant les oreilles au lieu de lui laver les pieds ? Car, à entendre certains chrétiens en semaine, on se demande ce qu'ils peuvent bien chanter d'autre au culte du dimanche que le grand air de la Calomnie du Barbier de Séville ! Reconnais que ta source aussi est tantôt douce, et tantôt amère et que cette amertume n'est pas de Dieu.

(1) 2 Cor.6 : 15.43

A qui la faute

De plus, n'as-tu pas compris à quel point tu es responsable du glissement de ceux qui, dans ta

communauté, recherchent ces manifestations dites de l'Esprit ? Un jour, je suis allé chez un chausseur pour m'acheter une nouvelle paire de souliers. En voyant ceux que j'avais aux pieds il m'a dit cette expression que j'ai retenue depuis : « ils sont bien fatigués ». Ne peut-on pas en dire autant de tes réunions d'Églises ? Elles sont bien fatiguées. Les chants sont fatigués, les prières sont fatiguées, les messages sont fatigués. Certes, ils sont justes, mais quelle usure ! La fraîcheur, la spontanéité fraternelle ont des moustaches ; l'amour lui-même est fatigué. N'oublie jamais que les gens préfèrent une erreur chaude à une vérité froide Trop souvent

la vérité que tu détiens n'est plus qu'une orthodoxie froide. Les âmes ne se réchauffent pas sur les icebergs.

Moins encore dans un congélateur. Un vieux poêle à bois ronflant et fumant donnera plus de chaleur d'ambiance et de joie qu'une installation sophistiquée et aseptisée qui ne tourne qu'au quart de son rendement. L'oeuvre de Dieu ne s'accommode pas de tiédeur. Les âmes ne s'y convertissent plus. La vie chrétienne ne se vit qu'à fond. Le Saint-Esprit nous a été donné pour une vie abondante, pas moins. Et là où cette vie de l'Esprit est abondante et coule en sources d'eaux vives, les fidèles ne courent pas le risque de déraper dans des expériences fausses présentées comme la panacée à tous les maux de l'Église.

« Il est aussi écrit »

Tout doucement j'arrive au bout de mon livre. C'est pour toi d'abord, mon Frère non-Pentecôtiste, qu'il a été écrit. Pas pour les autres. Eux ne se laisseront pas plus convaincre de leur erreur sur ce point qu'un Témoin de Jéhovah n'acceptera la divinité de Jésus-Christ même si elle lui est démontrée par l'Écriture. Plus que jamais je suis des tiens. J'ai reconnu la justesse de ton enseignement et la pureté de ta doctrine.

Recommande ce livre à ceux qui sont troublées par le chant des sirènes charismatiques. J'ai prêté l'oreille à leurs mélodies. Par la grâce de Dieu, le secours de l'Esprit et les lumières de la Parole j'ai pu échapper à leurs écueils. Tu as fini ce livre. Reprends-en la lecture et étudie systématiquement les vérités qui y sont exposées et les erreurs qui y son démasquées. Le questionnaire qui clôture ce livre t'aidera à donner une réponse à ceux qui te demanderont raison de ta foi.1

Bien équipé pour toute bonne oeuvre tu seras alors un homme de Dieu dispensant droitement la Parole de la Vérité.2 Inlassablement ramène à l'Écriture tous ceux qui en dévient pour s'adonner à des expériences qui de scripturaires n'ont que le nom. Rappelle-leur que lors de la Tentation au désert le diable a trois fois proposé des expériences à notre Seigneur et qu'à ces tro is t entati ons Il a répondu tr ois foi s : « il est écrit ».3 Quand l'adversaire pour mieux séduire dit à son tour « il est écrit » il faut lui répondre : « il est aussi écrit ». Comme le Divin Modèle, il faut oser dire à ceux qui s'égarent à tout vent de doctrine, qui vont selon le vent et qui aime être dans le vent, ce qu'il a dit à la Samaritaine : « ...vous ne savez pas ce que vous

adorez... » 4 Il faut parfois leur résister en face. Contester pour la foi qui a été donnée aux saints une fois pour toute,5 et, à l'exemple du Maître, leur dire avec amour et vérité : Vous êtes dans l'erreur parce que vous ne connaissez pas les Écritures... » 6

(1) 1 Pier.3 : 15 (3) Ma tt.4 : 7 (5) Jude.3

(2) 2 Tim.2 : 15 (4) Jn.4 : 22 (6) Matt.22 : 29..45

Questionnaire

 

 

45

Questionnaire                                                                                                    Pages

1)     Le parler en langues s'adresse-t-il aux hommes ou à Dieu ?............................................…………….. …………………………….5,20,21,23

2)     Quand a-t-on parlé en langues pour la première fois ?............5

3)       Le parler en langues impliquait-il ne idées de jugements ?.......6

4)       Qu'est-ce que le baptême de feu ?................................6

5)       Pouvait-on parler en langues sans interpréter ?.................8,9

6)       Parler en langues et célibat recommandés.....................    9,36

7)       Le parler en langues était-il la langue des anges ?...........   9,10

8)       Y a-t-il deux sortes de parler en langues ?..................    10-13

9)       Le parler en langues était-il un signe pour les croyants ?...... 13

10)    Pourquoi ne comprenait-on pas le parler en langues ? .......... 12

11)    Pour qui le parler en langues était-il un signe ?.....          14-17,20

12)    Quel était le BUT du parler en langues ?.......................18

13)    Que penser quand ce qui est dit en langue est vrai ?.........   20-23

14)    Que penser de la supercherie et de la contrefaçon ?......        34,38,39

15)    Le parler en langues a-t-il cessé et quand ?...........         24-29,35,36

16)    Que veut dire : jusqu'à ce qui est parfait soit venu ?..         .27,28

17)    Le parler en langues a-t-il pour but d'édifier celui qui l'exerce ?............................................                   8,30-31

18)    Où le parler en langues devait-il d'exercer ?..................32

19)    Pourquoi Paul a-t-il dit : n'empêchez pas de parler en langues ? ..........................                                     32

20)    Le parler en langues actuel est-il une preuve de sa véracité ?..........................................                   24,32-33

21)    D'autres charisme ont-ils cessé....................             25-26,28-29,32

22)    Est-ce chez soi qu'il fallait parler en langues ?..............32

23)    Peut-on mettre les parlers en langue actuel à l'épreuve ?..........................................                    38-39,40-41

24)    Quel crédit faut-il accorder aux expériences ?........         .20-23,36,37

25)    Le Seigneur a-t-il parlé en langue ? Pourquoi ?...................................................            19-20

 

 

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