L’Epître de Paul aux Romains (suite)

L’Epître de Paul aux Romains (suite)

Chapitres 6 – 8

 

Dans notre précédente étude, l’Epître de Paul aux Romains, chapi­tres 1 – 5, nous avons vu que le premier homme, Adam, et le second homme, Christ, étaient les chefs de deux groupes d’hommes. Dans le sixième chapitre que nous allons étudier maintenant, nous verrons que dans chaque croyant il habite DEUX NATURES, la vieille nature qui a son origine en Adam, et la nouvelle nature qui a son origine en Christ. La vieille nature est aussi appelée « le péché » ; elle est la racine du péché et ne peut que pécher. La nouvelle nature ou le nou­vel homme, a été créée à l’image de Christ et ne peut pécher.

Nous trouvons dans ce chapitre le principe sur lequel un croyant peut être délivré de la puissance du péché. Jusqu’au chapitre 5, il n’a pas été question de la conduite du croyant. Le salut était donné par pure grâce, sans allusion à sa conduite. Mais au chapitre 6 nous trouvons que la nouvelle conduite du croyant a sa source dans cette nouvelle vie qui lui a été donnée et qui vient de Dieu, une puissance qui nous délivre du péché, autant du péché dans son principe que dans sa force, et qui nous place dans la liberté divine quant à notre marche, une liberté qui vient de Dieu. Dans cette liberté nous nous livrons nous-mêmes à Dieu, étant rendus vivants comme d’entre les morts.

L’apôtre réfute tout d’abord la doctrine qui disait : « Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? » « Certes non ! » dit-il. Ensuite il démontre que, si nous sommes sauvés par la mort de Christ, maintenant, comme croyants, nous sommes identifiés avec Christ dans Sa mort. Autrement dit : NOUS SOMMES CRUCIFIÉS AVEC LUI. « Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? »

Tous les chrétiens professants sont baptisés pour la mort de Christ, disant ainsi qu’ils ont part à cette mort, qu’ils sont identifiés avec Lui dans sa mort. L’apôtre ne parle pas ici de notre résurrection AVEC Christ, car ceux qui sont ressuscités avec Lui sont unis avec Lui. Ici, l’accent est mis sur le fait que nous avons été ensevelis avec Lui par le baptême pour la mort. Donc la profession du Christianisme elle-même admet que le vieil homme du chrétien, la racine du péché, est une chose jugée et crucifiée. Et le pas suivant est que, comme Christ a été ressuscité par la gloire du Père, ainsi nous aussi, nous mar­chions en nouveauté de vie. Notre vie nouvelle est conforme à la vie de Christ ressuscité. La mort au péché est notre portion ici-bas, sur la terre : « Nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché. » Ici, l’expression : « le corps de pé­ché » signifie le vieil homme, le siège de la convoitise et la racine du péché. Tout droit, toute autorité, toute puissance, lui ont été enlevés en principe, le vieil homme étant mort avec Christ.

Ce qui empêche bien des chrétiens de jouir de cette position, c’est qu’ils veulent bien être morts en ce qui concerne leurs traits de ca­ractère que tout le monde considère comme mauvais, les vices, la colère, etc. Mais généralement on oublie qu’à ce vieil homme appar­tiennent aussi des traits que les hommes considèrent comme des vertus, comme l’ambition, l’amour de l’argent, et tout ce qui a trait aux qualités intellectuelles et naturelles. Tout ce qui est sorti du sein ma­ternel, et qui peut être cultivé et soigné, appartient au vieil homme, et c’est exactement ce qui doit être tenu dans la mort.

C’est ce que nous avons en figure en Nombres 19, dans le sacrifice de la génisse rousse. Cette génisse qui devait être offerte en sacrifice représente Christ dans son sacrifice pour nos péchés. Du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate devaient être jetés dans le feu dans lequel brûlait la génisse rousse. L’écarlate est le type de la splendeur humaine, de la gloire de l’homme. Le cèdre et l’hysope représentent la nature humaine, dans ce qu’elle a de plus bas, et aussi dans ce qu’elle a de plus élevé. Si la génisse représente Christ crucifié pour nos péchés, dans l’hysope, le cèdre et l’écarlate nous avons notre moi, notre vieille nature dans toute sa bassesse et aussi dans tout son orgueil, identifiés avec Christ dans la mort.

« Car celui qui est mort est quitte du péché. » Un homme qui est mort, peut avoir à répondre des péchés et des fautes commises du­rant sa vie, mais on ne peut plus l’accuser de péché présent, car il n’a ni mauvaises convoitises, ni volonté perverse, car il est mort. Il en est ainsi de nous, en tant que morts avec Christ.

Christ est mort une fois pour toutes et il n’a plus affaire au péché. « Et maintenant qu’il vit, il vit pour Dieu. » Il ne peut mourir. Ici-bas, il a eu affaire au péché, ensuite, sur la croix, il a dû être fait péché pour nous. Maintenant, il en a fini avec le péché pour toujours. Il mourut au péché ici-bas ; par la mort il passa dans la résurrection ; et main­tenant il a Dieu seul pour objet et pour vie : « Et maintenant qu’il vit, il vit pour Dieu. » Son âme n’est remplie que de Dieu seul. Et puisque nous sommes identifiés avec Christ, nous devons nous tenir nous-mêmes pour morts - notre vieil homme étant crucifié avec Christ – pour morts au péché et vivants pour Dieu par Lui.

Nous ne vivons plus par Adam, mais nous sommes vivants pour Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur. Si nous nous tenons pour morts au péché par la foi en cette vérité, nous serons délivrés pratiquement de la puissance du péché, et nous vivrons d’une vie nouvelle.

Le vieil homme est encore là, certes, et il sera là aussi longtemps que nous séjournons sur cette terre, mais tout en étant présent, il n’a au­cun droit de régner. Lorsque dans un pays totalitaire, il y a quelques communistes, leur présence, à cause de leur faible minorité, n’influ-encera point le gouvernement de ce pays, car ils sont trop fai­bles pour régner, et la vie dans un tel pays se passera comme s’il n’y avait pas de communistes du tout.

Le croyant afranchi tiendra donc en main les rênes de sa conduite, et il ne permettra pas au péché de se servir de son corps pour la satis­faction de ses convoitises. Un homme affranchi ne donnera pas ses membres au service de l’iniquité ; au contraire, lorsque Satan viendra réclamer ses mains, ses pieds, ses oreilles, ses yeux, son intelligence pour servir le péché, le croyant pourra lui répondre par la foi que ces membres ont été cloués sur la croix. Mais lorsque Dieu les réclame, le croyant emploiera ses membres pour Son service et pour Sa gloire.

L’homme non affranchi, qui est encore sous la loi, sera aussi sous la domination du péché. « Le péché ne dominera pas sur vous, car vous n’êtes pas sous la loi, mais sous la grâce. » (v. 14) « Quiconque commet le péché est esclave du péché. » (Jean 8 :34). La loi ne laisse aucune liberté et ne donne aucune force. Mais SOUS LA GRÂCE, nous possédons ces trois choses qui sont nécessaires pour une vie de bénédiction et victorieuse :

1.                  LA VIE, par la nouvelle naissance.

2.                  LA PUISSANCE, par le don du Saint Esprit.

3.                  UN OBJET : Christ ressuscité et glorifié.

La vraie liberté consiste en ce que nous nous livrons nous-mêmes à Dieu, de sorte que cette obéissance est notre vraie liberté.

Quand nous marchons ainsi, le péché ne peut plus dominer sur nous. Dans ce chapitre 6, nous avons les principes de l’affranchissement, tandis qu’au chapitre 8, nous trouverons la puissance du Saint Esprit, puissance par laquelle l’affranchissement s’effectue pratiquement. Au chapitre 6 nous trouvons l’obéissance à Dieu comme caractéristique de la liberté : « Ne savez-vous pas que si vous vous livrez à quelqu’un comme esclaves POUR LUI OBÉIR, vous êtes esclaves de celui à qui VOUS OBÉISSEZ, soit du péché qui conduit à la mort, soit de L’OBÉISSANCE qui conduit à la justice ? Mais grâce à Dieu, après avoir été esclaves du péché, vous AVEZ OBÉI de coeur à la règle de doctrine qui vous a été transmise. » (Rom. 6 :16,17). C’est dans cette OBÉISSANCE sans réserve que nous réaliserons pratiquement notre affranchissement. Christ étant l’homme obéissant, c’est dans une vie d’obéissance que Sa vie se réalise en nous. « Mais maintenant, libérés du péché et esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sanctifi­cation et pour fin la vie éternelle. » (Rom. 6 :22). Ceux qui vivent dans le péché, veulent être libres de tout frein, pour donner libre cours à leur propre volonté ; ainsi : « Lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l’égard de la justice. » (v. 20)

La sainteté est le fruit de l’asservissement complet à Dieu. Dans cet état, nos âmes croîtront dans la connaissance de Dieu, et dans l’intimité avec Lui. Ainsi l’obéissance devient le chemin vers la sain­teté. Et la fin de cela, c’est notre glorieux avenir, une entrée riche et abondante dans le royaume éternel de Christ, dans cet héritage glo­rieux et céleste qui est appelé ici « la vie éternelle ».

La vie éternelle elle-même est un don de Dieu. « Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Christ-Jésus notre Seigneur. » (v. 23).

En résumé, nous avons lu dans ce chapitre que :

1.                  Le croyant ne doit pas continuer à vivre dans le péché.

2.                  Car il est crucifié avec Christ.

3.                  Et il vit d’une vie nouvelle.

4.                  Il doit se tenir pour mort au péché.

5.                  Sous la grâce, le péché ne dominera plus sur lui.

6.                  L’obéissance à Dieu, c’est la vraie liberté, le vrai affranchisse­ment.

7.                  Le résultat en est la sainteté et la vie et la gloire éternelle.

 

CHAPITRE 7

 

Puisque nous avons été crucifiés avec Christ, nous sommes délivrés de la loi, voici le premier principe que l’apôtre pose dans le chapitre 7 de notre épître.

Il illustre cette vérité par le lien du mariage. Ce lien dure aussi longtemps que les deux époux sont en vie, et il n’existe plus lorsque l’un des deux meurt. Le conjoint survivant est libre d’être à un autre.

Ainsi, puisque nous sommes morts avec Christ, nous sommes morts à la loi ; et, n’étant plus sous son autorité, nous sommes sous l’autorité de Christ.

L’apôtre nous donne donc d’abord la doctrine de notre affranchisse­ment de la loi ; et ensuite il montre la différence entre une âme qui est sous la loi et une âme qui est liée à un Christ ressuscité.

La plus grande partie de ce chapitre traite d’une personne qui est née de nouveau, renouvelée quant à ses désirs, mais qui ne connaît pas la délivrance par sa mort avec Christ. Ce n’est qu’à la fin du chapitre que la délivrance est connue et ensuite décrite dans le chapitre 8.

Etant morts avec Christ, nous ne sommes plus dans la chair, c’est-à-dire nous ne sommes pas devant Dieu comme des enfants d’Adam. C’est pourquoi l’apôtre dit : « Quand nous étions dans la chair. » (v. 5)

Nous avons ensuite le principe que toute prohibition ne fait que pro­voquer la volonté et la convoitise chez l’homme qui lui font transgres­ser le commandement. Lorsqu’on résiste à un enfant volontaire, il fera d’autant plus d’efforts pour écarter tout obstacle. Ainsi la loi, à cause de la volonté de la chair, n’a fait que provoquer à la transgression. Nous ne pouvons pas être soumis à la fois à la loi et à Christ.

Ce n’est que dans notre position nouvelle, en Christ ressuscité, que nous pouvons produire du fruit pour Dieu. Le contraste entre le chris­tianisme et la loi existe donc autant pour la marche chrétienne que pour la justification. « Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Certes non ! Mais je n’ai connu le péché que par la loi. Car je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’avait dit : Tu ne convoiteras pas. » (v. 7).

La plupart des hommes ne sont pas des criminels ; ils n’ont ni tué, ni volé. Mais il n’y a personne qui n’ait convoité, car c’est un caractéris­tique de l’homme naturel. Nous apprenons ici que la convoitise elle-même appartient au péché. La vieille nature est mauvaise en ce qui la caractérise : la convoitise ; c’est la source pécheresse. Lorsque la nouvelle nature, créée selon Christ, a été greffée en nous, comme un jardinier place une greffe sur un arbre sauvage, cette vie nouvelle a commencé à produire des fruits nouveaux.

Mais à cause d’un enseignement défectueux, beaucoup de person­nes qui sont nées de nouveau, se trouvent placées sous la loi de Moïse. On leur dit qu’un chrétien doit obéir à la loi de Moïse. Or, ceci est erronné. Alors, ces personnes sont souvent déçues par leurs ex­périences comme chrétiens, et souvent elles pensent qu’elles ne sont pas sauvées du tout, chaque fois qu’elles rechutent dans le péché. Le péché a trouvé un moyen d’attaque dans la loi.

L’inconverti n’est pas conscient du fait que sa vie est une vie de pé­ché, car il appelle cela plaisir et liberté. Mais de fait, lorsque vient un commandement qui lui interdit la convoitise, non seulement il pèche, mais il transgresse la loi et la loi prononce contre lui la condamnation de mort.

La loi dit : « FAIS CECI ET TU VIVRAS », mais « le commandement qui mène à la vie se trouva pour moi mener à la mort. Car le péché, profitant de l’occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. » (v. 10-11) Le péché revête ainsi le caractère de rébel­lion contre la sainte et bonne volonté de Dieu. « Ainsi la loi est sainte, et le commandement saint, juste et bon.. Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. » (. 12-14).

Nous assistons ici à la pénible lutte qui se livre au-dedans d’une per­sonne non-affranchie, la lutte entre les deux natures. La nouvelle na­ture désire faire le bien, mais la vieille nature paraît être la plus te­nace et la plus forte. Dans cette lutte, nous apprenons que nous avons deux « MOI » en nous, le vieux « MOI » que nous avons hérité d’Adam, et la nouvelle nature qui nous vient de Christ. Il est digne de remarque que les mots « JE » et « MOI » se trouvent environ 30 fois dans ce septième chapitre, tandis que « CHRIST » s’y trouve seule­ment une fois, à la fin, et le Saint Esprit pas du tout.

En considérant la lutte entre les deux natures, l’attention de la per­sonne est entièrement portée sur ce qui se passe en elle-même.

Lorsqu’on est sous la loi, on est, de fait, occupé de soi-même, au lieu d’être occupé de Christ.

Dans cette lutte nous apprenons trois choses :

1.         « En moi, c’est à dire en ma chair, n’habite point de bien. » (v. 18)

2.         C’est le vieil homme qui commet le péché.

3.         Le nouveau « MOI » n’a qu’un seul désir, celui de faire le bien.

Il existe donc une vie nouvelle, dans laquelle nous pouvons traiter le pécher comme un étranger. La chair devient une chose jugée, dé­testée, comme mise de côté. Dans l’homme renouvelé il y a le désir positif de faire le bien, car il prend plaisir à la loi de Dieu dans son for intérieur (v. 22), preuve certaine que nous avons ici affaire à une per­sonne qui possède la vie divine. Mais hélas ! elle doit encore ajouter que : « Je suis à même de vouloir, mais non pas d’accomplir le bien. » (v. 18).

Il y a évidemment manque de force, de puissance, et ce qui manque c’est la puissance et la présence du Saint Esprit.

Mais dès que l’on est conscient du manque total de force EN SOI-MÊME, Dieu vient donner une réponse à ce cri de détresse : « MALHEUREUX QUE JE SUIS ! QUI ME DÉLIVRERA DE CE CORPS DE MORT ? » (v. 24). Et la réponse est donnée tout de suite par le Saint Esprit : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ, notre Seigneur ! » (v. 25).

Ce chapitre décrit donc l’état d’une âme qui est sous la loi, et cette instruction est précieuse pour tous ceux qui ont la vie, mais qui ne sont pas encore délivrés. Mais elle est précieuse aussi pour ceux qui sont affranchis, car la chair reste toujours là, et nous aurons besoin, jusqu’à la fin, de la puissance qui affranchit. L’apôtre ajoute donc ce qui est vrai pour tous les chrétiens : « Ainsi donc moi-même, de l’entendement, je sers la loi de Dieu ; mais de la chair, la loi du pé­ché. » (v. 25). Tous les chrétiens doivent toujours se rappeler qu’en eux, c’est à dire dans leur chair, il n’habite point de bien.

Mais lorsque nous considérons la chair comme un intrus qui n’a au­cun droit, la puissance de la chair est brisée, et nous réalisons que nous ne sommes plus dans la chair devant Dieu. En Gal. 5 :17-18 nous apprenons que ce sont la présence et la puissance du Saint Esprit qui produisent l’affranchissement : « Car la chair a des désirs contraires à l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à la chair ; ils sont opposés l’un à l’autre, afin que vous ne fassiez pas ce que vous vou­driez. Mais si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes pas sous la loi. »

Nous sommes dans la liberté dans laquelle Christ nous a placés en nous affranchissant.

En Rom. 7 :25, après avoir mentionné la délivrance, l’apôtre nous rappelle que pendant toute notre vie ici-bas, il y aura les deux natures en nous. Le vieil homme ne s’améliore jamais, mais il doit toujours être tenu dans la mort. « A celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire, irréprochables dans l’allégresse, à Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus-Christ notre Seig­neur, soient gloire, majesté, force et autorité dès avant tous les temps, maintenant et dans tous les siècles ! » (Jude 24,25).

 

CHAPITRE 8

 

Le chrétien est caractérisé par sa position en Christ. Avant la croix, le Seigneur Jésus avait dit : « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12 :24). Après la mort de Christ, Sa résurrection et Son ascension, et après la venue du Saint Esprit, les croyants sont unis avec Christ. Par son union avec Christ, le croyant est « EN CHRIST », et l’Esprit de Dieu demeure en lui. Pour un tel homme « en Christ », il n’y a

 

AUCUNE CONDAMNATION.

 

Après avoir vu quelles sont les bénédictions du chrétien au chap. 5 :1-11, nous les considérons ici plus amplement. Non seulement il est sauvé, mais il est aussi affranchi. Un nouveau principe de vie et de puissance habite en lui, appelé ici le principe ou « la loi de l’Esprit de vie en Christ-Jésus ».

Dieu avait soufflé en Adam l’esprit de vie, mais l’Esprit de vie EN CHRIST-JÉSUS est autre chose. C’est une puissance qui produit la sainteté. Par Sa puissance, le chrétien est affranchi de la loi du péché et de la mort. Le vieil homme est encore là, mais le chrétien en est affranchi, à partir du moment où la puissance du Saint Esprit est ac­tive. La loi de Moïse n’a pas pu produire le bien auquel on tendait, et ceci à cause de la mauvaise nature de l’homme. La loi s’adressait au vieil homme, mais elle était impuissante pour en empêcher l’activité. Bien au contraire – elle exigeait le bien, mais elle provoquait le péché. « Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair. »

Lorsque Christ s’est offert en sacrifice pour le péché, Dieu a en même temps prononcé Sa condamnation sur le vieil homme. Par la croix l’homme dans la chair a définitivement été mis de côté.

Il n’y a donc aucune indulgence pour le péché, aucun pardon pour le vieil homme. Nos ACTES de péché sont tous pardonnés, mais pour le principe du péché dans la chair, le vieil homme, il n’y a PAS DE PARDON, mais il est CONDAMNÉ.

Non seulement donc, nous avons la rémission des péchés que nous avons commis, mais en outre la vieille nature qui les produisait, a été condamnée. Le nouvel homme vit et marche par l’Esprit, de sorte que la sainteté que la loi exigeait mais ne pouvait jamais produire, est ré­alisée en ceux qui marchent selon l’Esprit. C’est l’Esprit qui donne son vrai caractère à la marche du chrétien dans ce monde. C’est une marche avec Dieu et dans un jugement constant de soi-même. Cela implique l’obéissance à la Parole de Dieu, en cherchant en toutes choses à avoir la pensée du Seigneur, et à Lui plaire. Non seulement nous avons une nouvelle nature, depuis que nous sommes nés de nouveau, mais le Saint Esprit, qui est Dieu, habite en nous. La puis­sance de l’Esprit nous rend capables de marcher selon les désirs de la nouvelle nature.

La pensée de la chair et les désirs de la vieille nature conduisent à la mort spirituelle, ce qui signifie la perte de la communion avec Dieu, la perte de la paix, de la joie et de la puissance, tandis que la pensée de l’Esprit, qui a la gloire de Christ comme objet, nous maintiendra dans une paix et une joie à cause de la vie que nous possédons. La pen­sée de la chair c’est de l’inimitié contre Dieu. Tout ce qu’elle peut faire, c’est se révolter contre l’autorité de Dieu, car elle hait Dieu. Elle ne peut se soumettre à la loi, car ses désirs sont contraires à ce que la loi exige. La propre volonté s’élèvera contre toute autorité, spécia­lement celle du Seigneur Jésus. Il est évident que ceux qui sont dans la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.

Mais dès l’instant où l’Esprit de Dieu habite en nous, nous ne som­mes plus dans la chair, quant à notre position devant Dieu.

Il est utile ici d’accentuer la distinction entre notre position devant Dieu et notre condition ou notre état pratique. La POSITION est ce que nous sommes dans les yeux de Dieu, en Christ et par la foi. Lorsque l’apôtre dit en Hébr. 10 :14 : « Car par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés », cela veut dire que nous sommes vus par Dieu comme tels. Comme l’apôtre le dit aussi en Col. 2 :10 : « Et vous êtes ACCOMPLIS EN LUI. » Vus en Christ, tous les croyants sont toujours parfaits devant Dieu. C’est notre POSITION. En Jean 13, le Seigneur dit à ses disciples : « VOUS ÊTES NETS », quoique Pierre allât bientôt le renier. Tant est grande la différence entre ce que nous sommes en nous-mêmes, et ce que nous sommes en Christ, entre notre POSITION immuable et notre ÉTAT ou CONDITION qui, elle, est variable.

Quant à cette condition ou état pratique nous lisons : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ… FAITES DONC MOURIR VOTRE NATURE TERRESTRE : l’inconduite, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et la cupidité qui est une idolâtrie. » (Col. 3 :1-5). Il nous faut DEVENIR PRATIQUEMENT ce que nous sommes en Christ.

Quel contraste entre la liberté décrite ainsi : « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » et l’état de captivité sous la domination du péché, tel qu’il est décrit en Romains 7 : « Je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement et qui ME REND CAPTIF DE LA LOI DU PÉCHÉ qui est dans mes membres. » (Rom. 7 :23).

Ce qui caractérise le chrétien, c’est que l’Esprit de Dieu habite en lui. Cette habitation appartient à notre position, ne change donc jamais. Mais l’opération pratique de Sa puissance dépend de notre commu­nion avec Dieu. Si nous attristons ou si nous éteignons l’Esprit, nous L’empêcherons d’opérer.

Tous ceux dans lesquels l’Esprit habite, ne sont plus dans la chair, mais quant à leur position devant Dieu, ils sont « DANS L’ESPRIT ».

Etre « dans l’Esprit », cela signifie qu’en principe l’esclavage, décrit au chapitre 7, n’existe plus. Sous la loi, les passions des péchés pro­voquées par la loi agissaient dans nos membres. Ceci peut encore être vrai pour des personnes qui sont nées de nouveau, mais qui ne sont pas encore scellées du Saint Esprit. Sous la loi – et la plupart des systèmes chrétiens mettent leurs adeptes sous la loi – il n’y a ni liberté, ni puissance, ni victoire. Un tel légalisme nous rappelle le fils prodigue sur son chemin de retour vers la maison paternelle. Il pen­sait qu’il allait devenir le mercenaire de son père, parce qu’il ne con­naissait pas l’amour de son père. La loi produit cet esprit de servitude qui provient d’un manque de connaissance de la nature de Dieu.

Mais là où il y a l’Esprit de Dieu, l’esprit de servitude et de crainte dis­paraît, et il y aura la liberté d’un enfant devant son père. Nous ne sommes plus devant Dieu comme le serait une créature coupable devant un Dieu saint qui condamne le pécheur, car le sang de Christ nous a purifiés de tout péché. Nous nous approchons de Dieu avec liberté, car le Saint Esprit habite en nous comme le SCEAU DE LA VALEUR DU SANG DE CHRIST. Et c’est Lui qui nous donne la con­science de notre nouvelle position devant Dieu. Nous ne sommes, quant à notre position, pas dans la chair, mais dans l’Esprit, ce qui est vrai pour tous ceux en qui habite l’Esprit de Dieu.

Celui qui n’a pas l’Esprit ne réalisera pas sa position chrétienne. Il n’appartient pas à Christ dans la puissance de la rédemption, dont l’habitation du Saint Esprit est le sceau. Ceci peut être vrai pour une personne qui est née de nouveau, car la nouvelle naissance ne nous mène pas plus loin que le cri en Romains 7 : « Qui me délivrera… ? » Un homme qui est né de nouveau peut se trouver pratiquement sous la loi, ce qui est le cas pour beaucoup d’âmes qui sont au sein des différents systèmes chrétiens qui nous entourent. « Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’esprit est vie à cause de la justice. » (v. 10) Notre vie doit être caractérisée par la justice, et pour cela nous avons besoin du Saint Esprit. La puis­sance du Saint Esprit ne se manifeste pas seulement dans le temps présent, en vue de notre sanctification, mais, dans L’AVENIR, c’est l’Esprit qui nous ressuscitera. « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ-Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (v. 11)

L’Esprit est appelé ici :

1.                  L’ESPRIT DE DIEU (en contraste avec la chair).

2.                  L’ESPRIT DE CHRIST (qui forme notre vie pratique)

3.                  L’ESPRIT DE CELUI QUI A RESSUSCITÉ JÉSUS (et qui nous donne l’assurance de notre résurrection).

 

DIVISION DU CHAPITRE 8

 

A.                 Notre position « EN CHRIST » (v. 1).

B.                 Le Saint Esprit EN NOUS comme vie et comme puissance (v. 2 – 11).

C.                L’Esprit d’adoption (v. 12 – 17).

D.                L’Esprit qui sympathise avec nous, qui prie pour nous et qui nous aide, de la part de Dieu notre Père (v. 18 – 27).

E.                 Les conseils de Dieu en vue de notre bénédiction et de notre sécurité (v. 28 – 39).

Puisque nous sommes dans une telle position, l’apôtre conclut : « Ainsi donc frères, nous sommes débiteurs, mais non de la chair, pour vivre encore selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. » (v. 12-13). La chair n’a plus de droits sur nous, car nous sommes morts au péché. Si, en dépit de cela, un chrétien vit selon la chair, il perd toute communion avec Dieu. « Celle qui vit dans les plaisirs est morte, quoique vivante. » (1 Tim. 5 :6).

Lorsque nous réalisons notre mort avec Christ, nous vivrons dans une heureuse communion avec Dieu, et aussi avec nos frères et nos soeurs en Christ. « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. » (v. 14). Cela nous rappelle le fils prodigue, une fois qu’il a fait l’expérience de l’amour de son père. Il a une bague au doigt, des sandales à ses pieds, il est revêtu de la plus belle robe, et maintenant il peut manger et se réjouir. Il peut s’asseoir à table dans une heureuse communion avec son père, et se rassasier du veau gras. Voilà l’heureuse expérience d’une âme qui a été scellée du Saint Esprit, et qui a été rendue capable de jouir de sa position bénie en Christ. « Et vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! » (v. 15). Le Saint Esprit, qui est l’Esprit d’adoption, produit en nous cette heureuse as­surance : « Et parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans nos coeurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba ! Père ! » (Gal. 4 :6).

La divine Personne qui habite en nous, nous rappelle dans quelle relation bénie nous avons été introduits. « L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers ; héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être aussi glorifiés avec lui. » (Rom. 8 :16-17).

Durant tout Sa vie ici-bas, Christ a dû souffrir, Lui, le Juste, au milieu des injustes. Si nous vivons justement et pieusement dans ce monde, nous aurons aussi à souffrir de la part du monde. Car tous ceux qui vivient pieusement en Christ, seront persécutés. Si nous avons part à sa gloire, nous aurons aussi part à sa souffrance. « Si nous souffrons avec Lui, nous règnerons aussi avec Lui. » (2 Tim. 2 :12). Seulement, il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui sera révélée pour nous (v. 18).

Et c’est ici que commence la quatrième partie de notre chapitre, avec comme sujet l’Esprit qui sympathise avec nous, qui prie en nous et qui nous aide. L’Esprit nous donne l’assurance du fait que nous sommes les fils et les filles d’un tendre Père, et Il nous fait faire l’expérience d’une sollicitude ininterrompue.

La création qui nous entoure est en ruine, dans la souffrance et sous la malédiction à cause de la chute d’Adam, mais la grâce nous assure le bonheur et le repos. La création attend la révélation des fils de Dieu, c’est ce qui amènera sa libération. Cette liberté glorieuse des enfants de Dieu sera vue lors du glorieux règne de Christ. L’Esprit nous annonce cette gloire, et nous soutient pendant notre pèlerinage, dans tout ce que nous avons comme part aux soupirs et aux souf­frances de la création en ruine. Et nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps (v. 23). Cette rédemption du corps est en rapport avec « la possession acquise » dont nous lisons en Ephés. 1 :14.

Tout cela est pour l’avenir, quand Christ reviendra, et nous avons été sauvés en espérance, afin que nous nous attachions aux choses in­visibles. Assurés de la possession de notre héritage céleste, nous en jouissons en anticipation par l’Esprit, attendant l’opération de la puis­sance qui apportera la pleine délivrance lorsque Jésus reviendra. L’Esprit est notre Consolateur et Il sympathise avec toutes nos fai­blesses, et avec tout ce qui nous rappelle que nous sommes au mi­lieu d’une création en chute. Nous soupirons, exprimant ainsi notre part aux souffrances de la création. Cependant, il y a beaucoup de choses au sujet desquelles nous ne savons pas quoi demander et c’est alors que nous avons l’aide de l’Esprit qui intercède selon Dieu en faveur des saints par des soupirs inexprimables. Lorsque l’Esprit prend ainsi part à nos souffrances, celles-ci deviennent un privilège, parce qu’elles nous gardent dans la dépendance de Dieu qui en sait le pourquoi. « Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (v. 28). Cette vérité nous est donnée en rapport avec notre incapacité de demander comme il faudrait. Peut-être Dieu ne nous ôtera pas telle ou telle souffrance, mais l’Esprit nous aidera à dis­cerner Sa bonne main, afin qu’ainsi nous sachions tirer profit de toute circonstance par laquelle nous passons. Nos bénédictions, mais aussi toutes nos épreuves, conduisent au but que Dieu s’est proposé : c’est nous former pour la gloire. « Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né d’un grand nombre de frères. » (v. 29).

Nous avons vu l’oeuvre de l’Esprit EN NOUS, ici nous voyons Dieu qui opère POUR NOUS. Nous avons été élus et connus d’avance, et Dieu nous a prédestinés à la gloire, et ce qu’Il a commencé, Il l’accomplira. « Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés, et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. » (v. 30). Toutes nos expériences concourent au but que Dieu s’est fixé, c’est de nous transformer à l’image de Son Fils, pour avoir ainsi des rachetés dans la gloire qui Lui soient con­formes. Et tout ceci à cause du fait que Christ nous a aimés jusqu’à la mort, et jusqu’à la mort de la croix (2 Tim. 1 :9-10). 

C’était le dessein de Dieu de placer de pauvres pécheurs qui méri­taient l’enfer, avec Son Fils dans la gloire. Christ est entré dans cette gloire comme HOMME et Il est notre précurseur. « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que lorsqu’il sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jean 3 :2). « Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. » (1 Cor. 15 :49).

Tout ce à quoi nous tendons, c’est de Lui être semblable, et c’est aussi le but de Dieu dans nos vies. En vue de ce but-là, Dieu est en­tièrement POUR NOUS, qui sera donc CONTRE NOUS ? « Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ? » (v. 32). Ici son amour infini et Sa puissance infinie s’unissent ensem­ble en vue de notre sécurité et de notre bénédiction. Et si Satan ac­cuse, Jésus intercède pour nous.

Nous trouvons au verset 34 le seul passage de cette épître où il est fait allusion à l’ascension du Seigneur.

Vs. 35 : « Qui nous séparera de l’amour de Christ ? La tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou le dénuement, ou le pé­ril ? » Voilà les dangers qui peuvent nous menacer dans un monde de péché. Mais c’est dans toutes ces circonstances que se manifestera notre victoire ! De sorte que l’apôtre peut s’exprimer avec assurance : « Ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir… ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur. »

Le Seigneur Lui-même a marché dans ces mêmes difficultés, dans ces mêmes dangers. Et Sa victoire a été absolue, par la foi. Dieu est EN NOUS, AVEC NOUS ET POUR NOUS. L’amour de Dieu en Christ, cet amour divin, souverain, invariable, et qui est élevé au-des­sus de tout ce qui pourrait nous en séparer, qui est plus fort que toute créature, cet amour, qui nous a pris dans notre misère, nous amènera en toute sécurité jusque dans les régions de la gloire céleste.

 

 

D.J. Christiaanse 

       

 

  

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