
| IMPORTANT! Je
ne suis l'auteur d'aucun des textes proposés ci-dessous. Ce sont
des reflexions critiques plus ou moins récentes concernant
l'époque ou nous vivons, à l'égard desquelles je propose
l'approche suivante:
Mode d'emploi suggéré - et employé par l'auteur de cette page - après tout, vous êtes dans une bibliothèque, la sienne. 1) Lire rapidement les textes, comme d'habitude sur internet, afin de se faire une idée qui ne peut être que superficielle de leur contenu. - les quelques lignes d'introduction proposées sur cette page sont là pour ça. 2) Cliquer sur le titre pour obtenir le texte choisi, puis l'enregistrer sur son disque dur s'il s'avère susceptible d'intéresser. 3) Prendre alors le temps de le lire, pour confirmer ou infirmer la première impression... indépendemment des tarifs de France telecom. 4) Afin de les bien pouvoir lire, c'est à dire passer un peu de temps à analyser et critiquer avec quelque profondeur ce que l'on lit, et éventuellement les comparer à d'autres sources, sauvegarder en format texte puis imprimer les fichiers les plus intéressants après avoir pris le temps de les mettre en page clairement sous un traitement de texte quelconque. On sera libre alors d'en retirer la substantifique moelle quand on le souhaitera, et de prendre le temps d'y revenir à sa guise. 5) Froisser rageusement un texte décevant - essayez donc de faire subir cela à une page web inepte? - , ou proposer le dos de la page comme feuille à dessin à sa fille / fils / petit frère / petite soeur/ nièce / neveu... Voir même, rédiger et expédier une critique à celui qui a eu l'outrecuidance de vous le proposer. 6) Apres avoir apprécié les bienfaits de cette méthode, qui a l'avantage de ramener l'internet au role d'outil qu'il peut avoir lorsque l'utilisateur a l'élémentaire conséquence de faire l'effort de s'affranchir des spécificités de la lecture sur écran: , l'appliquer de son mieux à l'avenir et ce partout sur le web. On y perdra alors moins son temps. Si l'on préfère ignorer ces suggestions, si elles paraissent absurdes, inutiles, on aura tout intérêt à se déconnecter sans plus attendre pour consommer les images proposées par un téléviseur classique: à terme, cela revient moins cher qu'une connection, et avec les "bouquets numériques", il est désormais possible d'y zapper presque autant que sur internet. |
MENU:
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(classement par titre)
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A(4)/B(1)/C(4)/D(3)/E(1)/F/G/H(2)/I/J/K/L)1) |
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(classement par auteur)
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Association Contre le Nucléaire
et son Monde (1) |
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22 septembre 1997
Adresse à ceux qui ne veulent pas gérer les nuisances mais les supprimer
Encyclopedie des Nuisances, juin 1990
"Une chose est au moins acquise à notre epoque: elle ne pourrira pas en paix. Les résultats de son inconscience se sont accumulés jusqu'à mettre en peril cette sécurité matérielle dont la conquète était sa seule justification. Quant à ce qui concerne la vie proprement dite (moeurs, communication, sensibilité, création), elle n'avait visiblement apporté que décomposition et régression..."
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16 mai 1997
Milan Djuric, anarchiste Yougoslave; La Faille, no 4 (avril - mai 97)
"Un lecteur de "La Faille" nous a fait parvenir le texte qui va suivre. Il a été écrit en 1995 dans "Torpedo Informator" par Milan Djuric, anarchiste Yougoslave. Ce texte, à l'origine en serbo-croate, a été traduit par Alan, du magazine "Wild Cat" de Londres.
Meme si deux ans se sont écoulés depuis l'écriture de ce texte, nous pensons qu'il peut apporter autre chose que ce que les mass médias nous proposent. En espérant que notre traduction en Francais sera la plus fidele possible au texte original, nous vous souhaitons une bonne lecture..."
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CHÔMEURS HEUREUX
"Vous avez donné pour l'Ethiopie et la Bosnie, le Rwanda et la Tchétchénie,
Voici une nouvelle bonne cause à défendre, tout près de chez vous !
Vous avez une bonne place, un salaire confortable ? Vous êtes d'avis que vous payez trop d'impôts ?
NOUS AVONS UNE SOLUTION A VOTRE PROBLÈME !
ADOPTEZ UN CHÔMEUR HEUREUX[...]"
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CHÔMEURS HEUREUX,BERLIN 1996
" ET QU'EST-CE QUE VOUS FAITES DANS LA VIE ? "
Lecture publique à trois voix, en chaise longue et agrémentée de diapositives, donnée pour la première fois le 14 août 1996 au " Marché aux esclaves " du Prater (Berlin-Est) devant une assemblée mi-enthousiaste, mi-dubitative.
"Ce qui suit est une entorse aux principes que les Chômeurs Heureux s'étaient donnés jusqu'ici, eux qui ne prennent pas volontiers les choses par la théorie. Ils lui préfèrent de beaucoup la propagande par le fait, le méfait et surtout le non-fait. D'ailleurs, la recherche dans le domaine du chômage heureux n'a pas encore abouti à des résultats décisifs et susceptibles d'être présentés ici. Mais quelques explications sont pourtant nécessaires, car la rumeur, qui a déjà assuré aux Chômeurs Heureux une sorte de notoriété secrète, n'est pas exempte de malentendus. Et ceci sur des points d'importance, à savoir le bonheur, et aussi le chômage.
Déjà parce qu'il est question de bonheur, la question devient immédiatement suspecte. Le bonheur est irresponsable. Le bonheur est bourgeois. Le bonheur est antiallemand. Et d'ailleurs, comment peut-on se dire heureux, en présence de la misère, de la violence, et des petits pains qui coûtent 67 Pfennigs alors que ce ne sont plus que d'insipides poches gonflées d'air ? ! ..."
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Karl Marx, 1872?
Le caractère fétiche de la marchandise et son secret constitue la quatrième partie du premier chapitre de la premi`re section du livre I du Capital.
"UNE marchandise paraît au premier coup d'oeil quelque chose de trivial et qui se comprend de soi-même. Notre analyse a montré au contraire que c'est une chose très complexe, pleine de subtilités métaphysiques et d'arguties théologiques. En tant que valeur d'usage, il n’y a en elle rien de mystérieux, soit qu'elle satisfasse les besoins de l'homme par ses propriétés, soit que ses propriétés soient produites par le travail humain. Il est évident que l'activité de l'homme transforme les matières fournies par la nature d'une façon à les rendre utiles. La forme du bois, par exemple , est changée, si l'on en fait une table. Néanmoins la table reste bois, une chose ordinaire et qui tombe sous les sens. Mais dès qu'elle se présente comme marchandise, c'est une toute autre affaire. À la fois saisissable et insaisissable, il ne lui suffit pas de poser ses pieds sur le sol ; elle se dresse, pour ainsi dire, sur sa tête de bois en face des autres marchandises et se livre à des caprices plus bizarres que si elle se mettait à danser. ..."
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16 mai 1997
Gregoire BOUILLIER, Le Monde, 7 fevrier 1997
"A travers l'exemple de l'auteur du Voyage au bout de la nuit, Michel Bounan démontre brillamment comment l'antisémitisme, appuye sur le mythe du "complot juif", procède en fait d'un complot d'état qui vise à détourner l'agitation sociale vers une cible "neutre".>>>Michel Bounan s'est fait connaître en 1990 avec Le temps du sida, livre dans lequel il montrait comment fut imposée l'idée que l'épidémie est produite par un nouveau virus pour dissimuler qu'elle résulte d'un ensemble de "cofacteurs liés à notre civilisation", aux dires mêmes du professeur Montagnier..."
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CONTRE LE CHÔMAGE ET L'EXCLUSION EXPLOITATION EGALE POUR TOUS !
UNION DES SERFS VOLONTAIRES
"Nous voulons travailler. Oui, nous voulons travailler, à n'importe quel prix. Il n'en va pas tant de l'argent que de notre prestige social, de notre confiance en nous et dans le futur, et finalement de notre liberté, puisque de grands sociologues l'ont affirmé avant nous : le travail rend libre. Trop longtemps, nous avons été exclus et livrés à nous-mêmes, ce qui a suscité des habitudes asociales. Chaque matin, nous avons pris le petit-dèj au lit, avons câliné et nous sommes rendormis. Pendant que les élites se font tant de soucis avec l'union monétaire, les Japonais et tout ça, pendant que les citoyens intégrés triment dans le stress, nous avons pris notre temps et - aussi dur soit-il de le confesser - nous nous sommes parfois vraiment amusés. Et tout ça aux dépens de l'état, alors même que l'état a tant de mal à subventionner les chefs d'entreprise. Oui, nous ne pourrons jamais assez expier cette faute, c'est clair.
C'est pourquoi nous voulons marcher jusqu'à Amsterdam, où se rencontrent ces chefs de gouvernements dont nous attendons tant.[...]"
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17 mai 1997
coordination Interafricaine
"Cette lettre est parue en partie dans le courier des lecteurs de Ouest France, Nantes Forum. Elle occupait presque une pleine page avec une photo des forces de police évacuant St Bernard.
Nantes, 1er septembre 1996
Du collectif des ressortissants Africains de Nantes,
À monsieur Jacques Chirac,
Président de la République Française.
Monsieur le Président,
C'est avec une grande attention que nous avons suivi la gestion gouvernementale du dossier des africains de Saint-Bernard..."
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DÉCLARATION DEVANT LE TRIBUNAL D'AGEN à l'occasion de sa comparution avec José Bové et Francis Roux, deux de ses camarades de la Confédération paysanne, lors du premier procès du maïs transgénique le 3 février 1998
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17 mai 1997
Marc-Edouard Nabe, L'éternité ,no 2, mars 1997
"Les revoilà, en pleine crise de lyrisme nul! après mille et une causes "nobles", les bêtes du troupeau tremblant ont encore le culot de venir s'engouffrer dans une pétition contre un projet de loi imaginée par un gouvernement qui cherche à juguler l'immigration clandestine en demandant à tous ceux qui hébergent des étrangers -en "situation irrégulière "de signaler à la mairie le monment de leur départ. C'est stupide, mais ça suffit pour enrager les "gentils"... Clonés sur le même modèle de l'abruti moral, ils sont tous là à bêler à la "caviardisation" de leur mouvement si purissime..."
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22 octobre 1997
Cédric De Queiros Bruxelles, Mars 1997
Il y a quelques mois, on annonçait dans l'indifférence générale que la centrale nucléaire de Chooz, située dans une petite enclave française des Ardennes belges, allait finalement être enrichie prochainement de un, puis deux nouveaux réacteurs - « 1450 mégawatts, un record mondial » ( Le Soir du 16 septembre 1996) - qui accroîtront encore notablement l'environnement nucléaire des habitants de la Belgique, et incidemment leur usage et dépendance d'une énergie de telle origine. [...]
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[Note: le texte qui suit est le premier témoignage cité sous le chapitre L'explosion d'un réacteur nucléaire dans l'ouvrage "Sous l'épaisseur de la nuit - Documents et témoignages sur le désastre de Tchernobyl" publié par l'ASSOCIATION CONTRE LE NUCLÉAIRE ET SON MONDE (ACNM)]
Le Samedi 26 avril 1986 à 1h23 min 40s, le réacteur no4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Vladimir Starovoitov, 31 ans, maçon, habitant de Bourakova, village proche de Pripyat témoigne. (Cette rencontre a eu lieu le 26 avril 1990 dans l'Unité d'Isolation no2 du Département des pathologies liées au rayonnement de Kiev).
"La nuit était chaude, c'était la veille des vacances et quelques-uns d'entre nous voulaient aller pêcher dans le bassin, le bassin de refroidissement de la centrale de Tchernobyl. Nous pêchions toujours là, car l'eau y était chaude toute l'année et la pêche toujours abondante. J'étais près du bloc 4, à environ 500 mètres, quand j'ai soudain entendu un fort claquement. Puis survint quelque chose qui ressemblait au bruit d'une explosion. J'ai pensé qu'il s'agissait des soupapes de vapeur de la centrale que l'on entendait de temps en temps. Puis en quelques secondes un éclair bleu fut suivi d'une énorme explosion. Alors que je me tournais vers le bloc, je constatais qu'il ne restait plus que deux murs. Le toit ainsi que les deux autres murs avaient été détruits. La structure était en ruine, de l'eau se répandait, le bitume brûlait sur le toit du bloc 3. Une ou deux minutes plus tard, il a commencé à pleuvoir. ..."
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[note: ce texte introduit le premier chapitre, intitulé Les prémices d'une société nucléaire de l'ouvrage de Bella et Roger Belbéoch, "Tchernobyl, une catastrophe"]
"Avril 1986: un accident dans la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. Etait-ce un simple accident de même nature que ceux qui ont émaillé l'histoire de la société industrielle et qui ne laissèrent de trace que dans les familles des victimes ? C'est bien comme cela que Tchernobyl fut présenté, mais, quelques années après, cette vision ne résiste pas à la réalité. Il ne fait plus de doute maintenant qu'il s'agit là d'une catastrophe bien particulière. Tchernobyl inaugure une ère et ouvre des perspectives vraiment modernes aux catastrophes de notre société industrielle. Depuis quelques années, on a pu assister à un accroissement considérable de l'ampleur des accidents industriels [1], et l'on peut s'attendre à quelques " progrès " importants dans le domaine de la chimie. Avec l'industrie nucléaire, les accidents industriels prennent de nouvelles dimensions à la fois dans l'espace et dans le temps. La gestion des situations accidentelles et post-acccidentelles ne peut se faire qu'avec l'intervention de l'état, non seulement techniquement, mais aussi socialement. ..."
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28 juin 1997
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27 novembre 1997
Editions Champ Libre, Correspondance, vol.II
"Le 15 août 1978,
Cavalcanti disait qu’il n’y avait jamais encore eu d’affaire Dreyfus ici.
Mais, si la chose a toujours des déplaisantes conséquences, elle n’est pourtant pas sans remède : un cas Dreyfus international sur ce pauvre pays, on peut le faire. Voici, en gros, un projet à préciser, Niccolò ayant recueilli un matériel remarquable, concernant plusieurs exemples historiques de provocations, matériel peu accessible et trop peu connu, pourrait imprimer sans problêmes - grâce à des mauvais ouvriers très sûrs - une sorte de petit manuel ainsi conçu : Titre : Soluzioni tecniche di questioni politiche e sociali ; auteur : Stato Maggiore dell’Esercito ; sous titre : Manuale pratico ad uso interno, con riferimenti storici, esempi utili, dove sono esaminati i risultanti recenti dell’esperienza italiana1. Graphique identique à celui des publications de l’E.M ; colophon : « De ce manuel ont été imprimés 75 exemplaires, en collaboration avec l’Institut Supérieur d’Etudes Stratégiques de Londres » (par ex.) ; remerciements pour la collaboration très utile de certains personnages, le célèbre amiral, etc. Date : juste avant la dernière affaire italienne. ..."
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18 novembre 1997
Marcel MARIEN, Les lèvres nues, numéro 5, JUIN 1955
"Il y avait une fois une fée qui s'appelait Juliette. Elle était douce, gracieuse et belle, et on la nommait encore la fée aux pommes du nom des deux pommes qu'elle avait sur la poitrine. Ces fruits étaient ronds et d'une bonne odeur, et elle les offrait à tous ceux qui demandaient à pouvoir les savourer. Or bien que chacun y mordît, les pommes n'en étaient pas moins toujours pleines et entières, et d'une forme parfaite. ..."
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21 décembre 1997
Jonathan SWIFT, 1729
"C'est un objet de tristesse, pour celui qui traverse cette grande ville ou voyage dans les campagnes, que de voir les rues, les routes et le seuil des masures encombrés de mendiantes, suivies de trois, quatre ou six enfants, tous en guenilles, importunant le passant de leurs mains tendues. Ces mères, plutôt que de travailler pour gagner honnêtement leur vie, sont forcées de passer leur temps à arpenter le pavé, à mendier la pitance de leurs nourrissons sans défense qui, en grandissant, deviendront voleurs faute de trouver du travail, quitteront leur cher Pays natal afin d'aller combattre pour le prétendant d'Espagne, ou partiront encore se vendre aux îles Barbades. ..."
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CHÔMEURS HEUREUX
"Le 3 mai 1997 arrivait à Berlin une " marche européenne contre le chômage, l'exclusion et la précarité " qui, partie deux jours plus tôt de la frontière polonaise, se rendait à Amsterdam ( !). A cette occasion, les Chômeurs Heureux avaient annoncé une contre-performance sur le thème : " nous restons couchés ". Sur une pelouse jouxtant le lieu du rassemblement, nous avons installé chaises longues et couvertures, planté des pancartes indiquant nos intentions, et dégusté quelques bouteilles de Chômeur Brut bien frais en devisant gaiement. Bien que le soleil fût au rendez-vous, peu d'entre nous avaient consenti à un tel effort, mais les manifestants venus soutenir les dix marcheurs étaient à peine plus (et n'étaient pas chômeurs, à part un qui est venu tout de suite se joindre à nous, mais syndicalistes, étudiants et politiciens toujours prêts à soutenir la noble cause du travail). De sorte que sans rien faire de plus, nous avons attiré les attentions désoeuvrées, quelques témoignages de sympathie, et des sollicitations saugrenues. [...]"
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18 novembre 1997,
GIACOMO LEOPARDI, 1835
"Au Marquis Gino Capponi,
Je me suis trompé, brave Gino, je me suis trompé bien longtemps et de la belle façon. J'ai cru la vie misérable et vaine, et plus sot que les autres le siècle où nous vivons. Mon langage a paru et était intolérable à la bienheureuse race des mortels, si tant est que l'on doive ou que l'on puisse dire que l'homme est mortel. Hésitant entre l'étonnement et le dédain, de l'Eden embaumé où elle habite, la noble lignée éclata de rire ; à l'entendre, j'étais un être abandonné, un malheureux, incapable de goûter le plaisir ou ne le connaissant pas, je croyais que mon sort était le sort de tous et que l'espèce humaine partageait mon malheur. ..."
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1er octobre 1997
Michel DONNEGAN, Janvier 1993
"On ferme la
porte. On est " entre nous "; c'est une définition extensive
qui recouvre à la fois les anciennes relations et les hôtes
d'un moment. On va boire. On s'entraide, on cherche des solutions aux problèmes
de chacun, il n'y est jamais question d'argent. On plaisante, on échange,
et encore on boit et on mange. On peut finir par des serments d'amitié.
On se donne des nouvelles. C'est généralement généreux
et chaleureux. La sensation de solitude n'existe pas et chacun est prêt
à exclure celui qui n'aura pas respecté, " entre nous
", cette
" communauté " ..."
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6 novembre 1997
Giacomo Leopardi ,Titre original: Per la novella Senofonte e Machiavello, juin 1822
"Voici les paroles de Machiavel. Avant et après moi, très nombreux furent les Anciens, comme toi, Xénophon, et les Modernes, comme moi, qui ont livré des préceptes aussi bien pour gouverner, tenir le sceptre ou vivre à la Cour, que pour vivre et se gouverner soi même en société. Ils ont traité cette question de cent manières, sans prendre le soin de se limiter à dessein (comme nous l'avons fait tous les deux) : ils en ont émaillé leurs livres de morale, leurs traités politiques, leurs oeuvres poétiques, leurs discours, leurs romans, etc. ..."
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21 décembre 1997
PROTESTATION DEVANT LES LIBERTAIRES DU PRÉSENT ET DU FUTUR SUR LES CAPITULATIONS DE 1937
PAR UN « INCONTRÔLÉ » DE LA COLONNE DE FER
"Je suis l'un de ceux qui ont été délivrés de San Miguel de los Reyes, sinistre bagne qu'éleva la monarchie pour enterrer vivants les hommes qui, parce qu’ils n'étaient pas des lâches, ne se sont jamais soumis aux lois infâmes que dictèrent les puissants contre les opprimés. Ils m'ont emmené là-bas, comme tant d'autres, pour avoir lavé une offense, pour m'être rebellé contre les humiliations dont un village entier était victime: autrement dit, pour avoir tué un « cacique ».
J'étais jeune, et je suis jeune maintenant, puisque j'entrai au bagne à vingt-trois ans et que j’en suis sorti, parce que les camarades anarchistes en ouvrirent les portes, quand j'en avais trente-quatre. Onze années soumis au supplice de ne pas être un homme, d'être une chose, d'être un numéro! ..."
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3 décembre 1997
GEORGES ORWELL, Tribune, le 22 octobre 1943.
"A première vue, la chute de Mussolini est une histoire tout droit sortie d’'un mélodrame victorien. La Vertu a fini par triompher, le méchant a succombé, le jugement de Dieu a été prononcé. Si l’'on y repense, ce conte moral est toutefois moins simple et moins édifiant qu'’il n’'y paraît. Pour commencer, quel crime Mussolini a-t-il commis, et en a-t-il même commis un ? Dans le domaine de la politique de la force, il n'’y a pas de crime car il n'’y a pas de loi. Et, par ailleurs, y a-t-il un aspect quelconque de la politique intérieure Mussolinienne auquel pourraient trouver à redire ceux qui sont susceptibles d'’être appelés à le juger ? ..."
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5 décembre 1997
MICHEL BOUNAN, Éditions ALLIA, 1992
Préface au « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu » (Maurice Joly, 1864) écrite en 1992 et publiée la même année par les Editions ALLIA.
"La révolution industrielle a connu en France sa plus rapide expansion au cours du Second Empire en même temps qu'étaient posées les bases d'un véritable Etat Moderne. Autoritairement établi par un coup d'état, maintenu par une police omniprésente et efficace, le nouvel instrument de gouvernement était indispensable à l'ambitieux projet de ses promoteurs. Deux cent cinquante mille fonctionnaires sont liés par serment au chef de l'état et étroitement surveillés par les préfets ; les magistrats, assimilés aux fonctionnaires, sont nommés et révoqués par décret ; la presse est soumise à de multiples contraintes financières et menaces judiciaires ; les opposants au régime sont purement et simplement déportés en Algérie. Ce sont les moyens et le « pacte de sang » avec l'armée qui ont permis la militarisation du travail productif et l'extraordinaire essor industriel. ..."
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27 novembre 1997
ÉMILE POUGET, 1911 ?
"CHAPITRE PREMIER
Quelques jalons historiques
Le mot « sabotage » n’était, il y a encore une quinzaine d’années qu’un terme argotique, signifiant non l’acte de fabriquer des sabots, mais celui, imagé et expressif, de travail exécuté « comme à coups de sabots. » Depuis, il s’est métamorphosé en une formule de combat social et c’est au Congrès Confédéral de Toulouse, en 1897, qu’il a reçu le baptême syndical. Le nouveau venu ne fut pas, dès l’abord, accueilli par tous, dans les milieux ouvriers, avec un chaleureux enthousiasme. Certains le virent d’assez mauvais œil, lui reprochant ses origines roturières, anarchiques et aussi son... immoralité. Malgré cette suspicion, qui ressemblait presqu’à de l’hostilité, le sabotage a fait son chemin... dans tous les mondes. Il a désormais les sympathies ouvrières. Et ce n’est pas tout. Il a conquis droit de cité au Larousse, et nul doute que l’Académie, - à moins qu’elle n’ait été sabotée elle même avant d’être parvenue à la lettre S de son dictionnaire,- ne se résolve à tirer au mot « sabotage » sa plus cérémonieuse révérence et à lui ouvrir les pages de son officiel recueil. On aurait cependant tort de croire que la classe ouvrière a attendu, pour pratiquer le sabotage, que ce mode de lutte ait reçu la consécration des Congrès corporatifs. Il en est de lui comme de toutes les formes de révolte, il est aussi vieux que l’exploitation humaine. ..."