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LES PERCUSSIONS MANDINGUES © Manuel CUSSET, 1998
" En France, le tambour africain est un mythe. Beaucoup de gens croient quil sappelle " tam-tam ", que ce tam-tam est un tambour dont la peau est battue à mains nues, et quil sert à transmettre des messages. Lerreur est énorme, et tellement répandue que même les noirs francophones la répètent. En fait, le tam-tam est un gong asiatique : aucun tambour africain (et il y en a des milliers différents) ne sappelle ainsi. Et le tambour qui sert à transmettre des messages est un tronc darbre évidé battu non pas avec les mains mais avec deux bâtons. "
Alain Zwietlik. LA MUSIQUE DANS LES TRADITIONS DE LAFRIQUE DE LOUESTLe rythme est toujours présent dans les activités quotidiennes des africains. De sa hache, le bûcheron attaque le tronc darbre à coups réguliers soutenus par des onomatopées. Les femmes pilent le mil en alternant les coups de pilon dans le même mortier, sur un mouvement régulier soutenu par des chants de travail. La plupart des jeux denfants sont à base de rythmes. Pendant les fêtes de fin dannée au Cameroun, certaines communes sont particulièrement animées par des jeunes qui, pour loccasion se sont constitués en groupe de percussion et de danse. Ils vont dune famille à lautre adresser leur voeux de nouvel an. Le spectacle est tout en rythme. La musique africaine est dominée par les percussions mais certains griots se servent dinstruments mélodiques traditionnels. La musique devient alors le support dun récit à travers lequel est véhiculé un message. Ce message peut être un enseignement ou une morale. Le thème est mélodique et nuancé selon le récit. En Afrique, la musique est surtout dutilité sociale. Dans la société traditionnelle, les percussions ont été et restent un outil de communication. Le tambour le plus utilisé dans louest, Sénégal, Guinée, est un tambour à fente formé de deux lèvres dépaisseur inégale, sans languettes ; au Cameroun, la section sonore est évidée par une fente longitudinale interrompue par une languette centrale permettant dobtenir plusieurs sons. Depuis larrivée de nouveaux moyens de communication, cette tradition est en voie de disparition. Mais dans certains villages, ces instruments servent encore pour les appels et les annonces à la population. Les maisons royales dAfrique Occidentale transmettaient des messages à dimmenses distances au moyen de certains rythmes de tambour. En entendant par exemple des appels tristes, la population pouvait comprendre quun membre de la famille royale était mort, et le nom de la personne décédée était épelé dans le message ainsi tambouriné. Dans certaines régions, on fait retentir un rythme pour appeler les hommes à un travail collectif tel que la construction de chemins ruraux. Lalerte en cas de danger était déclenchée par des rythmes spéciaux appelant la population à se rassembler et défendre le village. Dans les mêmes circonstances, il est encore possible de voir les gens crier en se frappant la bouche (paume ouverte contre les lèvres) en signe dalerte. Ces quelques exemples nous montrent bien que la musique joue un rôle important dans la vie des africains. La musique africaine a un éventail de formes variées, chacune adaptée à une activité particulière (naissance, deuil, travail, etc...). La musique prend parfois la place de la parole. Dénominateur commun de toutes les musiques du monde, le rythme est lâme de la danse. En Occident, on se sert encore des mots " gavotte ", " gigue ", " sarabande " pour désigner les types de danses composées du temps de J.S. Bach. En Afrique, le rythme est toujours lié à la danse. La danse est un moyen de communication entre le corps et le rythme. Nous avons tous une réceptivité par rapport au rythme. Dans toutes les salles de concert du monde, les spectateurs nont pas besoin dinstruments pour ressentir la même pulsation que les musiciens de la scène. Les têtes bougent au rythme de la grosse caisse et les mains frappent aux temps forts et réguliers des refrains. La danse africaine est souvent considérée par les non-initiés comme une séance de défoulement. Très souvent, les gens se lancent sur une piste et sagitent dans tous les sens comme si les rythmes endiablés quils entendent avaient pour but de les défouler. Le danseur africain est un percussionniste chez qui le son fait défaut. Son corps est rythme, syncope, roulement de tambour. Dans la culture africaine, la danse est liée aux principes fondamentaux qui régissent la vie quotidienne de la communauté. Dans un ballet, elle peut servir de support pour transmettre au public le message qui lui permet de comprendre les habitudes et coutumes dun peuple.
1) LES PAYS REPRESENTATIFS DE LAIRE MANDINGUE Le pays mandingue (ou Mandé, qui est le terme utilisé dans les récits historiques) comprend le Nord-Ouest de la Guinée, une partie du Nord-Ouest de la Cote-dIvoire et la partie Sud-Est du Mali. Ces trois pays sont représentatifs de laire mandingue même si celle-ci concerne également le Burkina Faso et le Sénégal pour certains ethnomusicologues. Cette aire géographique correspond à la famille des langues mandingues pour la plus large part composée des groupes ethniques malinké, bambara et dioula qui, de nos jours, débordent largement les frontières du Mandé. Chaque région a en général un répertoire qui lui est propre, avec des rythmes appartenant à tel ou tel village. Ces rythmes correspondent le plus souvent à des danses qui ont lieu à des moments bien précis dans la vie quotidienne. Auparavant, les percussionnistes devaient voyager énormément et écouter les batteurs des autres villages pour apprendre de nouveaux rythmes. Comme toute lAfrique, la vie en Côte-dIvoire est ponctuée par la musique. Si cette musique à parfois une fonction récréative, elle demeure le plus souvent sociale et sacrée et appelle laccompagnement du chant et de la danse. La Côte-dIvoire possède une grande diversité au niveau de ses peuples. Cependant il est possible de dégager quatre grandes aires ethno-culturelles qui regroupent toutes les ethnies : laire Gour ou Voltaïque, laire Mandé, laire Krou et laire Akan. Les Gour ou Voltaïques : sous cette appellation sont regroupés les peuples Sénoufo, Koulango, Lobi, pour les plus importants, ainsi que de petits groupes assimilés (comme les Gouin, les Siti et les Degha). Parmi les différentes musiques ivoiriennes, il faut citer la musique sénoufo, très élaborée. En exemple, la musique accompagnant linitiation, le " poro ", dont les instruments diffèrent selon quil sagit dinitiation dhommes ou de femmes. Cette musique est polyphonique, chaque instrument jouant sa propre partie. Dans louest du pays sénoufo, on associe aux xylophones des sifflets, des harpes ou des voix humaines. Le chant est généralement alterné ou bien deux chanteurs prennent tour à tour la parole ou bien encore un choeur à lunisson répond au soliste. Les hommes et les femmes ne chantent pas ensemble, mais dans la société sénoufo, ces dernières battent le tambour. Les Mandé : les peuples mandé se divisent en deux ensembles distincts ; les Mandé du Nord ou Manding et les Mandé du Sud. Les Mandé du nord se répartissent en Malinké, Bambara et Dioula. Les Malinké sont les plus nombreux. Ils ont fortement influencé les peuples voisins comme les Sénoufo et les Mandé du Sud auxquels ils sont apparentés linguistiquement. L appellation Mandé du Sud sapplique à sept groupes ethniques mais les plus importants sont les Dan, plus connus sous le nom de Yacouba et réputés pour leur travail artistique sur les masques, les Gouro (ou Kouéni) grand groupe mandé du sud et les Wembo (ou Toura). Apparentés aux Gouro, il y a aussi les Mona et les Ouan, petites ethnies, elles ont subi linfluence des Malinké et des Baoulé. Les deux derniers groupes ethniques que lont recenses sont les Gban (ou Gagou) dune part et les Ben ou Ngan dautre part. Les Krou : les Krou forment un ensemble de vingt et une tribus et se divisent en deux grands groupes. Le premier, groupe Krou oriental, comprend les Bété, les Dida, les Godié et les Néyo. Le second, groupe Krou occidental, comprend les Wé (Guéré et Wobé), les Niaboua et le groupe du sud-ouest de la Côte-dIvoire (Bakwé et Kroumen). Les Akan : ils se répartissent en trois grand groupes ; les Abrons, les Agni et les Baoulé auquels se rattachent une dizaine dautres petites tribus (Alladian, Ebrié, Abouré, etc.). Ils occupent lest, le sud-est et le centre de la Côte-dIvoire. La musique du groupe baoulé-agni est elle aussi, très riche : lagencement du rythme, la cadence de la phrase musicale très étudiés. Cette musique peut être sacrée (musique rituelle), ou un simple divertissement. En effet, les Baoulé aiment se réunir entre homme pour chanter. Il existe là aussi de nombreux tambours (tambours dappel, tambours dinitiation, etc.). Ces authentiques objets dart, gravés ou peints, se retrouvent dans toutes les ethnies de Côte-dIvoire.
Nous avons vu précédemment le nombre dethnies que peut regrouper un pays comme la Côte-dIvoire ; certaines de ces ethnies se retrouvent également au Mali. Cest le cas pour lethnie des Sénoufo dont une partie se trouve en Haute Côte-dIvoire, une autre au sud-est du Mali et une au sud-ouest du Burkina-Faso. Mais lethnie la plus représentative du Mali est certainement celle des Dogon qui se trouve sur le plateau Bandiagara et qui présente certains points communs avec les Voltaïques du Burkina-Faso. Ils sont environ 225000 et apparentés aux Mandingues. Leur musique joue un rôle fondamental et accompagne la plupart de leurs activités. Elle organise toutes les cérémonies et sert de base à la plupart des manifestations : les chants, les rythmes tambourinés, le battement de cloches... les accompagnent dans la vie de tous les jours. La musique est la compagne inséparable du travail car elle apporte aux travailleurs les forces qui leur redonnent la vie et la vitalité. Dans les travaux agricoles, elle joue un rôle particulièrement important car symboliquement elle provoque larrivée de leau. Les instruments utilisés par les Dogon, sont à la fois rudimentaires et dune grande complexité. Ils sont rudimentaires dans les matériaux qui sont utilisés pour leur fabrication. On dit quils sont compliqués car toutes les parties de linstrument ont une symbolique très importante. Les différents tambours par exemple représentent les principales étapes de la création. Les Malinké peuplent principalement la Guinée mais également une partie du Sénégal. Les percussions sont les instruments par excellence des Malinké (le djembe vient de Guinée). Elles sont également utilisées par les Bambara et les Djula qui habitent la République de Guinée, louest du Mali et le nord de la Côte-dIvoire. Tous ces peuples mandingues sont donc étroitement liés au point de vue culturel.
Dans ce pays, on retrouve une majorité des ethnies évoquées précédemment mais les Diola sont ceux que lon remarque en premier car ils forment un bloc homogène qui recouvre toute la Casamance. Ils restent très attachés à leurs traditions mais ont été en grande partie islamisés par les Mandingues. Ces derniers représentent 6% de la population totale et sont des guerriers musulmans qui sinstallèrent en Haute-Casamance ; ils englobent : - les Mandingues (Casamance, Guinée, Gambie) ; - les Malinkés ou Maninka (Guinée) ; - les Bambara (Mali) ; - les Dioulas (commerçants guinéens et maliens en Côte-dIvoire). Au Sénégal, comme dans la majeure partie de lAfrique, on a essentiellement une musique polyrythmique de tambours. La musique y est surtout un art de participation. Dune part il y a les musiciens mais les auditeurs ne sont pas inactifs et participent par le chant, le geste et la danse. Les instruments employés sont souvent à percussion. Leur rôle est de soutenir la voix et les instruments épousent les variations de celle-ci. Chez les Diola, tout le monde peut chanter ou jouer dun instrument et il ny a pas comme chez leurs voisins les institutions de griots. Les relations étroites depuis longtemps avec les groupes islamisés mandingues dune part et la colonisation française dautre part explique peut-être linfluence qua subie leur musique. Les Diola pratiquent lors des célébrations de mariages mais aussi des baptêmes ou des confirmations, une danse, rythmée par des percussions, appelée le bugur qui peut durer une heure ou quelques jours. Les danseurs hommes et femmes sont à lintérieur dun cercle formé par des chanteurs et par des femmes qui entrechoquent des bâtons de bois. Les tambours sont toujours du côté des hommes et les rythmes deviennent plus rapides lorsque quelquun rentre dans la danse. La batterie qui accompagne cette danse est composée le plus souvent de trois tambours joués par un seul homme.
Peuple dAfrique occidentale, les Mossi forment lethnie majoritaire du Burkina Faso et représentent 48% de la population totale. Cest un peuple très attaché à la tradition où la musique et le chant soutiennent et ponctuent la vie sociale et culturelle. Des spécialistes, musiciens détenteurs des langages tambourinés ont la charge danimer les fêtes : ce sont des griots appelés Yuumba. Ce sont des historiens qui sont formés par transmission orale, transmission qui se fait de père en fils, pour chanter la gloire des grands rois. Parallèlement et au cours dun long apprentissage, le jeune musicien apprend le langage tambouriné et cest seulement lorsquil maîtrise dune part la parole, dautre part linstrument, quil peut prétendre devenir Yuumba. Chez les Mossi, il existe une véritable aristocratie des griots. Tout semble parfaitement réglé comme dans la vie quotidienne où tout est organisé strictement. Il y a dabord les Benda qui jouent dun tambour spécial et dont le chef appartient à la famille royale. Plus modestes sont les Luinsé que lon peut rencontrer partout, sur les places des marchés, pendant des mariages ou des funérailles, prés de chef dont ils font léloge ; ils sont indispensables mais nont pas de statut social spécifique. On trouve également les Gangado qui jouent dun grand tambour cylindrique ; ce sont en général des particuliers plus ou moins musiciens qui participent aux travaux agricoles. Leur rôle est dencourager les agriculteurs. Il existe donc plusieurs types de griots, issus de différents milieux sociaux ; il y a ceux qui vivent prés de leur maître (en général dans les palais royaux) et ceux qui travaillent sur les marchés en vue dune éventuelle rétribution. Enfin, dans les différents groupes de Mossi, la danse joue encore une fois un rôle important. Lorsque se réunit un groupe de tambourinaires avec des instruments différents et auxquels peuvent sadjoindre dautres familles dinstruments, une danse peut commencer. On peut ainsi observer des danses circulaires dont certaines ont un nombre de pas très important. Pendant certaines de ces danses, un couple peut mimer les gestes de lamour au rythme des tambours. Lors des funérailles, les jeunes enfants retracent la vie du mort en mimant les diverses activités quil pratiquait.
Aujourdhui existent en Afrique de louest des villes très importantes doù sont issus les plus grands tambourinaires et les plus grandes formations qui ont une réputation mondiale. A Conakry, capitale de la Guinée, se sont installés en 1959 les Ballets Africains de Keïta Fodéba qui étaient à lépoque la première compagnie de ballet véritablement professionnelle fondée en Afrique noire. Au début des années soixante, cest le Ballet National Djoliba qui apparaît et qui rassemble les plus grands artistes. Ces différentes créations provoquent une exode des batteurs traditionnels qui quittent les villages pour se rendre " avides de gloire " dans la grande ville. Cest à cette époque que furent formés les plus grands batteurs, considérés aujourdhui comme des références de la musique ; il convient de rappeler quils ont tous été choisis parmi des centaines de participants ce qui leur confère encore plus de mérite. On entend parler de Famoudou Konaté, Fadouba Oularé, Noumody Keïta, Gbanworo Keïta et bien sûr Mamady Keïta qui est resté le plus médiatique. Les grandes formations reprennent les rythmes traditionnels malinké mais cela représente un danger car les plus jeunes tambourinaires qui sont formés à la ville oublient voir ne savent jamais que ces rythmes étaient joués dans un certain contexte traditionnel. Le système des sélections utilisé en Guinée apparaît également dans les grandes villes des pays voisins, notamment au Sénégal et au Mali mais cest en Guinée que les percussions ont le plus de succès particulièrement avec le djembe. Le genre des musiques jouées par les grands ensembles touchent tous les pays dAfrique de louest grâce aux enregistrements des Ballets Africains et du fabuleux ensemble des Percussions de Guinée (cest une troupe qui a été créée par un artiste français en 1988) ; ce dernier a eu un succès considérable sur les scènes du monde entier. En Côte-dIvoire et plus précisément à Bouaké sont installés deux tambourinaires réputés qui dirigent leur propre école de percussions. Il y a dabord Adama Drame, né en 1954 ; il est issu dune famille de griots de la région de Nouna (Burkina Faso). Il a été membre de la troupe nationale des Ballets de la Volta puis sest installé dans la ville de Bouaké en 1974. Il a été remarqué par le musicologue Bernard Mondet et depuis 1979 se produit dans de nombreux festivals dans le monde entier. Il a énormément étonné son auditoire en se produisant tout seul sur scène. Il y a ensuite Sougalo Coulibaly, né en 1955, issu de lethnie des Bambara, fils du chef du village de Béléko situé au Mali. Il na connu que le contexte musical de son village étant jeune, un contexte purement traditionnel et jouait pour accompagner les travaux des champs ou dans les différentes fêtes. Soungalo quitte le Mali pour se rendre en Côte-dIvoire où il apprend à jouer du tambour en autodidacte. Il accompagne les batteurs traditionnels dans des fêtes. Une fois installé à Bouaké, dans les années 70, il se fait tout de suite remarquer et comme Adama Drame est souvent invité en Europe pour des festivals ou pour donner des cours. Au Burkina Faso et plus précisément dans la ville de Bobo-Dioulasso, les percussions ne sont utilisées de façon traditionnelle que par les minorités malinké mais ne connaissent pas le même succès que dans les autres villes dAfrique de louest. Mais on remarque lémergence dun style musical nouveau dans lequel se mélangent les traditions des ethnies des Bobo, des Sénoufo et des Bambara. Cette musique sest fait connaître par un groupe connu mondialement aujourdhui : Farafina. Depuis cette formation sévertue à développer les activités musicales au sein de la ville de Bobo-Dioulasso. Enfin, au Mali, la ville de Bamako aurait pu elle aussi développer les structures denseignement de musique et cest ce quelle a essayé de faire. Mais les percussionnistes nont jamais eu la même renommée que ceux des autres villes de lAfrique de louest. De grosses difficultés économiques et politiques ont entraîné le départ de presque tous les musiciens réputés ; la colonisation dabord, la montée de lislam ensuite nont rien fait pour arranger les choses.
DEUXIEME PARTIE : LES INSTRUMENTS A PERCUSSION
1) CHEZ LES DIFFERENTES ETHNIES Le nombre de types dinstruments musicaux recensés jusqu'à présent en Afrique est considérable. Il existe dabord de multiples façons dont le corps humain, les éléments naturels, les objets de toute sorte peuvent être utilisés comme instruments de musique : battements de mains, entrechocs et percussions corporelles, abdomen résonateur ; battage rythmé de leau, pilons percutés sur mortier, bruits de meule, percussion sur rebord de pirogue... La famille des tambours comporte une très grande variété despèces à une ou à deux peaux, à tension variable (tambour daisselle, tambour sur cadre), à friction, avec timbre, de forme tubulaire, tronconique, sphérique, avec charge au centre de la membrane... Les dimensions des tambours sont aussi variées quil est possible, la longueur de certains fûts pouvant dépasser deux mètres. Ils sont tantôt battus à mains nues, tantôt avec des baguettes aux profils les plus divers : droites et flexibles, recourbées et rigides, crochues... Parfois le tambourinaire joue dun seul instrument, parfois il en utilise une véritable batterie, de deux à cinq. Il peut obtenir une grande variété de sonorités en modifiant la façon de frapper la peau, au centre ou à la périphérie, de la pointe des doigts ou avec toute leur longueur, du plat de la main. Les instruments à percussion ou entre-choc abondent, tels les hochets, les sonnailles, les bruiteurs, les xylophones, les clochettes... Certains de ces instruments sont assez largement répandus, dautres sont relativement localisés : le xylophone par exemple se rencontre en Afrique de lOuest, en Afrique Centrale et Orientale et dans le sud du continent, aussi bien dans les zones forestières que dans les régions de savanes. Même si elle peut paraître fastidieuse, elle ne pourra en tout cas être complète, voici une énumération de quelques instruments à " percussion " que lon peut trouver dans les différents pays présentés précédemment ; chaque instrument est rattaché à lethnie dont il est issu. Il faut savoir que les musiciens occidentaux confondent dans la catégorie des " percussions " les idiophones et les membranophones.
Tambours à fente :
Tambours à friction :
Tambour sur poterie :
Tambours à une membrane :
Tambour-sablier :
Tambours cylindriques :
Chez toutes ces ethnies, on rencontre également des tambours à deux membranes ainsi que des tambours daisselle. Il existe différents types de xylophones en Côte-dIvoire (voir rôle et description p.) ; ils se divisent en deux groupes : les xylophones sans résonateurs et les xylophones à résonateurs de calebasse.
Xylophones sans résonateur :
Xylophones à résonateurs de calebasse :
On retrouve le même type dinstruments dans les différentes ethnies du Mali présentes également en Guinée, mais contrairement à ce que lon pense, leurs noms diffèrent à chaque fois. Les Dogon sont certainement lethnie la plus représentative du Mali au niveau des instruments. Ils utilisent principalement :
A cela viennent sajouter, un tambour rond appelé boy dunule, de grands tambours le boy na, le gangang, un tambour de noix de baobab joué exclusivement par les enfants appelé le kunyu, le dundun tambour cylindrique en bois évidé recouvert à ses deux extrémités par une peau tendue sur laquelle le musicien frappe avec une baguette. Les autres ethnies utilisent principalement le tambour daisselle : le dunka pour les Bambara et le tama pour les Malinké.
Les Mossi forment lethnie majoritaire du Burkina Faso. Mais on rencontre également dautres groupes moins importants comme les Peul, les Bobo, les Lobi, les Dagari, les Birifor, les Gan, les Samo, les Bisa... Les instruments utilisés par ces différentes tribus sont en général :
Enfin, on rencontre deux types de xylophones : le xylophone des Bambara à deux lames et le djil à quatorze lames et résonateurs en calebasse avec mirlitons chez les Dagari, appelé elong chez les Lobi.
Ici aussi, on rencontre une grande variété dinstruments à percussion. Cette famille est représentée par :
La fabrication du plus grand, le kabisa est tenue secrète et ne peut seffectuer que dans les bois sacrés par un initié : on dit même que ce dernier se transforme en fourmi pour pénétrer à lintérieur du tronc darbre et enlever le bois.
Le bugur repose à terre sur son extrémité la plus fine et est frappé à la fois avec une main et une baguette de bois. Le kutiriba est de forme plus ou moins conique, avec une large bouche et une base plus étroite, et est frappé à laide dune main et dun bâton. Le ndeund est un gros tambour fait dans un tronc de bois, évidé, dressé à terre, dont lextrémité recouverte de peau est frappée par le musicien qui, assis, le tient entre ses jambes ; le ndeund servait à transmettre des messages (annonce dun événement important, appel aux spécialistes de lextraction du venin de serpent...). Le " sawrouba " est de forme allongée et orné de 27 lanières blanches placées autour de la membrane en peau de chèvre ; il est muni de gris-gris en perles de couleur qui servent de protection contre les mauvais esprits et est frappé alternativement par les deux mains. Dautres tambours à membrane sont utilisés ; ainsi on trouve le sabar chez les Malinké (très utilisé également chez les Diola), le tabala chez les Maure, le tambour daisselle à double membrane tama chez les Wolof. Le sabar est un long tambour étroit ouvert à lextrémité, légèrement concave au milieu, dont la tête est recouverte dune peau de chèvre que lon frappe dune baguette. Ce tambour est le support par excellence de la danse. Le tabala est fait dune calebasse très évasée recouverte dune peau. Le tama est un petit tambour fait dun corps de bois rond et creux, très évasé à ses deux extrémités qui portent deux membranes reliées entre elles par de nombreuses cordelettes ; le musicien utilise une baguette retournée.
Dans tout ces pays et dans toutes les ethnies, de nombreuses autres percussions sont utilisées ; elles sont considérées pour la plupart comme des accessoires destinés aux accompagnements : les bâtons entrechoqués, les battements de mains sur les fesses, les bouteilles frappées, les calebasses vides frappées sur la main, les carapaces de tortue frappées avec des baguettes de bois, les claquements de lèvres, la corne dantilope frappée avec une baguette, la lame de fer battue, le mortier en bois percuté avec un pilon, les bâtons frappant le sol... plus toute la famille des hochets-sonnailles (parfois de grandes dimensions, faits dune calebasse enveloppée dans un filet sur lequel sont enfilés des coquillages, ils accompagnent fréquemment les choeurs de femmes), les sonnailles (portées par de nombreux danseurs autour de leurs chevilles, et aux poignets par les joueurs de xylophones), les cloches (souvent associées aux ensembles de tambours à membranes), les grelots...
2) QUELQUES INSTRUMENTS ESSENTIELS Chez les Mossi du Burkina-Faso, outre la diversité des percussions énumérées précédemment, les membranophones sont représentés par trois instruments :
Le djembe est un instrument dorigine malinké (Guinée, Mali, Sénégal), mais on le trouve également chez de nombreux groupes ethniques voisins : les Dioula de Côte-dIvoire et du Burkina-Faso, les Bambara du Mali, les Soussou, les Baga et les Landouma de Guinée, les Peuls du Fouta-Djalon, et les Sarakolé du Mali et du Sénégal et les Bobo du Mali et du Burkina. Cest un tambour taillé en forme de calice dans une seule pièce de bois et monté dune peau de chèvre, laquelle est tendue par un système de cordes tressées et tirées entre deux filets : lun est fixé au bas du tambour et lautre au bord de la peau. Le djembe est joué à mains nues après que la peau est été chauffée pour en augmenter la tension. Les musiciens trouvent aujourdhui des cordes de meilleure qualité, capables de subir des tensions beaucoup plus grandes. Ils peuvent alors exercer sur la peau une traction plus forte et moins dangereuse que ne létait la tension provoquée par la chaleur. Plusieurs sonnailles sont souvent rajoutées à linstrument ; elles sont composées dune feuille de métal garnie danneaux et de grelots. Le djembe nest pas exclusivement réservé aux griots comme peuvent lêtre le balani malinké ou le jeli ngoni. Certains musicologues lattribuent aux forgerons même si les tambourinaires les plus connus portent des noms de familles nobles : Keïta, Konaté, Coulibaly... Ces familles nacceptent pas facilement que leurs enfants deviennent des musiciens professionnels ; cela est perçu comme une déchéance sociale. Seul un griot peut faire de la musique sa profession. Le djembe a toujours été utilisé pour les fêtes, les travaux des champs ; en pratiquer nétait donc pas considéré comme une profession et une personne issue dune famille noble pouvait donc en jouer. En Afrique de louest, le djembe se joue seulement à loccasion de manifestations publiques et spécialement pendant les mariages. Le djembe se joue alors chaque jour pendant sept à dix jours et plusieurs heures. Seules les femmes et les jeunes filles dansent. Les danses commencent par un chant de femmmes, puis le djembe toujours accompagné du kangueni (tambour à double membrane) commence à jouer. Les femmes dansent en cercle autour des musiciens puis deux ou trois dentre elles sécartent du groupe et donnent un signal pour que les musiciens se lancent dans des improvisations.
B) LE TAMBOUR PARLEUR DES AKAN DE COTE-DIVOIRE : LATTOUNGBLAN Qui nest pas fasciné par le phénomène du tambour parleur ? Phénomène qui est souvent considéré par les occidentaux comme lun des mystères de lAfrique. Les instruments susceptibles démettre un langage tambouriné sont nombreux et variés. Pour simplifier, les tambours de bois sont utilisés surtout dans louest du pays, les tambours daisselle dans le nord, dans les pays de culture akan cest à dire " dans la forêt guinéenne, et au Soudan, le tambour parlant est (...) une paire de tambours verticaux, cylindriques ou cylindro-coniques, de forme allongée, avec une membrane de cuir munie de tenseurs à coins ", (Niangoran Bouhah, G., Introduction à la drummologie, collection Sankofa, Abidjan, 1981). Mais le tambour parleur le plus prestigieux des Akan de Côte-dIvoire est sans aucun doute l attoungblan, encore appelé ntumpan, attingba, attigble selon les régions. La description de ce tambour correspond à celle citée plus haut : il est constitué de deux tambours jumelés, à une seule membrane, joué par le même tambourinaire à laide de deux baguettes crochues. Les deux tambours sont de même dimensions ; seul leur diamètre diffère. Lun est appelé " mâle ", lautre " femelle ". La peau du tambour " mâle " possède des poils, signes de virilité, alors que la membrane du tambour " femelle " est rasée. L attoungblan ne fait pas partie des tambours les plus grands ; seulement un mètre de profondeur. Ils ne sont pas considérés seulement comme des objets matériels ; il apparaît comme une création divine ; ainsi la fabrication de linstrument se termine systématiquement par un rituel de sacralisation. Le tambourinaire le plus expérimenté a seul le droit de jouer sur l attoungblan. Ce tambour peut également participer à des fêtes et se mêler à des orchestres comprenant dautres instruments à condition que ceux-ci fassent silence lorsquun message doit être entendu.
C) PETITE PRESENTATION DU XYLOPHONE Le xylophone est un instrument constitué dune série de lames de bois de dimensions différentes permettant de produire plusieurs sons. Lorsque les lames sont accompagnées de résonateurs en calebasse, on lappelle souvent balafon. Il est différent selon les régions du pays mandingue. Dans le centre et le sud, les xylophones sont assez rustiques, de taille réduite, et souvent utilisés comme épouvantails sonores, par exemple pour tenir les singes éloignés des plantations ; ils sont donc plutôt considérés comme des jouets musicaux et sont dailleurs le plus souvent entre les mains des enfants. Ces instruments sont dans la majorité constitués par six lames posées sur deux troncs de bananiers ; si les sons produits effraient les animaux, il est également très agréable découter attentivement les mélodies et les techniques du jeu sont toujours impressionnantes. Dans le nord du territoire, chez les Malinké et les Lobi, les xylophones ont des dimensions beaucoup plus importantes. Le nombre des lames varie selon le type dinstrument de douze à vingt. Dans certains cas, les dimensions des calebasses obligent les musiciens à munir leur instrument de pieds qui leur donnent laspect dune table. Mais actuellement, les xylophones du nord se jouent soit à même le sol, soit suspendus à une bretelle passant sur les épaules du musicien. Les lames sont frappées au milieu à laide de mailloches dont lextrémité est constituée dune boule de gomme végétale qui ressemble beaucoup au latex. Les xylophones peuvent être joués par des solistes, servir daccompagnement pour des chanteurs ou être regroupés avec des tambours et constituer ainsi des orchestres plus ou moins importants. Ces orchestres jouent un rôle particulièrement important dans les cérémonies de funérailles.
Considéré comme mère de toutes les musiques, lAfrique est un continent parmi les plus riches en genres et en instruments. Elle offre un patrimoine musical dont les différences sont aussi frappantes dun pays à lautre quà lintérieur dun même pays. Il semble dés lors impossible de pouvoir dresser un panorama de sa musique. En effet, le nombre et la diversité des ethnies, la quantité considérable des instruments de musique et la diversité des cultures confèrent à lAfrique un patrimoine considérable que lon ne finit jamais dexplorer et dans lequel même les plus éminents musicologues nont pas tout découvert. Le quotidien de lAfrique de louest comme celui de lAfrique noire est ponctué par la musique : celle-ci est tellement intégrée dans les activités sociales ou religieuses que le mot " musique " nexiste même pas dans certaines langues. Les activités musicales concernent tout le monde ; il ny a aucune exclusion. Pendant les fêtes et les célébrations, dans les villages ou dans les villes, tout le monde intervient en chantant, en claquant des mains ou en jouant dun instrument. La percussion tient un rôle primordial dans la vie des africains : elle rythme principalement la danse mais aussi les diverses activités et plus précisément les différents labeurs. Si elle est répandue dans tout le continent, il faut reconnaître que lAfrique de louest a vu naître des techniciens de linstrument qui font preuve dune maîtrise impressionnante. Aujourdhui de grands artistes, issus dethnies et ayant appris la musique dans un contexte strictement traditionnel, souvrent au monde occidental et nous communiquent la science de leur art. De grands ensembles ont également vus le jour et se produisent en Europe dans des festivals comme Musiques métisses dAngoulême ou encore Africolor et Les Nuits atypiques (pour ne citer que les français) ; ils nous font découvrir eux aussi une tradition qui nous charme et incite de nombreuses personnes à sinitier à la musique des percussions. Depuis quelques années le nombre des labels de musique traditionnelle a largement augmenté et la production de certain évolue de plus en plus. Ils proposent le plus souvent des enregistrements de qualité dans des coffrets accompagnés de notices bien documentées pour une meilleure compréhension et surtout une meilleure écoute des musiques traditionnelles. Le public a donc a sa disposition une production diversifiée dans laquelle il est parfois difficile de faire un choix.
La présente discographie propose une sélection de disques dartistes représentatifs de la percussion mandingue mais aussi des principales formations que lon trouve en Afrique de louest. Certaines de ces sélections sont particulièrement axées sur les ethnies représentatives de laire mandingue ; en effet de nombreux ethnomusicologues ont effectué des enregistrements dun grand intérêt et ils accompagnent généralement leurs travaux de textes très clairs (parfois très pointus), pour que lauditeur ait accès à un maximum dinformations. Lorsque cela a été possible, la notice du disque donne le nom de lartiste, la date denregistrement, la durée, la qualité denregistrement, la référence commerciale, le label et le distributeur. Certaines de ces notices sont suivies de critiques trouvées dans différents ouvrages ; il est toujours intéressant davoir lavis de professionnels de la musique pour des disques qui sont loin dêtre les moins chers du marché.
Laurent Aubert, Musiques traditionnelles, guide du disque.
Né en Haute-Volta, Adama Drame est un joueur de tambour djembe (tambour en forme de grand gobelet, à une peau, battue avec les mains, et comportant souvent comme ici des bruiteurs métalliques). Il a très vite été remarqué, et a joué pendant quelques années dans la Troupe Nationale. Il sest ensuite installé en Côte dIvoire et a été enregistré par un Français, Bernard Mondet, pour la célèbre collection Unesco " Musical Sources ". Ce disque le fera connaître au public. Adama Drame a été une véritable surprise, une révélation pour nous et a fini par venir à Paris en 82 où il a été enregistré une nouvelle fois par Bernard Mondet (33t Auvidis AV.4510). Puis ce fut un succés considérable : festivals internationaux, et en 84 un 33t chez Playa Sound (PS.33525) où, avec dautres musiciens africains, il souvre à un public plus large, mais natteint pas la perfection de ses premiers disques. En 85, autre disque chez Auvidis (Djeli, AV.4519), enregistré en studio : Adama Drame se laisse piéger par le re-recording, est accompagné par des musiciens quil connaît mal ; il chante, alors quil nest pas fait pour ça. Sur ce disque, on le retrouve de nouveau seul. Cest un étonnant musicien traditionnel, un prodigieux rythmicien, qui en connaît long sur les musiques des Mandingues, qui sait improviser sur les rythmes traditionnels, et qui sait aussi inventer de nouveaux rythmes, sans quitter jamais lesprit de la tradition. Il tire de son djembe des sonorités variées, puissantes, et souvent le bat avec une rapidité incroyable. On a quelquefois du mal à croire quil est seul. Livret français et anglais.
Réédition du 33t Playa Sound PS.33525 (Musiques de lAfrique traditionnelle, vol.6), augmentée de la plage 7 (soit 639 en plus seulement). Nous avons vu quAdama Drame sest imposé comme le maître du tambour djembé. Sa science de linstrument, sa science des rythmes malinké, bambara et dioula, sa virtuosité insurpassée (si lon en juge par ce qui a été jusquà présent publié sur disque), son invention... sont maintenant largement connues. Il nous dévoile ici ses différentes facettes : musicien traditionnel enregistré en situation dans sa culture (plage 4, une des plus extraordinaire du disque), arrangeur de rythmes de danses traditionnelles (ce quil fait depuis toujours), musicien improvisateur solo ou le plus souvent jouant avec dautres, musicien ajouté à une batterie occidentale (dernière plage) et donc ouvert aux expériences européennes. La première pièce du disque est intitulée " B. Mondet " ; cest une improvisation sur un nouveau rythme inventé en hommage à Bernard Mondet, qui fut le premier Européen à avoir attiré lattention sur Adama Drame (33t Unesco Philips signalé précédemment). Livret français et anglais (Jacques Charreaux).
Linstrument ayant largement pénétré le monde interculturel de la world music, les plus grands joueurs de djembé cherchent, et bien souvent trouvent, la reconnaissance internationale grâce à leur virtuosité sur ce tambour à la puissance ravageuse. Comme nous lavons vu précédemment, le premier à avoir obtenu la notoriété en Europe est Adama Dramé ; il fête avec ce nouvel album ses trente ans de carrière. Soliste inimitable, capable de reproduire seul le jeux de deux voir trois tambours différents, il nous emporte ici dans de très fortes émotions, à travers des improvisations époustouflantes qui présentent les différents aspects du djembé.
Complément discographique : - Manu Dibango, Afrijazzy, chez Percussion, 1987 ; - Marc Vella et Adama Drame, Continents, chez Label Bleu, 1992 ; - Les Percussions de Strasbourg avec Adama Drame, Autres contacts (France/Mali), chez LEmpreinte Digitale, 1995.
Les musiciens qui composent le groupe Sewa Kan sont : Mamady Keïta pour le djembe, Navy Fiaty pour le djabara, Didier Labarre pour le dununba et le sangban, Ken Ndiaye pour le djembe ; plusieurs personnes sont également invitées : Jeanne Baegné pour le kenkeni, Pierre Marcault pour le djembe , Moonha Ndiaye pour le djabara et le kenkeni. Cette distribution nest pas vraiment représentative car les musiciens séchangent souvent leur instrument. Les compositions qui constituent ce disque sont toutes traditionnelles ; on retrouve ainsi des rythmes qui accompagnent des récoltes, des rythmes daccueil, des rythmes de fêtes, des rythmes consacrés aux divinités... Lenregistrement est parfait et la musique nous incite inévitablement à la danse. Livret en français et anglais ; photos des instruments, explications sur les titres des plages.
Ce disque nous propose une nouvelle fois une série de rythmes de tradition malinké ; les percussionnistes sont comme dhabitude extraordinaires ; on sattardera tout particulièrement sur la plage Demosoni Kelen, dans laquelle on retrouve des instruments comme le dunumba, tambour mais aussi danse très populaire en Haute-Guinée, la danse des hommes forts. On remarquera que cette danse comporte une vingtaine de rythmes différents ; on a du mal à imaginer que les musiciens puissent tenir aussi longtemps sur un même morceau. Comme dans tous les CD de Fonti Musicali, le livret est en français et anglais et contient les photos des différents instruments. Mamady Keïta est né en 1950 à Balandugu, un village situé dans le Wassolon prés du fleuve Fé, dans la province de Siguiri, en République de Guinée. Son père est maître-chasseur et " fida tigi " cest à dire maître des plantes et guérisseur. Sa mère voulant connaître le destin de lenfant quelle portait, alla consulter un devin. Il lui annonça que ce serait son dernier fils et ajouta : " il faut laisser samuser lenfant car cest ainsi quil fera son nom. La renommée de ton fils ira au-delà de Balandugu, elle ira au-delà de la Guinée, elle ira au-delà de lAfrique toute entière, elle atteindra des contrées dont nous navons jamais entendu parler ! ". Dès quil fut en âge de marcher à quatre pattes, Mamady se précipitait sur toutes les casseroles pour les retourner et les frapper. " Mon fils sera donc un djembefola ", se dit sa mère, et elle lui fit construire un instrument à sa taille. Très vite son don étonna tout le monde et on lui donna deux surnoms : " Mamady nan nkama ", Mamady qui est né pour ça et " Balandugudjina ", le diable de Balandugu ; on se demandait comment un enfant pouvait jouer ainsi du tambour. Il a ensuite pour professeur le grand Karinkadjan Kondé, vieux djembefola, qui lui enseigne tous les secrets du djembe. Il est élevé dans la plus pure tradition du village et il découvre lhistoire de lEmpire Mandingue et est initié à sa musique. Très jeune, il commence à se faire une réputation et on le voit dés lâge de sept ans dans un film avec Hary Belafonte, Africa Dance. Passionné par la musique, il va sintéresser aux rythmes du Wassolon dabord mais aussi à ceux des ethnies voisines. Cest par lintermédiaire dun système de compétition à léchelon local, régional et national qui ramène vers les Ballets Nationaux de Guinée les meilleurs artistes du pays, quà lâge de quatorze ans Mamady est sélectionné avec cinquante autres percussionnistes pour former le Ballet National Djoliba. Après plusieurs mois de formation, Mamady Keïta est retenu dans le Ballet et en 1979 en devient le directeur artistique. Une envie dindépendance le pousse à rejoindre Souleymane Koli et la troupe Koteba à Abidjan. A cette époque, il participe au film La vie platinée. Il commence ensuite des tournées en Europe durant lesquelles il rencontre un grand nombre de musiciens dont Pierre Marcault avec qui il sort le disque Wassolon. Cest en effectuant une série de spectacles en Belgique que Claude " Poney " Gross et Patrick Wallens le remarquent et lui demandent dintervenir en tant que professeur à Bruxelles. Mamady accepte et fonde parallèlement un groupe : Sewa Kan (dont le nom est tiré du proverbe : " Ni kan tiyen, sewa tiyen. Ni sewa tiyen, kan tiyen ; sans musique pas de joie, mais sans joie pas de musique ").
Complément discographique : - Mamady Keïta, Paris Bimo, chez Mi Corason, 1996 ; - Mamady Keïta avec Fode Kouyate, Djelia, chez Mélodie, 1996 ; - Mamady Keïta avec Ben Kaira, Singa ; - Mamady Keïta avec Mory Kante, Tatebola. - On retrouvera également le musicien dans un morceau Demosoni Kelen sur le CD qui accompagne louvrage Introduction aux musiques africaines de Monique Brandily publié chez Actes Sud (voir bibliographie).
Kouyaté est sans doute le plus grand joueur de xylophone bala du pays mandingue. Né en 1918, descendant dune lignée de grands griots, il a rejoint lEnsemble Instrumental National en 61, en compagnie de son parent le chanteur Sory Kandia Kouyate. Puis cest lescalade : il joue dans le monde entier en compagnie du Ballet Djoliba (années 60), accompagne Sory Kandia Kouyate devenu célèbre (années 70), puis est directeur de lEnsemble Instrumental National... Sory Kouyate joue dun bala de 22 lames (trois octaves). Il est secondé au bala par Touma Moudou Kouyate, et accompagné de quelques instruments quon entend en fond : la flûte (buru), la clarinette double (tunni), la harpe arquée (bolon), la vièle monocorde (sokko). Les trois volumes portent des titres différents : vol.1, " Lart du balafon ", vol.2, " Répertoire ", vol.3, " Le balafon en liberté ", mais ils sont tous les trois consacrés aux compositions traditionnelles anciennes ou récentes, de Sory Kouyate et de quelques autres. A lheure où quasiment tout le monde est sensible aux musiques africaines, sans se rendre compte quil sagit en fait de musique européanisée, colonisée, on écoutera attentivement ce grand musicien, pour découvrir le raffinement de la musique mandingue. Le virtuose Sory Kouyate est un musicien et un compositeur comme il sen trouve peu. Traditionnelle et profondément mandingue, sa musique est universelle. Livrets identiques (sauf pour le sommaire bien sûr) français et anglais. Photos, dessins et description des instruments.
Avec ce deuxième disque pour le marché européen, Soungalo Coulibaly fait preuve dun professionnalisme impressionnant, dans lequel il utilise les ressources de la technologie moderne et les met entièrement au service de son art. La " Flez Music " créée par Soungalo est ceci : un genre accoustique sans apport dinstruments électroniques, urbain et contemporain, avec le mariage du balafon et de la guitare, du kamele ngogi et du djembé. Avec la complicité du musicien suisse Vincent Zanetti, le maître percussionniste réalise une synthèse original dont émerge, toujours aussi belle, la voix de la chanteuse Mariam Diakité.
Complément discographique : - Farafina, Bolomakote, 1988 ; - Jon Hassel avec Soungalo Coulibaly, Flash of the Spirit, 1988 ; - Farafina, Faso Denou, 1993 ; - The Big Bang, In the begining was the drum, 3CD, 1994 ; - Best of Ellipsis Arts, Planet Soup, 1995.
Commentaires en français et anglais dans le livret. On retrouve les créations du tambourinaire Mamadou Kante sur les plages 2 et 10. Il apparaît comme un grand interprète et la prise de son exceptionnelle fait de ce disque une excellente réplique aux enregistrements dAdama Drame. 2) LES GRANDS ENSEMBLES
Lensemble Wassa, dirigé par Morciré Camara, est constitué de jeunes musiciens chanteurs et danseurs du peuple Sousso. Leur musique est à base de tambours : les tambours cylindriques dudun, le djembé, le " tambour deau " (demi-calebasse retournée sur leau contenue dans une demi calebasse plus grande), le tambour de bois (tronc darbre creusé), le sikko, tambour sur cadre de forme carrée, etc. Ils utilisent aussi le xylophone balanyi, le sistre wassakoumba qui sert d emblème au groupe, des hochets et dans la dernière pièce le gongoma, une grosse sanza comme celle quon trouve en Haïti.
Les musiques de Wassa sont des compositions à base traditionnelle, un peu folkloriques et parfois un peu faciles, mais parfois aussi intéressantes comme par exemple " Tatami Faré " qui utilise principalement le tambour de bois.
On remarquera quà plusieurs reprises (cest assez fréquent dans la musique africaine enregistrée par des Européens) le texte des chants mentionne le nom du " directeur artistique " de lenregistrement (François Kokelaere).
Livret français et anglais. Texte et chants (soussou, français, anglais), dessin de tous les instruments et explications. Les mêmes dessins, plus dautres, se retrouvent dans le livret de Percussions de Guinée, même collection. Il faut noter la qualité des livrets de la série Guinée de Buda, série dirigée par François Kokelaere et éditée conjointement par les productions Wongaï, les disques Doundoumba et la Direction Nationale de la Culture de Guinée.
" Cest à la rencontre entre un Directeur National de la Culture, Baïlo Télivel Diallo, et un percussionniste français émérite, François Kokelaere, que lon doit la formalisation en décembre 1987 de lEnsemble de Percussions de Guinée lequel regroupe sept des meilleurs instrumentistes de lAfrique de lOuest et, pour certains dentre eux, du monde. Exprimant toute la palette rythmique de la Guinée-Conakry à travers krins (tambours à fente), djembe (tambours à gobelet), doundouns (tambours cylindriques), etc., voire tambours à eau, Noumody Keita et Koumgbanan Condé (chefs tambours) et leurs complices affichent lappétit dune génération qui ne joue plus " comme au village ", mais qui pourtant redynamise une tradition en mal de perspectives. De fait dans leur sillage de nombreuses initiatives (Concours national de percussions, naissance dun jazz guinéen, création dune école de musique) donnent des raisons despérer à la riche communauté musicale du cru. Sur ce disque, neuf compositions offrent un aperçu des grilles rythmiques utilisées par nos experts et aussi des thèmes courant en filigrane dans le répertoire de la percussion africaine, thèmes qui vont de la transmission des messages en codes dans les régions forestières, jusquaux encouragements aux travaux des champs, en passant par les danses ou les cérémonies rituelles ". Frank Tenaille dans Ecouter Voir.
Djembe, tambours à peau (doudoumba, kenkeni, sikko), tambours de bois, hochets et sistres, cest un véritable festival de percussions et de rythmes. Ce nest pas vraiment traditionnel, mais cest un impressionnant concert-spectacle en continu, où comme il fallait sy attendre le djembe est roi. Les musiciens sont excellents, en particulier les solistes. A partir des instruments et des rythmes traditionnels, l ensemble national a réussi à concocter un concert pour public élargi qui se tient, et qui ne déçoit ni les amateurs de musiques africaines ni les amateurs de percussions. On en prend plein les oreilles, et on a droit à des rythmes extraordinaires et à une énergie peu commune. Un amateur de percussions ne peut manquer ce disque.
Livret français et anglais. Dessins de tous les instruments.
Les Ballets Africains de la République de Guinée ont tourné dans le monde entier pendant quarante ans. Après la mort du Sékou Touré en 1984, les Ballets, pris dans des tourments socio-économiques, se produisent irrégulièrement. En 1988, un musicien français, François Kokelaere, sen va en Guinée, avec une bourse détude du ministère de la culture, pour étudier les fameuses percussions malinké. A peine arrivé, il est émerveillé par la richesse du patrimoine musical guinéen, et il imagine de regrouper en une seule formation les meilleurs tambourinaires du pays. Ainsi naissait lEnsemble des percussions de Guinée, sept joueurs de djembé, doundoum, kenkeni, krin, sangbé etc. Parallèlement, François Kokelaere, entre-temps devenu conseiller auprès du ministère de la culture français et prestataire de service pour celui de la Guinée, sadjoint la collaboration du Nigerian Rikki Stein, ex-manager de Fela, pour entreprendre le sauvetage des Ballets de Guinée. Les subventions arrivent des deux côtés et les tournées reprennent. A lécoute de ces disques, on est frappé par la puissance des rythmes et la complexité avec laquelle ils sont exécutés. Les musiciens sont exceptionnels.
Les musiciens sont : Cohen Marco, Coulibaly Mamady pour le dundumba, Dao Basita pour la voix, Dao Mam, Dao Seydou pour le bara et le dundumba, Diarra Kassoum pour le djembe, Diarra Samana, Konate Amadou ; enregistrement en studio. Fondé à Bobo Dioulasso, lensemble Kassama est lui aussi impressionnant. Son chef Kassoum Diarra a dailleurs travaillé avec Adama, ainsi que dans lensemble du grand musicien burkinabé Mahama Konaté, avant de voler de ses propres ailes. C est effectivement spectaculaire, des polyrythmies complexes qui constituent la signature de cette musique. Le mélange des rythmes et des timbres du djembé, du dundumba, du bara et du sangbang est dune énergie communicative, rehaussé par les intonations fournies par les voix de femmes du plus sympathique effet. Les commentaires du livret sont en anglais et en français.
Flûte peule, tambour djembé, xylophones bala, tambours divers, batterie et chant. Lensemble Farafina a été fondé en 78 par un joueur de bala du Ballet National, et a effectué des tournées dans de très nombreux pays sous la direction dun manager suisse qui na pas totalement réussi ici à le dévier de sa musique. La musique du groupe Farafina est parfois excitante (tambour djembe surtout, puis xylophone, à la rigueur tambour daisselle).
Le livret raconte que les preneurs de son ont eu peur mais quils sont contents davoir travaillé avec des percussionnistes africains et que finalement ils sont satisfaits de leur travail qui a duré huit heures pour une face de disque. Le livret signale aussi les xylophones en bois.
Livret anglais et français. Texte de François Bensignor.
Complément discographique :
- Jon Hassel, Flash of the Spirit, 1988. 3) CHEZ LES LABELS DE MUSIQUE TRADITIONNELLE
Enregistré par Patrick Larue (Les Films du Village), ces musiques sont celles de trois zones différentes de la Guinée et concernent les peuples Peul, Guerzé, Toma, et Malinké.
Les musiques peules, relativement connues maintenant, sont superbes et étonnantes, comme ici ces chants de louanges, par un griot accompagné dune vielle monocorde, dun luth et de tambours : il faut absolument écouter ce rythme quasiment de danse, et la virtuosité de la percussion de doigts bagués sur la paroi de la calebasse. La flûte peule est jouée de curieuse façon : le musicien chante parfois en même temps, poussant une sorte de cri dans sa flûte pour accentuer certaines notes...
La musique des Guerzé, méconnue au contraire, est à découvrir : la polyphonie de " percussions vocales " de la plage 5, pendant la procession de la fête des échassiers, est vraiment étonnante... Inattendue, aussi, comme ce jeu de petits tambours, dont les sons ressemblent à ceux du xylophone bala.
Le reste du disque est de qualité. Des adolescentes exécutent des rythmes de claquements de mains dune surprenante complexité. Sept joueurs de trompes (chacun ne produisant quune note) jouent en polyphonie, soutenus et complétés par des voix.
Dans la société mandingue la musique et les griots ont une telle importance, quon chante les louanges des anciens griots, comme ici lune des soeurs de Mory Kanté qui chante léloge de sa famille et de son père. Un peu comme si chez nous lon chantait des apologies de Brassens ou de Ferre.
Une rareté historique : lénorme xylophone bala du roi Soumaoro Kanté (datant des événements de lEpopée Mandingue), est un instrument précieux auquel on attribue des pouvoirs surnaturels, qui ne peut être joué que la nuit, et par son seul dépositaire... Comme Ocora sétait ouverte à des musiques plus proches de nous (partie des musiques africaines et orientales, cette collection sest ouverte aux musiques européennes puis françaises), elle souvre aussi à dautres personnes que les ethnomusicologues. Ce disque, qui est une sélection faite parmi les enregistrements effectués par Les Films du Village, paraît au premier abord un peu fourre-tout, sans idée directrice : mais il exprime fort bien lesprit traditionnel dans cette région de lAfrique, et montre la grande diversité et la haute qualité des musiques dAfrique Noire. Polyphonies et rythmes ne manquent jamais de surprendre lauditeur.
Livret français, anglais, allemand. Texte de Daniela Langer.
Chez les Dan de Côte-dIvoire, la sortie des masques est accompagnée par une multitude dinstruments de musique dont une majorité de percussions qui rythment la danse. Les masques sont considérés comme des êtres surnaturels. Ils ne parlent pas et ne chantent pas avec une voix humaine. Ils sont incarnés par des hommes ; ceux-ci doivent donc changer leur voix en celle dun être surnaturel. Les Dan utilisent trois techniques : ils déforment leur voix, ils parlent dans des instruments qui modifient le timbre de leur voix, enfin ils substituent à la voix humaine des instruments sonores cachés aux non-initiés. Ce disque se présente avant tout comme un intéressant document ethnographique avec une notice très bien documentée.
Les enregistrements ont été effectués par Vincent Dehoux pour les plages 1 à 11 et par Jacques Gomila pour les plages 12 à 15. On retrouve sur ce disque plusieurs chants traditionnels accompagnés par des instruments de percussion. Sur la plage 2 par exemple, on peut écouter un exemple dutilisation particulière du tama qui imite la vocalisation dun chant peul (cela peut paraître étrange lorsquon sait que le tama est un tambour). Le disque est constitué par une majorité denregistrement de musiques de danse rythmées par le son des tambours.
Au fil de ses productions Playa Sounds nous offre de grandes cartes postales où lexotisme semble être une de ses priorités. Dans Balafons et tambours dAfrique le parcours se fait à travers le Cameroun, la Guinée, le Sahara, la Tanzanie et le Togo... Beaucoup de danses, de musiques de fête avec une prise de son un peu lointaine (due à la difficulté de placer les micros au cours de telles manifestations). Ces CD nous font découvrir des rythmes qui aujourdhui influencent beaucoup de créations européennes.
Ce disque rassemble des enregistrements réalisés dans la médina de Dakar auprès démigrés diola. Cette population est originaire du sud du Sénégal, plus précisément de basse Casamance. Selon plusieurs critiques, et notamment Laurent Aubert dans Musiques traditionnelles, guide du disque, " ce disque ne donne hélas quune idée très partielle " de la musique de cette ethnie même si " les techniques instrumentales des tambourinaires sont dignes déloges ". Plage 1 : Cérémonie de mariages (percussions des Diolas), 1530 mn. Plage 2 : Le mil pilé, 204 mn. Plage 3 : La lutte sénégalaise, 3230 mn. Les commentaires du livret sont en français et anglais.
Nombreux sont ceux qui pensent que les labels réputés de musique traditionnelle ne produisent que des merveilles mais ça nest pas toujours le cas. Ce disque, sélectionné au départ pour agrémenter la discographie de ce dossier fait lobjet dune critique assez virulente de la part dAlain Swietlik, ancien critique de Télérama. Il est particulièrement intéressant de lire les remarques que peut faire un professionnel sur ce genre de phonogramme, cest pourquoi ce disque est resté dans la présente sélection. " Un certain Jacques Bisceglia sest trouvé à Bobo Dioulasso, dans louest du Burkina Faso, et a enregistré ce quil a pu trouver comme joueurs de tambours, cest à dire quil a enregistré tout à fait au hasard, sans but et sans idées, un spectacle en intérieur. On entend tambours, xylophone, vielle à archet, chants, et parfois cloches et hochets. On ne saura jamais de quoi il sagissait, puisque les plages sintitulent " Danse n°1, Danse n°2, Danse n°3 ", et ainsi de suite. Seule la plage 5 porte un titre : Danse du mangeur de feu ! On aurait pu faire un effort et intituler les autres : Danse du chasseur de lions, Danse au bouclier, Danse du fakir, Danse du marabout, etc.
Les joueurs de tambours sont dun niveau honnête, mais le joueur de xylophone est vraiment un amateur.
Souffle important, bruits de micros, prise de son ou de trop près ou de trop loin, très mauvaise technique denregistrement, indigne dun vacancier. A une époque où presque toutes les marques publient des enregistrements musicalement et techniquement de qualité, il faut un sacré culot commercial ou une fière inconscience médiatique pour oser publier de tels enregistrements. Scandaleux !
Livret : très brève note en français et anglais ".
Critique dAlain Swietlik ; obtenue lors dune correspondance en décembre 1997.
Les Africains, assaillis par les tentations de lOccident, rêveurs devant le phénomène du " show-business " et le succès facile que leur accorde un public non informé, se laissent presque tous piéger par lindustrie médiatique et finissent par détruire malgré eux, les musiques qui font loriginalité de leur peuple... La musique des frères Coulibaly est une très heureuse surprise : totalement absente de la démagogie que peuvent utiliser certains autant vis-à-vis des Européens que des Africains. Comme dit Laurent Aubert dans sa préface, " leurs improvisations les plus imaginatives respectent toujours les règles dun langage musical cohérent, forgé au fil des siècles par des générations de griots ".
La musique des frères Coulibaly nest pas exactement celle quon pourrait appeler " authentique " et " strictement traditionnelle ", puisquelle nest pas celle quon joue dans des circonstances socio-religieuses habituelles : il sagit de musique et de champ composés par Souleyman Coulibaly, chef du groupe et aîné du trio, ou de ses deux frères cadets (jumeaux) Ousséni et Lassina. Mais ces compositions sont strictement dans la lignée et dans le style de la musique traditionnelle de cette région de lAfrique, si ce nest celle du peuple Bwa auquel ils appartiennent. Anka Dia signifie " lentente " et est le titre de lune des pièces. A laudition du CD on ne peut que remarquer, en effet, la magnifique entente de ces trois frères musiciens. Fils de griots et griots eux-mêmes, les trois frères Coulibaly font une musique qui appartient très profondément à leur peuple, ou peut-être même à la plupart des peuples de lAfrique occidentale. Il faut espérer quils continueront dans cette voie à la fois solide et pleine davenir.
Les instruments quils utilisent sont la harpe arquée ngoni, munie de bruiteurs à son extrémité, harpe quon a dailleurs rarement entendue aussi bien jouée, et le xylophone bala muni de résonateurs en calebasse comportant des mirlitons (petites membranes vibrantes placées sur des ouvertures pratiquées dans la paroi des calebasses ; elles sont le plus souvent faites de toiles daraignées, appliquées en plusieurs épaisseurs). Les bruiteurs de la harpe et les mirlitons du xylophone sont destinés à " masquer " les sons réels des deux instruments. Les percussions utilisées sont le tambour djembé, le tambour à tension variable (" tambour parleur ") lounga, le tambour cylindrique kenkeni et la timbale bara. Tous ces instruments sont joués par les frères Coulibaly avec beaucoup de science et de brio, particulièrement le bala. Les tambours sont eux aussi superbement joués. Presque toutes les pièces sont remarquables pour leur style et pour leurs rythmes. On remarquera aussi à certains endroits la curieuse association des sonorités de la harpe, du xylophone et du djembé. Les chants évoquent la condition des musiciens, et celle des gens du Burkina Faso, privés de ceux qui sexpatrient pour donner ailleurs les fruits de leur compétences.
Livret français et anglais, de Laurent Aubert et Astrid Sangaré. Textes originaux des chants et traduction.
Le disque saccompagne dun livret en anglais et en français.
Dans la série instrumentale du label Arion, voici sans doute une des meilleures productions. Les enregistrements proviennent du Burkina-Faso où ils ont été réalisés par Patrick Kersalé auprès de cinq ethnies : Siamou, Birifor, Gan, Dagara, Lobi et Dian. Le balafon est un instrument important dans un certain nombre de cérémonies rituelles telles que funérailles, mariages, circoncisions, fêtes liées au calendrier agraire, cérémonies dédiées aux fétiches, etc. Cest un parcours à travers ces musiques fonctionnelles et cette diversité culturelle que nous propose ce CD. Les balafons sonnent magnifiquement ; ils sont de factures différentes à chaque fois, joués tantôt en duo, tantôt en solo, les rythmes étant en général soutenus par diverses percussions. Le livret est très complet, avec des textes détaillés et des photos dinstruments. Les textes, les photos du livret ainsi que lenregistrement ont été réalisés par Patrick Kersalé. On peut citer également Sénégal. Kora, balafon, guitare, percussions et chants. ARN 64163 réalisé par Gérard Krémer.
" Ce disque est à la fois une merveille et une escroquerie. Merveille puisquil sagit de la réédition en ce qui concerne les treize premières plages du disque enregistré et édité par Gilbert Rouget, il y a déjà de nombreuses années sous le titre " Musique dAfrique Occidentale " chez Vogue, dans la collection du Musée de lHomme. Escroquerie, puisque les neuf dernières plages sont consacrées à un piètre groupe folklorique anonyme (pudiquement appelé sur la pochette " and others "), sans bien entendu, que lauteur du disque, Gilbert Rouget, soit au courant de cette réédition pirate. Les musiques enregistrées par Rouget sont par contre dune grande beauté, quil sagisse des xylophones des Malinkés ou des musiques rituelles ou plus intimistes des Baoulés de Côte-dIvoire. Les excellents textes qui accompagnaient lédition originale sont bien évidemment passés aux profits et pertes ". Henri Lecomte dans Ecouter Voir.
On trouvera dans LOfficiel du Disque 1996/97, Novalis, les références suivantes : Rhythmen der Malinke 1995 MSI (Media System Intern.). Ce disque est cité à titre informatif ; aucune information supplémentaire na pu être trouvée mais le document est accompagné dun livret bilingue (allemand, français) de 76 pages réalisé par Johannes Beer ; il est dit excellent. Enfin, on retrouve sur ce disque le tambourinaire Konate Famoudou déjà présent dans les enregistrements de Mamady Keïta.
Playa Sound a pris lexcellente initiative de réunir des enregistrements de différents CD déjà parus pour offrir au public une compilation des meilleurs morceaux de percussions, instruments que lon trouve aussi bien dans les Iles Salomon, le Brésil, le Sri-Lanka, la Polynésie, ou le continent noir. Après les percussions de lAfrique de louest, lauditeur pourra se tourner vers dautres continents et découvrir dautres instruments.
BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE
Afrique, Formes sonores , sous la direction de Marie-Thérèse Brincard, catalogue dexposition du Musée national des Arts Africains et Océaniens (exposition dinstruments de musique du 7 février au 2 avril 1990), Editions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1990.
La majorité des photos dinstruments qui illustre ce dossier est tirée de ce catalogue dexposition. On a donc un léger aperçu de ce que propose cet ouvrage. Les photos sont toutes très belles et certaines sont en couleur. Elles rendent parfaitement compte de lénorme travail des sculpteurs et de leur agilité à travailler le bois. Certaines percussions photographiées sont de véritables oeuvres dart et peuvent être observées au Musée de lHomme à Paris. Toutes les photos sont accompagnées dune notice qui présente linstrument et qui explique dans quel contexte il est utilisé.
AUBERT, Laurent, Musiques traditionnelles-Guide du disque, Le Monde de la Musique, Georg, Genève, avril 1991.
Difficile de faire la critique dun ouvrage qui se présente lui-même comme une compilation de critiques. Ce livre est composé essentiellement de commentaires critiques et il se présente comme une introduction aux musiques traditionnelles par le disque. Laurent Aubert a sélectionné environ 500 références de disques (accompagnées de compte rendus écrits par lauteur pour Le Monde de la Musique entre 1985 et 1991) auxquelles sajoute une vingtaine de références de livres (eux aussi critiqués). Outre le contenu critique des notices, lauteur donne quelques références discographiques complémentaires ainsi que des explications concernant les différents contextes musicaux. Les disques présentés sont regroupés en dix-huit parties qui correspondent aux différentes zones géo-culturelles ce qui permettent au lecteur de sy retrouver. Vu la variété des cultures musicales, on peut douter que la carte des productions musicales traditionnelles puisse être dessinée un jour. Mais, à lépoque, cest la première fois que paraît en français un tel ouvrage sur les musiques traditionnelles et il est à lire comme une préparation à lécoute de ces musiques.
AZOULAY, Eliane, Musiques du monde, Bayard (collection Guide pratique), Paris, 1997.
Louvrage aborde plutôt le domaine de la World Music que celui de la musique strictement traditionnelle ; ainsi, on ne trouvera aucun renseignement sur Adama Drame par exemple. Sa structure suit un découpage par continents : Afrique, Amérique, Monde Arabe, Asie, Europe, Océanie ; il contient également une bibliographie sélective et un index. Eliane Azoulay dresse le portrait dune soixantaine dartistes et donne les références de plus de deux cents disques.
BEBEY, Francis, Musique de lAfrique, préface de A. Martel, Horizons de France, Paris, 1969 (louvrage est accompagné dun disque 33T).
Même si cet ouvrage est assez âgé, il nen est pas moins passionnant. Tout dabord, il contient une iconographie riche et variée ; toutes les photos sont en noir et blanc et cela confère à louvrage un certain charme. Le contenu est à la fois ludique, spécialisé et technique ; il est une mine dinformations nécessaires à la compréhension des musiques de lAfrique Noire. De plus, louvrage est accompagné dun disque 33T, véritable document ethnomusicologique, qui ne manquera pas de charmer les nostalgiques du vinyle. Ce document nest hélas plus disponible ; à acheter sans hésiter chez un bouquiniste.
BLANC, Serge, Percussions Africaines, le tambour djembe, Hexamusic, Epone (France), 1993.
Cet ouvrage est cité à titre informatif ; la référence provient dun site Internet (Djembe on line) et il a été impossible de le retrouver sur les bases bibliographiques (Electre, catalogue de la BN).
BRANDILY, Monique, Introduction aux musiques africaines, Cité de la musique / Actes Sud, Arles, 1997 (un CD accompagne louvrage).
Ce document fait partie de toute une série créée par la cité de la musique et les éditions Actes Sud, série de livres-disques sur les musiques traditionnelles du monde entier : La Musique arabo-andalouse, Flamenco, Musiques traditionnelles du Japon, Musiques dEgypte, Musiques de Bali à Java, Musiques caraïbes, Les Tsiganes de Hongrie et leur musique, Voix du Portugal, Chants et danses de lAtlas (Maroc), Musiques liturgiques juives...
Introduction aux musiques africaines essaie de faire une synthèse des différents genres musicaux présents en Afrique ; louvrage présente les caractéristiques fondamentales des musiques traditionnelles africaines, les différents statuts que peut avoir un musicien, les instruments de musique regroupés par famille, les grandes aires musicales... Il est complété par une bibliographie conséquente, une discographie plutôt succincte. Mais lun des atouts de ce livre (comme tous ceux de la série dailleurs) est quil contient un CD avec 25 extraits musicaux commentés à la fin de louvrage ; ainsi le lecteur se retrouve avec un guide découte qui accompagne les propos de lauteur (guide par ailleurs indispensable, certains commentaires étant vraiment très pointus).
CAMARA, Sory, Gens de la parole-Essai sur la condition et le rôle des griots dans la société malinké, réédition revue et corrigée, Karthala (Agence de coopération culturelle et technique), Paris, 1992 (première édition Mouton, 1975). Lauteur fait une description très complète sur ceux quils nomment " les porte-parole des puissants, les messagers des gouvernants, témoins de tous les contrats aussi bien quarbitres des conflits sociaux et familiaux ". Cet ouvrage na pas été apprécié par tout le monde comme en témoignent les affirmations dAdama Drame dans son livre Etre griot et musicien aujourdhui.
DRAME, Adama, SENN-BOLOZ, Arlette, Etre griot et musicien aujourdhui, LHarmattan, Paris, 1992. Adama Dramé conte ici sa vie de la façon la plus simple possible : la vie dun fils de griot né à Nouma et qui est devenu aujourdhui un des percussionnistes les plus réputés de la scène internationale. Ce livre est un véritable témoignage, un témoignage riche en informations sur lAfrique occidentale et sur la tradition musicale mandingue, un témoignage sur la condition du musicien. Les paroles dAdama ont été patiemment recueillies puis transcrites par Arlette Senn-Boloz qui apporte quelques commentaires discrets. Adama Dramé ny va pas de main morte et règle ses comptes avec certaines personnes : ainsi il parle de Sory Camara et de son " bouquin diffamatoire (...) minimisant ", des " historiens et autres diplômés ". " Les gens qui écrivent ces bouquins, là, ce qui les intéresse, cest de faire une belle théorie, un beau système, pour lEurope, une fois de plus ". La liste de ceux auxquels il sadresse est longue. Mais il nous apporte également une mine dinformation sur la musique traditionnelle, musique à laquelle va sa prédilection : " Il y a quelque chose de sérieux, quand le musicien joue de la musique traditionnelle. On le reconnaît sur le visage du musicien " ; il affirme également que " la musique traditionnelle se régénère, elle évolue, elle est vivante ". Dans lépilogue, Arlette Senn-Boloz sattarde sur limportance quAdama Drame accorde à la notion de tradition, tradition dont ce livre est lhommage.
Encyclopedia of Percussion, éditée par John H. Beck, Garland Publishing Inc., Hamden, 1995. Cest louvrage le plus récent qui vient sajouter à la liste des documents concernant les percussions. Même si il est très pointu, il est également une source dinformations considérables qui contient un grand nombre darticles, de dessins, un index des instruments, et énormément de photos.
KABA, Mamadi, Anthologie de chants mandingues, Côte-dIvoire, Guinée, Mali, LHarmattan, Paris, 1996. Ce livre est une sélection de chants maliens, guinéens ou ivoiriens qui ont une origine préislamique, islamique ou coloniale et qui " répondent parfois à une tendance politique qui annonce le temps de lindépendance ". Ces différents textes sont de véritables poèmes ; le plus souvent, ils témoignent dévénements historiques ou sont des hommages aux grands personnages de lhistoire et à la multitude des dieux qui régissent la vie quotidienne.
LANNOY, Michel de, Linstrument, facteur et marqueur de lidentité culturelle chez les Sénoufos de Côte-dIvoire, Vibrations-Les musiques populaires, 2, Privat, 1986. Ce document est une explication concernant la place que peuvent prendre les instruments de musique dans la vie quotidienne dune ethnie africaine.
The New Grove Dictionary of Musical Instruments, par Stanley Sadie en complément du New Grove Dictionary of Music and Musicians, Macmillan Press Limited, Londres / Groves Dictionaries of Music Inc., New York, NY, 1984. Cet ouvrage est destiné principalement aux anglophones. Il est indispensable pour les professionnels mais aussi pour les amateurs de musique ; il contient une mine dinformations sur tous les instruments du monde entier, la façon dont ils sont conçus, la façon dont ils se pratiquent, les différents contextes dans lesquelles ils peuvent être utilisés... Le New Growe est composé de trois volumes de plus de huit cents pages chacun et propose plus de dix mille entrées.
NIANE, Djibril Tamsir, Soundjata ou lépopée mandingue, Présence Africaine, Saint-Amand (Cher), 1994 (première édition 1971). Djibril Tamsir Niane est un éminent historien dAfrique Noire qui sest consacré à létude de la civilisation noire et à des recherches dans le domaine des sciences sociales. Ici, sous la forme dune fresque épique et très poétique, il nous raconte, tel un griot, lincroyable histoire de " lAncêtre du grand Manding, celui qui, par ses exploits, surpassa Alexandre, lhistoire du fils du Buffle, du fils du Lion : Soundjata, lhomme aux noms multiples contre qui les sortilèges nont rien pu ". Lauteur a également publié chez Présence Africaine Histoire de lAfrique occidentale et Le Soudan occidental au temps des grands empires.
ROUGET, Gilbert, La Musique et la transe-Esquisse dune théorie générale des relations de la musique et de la possession, préface de Michel Leiris, Gallimard, Paris, 1990 (première édition Gallimard, 1980). Ici encore, la musique est envisagée dans un contexte strictement socio-culturel. Selon Gilbert Rouget lui-même, " ce livre est un livre dethnologie, ou plus exactement dethnomusicologie ". La musique est abordée sous laspect des instruments, sous laspect de ses pratiques, de sa symbolique et des différents exécutants. Lauteur confirme une nouvelle fois la place essentielle que tient la musique dans la vie quotidienne de différentes sociétés.
ROUGET, Gilbert, Un roi africain et sa musique de cour-Chants et danses du palais à Porto-Novo sous le règne de Gbèfa (1948-1976), 2 CD encartés, CNRS éditions, Paris, 1996. Très beau livre, véritable album, de ce chercheur réputé : une iconographie magnifique et abondante et surtout deux disques passionnants ; le fait dajouter des phonogrammes aux livres de littérature musicale est de plus en plus fréquent et très appréciable. Cet ouvrage est une véritable étude ethnomusicologique avec la description de différentes cérémonies, une transcription des chants et des explications très complètes qui concernent les traditions musicales. VANDERICHET, Jean-Paul, Les instruments de percussion, Presse Universitaire de France, 1977, avec la collaboration des Percussions de Strasbourg, (Que sais-je ? ; 1691). Cet ouvrage très âgé sadresse plutôt à des personnes averties. Il est assez technique mais présente les différents instruments par famille (idiophones, membranophones...) ; les explications sont très complètes et englobent laspect technique et laspect historique. La partie concernant les percussions traditionnelles est relativement intéressante.
ZEMP, Hugo, Musique dan-La musique dans la pensée et la vie sociale dune société africaine, Cahiers de lHomme XI, Mouton, Paris, 1971.
Louvrage comprend une bibliographie, une discographie et des cartes. Après un inventaire descriptif minutieux des instruments, lauteur passe en revue " les conceptions relatives à la musique ", et surtout les concepts sur lesquels sarticule la pensée des Dan relativement à leur musique. Puis il se penche sur les fonctions de la musique et du musicien dans le contexte social, traditionnel, avec tout ce que la transformation du milieu socio-culturel dans un pays en pleine mutation peut avoir comme répercussions sur lévolution dune culture.
On consultera également la revue Ecouter Voir n°4, juillet 1990, qui consacre un dossier aux musiques africaines ; avec une présentation de la géographie musicale de lAfrique sub-saharienne, des instruments de musique, une réflexion sur lavenir des musiques rurales et une discographie de 300 références. On peut regretter labsence dune bibliographie.
A consulter l Ecouter Voir n°48, décembre 1995, revue dans laquelle on trouvera un article de Henri Lecomte sur les labels européens de musique traditionnelle. Les plus célèbres sont présentés par lauteur comme : Auvidis/Ethnic, Buda/Musique du Monde, Ocora, FontiMusicali, Playasound, Arion...
De nombreuses revues peuvent apporter des informations sur la musique traditionnelle et particulièrement au niveau de la production : - Diapason (revue essentiellement classique mais qui critique également des disques de musique traditionnelle) ; - Le Monde de la Musique (idem) ; - Ecouter Voir (qui consacre une partie de sa discographie aux traditions nationales) ; - Trad Magazine (la seule revue consacrée à la musique traditionnelle à parution bimestrielle). PETITE FILMOGRAPHIE DJEMBEFOLA, documentaire français réalisé par Laurent Chevalier et Pierre Marcault, 1991. Le retour de Mamady Keïta. Laurent Chevalier a rencontré Mamady Keïta en Belgique après lavoir écouté dans un de ses concerts. Le réalisateur et opérateur de la Transantartica, qui a collaboré à la prise de vues de différents longs métrages avec René Allio sur Retour à Marseille, Jean-Jacques Beinex sur Diva, Ylmaz Guney sur Le mur, décida de remonter à la source du djembe et de partir seul en Guinée rencontrer ceux qui avaient connu celui qui allait devenir lun des plus grand tambourinaire. Ce documentaire a reçu le Prix Planète Cable décerné par le public à la Biennale du documentaire à Marseille, le Prix du public au Festival de Namur en septembre 91 et le Grand Prix du Documentaire au festival dAmiens en novembre 91. (Pour plus dinformations, voir larticle dEliane Azoulay page suivante). Sortie des novices de Sakpata (Dahomey), réalisé par Gilbert Rouget en 1963 ; 18 minutes. Batteries dogon. Eléments pour une étude des rythmes, réalisé par Gilbert Rouget en 1964 ; 25 minutes. Danses des reines dans lancien royaume de Porto-Novo, réalisé par Gilbert Rouget en 1974 ; 35 minutes. Ces trois documentaire ont été tournés en 16 mm, en couleurs et son synchrone. Ils ont été réalisés en collaboration avec Jean Rouch et produits par le Comité du Film Ethnographique (à Paris au Musée de lHomme). LES SITES INTERNET
Il est bien sur impossible de faire une liste exhaustive de tous les sites concernant la musique et présents sur le Web. Il a donc été nécessaire de faire une sélection importante. Voici une liste dadresses de sites plus ou moins intéressants et quelques pages de présentation pour que lon puisse avoir une idée de ce qui est mis à notre disposition.
Tout dabord, il faut savoir quil existe un serveur uniquement consacré à lAfrique Woya.com ; il est indispensable pour toute personne désirant faire des recherches sur lAfrique. En effet, il propose une multitude dentrées, de lhistoire à la musique en passant par léconomie ou la géographie. Dans la rubrique qui concerne la musique, une liste de thèmes nous est proposée, une liste de différents liens vers dautres sites... Difficile de ne pas sy perdre ! On peut également faire des recherches par auteurs, par titres, par genres...
- www.arkham.be/pragma/djembe Ce site est entièrement consacré au djembe et propose toute une série de liens vers des sites axés sur la percussion mais aussi sur des artistes ou encore vers des bibliographies et des discographies. Il est agrémenté par une iconographie abondante, un système audio qui permet à lutilisateur découter les différents sons que peut produire linstrument. Enfin, on a la possibilité de consulter le site DjembInfo qui nous fournit des renseignements sur lactualité en rapport avec linstrument (festivals, dernières parutions de disques et de livres...).
A partir de nimporte quel serveur, on peut taper le nom de certains labels de musique traditionnelle et aboutir ainsi aux sites concernant ces derniers (lorsquils existent). On peut donc consulter les sites de Buda/Musique du Monde, Auvidis, Occora...
- www.budamusique.com Le site de Buda Musique est particulièrement agréable ; on a accès aux pochettes des disques, à un commentaire critique en anglais et en français, on peut également écouter des extraits du phonogramme. Le site propose également des liens sur les pays concernés.
- AfricArt web site ; www.ina.fr/CP/AfricArt/100CD/CD/006.html Ce site est en fait une introduction aux musiques africaines par lintermédiaire dune sélection de 100 CD. Il présente les pochettes des albums (que lon peut agrandir en cliquant dessus), propose un commentaire critique en anglais et en français sur le disque ainsi quune série de liens sur le style musical, les instruments et le genre de musique (la différence est faite entre le style et le genre).
- All-MusicGuide ; www.allmusic.com Ce site est consacré à des références de disques. Il est possible de faire des recherches par nom dartiste, par titre dalbum, par titre de chanson, par style de musique, par label. Pour certains disques, lorsque la recherche a abouti, les renseignements peuvent être plus ou moins importants : le genre et le style de musique, le label du disque, une discographie de lartiste, une discographie des disques auxquels lartiste a participé, une critique agrémentée parfois de la pochette, la distribution des musiciens, les titres des plages, enfin les références commerciales. Il est rare que tous ces renseignements soient disponibles en même temps ; dommage, car les notices nen seraient que plus utiles. Il faut cependant reconnaître que ce site est en pleine évolution et que du jour au lendemain, de nouvelles informations peuvent être disponibles.
- Alapage ; www.alapage.tm.fr Ce site est exactement lidentique de celui de Novalis. Il présente également des disques (mais aussi des livres et des CD-Rom) avec la pochette pour certains, propose un petit commentaire critique, donne le titre, le nom de lartiste, les références commerciales, les titres des plages avec leur durée et on a la possibilité de commander le document. Le côté intéressant est que lon peut voir le recto et le verso des pochettes des disques.
- Le Guide de la Musique on line Après lédition papier est apparue sur le web son équivalent avec tous les avantages que procurent les réseaux. Ce site est assez considérable ; il aborde tous les domaines en rapport avec la musique, propose des liens vers une multitude de sites ; on découvre ainsi quil existe une encyclopédie de la musique africaine, ou encore que des artistes possèdent leur propre site comme Mamady Keïta par exemple. Les discographies sont abondantes, les adresses dorganismes musicaux, les bibliographies également et il est possible pour lusager dapporter ses propres commentaires (comme dans une grande partie de sites en rapport avec la musique).
- Mamady Keïta - Homepage officielle Lartiste a constitué une véritable biographie pour le web. Toute sa carrière est évoquée par du texte mais aussi par des photos, des extraits musicaux, des coupures de presse et une discographie. Il nous invite également à consulter les sites quil privilégie. www.arkham.be/pragma/djembe/Mamady
METHODOLOGIE Elaborer un tel dossier, sur un domaine aussi vaste que celui des percussions, même si celui-ci se limite aux instruments de lAfrique de louest, est loin dêtre une chose facile. Tout dabord, il y a la peur de ne pas pouvoir cerner tous les aspects de la question ; en effet, le nombre dinstruments dans cette région dAfrique est tellement important quil est impossible de les recenser en totalité.
Pour ce qui est des enregistrements de cette musique traditionnelle, la production est importante mais la majorité de la collection de phonogrammes est constituée par des vinyles. Une grande partie des enregistrements a été réalisée dans les années 50, 60 et 70 au moment ou les musicologues ont commencé à accorder un grand intérêt aux musiques de lAfrique. Si certains de ces enregistrements ont été réédités en CD, il faut reconnaître que beaucoup sont restés sous la forme du microsillon et quavoir accès à de tels documents nest pas évident ; on peut cependant se rendre dans des structures comme celle de la Discothèque des Halles ou celle de la discothèque de Radio-France (pour cette dernière on est sur de trouver lintégralité des enregistrements réalisés par Ocora et le reste de la collection de vinyles est vraiment impressionnante). Mais dans ce genre détablissement, il faudra se contenter dune consultation sur place et il convient de rappeler que la discothèque de Radio-France, même si elle est accessible au public, est essentiellement réservée aux professionnels de la radio et de la télévision. Il reste bien entendu les disquaires, principalement sur Paris ; on y trouve parfois loiseau rare et on nhésitera pas à acheter des documents comme Ballets populaires de la Côte-dIvoire (Chant du Monde, LDX 74621) ou encore Musique dAfrique occidentale (Vogue, LVLX 193), documents qui aujourdhui ont une certaine valeur (en vinyle bien entendu).
Mais avant de se consacrer aux enregistrements et à la sélection discographique, il a dabord fallu se renseigner sur les différentes traditions musicales de cette partie de lAfrique, sur le mode de vie des différentes ethnies et sur les instruments de percussion caractéristiques de ces dernières.
Tout dabord il a été nécessaire de consulter des ouvrages de références comme : - lEncyclopaedia Universalis qui propose un article très intéressant, intitulé Traditions Musicales, Musique dAfrique noire par lintermédiaire duquel jai obtenu quelques pistes ; - mais aussi des ouvrages directement en rapport avec la musique comme Les instruments de musique du monde entier (chez Albin Michel) ou encore Les instruments de musique dans le monde (Tranchefort chez Seuil-Points).
Un épluchage méthodique de la presse musicale ma permis de trouver des renseignements sur certains enregistrements, des musiciens, ou encore des musicologues...
Par ailleurs, intervenant pour nos cours de musique traditionnelle, Mr. Luc Charles Dominique a eu lamabilité de me communiquer quelques adresses utiles, dautres ont été trouvées dans différents ouvrages :
- Ateliers dethnomusicologie Laurent Aubert Case postale 318-CH-1211 Genève 25
- Gilbert Rouget 1 rue des Deux Ponts 75004 Paris
- Alain Swietlik 5 rue Gustave Bouffet 60410 Verberie
- Centre National de la Recherche Scientifique Equipe de recherche n°165 : " Etudes dethnomusicologie " Département dethnomusicologie Musée de lHomme Palais de Chaillot 75116 Paris
- Centre de ressources de la Cité de la Musique 221, avenue Jean Jaurès 75019 Paris
- Centre dInformation des musiques traditionnelles 21 bis, rue de Paradis 75010 Paris.
Toutes ces personnes ont eu la gentillesse de me répondre et leur aide ma été précieuse ; pour la plupart, ils mont envoyé des bibliographies et/ou des discographies ainsi que quelques commentaires critiques sur tel ou tel document.
Mais je dois reconnaître que cest pendant mon déplacement à Paris que jai pu glaner un maximum dinformations. Jai eu notamment accès aux archives de Radio-France et plus précisément à des documents dethnomusicologie assez anciens et surtout indisponibles sur le marché comme par exemple :
- Sur les xylophones équiheptaphoniques des Malinké, Revue de Musicologie, 1969, LV, n°1, p. 47-77, article de Gilbert Rouget ;
- Instruments de musique de lAfrique Occidentale, Bull. De la Soc. Royale belge dAnthropologie et de Préhistoire, 1968, p. 41-66, article de Knops, R.P.P. ;
- La musique traditionnelle en Côte-dIvoire, Balafon n°46, janvier 1980, article de Francis Bebey.
Ces trois références sont citées à titre dexemple car beaucoup plus douvrages du même type étaient à ma disposition. Il faut cependant se méfier car certains sont complètement obsolètes. Enfin, toutes les monographies citées dans la bibliographie mont apporté une certaine quantité dinformations pour lélaboration de ce dossier.
Pour tout ce qui concerne la discographie, mes recherches se sont faites de différentes façons. Je me suis dabord rendu chez les différents distributeurs pour avoir une idée de ce qui était proposé au public. Jai également consulté les outils discographiques mis à la disposition des discothécaires comme Diapason (dans la partie consacrée aux musiques traditionnelles), le Guide du compact disc, Lofficiel du disque Novalis... Après avoir relevé plusieurs références, cest dans des établissements publics et principalement à Paris que jai pu avoir accès aux documents et procéder à des écoutes. Jai également contacté plusieurs labels spécialisés dans la musique traditionnelle et ces derniers mont fait parvenir leur catalogue de production.
188, boulevard Voltaire 75011 Paris
- Playasound Production Sunset-France 66 rue de lEst 92100 Boulogne |