LE LATIN JAZZ

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LE LATIN JAZZ

Que Sabor !

Une discographie sélective et critique des grands disques de Latin-Jazz ou Jazz Afro-Cubain, classée alphabétiquement  par grands interprètes, plus une sélection d’ouvrages généraux et spécialisés ainsi qu’une filmographie sommaire.

En introduction, nous vous proposons un bref historique chronologique, ainsi qu’un glossaire des termes les plus usités.

Copyright Philippe Saut, 1998.

 

 

Historique du latin-jazz
Chronologie
Bibliographie critique
filmographie
Glossaire

 

Liste alphabétique des interprètes (cliquez sur le nom pour accéder à la notice) :

 

A
Almeida, Laurindo
Amram, David

B
Barbieri, Gato
Barretto, Ray
Bauza, Mario
Bobo, Willie
Bunnett, Jane

C
Camilo, Michel 
Candido
Colon, Willie
Costanzo, Jack
D
D'Rivera, Paquito

E
Enriquez, Bobby
Escovedo, Pete
F
Fischer, Clare
G
Gillespie, Dizzy
Gonzalez, Jerry
I
Irakere
L
La Roca, Pete
M
Machito
Mann, Herbie
O
O'Farrill, Chico
P
Palmieri, Charlie
Palmieri, Eddie
Perez, Danilo
Pozo, Chano
Pucho
Puente, Tito
R
Roditi, Claudio
Rubalcaba, Gonzalo
Ruiz, Hilton
S
Sanchez, David
Sanchez, Poncho
Sandoval, Arturo
Santamaria, Mongo
Sepulveda, Charlie
T
Tjader, Cal
Torres, Nestor
V
Valdes, Chucho
Valdes, Bebo
Valentin, Dave

             

     

                              

 

 

Le latin-jazz

 

Un peu d’histoire

La musique cubaine est une musique très riche, variée, protéïforme, qui donnera naissance à de nombreux courants : rumba, mambo, cha cha cha. Mélangée au jazz, elle donnera naissance au latin-jazz ou jazz afro-cubain puis, plus tard, à la salsa.

Le latin-jazz nait donc de la fusion du jazz et de la musique afro-cubaine. Longtemps les musiques des Caraïbes et les rythmes cubains ont exercés une fascination sur les jazzmen, en partie à cause de l’authenticité qui s’en dégage et de la rigueur de leur mise en place. En effet, dans ces musiques, l’âme du continent noir se manifeste de façon flagrante, et la polyrythmie africaine y est plus présente que dans le jazz. Cela s’explique par le fait que les africains des Caraïbes, contrairement aux noirs des Etats-Unis, ont pu conserver une partie de leurs rites et de leurs rythmes (les tambours d’origines africaines ont longtemps été interdits aux noirs par les lois racistes de l’Union).

 

Les débuts du "cross-over"

Si la naissance officielle du latin-jazz date de l’après deuxième guerre mondiale, à plusieurs reprises déjà, dans l’histoire de la musique, des passerelles avaient été posées entre la musique cubaine et les musiques populaires d’Amérique du Nord.

Dés 1910, W.C. Handy, un des pères du blues, compositeur, entres autres, du célèbre "St. Louis Blues", ramènera d’un voyage à Cuba des rythmes latins. Plus tard, à la Nouvelle-Orléans, le pianiste Jelly Roll Morton développe, à travers son jeu de piano, des accentuations et des variations rythmiques appelées "latin tinge".

 

Quand Cuba se met à swinguer

Mais cette influence n’est pas à sens unique. Ainsi, c’est à partir des années 20 que le jazz débarque à Cuba, et la visite de Duke Ellington dans l’île, en 1933, ne fait qu’accroître l’intérêt du public pour cette musique.

Le même Duke Ellington ouvrira la voie au "jazz cubain", quelques années plus tard, grâce aux compositions de son tromboniste portoricain Juan Tizol, qui mêlent aux harmonies du jazz nord-américain, les rythmes afro-cubains : "Caravan" (1937), "Conga Brava" (1940) et "Perdido" (1942).

La visite du "Duke" à Cuba va ainsi pousser quelques arrangeurs et musiciens locaux à explorer les possibilités harmoniques qu’offre le jazz, en réorchestrant certains titres traditionnels. De nombreux orchestres vont peu à peu s’inspirer de cette formule, mêlant section de cuivres jazz et section de percussions latines, et jouant un répertoire varié allant des standards américains aux musiques typiques.

Mais le jazz cubain aura du mal à se sortir de cette double influence pour développer un style propre. Il y parviendra après la guerre, dans le creuset new-yorkais, où harmonies complexes du jazz et polyrythmies des percussions cubaines vont donner naissance au latin-jazz.

 

Nueva-York : l’arrivée de la musique latine aux Etats-Unis

Après la deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis accueillent beaucoup d’immigrés cubains et portoricains qui fuient la misère et le racisme de leurs pays. Parmi eux, figurent de nombreux musiciens, attirés par la ville de New-York et son perpétuel bouillonnement culturel. Dans les premiers temps, peu d’entre eux sortent de l’anonymat. Mais bien vite, avec la colonie hispanique qui se développe, les clubs du quartier de East Harlem (surnommé "El Barrio") programment des orchestres cubains et portoricains et organisent de batailles musicales. Néanmoins, cette musique ne franchit pas encore les frontières des quartiers populaires à forte concentration de latinos.

Il faut attendre le succès du thème "El Manisero" ("The Peanut Vendor") pour que la musique latine dépasse le cadre de son public d’origine et touche la population blanche. Composé par Don Azpiazu, à partir d’un air traditionnel cubain, cette chanson connaîtra un énorme succès aux Etats-Unis et dans le reste du monde. Les Américains vont s’emballer alors pour la musique cubaine et la rumba.

 

Harlem : be-bop et rythmes latins

Dizzy et l’afro-cubanisme

Le be-bop est né à la fin des années 30, du désir de quelques musiciens de jazz afro-américains de s’écarter du swing pour trouver une nouvelle forme d’expression musicale. Dizzy Gillespie, Charlie Parker et Thelonious Monk vont révolutionner le jazz et donner naissance au be-bop.

C’est durant cette période que Dizzy découvre les rythmes afro-cubains en fréquentant, avec d’autres musiciens de jazz tels Duke Ellington, le Palladium Ballroom, dancing de Broadway, dont la programmation, confiée à un portoricain, met en vedette des groupes des Caraïbes.

Dizzy fréquente aussi le club Savoy Ballroom, dont les soirées sont animées par l’orchestre cubain d’Alberto Soccaras, un des pionniers du latin-jazz. Soccaras va prendre Gillespie sous sa protection et l’initier aux rythmes cubains et à la "clave" (rythme de base) en particulier.

Dizzy va également participer à un éphémère groupe de latin-jazz en compagnie de Mario Bauza, en marge de l’orchestre de Cab Calloway, dans lequel ils travaillent tous deux.

Cette influence ne va pas tarder à se faire entendre dans la musique du trompettiste à travers des thèmes très colorés comme "A Night In Tunisia" et "Pickin’ the Cabbage", qu’il compose dés 1941.

 

Les Afro-Cubans

 Ayant quitté l’orchestre de Cab Calloway, Mario Bauza, musicien et arrangeur cubain arrivé de La Havane en 1937, se produit dans de nombreux clubs de la ville en compagnie du groupe qu’il vient de fonder "The Afro-Cubans", dont la musique intègre les trouvailles du be-bop dont Bauza partage le modernisme, tout en y intégrant les rythmes de son île natale.

Formé en 1940, ce groupe compte aussi dans ses rangs le chanteur et percussionniste Machito, beau-frère de Bauza.

Les Afro-Cubans vont connaître un succès considérable dès leurs débuts, en partie grâce aux talents d’arrangeur de Bauza et à l’exubérance de Machito. Leur thème "Tanga", nait d’une improvisation collective sur la grille du traditionnel "El Botellero" un soir de 1943 au club La Conga de New-York, va devenir très vite l’emblème du latin-jazz.

Peu après, Bauza, pour renforcer sa section rythmique, va intégrer à l’orchestre Tito Puente aux timbales et Chano Pozo aux congas.

 

1947 : le déclic

Bauza avait mêlé le jazz à la musique cubaine, Dizzy va faire le contraire en intégrant, de plus en plus, la musique et les rythmes cubains au jazz. C’est l’arrivée de Chano Pozo chez Gillespie qui va être le facteur déterminant de cette orientation.

Chano Pozo, percussionniste hors-pair, avait déjà travaillé chez Mario Bauza, et c’est sur les conseils de ce dernier que Gillespie l’engage dans le but de donner une couleur de plus en plus caribéenne à sa musique. C’est la première fois dans l’histoire du jazz que des percussions latines sont intégrées à un big-band.

Pozo, à l’époque, traînait son "quinto" (petite conga aiguë) dans tous les clubs de Harlem, et s’était fait une solide réputation en tant que percussionniste. Engagé au printemps 1947 chez Gillespie, ils vont répéter tout l’été et une partie de l’automne afin de bien mettre au point la formule rythmique batterie jazz + percussions latines.

C’est au mois de décembre 1947 que Chano Pozo fait officiellement son entrée dans le grand orchestre de Dizzy Gillespie.

Influencé par les chants et les rythmes de Chano, Gillespie va composer des thèmes qui vont bientôt devenir des emblèmes du latin-jazz : "Manteca" (sur des arrangements de Chico O’Farrill), "Cubana Be", "Cubana Bop", "Guarachi Guaro", "On the Bongo Beat", "Tin Tin Deo".

Le public américain va découvrir et s’enthousiasmer pour cette fusion musicale lors d’un concert resté mémorable au Carnegie Hall. L’Europe ne sera pas en reste grâce à la tournée de l’hiver 1948 qui passera par Paris et où les jazzmen français découvriront à la fois le be-bop et les rythmes cubains de Chano Pozo.

 

La fusion jazz et rythmes latins continue : mambo, cha cha cha

 Les rythmes et mélodies latines des Caraïbes, jazzifiées, vont donner naissance à d’autres styles musicaux très populaires à partir des années 50 et qui participent de la même démarche que celle du latin-jazz.

Ainsi le mambo, qui n’est autre qu’un "Danzon" jazzifié, prend forme sous la houlette du chef d’orchestre Perez Prado, et va envahir l’Europe et les Etats-Unis à partir des années 50.

Nombreux sont les jazzmen qui vont se frotter à ce nouveau genre musical au cours des soirées endiablées du Palladium Ballroom de New-York, qui continue à constituer un fantastique creuset d’expérimentations musicales entre jazzmen et musiciens latinos. Le Palladium étant situé à quelques encablures du fameux club de jazz le "Birdland", sur la 52ème rue, il attire de nombreux jazzmen, venus s’initier au mambo et au cha cha cha qui en est une forme.

C’est également à cette époque que commence la rivalité musicale entre les orchestres de Tito Puente et Tito Rodriguez pour le titre de "roi du mambo". Lutte qui va durer jusque dans les années 60, l’un et l’autre rivalisant avec des arrangements de plus en plus complexes et audacieux, enregistrant avec des musiciens de jazz, mais sans jamais perdre de vue que le mambo est avant tout une musique de danse.

L’intermède "boogaloo"

L’arrivée du boogaloo, au début des années 60, va coïncider avec la crise de la musique latine. Le Palladium Ballroom ferme ces portes, la crise de la baie des cochons coupe les ponts entre la communauté cubaine new-yorkaise et l’île, les portoricains, immigrés en masse au début des années 50, forment désormais la communauté hispanique la plus importante et dont l’influence musicale va être de plus en plus marquante.

Avec l’arrivée du rock, puis de la pop music, la musique latine perd peu à peu de son public. De manière à récupérer une audience en baisse, les orchestres latinos vont alors se tourner vers la soul music, la pop music et le rhythm’n’blues et mélanger une nouvelle fois les genres. Cela va donner le boogaloo, musique hybride mais très dansante.

Certains artistes se feront une spécialité de reprises latines de tubes pop de l’époque (Pucho & His Latin Soul Brothers, en sont le plus brillant exemple).

 

Les retrouvailles avec le jazz : la salsa

La renaissance de la musique latine va se faire vers la fin des années 60 avec l’apparition de la salsa, issue à l’origine d’une modernisation, d’une "jazzification", des orchestres cubains traditionnels : les "charangas", orchestres à base de flûtes et violons cubains auxquels on va substituer des sections de cuivres jazz.

Mais la salsa va aussi subir l’influence déterminante de la musique latine de Porto Rico. En effet, elle nait à l’hôtel Saint-George de Brooklyn, où les Lebròn Brothers, un groupe de portoricains, animent des soirées débridées. Bientôt, le Saint-George est remplacé par le Cheeta club qui va devenir le lieu de rendez-vous de tous les salseros new-yorkais et de tous les musiciens de latin-jazz qui se rattachent à ce mouvement : Tito Puente, Ray Barretto, Eddie et Charlie Palmieri, Machito.

L’irruption de la salsa coïncide aussi avec une prise de conscience de la communauté cubaine new-yorkaise de sa propre identité et de sa culture.

A partir de là, la salsa va connaître une succès qui ne se démentira pas jusqu’à aujourd’hui, où elle est plus que jamais à la mode grâce à la vogue de la world music.

L’apparition de la salsa à permi de remettre en scelle la musique latine, qui avait perdu de son audience au fil des années 60 et qui s’était fourvoyée dans des directions très commerciales. De plus elle à permi d’ouvrir le latin-jazz à un public plus large que le public traditionnel du jazz. En cela elle peut être considérée comme une branche plus accessible du latin-jazz, bien que la frontière entre les deux soit difficile a cerner.

 

 

Quelques dates importantes dans l’histoire du latin jazz

1923

Pour la toute première fois, Jelly Roll Morton utilise un rythme latin qu’il appelle un "spanish tinge", dans son solo de piano sur le thème "New Orleans Joys".

1937

Juan Tizol, tromboniste du grand orchestre de Duke Ellington, compose le thème "Caravan".

1939

Mario Bauza recommande à Cab Calloway le saxophoniste Dizzy Gillespie.

1940

Machito forme les Afro-Cubans.

1941

Mario Bauza rejoint l’orchestre de Machito en tant que directeur musical et commence à écrire des arrangements pour le groupe.

1943

Mario Bauza compose le thème "Tanga".

1947

C’est la naissance du jazz afro-cubain, lorsque Chano Pozo rejoint le grand orchestre de Dizzy Gillespie. Ensemble ils enregistrent "Manteca", "Cubana Be" et "Cubana Bop".

Stan Kenton engage dans son orchestre le guitariste Laurindo Almeida et le percussionniste Jack Costanzo, et emploi Machito aux maraccas pour la séance d’enregistrement d’où sortiront les thèmes "Cuban Carnival" et "The Peanut Vendor".

1948

Chano Pozo est assassiné.

Charlie Parker, Flip Philips et Buddy Rich enregistrent avec l’orchestre de Machito.

 1949

L’arrivée de Jack Costanzo aux bongos transforme le trio de Nat King Cole en quartet.

Chico O’Farrill écrit des arrangements pour les orchestres de Stan Kenton et Benny Goodman.

1951

Cal Tjader quitte le trio du pianiste Dave Brubeck et commence à enregistrer des albums solo comme batteur et percussionniste.

1954

Cal Tjader enregistre son premier album de latin jazz.

1956

Les deux disques les plus significatifs de cette année là sont les albums du grand orchestre de Stan Kenton, "Cuban Fire" (dont le thème principal "Cuban Fire", est composé par Johnny Richard) et le disque de Tito Puente, "Puente Goes Jazz".

1958

Cal Tjader enregistre l’album "Latin Concert" avec son sextet comprenant le pianiste Vince Guaraldi et les percussionnistes Willie Bobo et Mongo Santamaria.

1959

Mongo enregistre pour la première fois son thème "Afro-Blue".

Le flûtiste Herbie Mann monte un groupe afro-cubain qui rencontrera un grand succès.

1961

Le percussionniste Ray Barretto enregistre son premier album en tant que leader.

1974

Le pianiste Chucho Valdes devient directeur musical du groupe cubain Irakere.

1976

Le percussionniste Poncho Sanchez rejoint le groupe de Cal Tjader.

1978

Le groupe Irakere (avec Arturo Sandoval à la trompette et le saxophoniste Paquito D’Rivera) enregistre un album en public au Festival de jazz de Montreux (Suisse).

1982

Mort de Cal Tjader.

Tito Puente et Poncho Sanchez commencent à enregistrer régulièrement pour la compagnie discographique Concord Picante, spécialisée dans la salsa et la latin-jazz.

Le trompettiste et percussionniste Jerry Gonzalez et son groupe, le Fort Apache Band, enregistrent leur premier album.

1983

Mort de Willie Bobo.

1984

Dave Valentin enregistre son premier album pour la compagnie GRP.

1988

Jerry Gonzalez enregistre le disque "Rumba Para Monk", une version latin-jazz des thèmes les plus connus de Thelonious Monk.

1989

Dizzy Gillespie tourne et enregistre avec son orchestre United Nation Band.

1990

Le trompettiste Arturo Sandoval demande l’asile politique aux Etats-Unis.

Le pianiste cubain Gonzalo Rubalcaba se produit au festival de jazz de Montreux en compagnie de Charlie Haden et Paul Motian.

1991

L’Afro-Cuban Jazz Orchestra de Mario Bauza enregistre l’album "Tanga".

La flûtiste Jane Bunnett enregistre à La Havane l’album "Spirits of Havana".

1992

Tito Puente enregistre son centième disque.

1993

Mort de Dizzy Gillespie et Mario Bauza.

 

 

Bibliographie, Filmographie

 

Répertoires généraux : dictionnaires et encyclopédies

*PLOUGASTEL Yann, dir. - La Chanson mondiale depuis 1945 - Larousse, Paris, 1996.
Des entrées à "Salsa", "Cuba", et aux labels "Fania" et "Crescent moon" avec renvois aux notices des différents interprètes. Nombreuses notices concernant des artistes de latin jazz (Ray Barretto, Tito Puente, Mongo Santamaria, Cachao, Eddie Palmieri ...). Pas d’entrée directe à "Latin-jazz" ou "Jazz afro-cubain".

*CARLES Philippe, CLERGEAT André, COMOLLI Jean-Louis, dir. - Dictionnaire du jazz - Robert Laffont, Paris, 1996.
Pas d’entrée directe à "Latin-jazz" ni à "Jazz Afro-cubain", mais de nombreuses notices détaillées concernant les différents artistes cités dans la discographie.

*LEDUC Jean-Marie - Le Dico des musiques - Seuil (Les discos de point virgule), Paris, 1996.
Le seul intérêt de cet ouvrage réside dans le fait qu’il y ait une entrée à "latin jazz" et à "Latine, latina". La courte notice nous donne quelques informations historiques et quelques interprètes phare avec des références discographiques succinctes. Renvois à "Afro-cubaine", "Cubaine" et "Cubop".

*KERNFELD Barry, dir. - The New grove dictionary of jazz - Mac Millan press, Londres, 1988.
Une entrée à "Cubop" qui renvoie à la notice "Afro-cuban jazz" (page 7, vol.1) : notice brève mais précise avec une bibliographie sommaire.

*The Penguin Encyclopedia of popular music - Penguin books, Londres, 1990.

*The All-Music guide to jazz - Miller Freeman, San Francisco, 1995.
La référence essentielle pour commencer, compléter et affiner sa collection de disques de jazz. Plus de 1400 artistes répertoriés avec notices biographiques et une sélection de plus 13200 disques parmis les meilleurs dans tous les styles, avec notices critiques pour chacuns d’entre eux. Un outil indispensable. De nombreuses entrées aux artistes du latin-jazz ainsi que de précieux et très complets renseignements discographiques.

 

Ouvrages généraux sur le jazz :

 

*BERENDT Joachim-Ernst - Le Grand livre du jazz - Editions du Rocher, 1986.
Pas de chapitre consacré au latin-jazz mais un petit paragraphe sur Juan Tizol chez Duke Ellington (p. 90-91) et la mise en parallèle des activités musicales de Dizzy Gillespie et Charlie Parker en rapport avec les influences cubaines (p. 110-111).

*FORDHAM John - Jazz : l’histoire, les instruments, les musiciens, les disques - Hors Collection, Paris, 1995.
Intéressant tableau chronologique en début d’ouvrage avec mention au latin-jazz (p. 29); chapitre sur le latin-jazz avec bref historique et sélection discographique avec reproductions des pochettes (p. 192-193). Complément discographique en fin d’ouvrage (p. 213) sur les disques importants.

*ARNAUD Gérard, CHESNEL Jacques - Les Grands créateurs de jazz - Bordas (Les Compacts), Paris, 1989.
Chapitre consacré à l’afro-cubop (p. 220-221) avec bref historique et courtes notices biographiques des créateurs importants du mouvement.

*MALSON Lucien - Histoire du jazz et de la musique afro-américaine - Seuil, Paris, 1994.
Nombreuses allusions au latin-jazz et à l’importance des rythmes cubains dans le jazz tout au long de l’ouvrage, à commencer par le chapitre consacré au bop (p. 122-125). Chapitre sur le mouvement latin à New-York dans les années 50 (p. 157-158); nombreuses références au latin-jazz et à la salsa dans le chapitre intitulé "Expensions, Rétractions" (p. 205 à 210). Discographie sélective concernant le latin-jazz en fin d’ouvrage (p.261-262).

*MALSON Lucien - Des musiques de jazz - Parenthèses/Epistrophy, Paris, 1983.
Partie historique sur l’influence des musiques caraïbes sur le jazz (Chapitre "La coutume caraïbe", p. 159 à 165) et chapitre sur le latin-jazz, son histoire et son évolution ("La salsa et les latinos", p. 167 à 169).

 

Ouvrages spécialisés :

 

*GOMEZ José Manuel - Guide essentiel de la salsa - La Mascara France, 1996.
Ouvrage essentiellement consacré à la salsa avec un petit chapitre sur le latin-jazz et ses grands créateurs ("Machito et le jazz afro-cubain"), illustrations riches et variées, discographie critique en milieu de chapitre et en fin d’ouvrage. Malheureusement la traduction de l’espagnol reste quelquefois confuse.

*LEYMARIE Isabelle - La salsa et le latin jazz - Presses Universitaires de France, Paris, 1993.
Petit ouvrage essentiel car le seul à traiter directement du sujet en France, bien que la plus grande partie des chapitres concernent la musique typiquement cubaine, son origine et ses différents courants. Un seul regret : l’absence de discographie détaillée en fin de volume, il faut se contenter des quelques titres (sans dates ni références précises) donnés au fil des chapitres.

*LEYMARIE Isabelle - Du tango au reggae : musiques noires d’Amérique Latine et des Caraïbes - Flammarion, Paris, 1996.

*LEYMARIE Isabelle - Musiques caraïbes - Cité de la musique/Actes Sud, Arles, 1996.
Guide le lecteur dans le dédale des musiques caraïbes qui résultent d’inextricables et savants mélanges anglais, français, espagnols et africains : du reggae au merengue en passant par le zouk, la salsa, le calypso, le compas et le latin-jazz.

*LEYMARIE Isabelle - La musique sud-américaine : rythmes et danses d’un continent - Gallimard (Découvertes), Paris, 1997.
Tango, samba, calypso, biguine, salsa, reggae, bossa nova, latin-jazz : toutes ces musiques latines et caraïbes ont profondément marqué notre époque et notre inconscient collectif d’européens, apportant une nouvelle conception du rythme et une nouvelle sensualité.

*LEYMARIE Isabelle - Cuban fire : musiques populaires d’expression cubaine - Outre mesure, Paris, 1997.
Une saga de la musique populaire d’origine cubaine et de ses interprètes depuis les années 20 jusqu’à nos jours. Evoque aussi, dans une moindre mesure, les rythmes de Porto Rico et de Saint-Domingue, aujourd’hui intégrés à la salsa et au latin-jazz.

*CARPENTIER Alejo - La musique à Cuba - Gallimard, Paris, 1985.

*ROBERTS J.S. - Black music of the two worlds - New York, 1972.

*ROBERTS J.S. - The latin tinge : the impact of latin american music on the United States - New York, 1979.

*MARTINEZ Mayra A. - Cubanos en la musica - Ed. Letras Cubanas, La Havane, 1993.

*ROLDON Cesare Miguel - El libro de la salsa : cronica de la musique del Caribe urbano - Editorial Arte, 1980.

*CHARLEY Gérard - Salsa, the rhythm of Latin music - White Cliffs Media Company, 1989.

*CALVO OSPINA Hernando - Salsa ! : Havana heat : Bronx beat - Latin America Bureau, 1995.

  

Articles de presse, thèses, extraits de revues :

 

*GERSCHENFELD Abel - Chauds latins : article concernant la naissance de la salsa dans le New-York des années 60 et son évolution au fil des décennies suivantes, paru dans Les Inrockuptibles, du 15 au 21 novembre 1995, pp. 52-53.

*TORDJMAN Gilles - Les maîtres du son : article sur Benny Moré et Guillermo Portabales à l’occasion de la sortie de deux compilations de ces artistes, paru dans Les Inrockuptibles, du 22 au 28 mai 1996, p. 48.

*TORDJMAN Gilles - A nul autre second : article sur Compay Segundo, le roi du son cubain, à l’occasion de la sortie d’une anthologie de ses plus grandes compositions, paru dans Les Inrockuptibles, du 5 au 11 juin 1996, pp. 46-47.

*DENIS Jacques - Avec tambours & trompette : article sur le parcours musical de Jerry Gonzalez à l’occasion de la sortie de son album "Fire Dance", paru dans Les Inrockuptibles, du 21 août au 3 septembre 1996, pp. 52-53.

*DORDOR Francis - Dossier sur Cuba, d’un point de vue musical, politique et culturel avec une excellente interview de Ry Cooder sur l’enregistrement à Cuba de Buena Vista Social Club, paru dans Les Inrockuptibles, n°113, juillet-août 1997, pp. 19-30.

*Musiques du monde, musiques de rue : Parade caraïbe autour des arènes (La féria de Nîmes, supplément de 4 pages). Article consacré à la musique de Ray Barretto à l’occasion de sa venue à la féria Nîmes, Le Monde du 31 mai 1990.

*Cuba : la culture naufragée : Le retour d’un père fondateur : Le mambo, la Tebaldi et Las Vegas. Article sur un des pères fondateurs du mambo, Israel "Cachao" Lopez, à l’occasion de la sortie de son disque "Master Sessions, vol. 1", Le Monde du 6 octobre 1994.

*Israel "Cachao" Lopez, le petit homme rond à la contrebasse véloce. La biographie de Cachao à l’occasion de sa venue à Paris, Le Monde du 15 mars 1995, p. 26.

*MORTAIGNE Véronique - A La Havane, ni la révolution ni la pénurie n’ont eu raison de la salsa. Le Monde du 18 octobre 1995, p. 24.

*MORTAIGNE Véronique - Ray Barretto reviens au jazz. Le parcours musical de Ray Barretto à l’occasion d’une série de concerts donnée à Paris en compagnie de son groupe le New World Spirit, Le Monde du 16 février 1996, p. 24.

*LABESSE Patrick - Compay Segundo, Légende de la musique cubaine. Article consacré à Compay Segundo à l’occasion de sa venue à Paris pour une série de concerts, Le Monde du 10 juin 1996, p. 23.

*MORTAIGNE Véronique - Les bonnes combines du système étatique. Sur la difficulté des artistes cubains à organiser des tournées à l’étranger à cause du raidissement de la politique castriste, Le Monde du 18 octobre 1996, p. 24.

*LABESSE Patrick - Producteurs et musiciens étrangers affluent sur la route de La Havane. L’auteur enquête sur les raisons de la venue à Cuba de nombreux musiciens, sur les traces de Ry Cooder ou du jazzman Steve Coleman, Le Monde du 21 avril 1997, p. 18.

*BOGGS Vernon W., dir. - Salsiology : Afro-Cuban music and the evolution of salsa in New-York City - Greenwood Press, Wesport, 1992.
Contient différents articles sur la salsa new-yorkaise, son origine, son développement, les grands interprètes et les différents clubs programmant de la salsa.

*BOGGS Vernon W., MEYERSOHN Rolf - The profile of a bronx salsero : salsa’s still alive! - extrait du périodique Popular music and society, USA, Vol. XII/4 (hiver 1988), pp. 59-67.
Le jazz afro cubain et le latin-jazz ont eu un impact important sur la scène musicale new-yorkaise dans les années 30 et 40. En dépit de l’idée qui veut que se style ait été en régression dans les années 70 et 80, la salsa est un genre musical bien vivant et plein de vitalité à New-York. Les "salseros" et les fans de cette musique sont originaires de différentes ethnies mais sont en grande majorité des latinos (80 % d’entre eux sont nés aux Etats-Unis ou à Porto Rico).

*BOGGS Vernon W. - Latin jazz, Afro-Cuban jazz, or just plain ol’ jazz - extrait du périodique Annual review of jazz studies, USA, Vol. VI, 1993, pp. 205-209.
Jouer du jazz avec une rythmique afro-cubaine, est-ce encore du jazz ou est-ce du jazz afro-cubain ? L’auteur fait un point sur la question d’après les différents écrits de Max Salazar ou Ray Barretto.

*STURMAN Janet - Advertising and latin music at a New York City jazz club - extrait de la revue Current musicology, USA, Vol. 37-38, 1984.
Le club de jazz new-yorkais The Village Gate, organise régulièrement des soirées appelées "Salsa meets jazz" qui attirent un large public de connaisseurs. Analyse du phénomène et typologie du public concerné.

*FIGUEROA Frank M. - Encyclopedia of Latin American music in New York - Pillar, St. Petersburg (Floride, USA), 1994.
Traite du rôle important d’une ville comme New-York dans le développement de la musique latino-américaine. Brève histoire du mouvement; glossaire des termes espagnols, portugais et afro-cubains; biographies des principaux musiciens, compositeurs, chanteurs, animateurs de radio et journalistes qui ont contribué au succès de ce genre musical.

* PINCKNEY Warren R., Jr. - Puerto Rican jazz and the incorporation of folk music : An analysis of new musical directions - extrait de la revue Latin american music review/Revista de musica latinoamericana, USA, Vol. X/2 (automne-hiver, 1989), pp. 236-266.
Recherche basée sur différents interviews menés à Porto Rico et dont on peut dégager deux grandes lignes concernant l’utilisation d’éléments folkloriques dans le jazz : certains artistes incorporent directement dans leur musique des phrases rythmiques ou des éléments mélodiques empruntés directement au folklore, tandis que d’autres incorporent des références extramusicales comme le cri des "coqui" (grenouilles vivant dans les arbres). L’assimilation d’éléments folkloriques dans le latin-jazz donne naissance à de nouvelles formes d’expression musicale.

*HOSAISSON José - Jazz and Latin America : An interesting case of retroalimentation - extrait du périodique Revista musical chilena, Chili, Vol. XLII/169 (janvier-juin 1988), pp. 37-42.
Un tour d’horizon des débuts du jazz en Amérique Latine. En 1934 le magazine de jazz "Sincopa y ritmo" est créé à Buenos Aires. Cinq ans plus tard "Hot jazz : guia de la mùsica swing" d’Hugues Panassié est publié. L’auteur traite également des différentes formations de jazz originaire d’Amérique Latine : Ases chileno del jazz (Chili), Perù jazz (Pérou), Irakere (Cuba); ainsi qu’une liste des différents artistes ayant travaillé aux Etats-Unis.

 

 

Filmographie :

Machito : A Latin Jazz Legacy - 1987 - 58 min., concert filmé, couleur, USA.

Latin American Percussion - 1988 - 60 min., concert filmé, couleur, USA.

Flora Purim and Airto : Latin Jazz All-Stars - 1988 - 60 min., concert filmé, couleur, USA.

Latina Familia - 1987 - 60 min., documentaire, couleur, USA.

The Mambo Kings - Arnold Glimcher - 1992, Warner Bros., 100 min, USA.

Salsa : Latin Pop Music in the Cities - 1989 - 60 min., concert filmé, couleur, USA.

A night in Havana - Concert filmé de Dizzy Gillespie à La Havane, date probable : fin 1980/début 1990 aucune autre référence disponible.

Mégamix : Cubafrica - Martin Meissonnier - 1990, La Sept/Arte, 50 min., couleur, France.

Son cubano, une histoire de la musique cubaine - Jean-Christophe Hervé - 1992, KS Vision/La Sept/Arte, 90 min., couleur.

Salsa - Yves Billon - 1990, Les Films du village, 52 min., couleur.

Salsa 1, New-York, Notre monde latin - Yves Billon -1991, Home sweet home/Ed. La Sept, 52 min., couleur.

Salsa 2, Colombie, Un pays tropical - Yves Billon - 1991, Ed. Home sweet home, 52 min., couleur.

Salsa 3, Puerto Rico, Ca balance sous les cocotiers - Yves Billon - 1991, Ed. Home sweet home, 52 min., couleur.

Salsa 4, Vénézuela, Visa pour les barrios - Yves Billon - 1991, Ed. Home sweet home, 52 min., couleur.

Salsa 5, Cuba, Du rhum entre les oreilles - Yves Billon - 1991, Ed. Home sweet home, 52 min., couleur.

Aïnama : salsa pour Goldman - Frank Cassenti - 1980, Rush production, couleur.

CD-ROM :

Cédérom "Muse" édité d’après les notices de dépouillement de littérature musicale de la base RILM : Abstracts of music literature.

Pas d’entrée directe à "Latin-jazz". A utiliser avec les clés de recherche : "Salsa and jazz", "Cubop", Afro-caribbean jazz", "Afro-cuban jazz". Donne une précieuse sélection internationale d’articles de périodiques, de thèses, de monographies, avec analyse critique du contenu, le plus souvent en langue anglaise. Pour certains ouvrages sans notice analytique on nous renvois directement au périodique dans lequel la critique est parue (c’est le cas pour les ouvrages d’Isabelle Leymarie).
Offre également une large sélection discographique (sans notice critique) extraite de la base de la Bibliothèque du Congrès.

Enciclopedia Multimedia Todo de Cuba - Prensa Latina/Cedisac, La Havane, 1997.

Les légendes du jazz - Ed. Montparnasse Multimédia, Paris.

 

 

 

Glossaire

 

Batanga : rythmes joués avec des tambours sacrés batas et inventés par Bebo Valdes dans les années 50.

Boléro : genre populaire cubain d’origine espagnole apparu dans la province d’Oriente, fin XIXème.

Bossa nova : musique de danse brésilienne, syncopée, qui est au croisement de la samba et du cool jazz, apparue vers la fin des années 50.

Bongo : petit tambour double que l’on tient entre les genoux. Originaire d’Oriente (région de Cuba), il fournit un rythme de base appelé martillo.

Boogaloo : rythme latin de New-York, influencé par la soul music et popularisé dans les années 60.

Cha cha cha : rythme inventé dans les années 50 par le violoniste Enrique Jorrin.

Charanga : orchestre de musique de danse cubain comportant violons, flûte, timbales, piano, et chants à l’unisson. Le cha cha cha est issu d’un groupe de charangas.

Clave : rythme de base d’origine africaine et articulé sur deux mesures.

Claves : instrument composé de deux morceaux de bois qui, entrechoqués, marquent le rythme.

Conga : tambour d’origine congolaise, d’abord utilisé durant le carnaval avant d’être introduit dans les orchestres de salon, puis dans la musique populaire.

Danzon : danse populaire cubaine issue de la danza (contredanse européenne), popularisée à la fin du XIXème siècle.

Descargas : improvisations, l’équivalent des jam-sessions ou du bœuf.

Despelote : salsa particulièrement frénétique et qui fait fureur à La Havane depuis le début des années 90.

Güiro : instrument formé d’une gourde en bois striée sur laquelle on frotte une baguette.

Mambo : genre musical inventé par Perez Prado et très populaire dans les années 50, avant d’être concurrencé par la bossa nova et le cha cha cha. C’est aussi le nom donné à une section instrumentale dans la salsa.

Merengue : danse nationale de la république dominicaine.

Rumba : danse de salon des années 30 et d’origine cubaine. Dénomination américaine du son.

Salsa : "la sauce", interjection utilisée pour encourager les orchestres, mais surtout, musique populaire d’origine cubaine née dans les quartiers hispaniques de New-York à la fin des années 60.

Shekere : instrument formé d’une gourde en bois recouverte d’un filet auquel sont fixés des perles; Secoué, il sert à marquer le rythme.

Son : le pilier fondamental de la musique cubaine, apparu à la fin du XIXème siècle de la rencontre des musiques africaines et de la culture espagnole, mais popularisé dans les années 20. Originaire de la province d’Oriente.

Sonero : chanteur de son et par extension, de salsa.

Timbales : ensemble de deux caisses claires montées sur un pied.

 

 

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