L’épître de Paul aux Romains

L’épître de Paul aux Romains.

Chapitres 1 – 5.

 

Introduction.

 

L’apôtre Paul a écrit cette épître en l’an 56, lorsqu’il était à Corinthe, assemblée où il avait séjourné pendant trois mois, peu après qu’il leur avait écrit la deuxième aux Corinthiens. C’est la soeur Phoebé qui avait apporté à Rome cette épître, qui lui servit en même temps de lettre de recommandation.

L’épître aux Romains contient les vérités les plus fondamentales du Christianisme, la base de nos relations avec Dieu, et nous révèle comment Dieu peut être juste, tout en justifiant celui qui croit au Seig­neur Jésus.

Avant que Dieu créa l’homme, Il avait envers lui des conseils d’amour et de grâce dans Son Fils bien-aimé. Les anges dans les plaines de Bethléhem ont célébré le bon plaisir que Dieu allait manifester envers les hommes, qui gémissaient sous les conséquences du péché.

C’était dans l’innocence que Dieu avait placé l’homme dans le jardin d’Eden. Dieu a ensuite éprouvé l’obéissance de l’homme en le pla­çant sous le commandement de ne pas manger du fruit de la con­naissance du bien et du mal. Sous cette responsabilité, Adam et Eve ont tristement manqué et ils furent chassés du paradis, étant sous la sentence de la mort. Mais ils avaient la promesse que la Semence de la femme, Christ, viendrait pour délivrer les hommes de l’esclavage de Satan.

Après la chute – l’homme ayant maintenant une conscience – les descendants de Caïn tombèrent dans des péchés toujours plus af­freux, et finalement, les consciences s’étant émoussées, les hommes se donnèrent à l’iniquité sans frein, de sorte que Dieu se repentit d’a-voir mis l’homme sur la terre, et Il envoya le déluge pour les détrui­re.

Quoique Noé fût un homme juste, ses descendants tombèrent de nouveau dans le péché et dans leur métropole Babel, ils conçurent le plan de bâtir une tour pour se faire un nom et pour ne pas être dis­persés sur la terre. Mais Dieu confondit leurs langues et ils furent disséminés sur la terre, formant des nations avec chacune leur langue, et ces nations tombèrent bientôt dans l’idolâtrie. Au lieu de donner gloire à Dieu ils donnèrent la gloire aux idoles, ces idoles n’étant en réalité que des convoitises déifiées, soutenues par des démons.

Du milieu de ces nations idolâtres, Dieu appela Abraham, le père des croyants, pour qu’il rende un témoignage au seul Dieu vivant. Après que le peuple d’Israel eut séjourné en Egypte, et après leur délivrance sous Moïse, Dieu leur donna la loi.

La loi ne donne pas, mais elle exige la justice de la part de l’homme ; et sous la loi la vie et la bénédiction dépendent de l’obéissance à cette loi. La loi disait : « FAIS CECI ET TU VIVRAS »

La conscience donne une responsabilité naturelle à l’homme. La loi ajoute à cela un code de règles ; ainsi elle exige la justice de la part de l’homme selon une mesure donnée par Dieu. Mais hélas, comme Adam était tombé dans la transgression, le peuple d’Israel y tomba également, et déjà lorsque Moïse descendit de la montagne avec les tables de la loi, Israel s’était adonné à l’adoration du veau d’or.

Après que Dieu eut tout fait pour récolter quelque fruit de la part d’Israel, Il envoya son propre Fils dans ce monde. Christ était la « Semence de la femme » promise à Adam, mais Il était aussi la semence d’Abraham et de David.

Mais hélas ! le peuple d’Israel n’a pas reçu Jésus ! « Il est venu chez les siens ; et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jean 1 :11) La grâce et la vérité sont venues en Jésus Christ, mais les hommes les ont mépri­sées et rejetées. Le Fils unique et bien-aimé, lorsqu’Il vint chercher du fruit, fut jeté hors de la vigne et tué.

Dieu Lui-même, venu en grâce dans ce monde, fut rejeté, lorsque les hommes ont crucifé le Seigneur Jésus. En crucifiant Jésus, les hommes ont complété leur histoire de péché et de transgression.

C’est à cet instant que l’épreuve de l’homme fut terminée ; l’homme selon la chair fut mis de côté sur la même croix où le Seigneur Jésus mourut pour nos péchés.

Il fut livré « par le conseil et la préconnaissance de Dieu. » Il a porté nos péchés en son corps sur le bois et ainsi Il a satisfait à toutes les exigences de Dieu quant à la justice. Et Il a fait cela à la place de l’homme responsable. Il a gloirifié Dieu parfaitement dans tout ce qu’il est : amour, majesté, vérité, sainteté et justice.

Après Sa résurrection, Dieu a exalté Christ en le faisant asseoir à sa droite. Dieu a montré Sa justice lorsqu’Il a mis au-dessus de tous les cieux Celui qui avait été compté parmi les malfaiteurs par les hommes ; et Il L’a rendu héritier de toutes choses.

Pour tous ceux qui croient au Seigneur Jésus comme leur Sauveur personnel, Christ devient leur vie et ensuite le Saint Esprit leur est donné pour pouvoir jouir du salut. Ce salut est le résultat de la pre­mière venue de Christ où Il a satisfait à la justice de Dieu et où Il est mort et ressuscité pour notre pardon et notre réconciliation. Par le Saint Esprit l’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs. En crucifi­ant Christ, l’homme a manifesté toute son inimitié contre Dieu, mais Dieu a manifesté tout Son amour et Sa grâce.

L’épître aux Romains nous révèle le principe sur lequel l’homme peut être réconcilié avec Dieu. Elle s’occupe plutôt de la responsabilité de l’homme que des conseils de Dieu. L’homme y est présenté d’abord comme vivant sa vie naturelle, et alors il est un esclave du péché et de ses convoitises, et mort quant à Dieu.

Il faut que la mort de Christ intervienne pour délivrer l’homme de la punition, mais aussi de la puissance du péché, tandis que dans l’épître aux Ephésiens, l’homme est vu comme mort dans ses péchés.

La première aux Corinthiens s’occupe surtout de l’assemblée, et dans la seconde nous trouvons la puissance pratique de la doctrine de l’épître aux Romains, où nous sommes vus comme morts avec Christ : « Nous portons toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus se manifeste dans notre corps. » En 2 Cor. 5 :14 nous nous approchons plutôt de la doctrine des Ephésiens : « donc tous sont morts » ; sinon Christ n’aurait pas eu besoin de mourir pour eux. Il est descendu jusque dans la mort, puisqu’ils y étaient et pour les en faire sortir. Maintenant nous som­mes une nouvelle création et le croyant est appelé à être transfor­mé à l’image de Christ.

Dans l’épître aux Ephésiens les croyants sont vus comme « ressusci-tés.. et assis dans les lieux célestes en Christ Jésus. » Cette épître traite des conseils de Dieu. Toutes nos bénédictions sont spirituelles et célestes.

L’épître aux Colossiens nous présente comme morts et ressuscités avec Lui ; le ciel est notre espérance, et nous sommes occupés des choses qui sont dans le ciel où Christ est notre vie.

 

DIVISION

 

1.                  Chap. 1 :1-17. Introduction. Le verset 17 nous donne le thème de l’épître : « En effet la justice de Dieu s’y révèle par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : Le juste vivra par la foi. »

2.                  Chap. 1 :18 jusqu’au chap. 5 :11.  Cette partie s’occupe des péchés et de la grâce de Dieu qui y porte remède. SUBDIVI­SION : A) Chap. 1 :18 – chap. 3 :20 donne des preuves que TOUS ont péché ; puis annonce l’évangile : Propitiation a été faite par le sang de Christ. La résurrection de Christ met le sceau sur son oeuvre pour le pardon des péchés. B) Chap. 5 :1-11 : Nous avons ici le résultat béni et l’effet de la grâce pour ceux qui l’ont accepté par la foi.

 

CHAPITRE 1 :1 – 17

 

Lorsque l’apôtre écrivit cette lettre depuis Corinthe, il n’avait pas en­core été à Rome. C’est par le Seigneur Lui-même que Paul avait été appelé. C’est le Seigneur qui lui avait confié sa mission aurès des gentils. « Je t’ai pris du milieu de ce peuple et des païens, vers qui je t’envoie.. » (Actes 26 :17). Le Seigneur lui était apparu, pour qu’il de­vienne le témoin d’un Christ ressuscité et glorifié. C’était un tel Christ que Paul connaissait, Chef de la nouvelle création. L’évangile s’adressait au Juif premièrement, et ensuite aux païens. Cet évangile touchant le Fils de Dieu, était d’un côté en rapport avec les voies de Dieu sur la terre, envers Israel, car Christ est un descendant de David, mais d’autre part il avait trait à Christ qui avait été déclaré Fils de Dieu avec puissance selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts. La même puissance par laquelle Christ ressuscita, s’était manifestée tout au long de Sa vie dans une parfaite sainteté. Finalement, la résurrection fut la démonstration publique qu’Il était le Fils de Dieu. Triomphant de la mort, il a révélé la justice de Dieu. Dans cette épître, c’est la résurrection, et non la gloire, qui rend témoingage qu’il est le Fils de Dieu. Car l’ascension est à peine men­tionnée, sauf au chap. 8 en rapport avec l’intercession.

L’apôtre avait reçu son apostolat « pour amener à l’obéissance de la foi toutes les nations ». Ce qui ne veut pas dire que, par l’évangile, les nations doivent obéir aux églises comme on le prétend dans la chré­tienté. Lorsque Christ reviendra en gloire, Il s’assujettira toutes les nations. De nos jours, Dieu visite les nations par la prédication de l’évangile, « pour en tirer un peuple pour son nom. » (Actes 15 :14) Parmi ces nations, les croyants à Rome avaient été « appelés par Jésus Christ. »

Sous la grâce, Dieu n’exige rien de la part de l’homme, mais Il agit en sa faveur pour le sauver et pour le délivrer de l’état où il se trouve. Le principe sur lequel un pauvre pécheur est sauvé, est celui de la foi. La justice de Dieu est révélée dans l’évangile sur le principe de la foi. L’homme n’est pas appelé à être ou à faire quoi que ce soit, car Dieu ne lui demande rien. La justice de Dieu, parfaite et absolue, a été révélée en faveur de l’homme. Car TOUT ce que Dieu peut exiger dans le domaine de la justice ou de la sainteté a été accompli par Christ sur la croix. De sorte que, comme il est écrit : « LE JUSTE VIVRA PAR LA FOI.. »

 

CHAPITRE 1 :18 – CHAP. 3 :20

 

Ensuite l’apôtre montre ce qui rendait cette justice de Dieu si néces­saire pour nous. « Car la colère de Dieu est révélée DU CIEL contre toute impiété et toute iniquité des hommes qui possèdent la vérité tout en vivant dans l’iniquité. » (v. 18) Cette colère n’est pas gouverne­mentale, comme celle qui permit aux nations qui entouraient Israel, d’envahir ce peuple chaque fois qu’il abandonnait Dieu, ou celle qui permit qu’Israel fût emmené captif en Babylone. Non, maintenant la colère de Dieu contre toute impiété est révélée du CIEL, autant contre les Juifs qui avaient la vérité, que contre les nations moins privilé­giées.

Car Dieu Lui-même est maintenant pleinement révélé, et en Lui Sa colère contre tout mal.

Ensuite l’apôtre montre sur quelle base le jugement atteindra tous les hommes.

Les Grecs avaient leurs moralistes comme Socrate, Platon et tant d’autres, et les Juifs avaient la loi. Ce qui amenait la condamnation sur les nations, c’est que « les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue céleste annonce l’oeuvre de ses mains. » (Ps. 19 :1) Cha­que être humain est tenu de connaître Dieu, car « sa puissance éter­nelle et sa divinité, se voient fort bien depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusab­les. » (Rom. 1 :20).

Mais au lieu de Lui donner gloire, ils ont « remplacé la gloire du Dieu incorruptible par des images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. » (Rom. 1 :23). C’est pour­quoi Dieu les a livrés à l’impureté, de sorte que, en commettant l’infamie, ils ont dégradé eux-mêmes la gloire de l’homme, tout en ayant connu un Dieu qui condamne le péché.

Au deuxième chapitre l’apôtre rappelle que les moralistes Grecs commettaient eux-mêmes (comme nous le rappelle l’histoire ainsi que leurs propres aveux) les choses qu’ils condamnaient. Il accentue la vérité que ce n’est jamais le jugement que nous portons sur les au­tres, qui nous fera échapper au juste jugement de Dieu. Sa conclu­sion est qu’il n’y a pas de différence, que l’on soit Juif ou Grec. Lors­que Dieu est révélé, comme dans le Christianisme, l’iniquité est traitée comme de l’iniquité. S’ils ont péché sous la loi, ils seront jugés par la loi, car le mal est le mal, n’importe par qui il soit commis. Car auprès de Dieu, il n’y a pas de considération de personne. (Chap. 2 :6-11). Ceux qui cherchent la gloire, l’honneur et l’incorruptibilité, recevront la vie éternelle lorsqu’ils persévèrent à bien faire, mais il y aura colère et fureur contre ceux qui désobéissent à la vérité. (Chap. 2 :7-8). Nous verrons un peu plus loin que l’homme naturel est inca­pable de persévérer dans les bonnes oeuvres, mais le principe est là, aussi sous le christianisme. Il y aura tribulation et angoisse pour toute âme humaine qui pratique le mal, qu’il soit Juif ou Grec, mais gloire, honneur et paix pour quiconque pratique le bien. Dans ce passage nous n’avons ni le chemin du salut, ni la manière dont un pécheur peut être justifié. L’apôtre veut dire que Dieu tient compte de la réali­té, et pas seulement de ce que l’on professe de sa bouche. Ainsi tous ceux qui avaient péché sans la loi périraient aussi sans la loi, et tous ceux qui avaient péché sous la loi seraient jugés par la loi (v. 12). Ici, il n’est pas encore question de la grâce qui seule peut donner la puis­sance pour vivre saintement, mais l’apôtre décrit le principe général. Ce qui compte, c’est la réalité dans la marche, plutôt que les préférences nationales ou religieuses.

Tout homme a une consience qui lui dit que c’est mal de tuer ou de voler. Au sujet des païens, l’apôtre dit donc que L’OEUVRE de la loi est écrite dans leurs coeurs, car ils ont une conscience. « L’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal » (Gen. 3 :22). Ce n’est pas la loi qui est écrite dans leur coeur, mais L’OEUVRE, donc une perception morale conforme aux exigen­ces de la sainte loi. Ainsi un homme est loi à lui-même, même s’il est un gentil qui n’a pas reçu les commandements de Moïse. Notons bien que les versets 13-15 sont une parenthèse entre les versets 12 et 16 : «  Et tous ceux qui ont péché sous la loi seront jugés par la loi (….) au jour où, selon mon Evangile, Dieu jugera par le Christ-Jésus les ac­tions secrètes des hommes. »

Chap 2 :17. Celui-là seul est Juif qui l’est AU-DEDANS, celui dont le COEUR est circoncis, qui est né de nouveau, selon l’esprit, et non selon la lettre. Comme à tout homme, il lui faut un renouvellement du coeur pour tirer profit de ses privilèges.

Au chap. 3 :1-2, l’apôtre accentue les privilèges des Juifs auxquels les oracles de Dieu, les Ecritures, avaient été confiées.

Même si tout homme était menteur, Dieu se montrerait vrai. Mais le fait que Dieu est glorifié par l’infidélité même de l’homme, n’empêche-ra pas que Dieu jugera le mal. Si l’injustice de l’homme démontre la justice de Dieu, il est évident que Dieu est juste lorsqu’il juge le mal. Ceux qui disaient: « Pourquoi ne ferions-nous pas le mal afin qu’il en arrive du bien » commettaient une erreur abominable, et sur de tels viendrait un jugement en proportion.

Pour prouver que tout homme, Juif ou Païen, était sous le même jugement, l’apôtre cite les Psaumes et Esaïe, en ajoutant que ce que la loi dit, elle le dit à ceux qui sont sous la loi. Voici ces citations : « Il n’y a pas de juste, pas même un seul ; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu. Tous se sont égarés, ensemble ils sont pervertis, il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. Leur gosier est un sépulcre ouvert, ils usent de tromperie avec leurs langues. Ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic. Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume. Ils ont les pieds légers pour répandre le sang, la destruction et le malheur sont sur leur chemin, ils n’ont pas connu le chemin de la paix. La crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux. »

Le mal est donc universel en dépit de certains caractères aimables que l’on trouve parmi les hommes, comme on en trouve aussi parmi les animaux. Ce que l’on ne trouve jamais parmi les inconvertis, c’est un coeur qui recherche ou qui craigne Dieu. Ainsi l’Ecriture ferme la bouche à tout homme et le monde entier est tenu pour coupable devant Dieu. Ce que la loi apporte, ce n’est pas la justice, mais la connaissance du péché.

 

LA JUSTICE DE DIEU

CHAP. 3 :21 – FIN

 

Maintenant la justice de Dieu est manifestée. Cette justice est « par la foi en Jésus-Christ. » Elle est POUR TOUS, ce qui veut dire que l’évangile peut être prêché à tous les hommes. C’est la PROPITIA­TION.

Elle est sur TOUS CEUX QUI CROIENT. C’est la SUBSTITUTION. Ces deux aspects de l’oeuvre de Christ sur la croix étaient représen­tés par les deux boucs offerts en sacrifice le jour du Grand Pardon (Lévitique 16). Le sang du premier bouc était aspergé dans la présence de Dieu, pour satisfaire à toutes Ses exigences. Ainsi l’oeuvre de Christ a satisfait à toutes les exigences d’un Dieu juste et saint. Sur cette base-là, l’évangile peut être offert à tous les hommes. Le SECOND BOUC, sur lequel les péchés du peuple devaient être confessés, était envoyé dans le désert, et ainsi il emportait avec lui tous les péchés du peuple, loin de la face de Dieu, dans une terre d’un parfait oubli. Ce dernier aspect nous le retrouvons dans les mots : « La justice de Dieu… SUR TOUS CEUX QUI CROIENT » (vs. 23). Du point de vue de la substitution, Christ est mort pour les pé­chés DE PLUSIEURS, c’est à dire de ceux qui croient en Lui. Il n’est pas exact de dire qu’Il est mort pour les péchés du monde. Il est mort pour le monde et pour les péchés des croyants.

La justification est gratuite, donc sans aucune autre exigence que celle de croire, d’accepter. « Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement jus­tifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ Jésus. C’est lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient foi en son sang. » Cette justification s’applique autant aux saints de l’Ancien Testament qu’à nous qui vivons après la mort de Christ. Dieu a pu user de support et de patience avec eux en vue de la propitiation que Christ allait accomplir en son temps.

Pour nous, qui vivons après la mort de Christ, la pleine justice de Dieu est mise en évidence dans le temps présent. La grande vérité est que Dieu est juste en justifiant ceux qui croient en Jésus-Christ. La justice de Dieu a été pleinement montrée dans l’exaltation de Christ à la droite de Dieu. L’Esprit Saint est venu pour « CONVAIN-CRE LE MONDE DE… JUSTICE, PARCE QUE JE VAIS VERS LE PÈRE » (Jean 16 :10).

La valeur du sang de Christ couvre autant les péchés de ceux qui ont vécu et cru au temps d’Abraham, de David ou de Samuel, que les nôtres qui croyons de nos jours.

Toute vanterie de la part de l’homme est exclue, car c’est exclusive­ment par L’OEUVRE DE DIEU et par la grâce de Dieu que l’homme est justifié. Le salut n’est point par nos oeuvres, afin que personne ne se glorifie. PAR LA FOI, nous recevons gratuitement les effets de l’oeuvre de Christ qu’Il a si parfaitement accomplie pour nous.

Nous ne devons jamais mélanger le principe des oeuvres avec le principe de la foi, car l’un de ces principes exclut l’autre. Par la foi.. par la grâce.. par le sang de Christ.. à l’exclusion de quoi que se soit de la part de l’homme, de sa race, de son caractère, de ses oeuvres, de sa religion.

L’apôtre insiste sur le fait que ce principe est vrai, tant pour les Juifs que pour les païens. Le Juif avait cherché la justice sur un FAUX principe, celui des oeuvres, et maintenant l’évangile a révélé le VRAI principe, celui de la FOI. Ce principe n’anéantit pas la loi, mais la sanctionne plutôt et la met dans sa juste valeur : La loi sert à con­vaincre de péché. La loi a une telle autorité que Christ a dû mourir pour porter la malédiction de la loi (Gal. 3 :13). L’apôtre venait de se servir de la loi pour convaincre les hommes de péché. Après avoir été ainsi convaincus que nous sommes pécheurs, nous qui coryons sommes justifiés par la foi au sang de Christ. Dieu en grâce justifie gratuitement le pécheur repentant et qui croit en Christ, tandis que la loi exigeait des oeuvres de la part de l’homme. Le principe de la loi, et celui de la grâce, sont donc incompatibles. L’obéissance à la loi, ce n’était pas la justice de Dieu, mais la justice de l’homme. La loi et la foi ne peuvent pas se mêler ensemble.

 

CHAPITRE QUATRE

 

Dans ce chapitre l’apôtre se demande quelle était la position exacte des hommes de foi de jadis, comme Abraham et David. Si Abraham avait été justifié sur le principe des oeuvres, il avait de quoi se glori­fier, mais pas quant à Dieu. Non, dit l’apôtre, Abraham a été tenu pour juste par la foi. « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut compté comme justice… celui qui croit en celui qui justifie l’impie, sa foi lui est comptée comme justice. » Mais cette vérité est évidente aussi pour David : « De même, David proclame le bonheur de l’homme au compte de qui Dieu met la justice, sans oeuvres : Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, et dont les péchés sont couverts ! Heureux l’homme à qui le Seigneur ne compte pas son péché ! »

La justification d’Abraham a eu lieu avant qu’il ne fût circoncis, donc une telle justification est aussi pour ceux d’entre les païens qui n’ont jamais été circoncis, afin qu’Abraham soit le père des croyants d’entre les juifs autant que des croyants d’entre les nations. Et avec la justifi­cation, nous recevons aussi l’héritage, sur le principe de la foi. Lors­qu’Abraham reçut la promesse, il était physiquement comme mort à cause de son âge, mais en dépit de son état de mort et de celui de Sarah, ils ont reçu Isaäc, le fils de la promesse.

Après la GRÂCE de Dieu, reçue par la FOI, nous avons la PUIS­SANCE de Dieu qui ressuscite les morts, puissance qui s’est pleine­ment manifestée dans la résurrection du Seigneur Jésus. Non seule­ment Abraham crut au témoignage et à la promesse de Dieu, mais il crut à Dieu ; il avait devant les yeux de sa foi un Dieu dont les possi­bilités sont infinies. Ainsi, lorsqu’il sacrifia Isaäc son fils, il le reçut en retour par une sorte de résurrection. Croyant au même Dieu qui res­suscite les morts, Jean Baptiste put dire : « Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham ».

L’oeuvre de la rédemption accomplie, et une fois que Dieu fut satisfait à l’égard du péché, Il ne pouvait laisser Christ dans le tombeau. Dans Sa parfaite justice, Dieu a ressuscité Christ d’entre les morts pour donner au monde un témoignage public de ce fait qu’Il avait été sa­tisfait par l’oeuvre de Christ.

Voici donc quelles sont les conséquences bénies de cette oeuvre pour nous :

1.                  LA JUSTIFICATION. Nous sommes justifiés gratuitement par la grâce de Dieu.

2.                  L’AFFRANCHISSEMENT. Nous avons la rédemption dans le Christ Jésus.

3.                  L’ACCÈS À DIEU. Son sang est notre propitiation.

Tout ceci à cause du fait que Christ a été livré pour nos offences et ressuscité pour notre justification. L’évangile de la grâce peut être prêché à tous les hommes, et tous ceux qui croient en Christ sont justifiés.

 

CHAPITRE 5 :1 – 11

 

Dans cette épître la connaissance du pardon est clairement distin­guée de nos expériences comme chrétiens. Le sujet de notre justifi­cation et de ses effets bénis pour nous se termine au verset 11 du chapitre 5. Le sujet de l’expérience chrétienne sera pleinement développé dans les chapitre 6 – 8. Dans les chapitres 3 – 5 il est surtout question de nos ACTES DE PÉCHÉ ou de NOS PÉCHÉS. Christ a été livré pour NOS OFFENCES, pour les fautes positives que nous avons commises, comme le Souverain Sacrificateur en Lévi­tique 16 confessait les péchés du peuple sur la tête du bouc émis­saire.

Comme propitation, Christ glorifie Dieu dans son caractère. Comme substitut, Il a « porté nos péchés en son corps sur le bois. »

Dans les onze premiers versets du chapitre 5, nous avons les effets bénis de la grâce. Le Dieu de grâce Lui-même est pour nous, avec toutes les conséquences bienheureuses qui en découlent. Le chapitre 8 s’occupe également de la position des croyants, mais alors davan­tage en rapport avec les opérations intérieures qui ont eu lieu en nous, c’est à dire avec nos expériences comme chrétiens. Au chapitre 5, l’accent est mis sur la NATURE DE DIEU LUI-MÊME, tandis qu’au chapitre 8, nous trouvons ce que le CROYANT EST EN CHRIST devant Dieu.

En résumé, nous avons en Rom. 5 :1-11 :

1.                  Notre PAIX AVEC DIEU, étant justifiés par la foi, sur la base de l’oeuvre de Christ.

2.                  Notre ACCÈS à cette faveur, par la foi. La faveur divine est plus précieuse que la vie elle-même. Lorsque je regarde en haut, je ne trouve que la faveur divine. Il m’aime de l’amour dont Il a aimé Jésus. C’est là que je trouve mon repos et au­cun nuage ne voile la lumière de sa face.

3.                  L’ESPÉRANCE DE LA GLOIRE DE DIEU. Le sentier sur le­quel je marche ici-bas sur la terre est éclairé par les rayons de cette espérance bienheureuse. Cette gloire, ce sera la fin de toutes mes épreuves et de toutes mes luttes.

Nous avons dans ces trois choses, le présent, le passé et l’avenir éternel et bienheureux du croyant.

Mais tout en ayant cela, nous avons encore beaucoup à apprendre, et il y a bien des choses en nous qui ont besoin d’être corrigées. Les tribulations que nous rencontrons sur notre route font partie de l’école de Dieu, et nous devons apprendre à nous en glorifier. Ces tribula­tions produisent chez nous la patience, la soumission à la volontéde Dieu et la tranquillité d’esprit.

C’est ainsi que nous apprenons à nous connaître nous-mêmes, et à mieux connaître Dieu.

L’Eternel éprouva Israel dans le désert et l’humilia, pour lui faire du bien à la fin. Notre discernement spirituel augmente par les épreuves, et l’espérance du retour du Seigneur devient toujours plus bénie. La félicité qui est devant nous, élève notre âme vers Lui qui est notre espérance. Ainsi l’amour de Dieu est versé dans nos coeurs par le Saint Esprit qui nous a été donné. C’est pour la première fois dans notre épître que le don du Saint Esprit et son habitation en nous, sont mentionnés. Lorsque le pardon et la justification sont connus, tout obstacle est ôté et le Saint Esprit peut venir faire Sa demeure en nous, pour apporter dans nos coeurs la nature même de Dieu, c’est à dire L’AMOUR. Le Seigneur Jésus Lui-même est venu pour baptiser d’Esprit Saint.

Dans l’Ancien Testament, lors de la purification du lépreux, celui-ci était d’abord lavé par l’eau, après il était aspergé par le sang, et en­suite oint d’huile.

Nous sommes lavés par la Parole : c’est la nouvelle naissance ; nous sommes nés d’eau et d’Esprit (Jean 3). Ensuite nous sommes asper­gés du sang de Christ : justifiés par la foi (Romains 5). Et enfin nous sommes oints et scellés par le Saint Esprit (Romains 8 et 2 Cor. 1 :22).

Cette onction est donc une chose distincte de la nouvelle naissance. La nouvelle naissance est une opération du Saint Esprit dans ceux qui ne croient pas encore. Mais nous sommes scellés après avoir cru, c’est à dire lorsque nous sommes arrivés à la connaissance du pardon de nos péchés. Lorsque Pierre annonça la rémission des pé­chés à ceux qui étaient réunis dans la maison de Corneille, le Saint Esprit tomba sur Corneille et sur tous ceux qui avaient reçu la Parole (Actes 10 :43-44). Ici, en Romains 5, après avoir révélé le pardon et la justification, l’apôtre introduit le Saint Esprit, en nous rappelant que dans le salut, L’AMOUR DE DIEU est la grande chose.

Il y a des chrétiens qui pensent que l’on ne peut être sauvé qu’après avoir passé par les expériences, décrites dans le chapitre 7 aux Ro­mains. Ces expériences peuvent en effet nous conduire à avoir une plus grande conviction de péché, mais ces expériences, ni la profon­deur de nos convictions, ne sont pas la condition du salut. Lorsqu’une personne est déjà sauvée, ces expériences peuvent servir à ce qu’elle soit plus rapidement affranchie de toute confiance en elle-même.

La connaissance de l’amour de Dieu, révélé dans l’oeuvre de Christ, est la base du salut. L’oeuvre de Christ a été accomplie en dehors de nous et entièrement indépendamment de nous. « Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. » Nous étions impies et sans force lorsque Dieu a donné son Fils pour nous. L’apôtre ajoute : « A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu’un peut-être aurait le courage de mourir pour un homme qui est bon. Mais en ceci, Dieu prouve son amour envers nous : Lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. »

Le fils prodigue, qui avait pris la résolution de retourner vers son père, aussi longtemps qu’il ne l’avait pas encore rencontré, parlait d’être reçu comme un employé : « Je me lèverai, j’irai vers mon père et lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi ; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes employés. »

Ainsi, nous aussi, nous ne pouvons connaître l’amour de Dieu que par le Saint Esprit, qui nous révèle ce que Dieu a donné et ce que Christ a fait pour nous. « A bien plus forte raison, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconci-liés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. »

Lorsque dans les pensées d’une personne, il y a encore un mélange de la grâce et de la loi, elle prendra son propre état comme point de départ pour ses idées concernant le salut : « Dieu doit être ainsi et ainsi… pour une personne comme moi.. » Le Saint Esprit, par contre, commence par prononcer une condamnation totale sur l’homme res­ponsable, tel qu’il est, et présente le salut et la bénédiction comme un DON GRATUIT de la part d’un DIEU D’AMOUR.

Christ a été crucifié dans l’infirmité, et c’est par Sa mort que nous avons été réconciliés avec Dieu. A plus forte raison donc, maintenant que Christ n’est plus en faiblesse, mais en puissance infinie, assis à la droite de Dieu pour intercéder en notre faveur comme Souverain Sacrificateur et comme Avocat, serons-nous sauvés par la puissance de Sa vie.

Dans la puissance de Sa vie impérissable, Il prend soin de nous. « C’est pour cela aussi qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » (Hébr. 7 :25) Voilà la portée de : « Nous serons sauvés par sa vie. »

 

CHAPITRE 5 :12 – 21

 

Nous avons ici les deux grands chefs de l’humanité : Adam et Christ. Adam est le chef de tous les désobéissants, tandis que le NOUVEL HOMME, Christ, est le Chef de tous les obéissants.

Avant que la loi fût donnée, on ne pouvait pas mettre en compte le péché comme une transgression. Néanmoins, la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, car le salaire du péché, c’est la mort. Adam avait eu un commandement formel, ensuite une loi de commande­ments formels fut donnée à Moïse. Entre Adam et Moïse il y a eu une longue période, durant laquelle il n’y avait pas de loi de commande­ments, et durant tout ce temps le péché et la mort ont régné. « Si par la faute d’un seul, beaucoup sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don qui vient de la grâce d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. » (Rom. 5 :15). Si le péché et la ruine ont été universels, la grâce de Dieu est ILLIMITÉE, et rien ne peut dépasser ce qui est illimité, infini, et éter­nel. Donc, si nous sommes impressionnés par les conséquences du péché, nous sommes dans l’adoration devant les effets de la grâce, qui vont infiniment au-delà des effets du péché.

Cette supériorité de la grâce est à nouveau accentuée au verset 17 : « Si par la faute d’un seul, la mort a régné par lui seul, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par le seul Jésus-Christ. » La grâce était donc si grande, que non seulement la vie régnait là où avaient régné le péché et la mort, mais ceux qui recevaient l’abondance de la grâce et du don de la justice, régneraient eux-mêmes avec Christ quand Il reviendrait.

Aux versets 18 et 19 nous lisons d’abord quel a été l’effet que le pé­ché d’Adam avait eu pour toute sa postérité, et ensuite quelle a été la conséquence de la mort de Christ pour tous ceux qui croient. Les « plusieurs » associés à Christ, sont constitués justes, et placés dans une position de justice devant Dieu. Ces « plusieurs » ont donc une position inébranlable de justice devant Dieu, à cause de la vie parfaite et de l’obéissance jusqu’à la mort de notre Sauveur.

Entre le péché d’Adam et l’oeuvre de Christ, il y a eu la période de la loi, pour que la faute soit imputable comme une transgression.

La volonté de l’homme est si mauvaise et si corrompue, que la sainte loi de Dieu a eu comme effet de le pousser à la transgression. Donc

la FAUTE a abondé, par la loi, et ensuite l’apotre ajoute : « Mais la où le péché s’est amplifié, la grâce a surabondé. »

Si la justice avait régné, elle eut apporté la condamnation, mais Dieu est amour. Il est riche en miséricorde, et ainsi la grâce règne. Christ a satisfait aux exigences de Dieu quant à la justice, de sorte que non seulement la grâce règne, mais : « De la sorte, comme le péché a régné avec la mort, ainsi la grâce règne par la justice, pour la vie éternelle, par Jésus-Christ notre Seigneur. » (v. 21).  

  

 

 

 

 

D.J. Christiaanse

 

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