Comment je suis devenu chrétien ...
Je suis né dans une famille catholique. Mon père était profondément anti-clérical mais il nous incitait à prier. Chaque soir , nous faisions des neuvaines à la vierge Marie. J'allais tous les dimanches à la messe. C'était l'occasion de sortir les beaux habits et de voir les jolies filles.
Je faisais souvent des promesses à Marie, surtout à l'approche des examens : un paquet de bougies contre une bonne note, tel était le marché que je contractais avec elle. Régulièrement, en me rendant à la petite chapelle, pour y apporter mes bougies, la pensée que mes bonnes notes était due à mon travail et à mon intelligence venait à mon esprit mais je la rejetais vite...
Je vécus cette sorte de foi mercantile et égoïste jusqu'à l'âge de 14 ans . A ce moment là, j'intégrais le lycée. Je parlais de ma foi avec mes camarades de classe. L'un deux, prénommé Joseph commença à la tourner en ridicule. Comme je me fâchai, il me dit : 'Ecoute, tu ne te rends pas compte que tout cela, ce sont des contes de bonne femme. Marie n'a pas pu rester vierge pendant toute sa vie. Tu imagines le pauvre Joseph.'
Ces paroles me frappèrent par leur justesse. Tout d'un coup, mes certitudes s'évanouissaient et laissaient place à un sentiment d'avoir été trompé pendant toutes ces années. Comment avais-je pu croire à de telles sornettes ?
Depuis ce jour, je cessais de prier. La crainte de Dieu qui me faisait surveiller mes actes et mes paroles s'effaça et je commençais une vie de débauche qui allait durer 5 années. Je n'ai jamais fumé ou pris de drogue mais je me rattrapais sur l'alcool. Nous faisions régulièrement dans les dortoirs des fêtes où l'alcool coulait à flots. 'Il est des nôtres, il a bu son verre comme les autres! Et glou, et glou, et glou ....' était ma chanson favorite à ce moment-là.
Après l'obtention de mon baccalauréat, je passai le concours d'entrée à l'école normale et là, j'allais donner libre cours à mes passions. Avec une bande de normaliens, nous écumions chaque soir les boîtes de nuit de la capitale. Le samedi, repu de fatigue, je dormais pendant tout le week-end !
Nous mangions tous les jours au restaurant et menions une vie de pacha. Je n'avais jamais manié d'argent et mon salaire filait entre mes doigts. Il m'arrivait souvent d'être à découvert.
La drague des étudiantes était notre activité favorite. Notre portefeuille bien garni et la facilité avec laquelle nous le vidions faisait de nous les favoris des étudiantes au grand dam des jeunes étudiants sans le sou .
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