Petits et grands effets de la Coupe du Monde

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PETITS ET GRANDS EFFETS DE LA
COUPE DU MONDE DANS LE 18e
Pages officielles réalisées en partenariat par l'équipe officielle du 18e du mois, journal officiel d'informations mondiales .
• T-shirts
Des T-shirts frappés du logo "officiel" ou aux couleurs de tous les drapeaux des pays participants, il y en a partout : sur les boulevards, qu'ils soient Barbès, Clichy ou Rochechouart, et dans un tas de petites boutiques au cœur de la Goutte d'Or ou de Clignancourt. Mais à la boutique de sérigraphies-transferts du 92 rue des Martyrs, c'est plus classieux : des t-shirts en batik, couleurs pastel avec un simple et sobre ballon rond au milieu.
• Cartes postales
Dans les boutiques de souvenirs pour touristes des boulevards, entre deux sex-shops, sont apparues des cartes postales ( rondes bien sûr ) avec les photos de nos champions préférés, les " bleus " of course, soyons chauvins ! ( On n'y a pas vu Dugarry. Curieux...)
• Coiffeur
Les garçons coiffeurs du 46 rue Lepic se sont mis en kilt début juin pour travailler. A cause du match Brésil-Ecose qui ouvrait la Coupe du monde ? " Non, explique le patron, nous avons inauguré le kilt l'an dernier lors d'un match France-Ecosse de rugby, et nous avons trouvé ça très agréable, surtout par temps chaud. Peut-être, pendant le Mondial, nous mettrons-nous en short de foot..."
• Bars
Petits fanions de tous pays : les bars des boulevards sont décorés aux couleurs du Mondial. Au Chat noir, cela voisine et se superpose étrangement avec les affiches de Steinlein et de Toulouse-Lautrec. Mais le Carolus, au 130 boulevard de Clichy, et le Ciné, au 122 du même boulevard, font plus fort : un écran géant installé au fond de la salle et tous les matches retransmis en direct. Un grand panonceau devant le Carolus en fait la réclame.
Au Pacific, brasserie de l'avenue Ordener, rendez-vous aux accros du ballon rond : fanions déployés et murs ornés de caricatures des 22 de l'équipe de France. Footix est sagement dans son coin tandis que des affiches représentant toutes les équipes en jeu ceinturent le large bar en bois verni. Derrière ce bar, René, très cocardier, affirme sans ambages : " La France va gagner en finale, allez les bleus ! "
• Hôtels
L'hôtel Ibis Sacré-Cœur, 100 boulevard Rochechouart, a apposé ses tarifs en vitrine : Chambre pour une personne 380 F, pour deux 425 F, et pendant le Mondial, 475 F pour une personne, 530 F pour deux. Augmentation de prix normale, ils le font tous, mais Ibis le proclame comme un " plus ", une occasion à saisir !
L'hôtel le Flore, rue Lamarck, est nettement plus convivial : il affiche dans son hall, au fur et à mesure, tous les résultats et les Belges, les Hollandais, les Allemands qui remplissent l'hôtel ne se font pas faute de les consulter.
• Affiches
Toutes les affiches de la Coupe du monde en France, une pour chacune des villes qui accueillent les matches, sont en vente à la Baguette de bois, rue Lepic, 295 F encadrées. ( Certaines sont très très belles, par exemple celle de Nathalie Le Gall qui montre un stade vu de dessus, et qui fait penser à un tableau abstrait...)
• Brasil
Ambiance brésilienne au Divan du Monde : qui, du lundi au mercredi, à 20 h pendant tout le Mondial, ouvre une " Cafa do samba " avec musique et retransmission en direct des matches. Du jeudi au dimanche, ce sont à partir de 23 h 30 les " Noites do Brasil " pour danser la salsa jusqu'à l'aube.
• Fitness
Le patron du Club montmartrois, " centre de remise en forme " ( 50 rue Duhesme ) est un petit malin : il joue sur les deux tableaux dans sa publicité. Pour celles et ceux qui " préfèrent mouiller leur maillot plutôt que regarder les matches ", il organise pendant la Coupe cinq " soirées fitness anti foot " avec stretching, aérobic et autres pumps. Participation " symbolique " de 30 F. pour la bonne cause. Oui mais... le même Club montmartrois offre aux lendemains de chaque victoire ( éventuelle ) de l'équipe de France une réduction de 100 francs sur toutes ses inscriptions pour fêter ça dignement !
• Heureux !
Philippe, le patron de Télé-Bosna, un magasin de l'avenue de Saint-Ouen, est heureux et vive les retombées du Mondial ! " Beaucoup de familles m'ont acheté une télé, un deuxième poste pour éviter les scènes de ménage ...et des restaurants ou des bars m'ont également passé commande ". Les joueurs courent et pour lui, ça marche.
• Triste !
Pascal, du Video club de la Butte, rue Caulaincourt, est triste. Ses bons clients, au lieu de lui louer des cassettes de films, regardent le foot à la télé. Et ses bonnes clientes profitent de ce que les maris regardent les matches pour rattraper des lectures en retard. Les magnétoscopes chôment.
• Bien "équipés"
Maryvonne et Guy, du point de presse du bas de l'avenue de Saint-Ouen, ne voient pas grand monde l'après-midi, on regarde les matches. Mais le matin, affluence. Et que leur demande-t-on ? L'Équipe et encore l'Équipe et puis... l'Équipe.
La " Chope du Château Rouge " à l'heure de Brésil-Maroc
21 h, mardi 16 juin à la Chope du Château Rouge, rue de Clignancourt, au coup d'envoi de Brésil-Maroc : la salle est comble, les chaises tassées les unes contre les autres. Assis ou debout, débordant sur le trottoir, les consommateurs ont tous les yeux rivés sur la télé grand écran.
Un petit garçon entonne " Ronaldo, Bebeto, Rivaldo, Cafu...". Il est bien seul, tous les autres - jeunes, moins jeunes, gars et filles, blonds français et bruns maghrébins - tous sont résolument pour le Maroc. Hélas, un premier tir cadré de Ronaldo à la dixième minute... on admire mais on soupire. Et cela ne va pas s'arranger, un autre but brésilien en fin de la première mi-temps et encore un autre en début de seconde. Du côté marocain, rien, score final 3-0. Dur dur.
Entre temps, on a vibré, on a crié, on s'est levé d'un bloc comme au stade, on a poussé des youyous, on a hurlé " Hadji, Hadji ", on y a cru ( ou fait semblant ), finalement on s'est bien amusé et sans rancune, les brésiliens ! Et pendant deux fois 45 minutes, le patron débordé et son gamin de 14 ans, volontaire pour une rescousse d'un soir, n'ont pas cessé de circuler apportant cacahuètes et croque-monsieur et aussi chopes après chopes pour faire glisser. 23 h, c'est fini. On reste encore reste encore un peu, on commente les occases perdues, on se la joue un tantinet mauvaise foi :"Hadji avait un orteil cassé, le malheureux", c'est vrai mais, mais... on n'a pas été ridicule mais on n'a pas fait le poids. Allez, une dernière pour la route et on se rentre chez soi.
M.-P. L

Les orange du "Celtic" à la Chapelle
Rencontre Belgique-Pays Bas en lever de rideau du match... Pays Bas-Belgique, samedi 13 juin dans l'après-midi au Celtic, un bar de la porte de la Chapelle, à quelques encablures au sud du Stade de France, lieu de rendez-vous de supporteurs.
Agnès, Alex, Ghislain, venus spécialement de Belgique, regardent languissemment le match Corée du sud-Mexique à partir de 17 h 30 sur le grand écran, mais ne parlent que du match de ce soir ("bien sûr nous sommes pour la Belgique mais les Hollandais sont meilleurs que nous", soupirs). A 18 h, deux cars de Hollandais arrivent. Les "orange" envahissent littéralement l'établissement, prennent possession des lieux et entonnent leurs chants de victoire devant leurs demis. Engloutis les Belges.
"Nous sommes venus sans billet et nous sommes prêts à payer 1 000 F et plus pour voir Pays Bas-Belgique", racontent les supporters d'Overmars, Kluivert et Cocu. Ce n'est pas au Celtic qu'ils en obtiendront. Ils n'iront pas au stade mais... ils auront rencontré des Belges !
M.G.

En un clin d'œil
O
n avait commencé à oublier les mastards casqués qui quadrillaient la Goutte d'Or. Ils sont de retour.
B
eaucoup de commerçants du 18e ont fait assaut d'imagination : ils ont décoré vitrines et devantures avec des ballons de foot, des images de ballons de foot ou les fanions des nations participantes.
C
ontrairement aux Toulousains, les habitants de la Goutte d'Or, du quartier Amiraux-Simplon ou de certaines rues de la Chapelle ne devraient pas être surpris. Ils connaissent depuis longtemps déjà la prohibition de l'alcool. en soirée !
J. B.

Des Brésiliens au Sacré-Cœur
M
i-carnaval mi-procession, des musiciens, danseurs et danseuses brésiliens ont parcouru, dimanche 14 juin, les rues de Montmartre, depuis le restaurant " Bahia " de la rue Joseph de Maistre jusqu'au sommet de la Butte, en l'honneur de la Coupe du monde et du Sacré-Cœur réunis. Jetant de l'eau sur les marches, et portant des banderoles " Lavons le Sacré-Cœur ", selon une tradition religieuse de Bahia. Et demandant à Dieu qu'il assure la paix dans le monde, la paix dans la Coupe du monde, et la victoire de l'équipe du Brésil.

Temps variable devant l'écran du stade Bertrand Dauvin
Au stade Bertrand Dauvin, près de la Porte de Clignancourt, sur le terrain de foot , un écran géant retransmet tous les matches de la Coupe du monde. On entre par la rue du Lieutenant-colonel Dax. La police a posé des barrières le long du trottoir pour interdire le stationnement des voitures, après avoir enlevé celles qui s'y trouvaient.
Vendredi 12 juin, 250 personnes environ sont venues assister au premier match de l'équipe de France : en grande majorité des jeunes et des gamins des cités de la Porte Montmartre, et quelques parents. Beau temps, ciel sans nuages. En avant-première, tandis que le soir tombe lentement, un documentaire sur Paris, avec des chansons d'hier : " À Paris dans chaque faubourg ", " Les grands boulevards ", etc. Les gamins jouent au ballon et courent en criant dans tous les coins du terrain. Huit agents de police en calot surveillent ; l'un d'eux visiblement se retient de taper dans le ballon. À 8 h 45, l'image du stade de Marseille emplit l'écran.
Pas de commentateurs ici, pas de Thierry Rolland et Jean-Michel Larqué. En fond sonore, seulement l'immense clameur du stade-vélodrome, et c'est impressionnant. Beaucoup de spectateurs ont apporté leur chaise. On commente, on applaudit.
À un moment, on voit arriver dans la rue un groupe de jeunes en T-shirts orange : une trentaine de Hollandais, très jeunes, des collégiens sans doute. Les policiers se portent vers eux, engagent un conciliabule avec les adultes responsables de ce groupe : défense d'entrer. Les jeunes Hollandais repartent, la mine basse. Dans le stade on a suivi l'incident, et les commentaires sont contradictoires. " Quelle image de la France donne-t-on ! ", dit l'un. " Ils ont raison, pas de houligans ici ! ", dit un autre, péremptoire. " Comme les flics sont nerveux ! ", commente un troisième.
À la mi-temps, une partie des spectateurs s'éclipse. Ils vont voir la suite du match, explique l'un d'eux, sur le grand écran de Stalingrad. Ça n'empêchera pas l'enthousiasme, un peu plus tard, lorsque Thierry Henry marquera le deuxième but français : le jeune joueur antillais ( 20 ans ) a manifestement le cœur de ce public. Il fait nuit maintenant. En haut de la grande barre d'immeubles qui jouxte la rue, les enseignes lumineuses géantes rouge et bleue scintillent...
Les musiciens en garde à vue
En plus des matches, le samedi et le dimanche il y a des concerts : rap, reggae, ragga, rock... Tout ça fait beaucoup de bruit, et nombre d'habitants des immeubles d'en face sont furieux ( voir le courrier des lecteurs ).
Samedi 27 juin, 15 h, concert. 80 spectateurs environ. Il fait plutôt frais. Le groupe Verbal Kint Timba improvise sur un thème classique, rebattu, du rap : la haine de la police. " Clignancourt, Marcadet, Marx Dormoy, rue Boinod, il faut savoir qu'ici les flics nous saignent... Les BAC débarquent, t'embarquent, putain, on nique leur mère..." Mais justement, il y a là une patrouille des BAC ( brigades anti-criminalité ), et ils n'apprécient pas du tout, mettez-vous à leur place. Ils exigent des employés de la ville chargés de l'organisation qu'ils interrompent le concert, et trois musiciens du groupe, interpellés discrètement derrière la scène, sont conduits au commissariat et placés en garde à vue. Ils n'en sortiront que le dimanche, sur instructions des magistrats du Parquet à qui le dossier a été transmis...
R.M.

Coca fait des bulles aux Abbesses
Début juin, place des Abbesses comme dans de nombreux quartiers de Paris, Coca-Cola, l'un des principaux sponsors de la Coupe du monde de football, impose sa marque. Parasols, chaises et tables aux couleurs de la célèbre boisson gazeuse ornent de leur laideur la plupart des terrasses de café. Des guirlandes de fanions sont accrochées au-dessus de la place. Elles ne sont pas restées longtemps.
Quelques jours après leur installation, des mains anonymes ont coupé les amarres qui permettaient à Coca de flotter au-dessus de nos têtes. Un texte de revendication, photocopié à quelques exemplaires, était grossièrement scotché sur et autour de la place. Le ou les auteurs, sous le titre " Montmartre n'est pas soluble dans le Coca ", traitaient la boisson de " voyou en col blanc " et dénonçaient les commerçants comme étant les complices de cette publicité tapageuse. Le texte s'achevait ainsi : "...Les citoyens de Montmartre (qui) refusent que des intérêts privés prennent l'espace public en otage. " Personne n'ayant songé à remettre d'autres fanions, l'affaire semblait classée.
Mais quelques jours plus tard, un autre texte beaucoup plus long ( deux pages dactylographiées bien serrées ) était collé sur plusieurs murs du quartier. Signé M'Kef, le libelle intitulé " Au Montmartrois modernisé " s'ouvrait sur une citation de Rimbaud : "Oisive jeunesse À tout asservie." Dans le plus pur style situationniste, l'auteur dénonce la revendication de l'action anti-Coca : " D'autres actions semblent, au contraire, comme l'asthmatique cherche sa Ventoline, appeler la déclaration et la glose : c'est qu'elles ont le souffle court et veulent donner le change par les mots. Pour elles, la radicalité n'est, faute de mieux, qu'une affaire de rhétorique ." Ensuite M'Kef attaque avec virulence la spéculation immobilière et le nouvel habitant qui a chassé l'ancien : " Après les bourgeoises qui venaient s'encanailler et prendre du frisson dans les bras des mauvais garçons à la fin du XIXe siècle, le cadre a débarqué aux Abbesses, là où la police jadis n'osait s'aventurer, et a rendu apparentes les poutres des plafonds sous lesquels il passe si peu de temps, éternellement retenu dans son entreprise. " La fin attaque : " Le Montmartrois a baissé son pantalon lors des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse, NDLR) et s'est mis à quatre pattes devant les CRS : rien que de naturel s'il se fasse maintenant enculer par la longue bouteille - dont il ne saura, de toute manière, faire un cocktail Molotov. "
La dernière phrase de ce pamphlet évoque la pendaison des commerçants, des flics et des curés. Depuis, la mousse semble être retombée et Coca ne fait plus de bulles aux Abbesses.
S.G.

Millie, fan de foot
Une bougie sur laquelle est inscrite la devise de l'O.M. ( Olympique Marseille ) " Droit au but ", des pin's, un jeu de carte, des Post-it, le tout bleu et blanc ( toujours l'O.M. ), un vieux savon " Allez les Verts" ( St-Etienne ), un briquet avec le portrait de Platini, une boîte d'allumette de l'équipe de France, une boule à neige avec Footix...
Millie Marceau présente méthodiquement les objets de sa collection de fan de foot.
Née dans le centre de la France, supporteuse de l'O.M., même si ce jouet a été cassé il y a quatre ans avec l'affaire OM/VA ( Valenciennes ), cette jeune femme de 47 ans fête à sa manière la coupe du monde : le football n'est pas qu'une affaire de mecs. " Après OM/VA, j'étais écœurée... mais une belle action reste une belle action. J'aime le foot, je le regarde depuis que je suis petite, depuis le stade de Reims avec Kopa. "
Le "repas porte-chance"
Mais Millie ne se contente pas de rester devant sa télé. Sa participation au match est active, surtout quand l'équipe de France joue.
Elle prépare d'abord le " repas porte-chance " : taboulé et tarte au roquefort. Parce que, toutes les fois qu'elle l'a composé, la France a gagné ( " sauf contre le Brésil en 86..." ). Ensuite viennent les gri-gris qu'elle pose sur la télé. Il y a les trois poupées ( Waddle, Papin et Tigana ). Elle ajoute un verre de whisky quand c'est l'Arabie Saoudite qui joue, un guide de l'Euro pour les Danois ( " Ils sont contre l'Europe " ). " Si on était tombés sur l'Angleterre... j'aurais posé des cuisses de grenouilles et des escargots sur la télé..."
Lors du match contre l'Arabie Saoudite, Millie a installé un bouquet de fleurs rouges : " Le sang des communards était l'emblème de la France. "
Avant les matches, repérage dans le quartier Marx-Dormoy, il faut trouver des troquets sympas. Elle a suivi le match Cameroun-Italie à l'Oncle Sam, un restaurant camerounais. " Mais attention, quand la France joue, je ne vais pas dans les cafés " franchouillards ", c'est à la maison, avec les potes..." Plus les gri-gris sont ridicules, plus ça fait rire les copains. " La dernière fois on a mangé des cuisses de footix à l'indienne ."
" Je me fais remplacer au boulot. "
Maintenant, l'équipe de France ne jouera plus que l'après-midi. Cela pose des problèmes de logistique. Qu'à cela ne tienne, Millie emportera au travail des cuisses de footix, un peu de roquefort, de la semoule et... ses trois poupées fétiches.
" A partir des quarts de finale ça devient sérieux, je me fais remplacer au boulot, et si on va en finale, je ne pars pas en Bretagne, je pars que le lendemain. "
Les petits gri-gris en fait sont là " pour le plaisir de les raconter et faire ricaner ". Elle ajoute : " Quand je vais au boulot les lendemains de match, tout le monde me demande : " Alors, qu'est-ce que tu as fait ? ", et c'est quand même la moitié du bonheur. "
N.D.

Jambes poilues au Moulin-Rouge
Pendant le Mondial, au Moulin rouge, fini le french cancan ou les clones de Valentin et de la Goulue, place au foot. De fin juin à la finale du 12 juillet, le célèbre établissement du boulevard de Clichy présente sur écran géant ( 70 m2 ) les seize derniers matches de la Coupe. Mais rassurez-vous, amateurs du gai Paris, il n'y aura pas que de grosses jambes poilues au Moulin rouge. La direction promet une " troisième mi-temps inoubliable " animée par les jambes fuselées des Doriss Girls. Ouf !

La libération des klaxons
Tout le monde l'a dit : le huitième de finale France-Paraguay fut le match le plus crispant depuis le début de la Coupe du monde, les footballeurs français butant sans cesse sur la compacte défense paraguayenne. " Ce fut un suspens pire que chez Hitchcock ", déclarait aux journalistes le premier ministre, Jospin soi-même, qui avait suivi la rencontre au côté de Platini. À la 114e minute, lorsque enfin Laurent Blanc mit la balle au fond des filets du Paraguay, ce fut pour des millions de spectateurs une libération.
Et dans la seconde même, un extraordinaire concert de klaxons éclata sur le boulevard Barbès. A croire que tous les automobilistes suivaient le match sur leur autoradio !
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