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LE LUTH
Une discographie et une bibliographie sélective et critique sur le luth.Copyright Virginie Guari, 1998.
DISCOGRAPHIE CRITIQUE
Ce disque est un exemple de musique pour le luth médiéval; joué avec un plectre et sans frettes. Ceci implique un jeu monodique et un soutien du son faible le plectre apporte le volume nécessaire. Nous avons là des intervalles modaux dont la définition est claire et pure. Dans cet enregistrement figure également un luth fretté ce qui est exceptionnel au XIV ème siècle. Sur ce luth fretté, on peut jouer des pièces plus complexes telle que laBallade à deux voix de Zachara de Teramo «Mo' movite a pietade» tout en utilisant la même technique que sur un luth non fretté.
Voici le style de pièces dans lequel Francesco da MILANO excelle. En effet, les ricercares et les fantaisies démontrent bien sa qualité à l'exploration du style contrapuntique. L'improvisation, très présente, se rajoute aux qualités du compositeur mais surtout de l'interprète. Les rythmes souples nous laissent rêveurs.
Cet enregistrement illustre les paires de danses à la Renaissance et donc les débuts de la suite.
Les pièces vocales accompagnées au luth ou à la vihuela font preuve de virtuosité par de petites phrases mélodiques le plus souvent en mouvements parallèles. Les pièces instrumentales sont quant à elles très raffinées et la difficulté réside dans la distinction entre tous ces instruments: vihuela, luth et guitare de la Renaissance. Les harmonies sont pour ainsi dire «réglées» et certaines parties instrumentales sont riches en mélodies croisées.
Ce disque présente de nombreuses particularités dans le sens ou on note son but «pédagogique» ainsi que le goût de la dextérité. En effet, plusieurs pièces mais notamment «Fantasia para desenbolver las manos» démontre se goût très prisé pour la virtuosité et la technique de haute voltige. De plus, le titre est significatif: «Fantaisie pour dégourdir les mains». A ce goût se rajoute celui des «Diferencias» soit des variations comme «Conde Claros en doze maneras».
Les duos de cet enregistrement son de belles pièces mélancoliques qui témoignent grandement des goûts du XVIème siècle.
Voici l'art du duo ou l'intensité de l'échange entre deux instrumentistes. Ces deux célèbres duettistes alternent les fonctions musicales de la mélodie à l'accompagnement. A la Renaissance, le duo est vivace et stimulant et la virtuosité et la variété caractérisent les duos italiens. Les interprètes débattent donc avec douceur et bien souvent en mouvements parallèles. Pourtant, la dernière pièce d'Allessandro PICCININI ouvre la voie vers l'époque Baroque en faisant preuve d'originalité: mouvements contraires et parallèles, énergie et impulsion de l'uvre, rythmes enlevés et fin de la stricte séparation entre soliste et accompagnateur car dans certains passages, les deux parties sont simultanées.
Interprètes: David DOUGLAS: violon, viole Lyle NORDSTROM: bandoura, luth (duo), viole Patricia Adams NORDSTROM: cistre, viole Paul O'DETTE: luth solo et consort Christel THIELMANN: violes, lyra Emily Van EVERA: soprano, flûte Le nom de cet ensemble provient du nom d'un ensemble de professionnels de musique Elisabéthaine au XVIème . Aujourd'hui, le groupe explore le répertoire anglais de la Renaissance. C'est donc un exemple de musique d'ensemble dans lequel le luth à un grand rôle. La virtuosité, la technique et le dynamisme sont à l'honneur. Les chansons sont enregistrées sur des poèmes de Sir Philip SYDNEY courtisant, homme d'état et soldat mais cité comme le représentant du renouveau poétique en Angleterre. Il considérait son uvre comme une «charmante diversion intellectuelle qui le mettait à l'épreuve».
Guide général des instruments
Grâce à ces disques, quiconque peut se familiariser au sonorités du luth mais aussi aux autres instruments qui en découlent. Les exemples sont très riches et bien interprétés.
Cet enregistrement a toute sa valeur car l'interprète joue sur un luth Pietro RAILICH de 1644 qui possède une grande capacité sonore. Ce luth révèle un son clair et rond et pas «sec». Il est très intéressant de comparer le son d'un instrument ancien et celui d'un instrument moderne. Pourquoi «La réthorique des Dieux» comme titre? ce titre est expliqué dans la «Dédicace» en Ré Majeur de la «Pavane»: «L'illustre Gaultier exprime très parfaitement sa Reconnoissance envers les Dieux; pour la science dont ils l'ont doüé.» Cette uvre est représentative du style de Denis GAUTIER: le style brisé car les ornementations sont nombreuses et la liberté rythmique est marquée ainsi que l'esprit d'improvisation. De plus, cet exemple met en évidence les suites pour luth avec les différentes danses et leurs propres caractéristiques.
Ce disque reflète les pièces pour luth solo au XVIème en Angleterre. De plus, ces manuscrits sont conservés à la Bibliothèque de l'Université de Cambridge dont la collection abrite un groupe précieux de tablatures de luth. On peut analyser comme suit ces manuscrits:
Musicalement, ces pièces sont très ornées, fines et d'une grande virtuosité.
Vol. 2 HMU 907161 Vol. 3 HMU 907162 Vol. 4 HMU 907163 Vol. 5 HMU 907164
La qualité de ces enregistrements est indéniable. Paul O'DETTE nous offre là une interprétation magnifique toute en virtuosité et beauté. D'ailleurs, diapason décerne le diapason d'or à juste titre.
Ce recueil exprime une nouvelle forme de monodie: la basse continue. La musique est très enjouée et riche en harmonies. Les oeuvres consacrées au luth développent la grande capacité technique virtuose de l'instrument. Les pièces de chitarrone mettent en évidence l'étendue de jeu de l'instrument et donc de nouvelles harmoniques avec notamment des graves splendides. On comprend bien pourquoi cet instrument sera l'accompagnateur de la voix aux profits du luth. Nous découvrons donc les nouvelles techniques et la puissance de sans l'instrument sans comparaison à celle du luth.
Pour la petite histoire, R. BALLARD entra au service de la Reine régente Marie de MEDICI et enseigna le luth à Louis XIII. Les pièces de cet enregistrement comprennent des danses populaires et notamment des entrées de luth . Ces entrées de luth étaient des pièces séparées du ballet général et les joueurs avançaient lentement sur scène en jouant de leur instrument qui pouvait être des théorbes, des mandores ou des guitares. Elles sont pour la plupart écrites dans le style brisé, caractéristique de la France à cette époque. Ce disque révèle donc le style français et ses qualités.
Voici un des plus bel exemple de l'école viennoise qui pousse les capacités de l'instrument au plus loin. L'écriture polyphonique est d'une qualité extrême, on joue sur des effets de style comme les retards d'accords. L'ornementation est toujours très présente mais fine et douce.
Le baroque naissant, la musique reflète les changements. Ceci se note dans le nouveau style des toccatas par leurs parties rapsodiques libres. De plus, les accords égrenés alternent avec des grands moments de virtuosité. L'écriture imitative suit ces parties libres et les harmonies s'éloignent progressivement de la Renaissance.
Cet enregistrement montre l'aboutissement de l'époque baroque avec des suites dont les danses sont très harmonieuses, ornées et au style vigoureux. Parfois, on s'éloigne de la forme stricte de la danse comme par exemple la «Sarabande» de la Suite en Ré majeur. Les accents des basses sont très beaux ainsi que les lignes mélodiques.
Airs magnifiques et justesse impeccable sont tant d'émotion! Le chanteur a une diction très claire et donc très agréable qui s'accorde bien avec le jeu du luth.
Vivaldi consacre quelques pages au luth bien qu'il ne soit utilisé que pour le continuo. Nous avons là deux trios et deux concertos. Tout le travail d'ensemble est clair et fin. De plus les divers timbres sont justement équilibrés.
Cet enregistrement rassemble des airs chantés accompagnés au luth et des adaptations pour flûte à bec. Virtuosité et lyrisme sont astucieusement assemblées.
Cet enregistrement est intéressant car il reprend l'histoire du luth en abordant plusieurs compositeurs. On peut donc établir des comparaisons entre chaque styles. Dans ce recueil, la supériorité de Vincenzo CAPIROLA ne fait aucun doutes. Elle se caractérise par la technique de séparation des choeurs, c'est à dire que le musicien joue deux notes différentes sur le même choeur en pinçant séparément les cordes ce qui démontre la grande connaissance de l'instrument. Par exemple, «Padoama a la francese» offre cette technique et un maximum de couleurs musicales. Le style de Anthony HOLBORNE est beaucoup plus retenue et les mélodies en sont plus chantantes. Par contre, Giovanni KAPSBERGER écrit comme ses contemporains mais avec une prédilection pour les rythmes «bizarres» et les effets mélodiques. Est-ce une volonté de choquer? Nicolas VALLET nous offre un vrai style français qui a pour but de charmer les oreilles. Pourtant les morceaux ne manquent pas de profondeur. Grâce à cet enregistrement, on ressent l'évolution de la lutherie de l'instrument car Anthony BAILES joue sur des luths différents: 8, 9, et 10 choeurs.
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES GENERAUX -DICTIONNAIRES
Dictionnaire encyclopédique de la musique / ARNOLD . - Paris : Laffont, 1988 pp. 52 à 59
Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers / mis en ordre par Diderot et DAlembert. - Paris, Neuchâtel, 1751-1772. - 28 vol. in fol. Volume Lutherie
Les instruments du monde entier . Paris : Albin-Michel, 1978 pp. 178 à 189
The New Grove Dictionnary of Musical Instruments . Londres : éd. S. Sadie, 1984 pp. 553 à 563 puis de la page 573 à 575
OUVRAGES SPECIALISES
Le luth et sa musique : Neuilly-sur-Seine, 10-14 Septembre 1957 : Tours, Centre détudes supérieures de la Renaissance 15-18 Septembre 1980. II/ Colloques internationaux du Centre national de la Recherche Scientifique ; Etudes réunies et présentées par Jean JACQUOT, Corpus des luthistes français, études réunies et présentées par Jean-Michel VACCARO. - Deuxième éd. revue et corrigée pour le vol. 1 . - Paris : Ed. du Centre national de la recherche scientifique, 1984-1980. - T. 1 : 346 p. T. 2 : 284 p. : Ill. En noir, Couv. Ill. ISBN 2-222-03219-9. ISBN 2-222-02002-6
La musique en France au XVIè siècle / Jean-Michel VACCARO. - Paris : Centre national de la recherche scientifique, 1981. - 488 p. : Couv. Ill., Partitions, Gravures ; 28 cm Index. - Bibliogr. P. 465-474. - ISBN 2-222-02626-1
La Musique Baroque / Claude V. PALISCA. - Paris : Actes sud, 1994 ISBN 2-7427-0231-8
Le luth : Paris, Hôtel de Sully, été 1981 / Texte de Joël DUGOT, avec la collab. de Françoise MICAT et Lucienne COLLET. - [s. l.] : [s. n.], 1981 (Caen : Atelier dA, 1981) . - Non paginé [37] p. : ill. en coul., Fac-similé., Photograph. , Partitions ; 21 X 30 cm
Notes sur lhistoire du luth en France / Michel BRENET. - Genève : Minkoff, 1973. - 83 p. : Partitions ; 23 cm ISBN 2-8266-0057-5
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Les luthistes Espagnol / Propos recueillis par F. A. GEVAERT. - Liepzig , 1902
Les règles de linterprétation musicale à lépoque baroque : générale à tous les instruments / J. c. VEILHAN . - Paris : Alphonse leduc, 1977. ISBN 2-8568-9007-5
REVUES SPECIALISEES ET GENERALES
Continuo lutes in 17th and 18th century England / Lynda SAYCE . - Early music. - vol. 23, n°4 (Novembre 1995), pp. 667-684. - 1995. - Ill. en noir et en coul. , photographies.
Lute construction in the Renaissance and the Baroque / Friedemann HELLWIG. - Galpin society journal (The). - 0072-0127, vol. XXVII, n°27 (1974) , pp. 21-30 . - 1974
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Chitarrone ou théorbe / Guy ROBERT. - Cahiers de la guitare (Les) . - 0294-6939, n°10 (2ème trimestre 1984) pp. 12-13 ; n°11 (3ème trimestre 1984) pp. 28-30
Jardiniers des Quatre Saisons / Bernard MERINGAUD . - Télérama . - 0040-2699, n° 2500 (Du 13 au 19 Décembre 1997) pp. 76-78 . - 1997
Ce que dit le luth / Jean-Bernard MARC . - Diapason . - 0765-5983, (Mai 1997) pp. 38-39 . - 1997
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