
COURRIER DES LECTEURS
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Sélection d'articles
Juillet Août 98
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À propos du grand écran installé au stade Bertrand Dauvin pour la retransmission des matches de la Coupe du monde de foot, un de nos lecteurs, qui habite rue du Lieutenant-Colonel Dax, juste en face du terrain ( et qui ne souhaite pas voir son nom publié ), nous envoie une longue lettre dont voici les principaux passages :
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Café de philo
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J’ai lu dans votre numéro de juin l’article sur " le café de philo de la place Clichy ". J’ai cherché le café le Ciné dont vous parliez, mais ne l’ai pas trouvé, il n’est pas dans l’annuaire et vous n’en donnez pas l’adresse précise. Le café le Ciné est situé à l’angle de la place Clichy, au 122 boulevard de Clichy, ainsi que nous l’avions indiqué dans un précédent numéro ( N° 39, page 11 ). Les débats philosophiques qui y ont lieu les lundis à 19 h se poursuivront-ils pendant les vacances ? À l’heure où nous mettons ce numéro sous presse, la décision à ce sujet n’est pas encore prise. |
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Café de psycho
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Merci d’avoir parlé de notre " café-psycho de Montmartre " au café le Métro, place des Abbesses. En tant que créatrice et animatrice, je vous apporte quelques précisions:- Il ne s’agit pas d’un " café philo ", mais d’un " café psycho ", j’ai été la première à adapter la formule du café à thème à la psychologie, après avoir fait une analyse critique de la philo dans les cafés où, me semblait-il, le propos était trop vague. (...) Je pensais que les gens se sentent plus concernés par la connaissance de soi que par les généralités du prêt-à-penser. - Contrairement à ce que vous dites, je ne suis pas une économiste reconvertie à la psycho. De formation, j’ai fait simultanément des études de psychologie, de sciences économiques et de sciences politiques. Eh oui, tout ça pour exercer une grande part de ma vie professionnelle dans les études de marketing. Il faut bien nourrir les enfants. Et j’enseigne la psychologie depuis plus de vingt ans dans des associations privées, du fait que l’enseignement officiel dans ce domaine est monopolisé par les freudiens. (...) Freud n’est pas ma tasse de thé, même s’il fait partie des pères fondateurs de la psychologie. La psychologie n’est pas née avec Freud, elle est née avec l’homme, quand il a commencé à rêver.- Le style d’animation que j’ai instauré comporte exposés et débats. (...) Je traite, en fonction des demandes, de sujets aussi divers que le couple, la violence, les dépendances (tabac, alcool, drogue, etc.), la solitude, l’introspection, etc. Nous parlons aussi de mythes, rêves symboles, pour autant qu’ils font partie de notre imaginaire psychique.- Je cherche actuellement à réunir les fonds pour créer ma propre maison d’édition à Montmartre. J’adore votre magazine que je lis tous les mois. Je vis à Montmartre depuis 1974, et pour rien au monde je ne voudrais vivre ailleurs ( sauf dans une île en Bretagne )... |
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L’adresse du journal
Albert Sadik |
J’ai perdu le numéro de mai du 18e du mois que j’avais trouvé intéressant, en particulier l’article sur M. Moshe Zalcmann, mon voisin. Je me suis présenté à l’adresse indiquée sur votre journal pour me le procurer, mais j’ai trouvé porte close. Comment vous voir ?
Le 18e du mois est un journal local, qui n’a évidemment pas les moyens financiers d’un grand journal. Comme nous l’indiquons dans chaque numéro, il est entièrement rédigé et géré par des bénévoles, qui ont par ailleurs leur activité professionnelle. Nous n’avons pas de secrétariat permanent, ni de local. L’adresse indiquée est celle de l’un de nous, qui reçoit le courrier du journal à son domicile. Vous pouvez donc y écrire, ou téléphoner, mais pas vous y rendre. Si vous souhaitez rencontrer l’un de nous, téléphonez, nous prendrons rendez-vous avec vous. ( Pour ce qui concerne le numéro que vous demandez, pas de problème, nous vous l’envoyons par la poste contre le prix en timbres. ) |
Mai 98
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Jean-Luc Rigaut nous a quittés
Jacques Bonnaffé |
Jean-Luc Rigaut vient de mourir. Il était un des principaux animateurs de l'association des Rambleurs de Montmartre (ainsi nommés parce qu'ils tenaient leurs réunions au café Las Ramblas, aujourd'hui disparu), qui fut notamment à l'origine de plusieurs manifestations lors du 125e anniversaire de la Commune il y a deux ans. Jean-Luc Rigaut travaillait pour le cinéma comme directeur de l'image et cameraman, il était un des responsables du Syndicat Français des Artistes CGT et on l'avait vu encore récemment soutenir les grévistes du Moulin Rouge. Le comédien Jacques Bonnaffé, qui était son ami d'enfance et qui habite lui aussi du côté de la rue Lepic, nous a confié ces quelques lignes :
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Histoires de pigeons... et de poissons
D'après plusieurs lecteurs |
L'article paru dans notre dernier numéro, page 3, consacré à un très excentrique " prochain Prix Nobel de biologie", nous a valu beaucoup de réactions. Plusieurs lecteurs et amis nous ont avoué n'avoir compris qu'au bout de deux ou trois alinéas à quel point cette histoire, où il était tellement question de poissons, dans un numéro mis en vente le 1er avril, était curieuse...Quelques-uns nous ont signalé qu'il n'y a pas de n° 75 bis dans la rue d'Orchampt. C'était, comme la plupart l'ont compris, une allusion au conte du Passe-Muraille de Marcel Aymé qui commence ainsi : "Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75 bis de la rue d'Orchampt, un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs..." Une fidèle lectrice nous indique que, pour qu'il existe un 75 bis, il faudrait prolonger cette voie jusqu'à la place Émile Goudeau, et nous suggère de créer "l'association des pigeons sans arêtes de la place des Abbesses". Pourquoi pas ? |
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Un des plus anciens Montmartrois
Louis Baillot |
En complément aux quelques lignes que nous lui avons consacrées dans notre dernier numéro à l'occasion de sa promotion dans la Légion d'honneur, M. Louis Baillot, ancien député du 18e, nous écrit :"Je suis né sur la Butte (ndlr. : en 1924), rue de l'Abreuvoir, dans une maison que je n'ai jamais quittée. Toute ma vie s'est déroulée là et sans doute je dois être parmi les plus vieux Montmartrois. J'ai été élève de l'école communale de la rue du Mont-Cenis avant de préparer le concours d'entrée à l'École des Arts et Métiers...Cette maison de la rue de l'Abreuvoir était jusqu'en 1957 un petit café-restaurant que tenaient mes parents. Il possédait un vieux "zinc", en réalité un comptoir en étain, que mes parents sauvèrent de la récupération des métaux par les occupants en 1943 avec l'aide d'un menuisier ami. Aujourd'hui ce comptoir, un rare témoignage de l'époque, se trouve au Musée du Vieux Montmartre, rue Cortot..." |
Avril 98
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A propos des 50 ans de Tati
Jeanne-Esther Lang
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"Au sujet de l'article sur les 50 ans de Tati dans votre numéro de mars, je me permets de vous faire part de ces quelques précisions : Le 18e : Merci de ces informations. Le café à l'angle des boulevards Barbès et Rochechouart s'est effectivement appelé pendant longtemps Dupont-Barbès, mais dans les dernières années qui ont précédé l'achat par Tati il avait changé de nom et s'appelait Paris-Barbès ; son aspect s'était d'ailleurs beaucoup dégradé. Le Louxor, ancien cinéma, est inscrit depuis un certain temps à l'inventaire des monuments historiques, mais uniquement pour sa façade. Ce que vous nous dites d'éventuels projets de la Ville de Paris nous intéresse et nous allons nous renseigner. |
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Le directeur du Théâtre des Abbesses nous écrit
Gérard Violette |
À la suite de l'article paru en page 5 de notre dernier numéro sur le procès qui opposait le peintre Olivier Debré au Théâtre des Abbesses, nous avons reçu une lettre de M. Gérard Violette, directeur du Théâtre de la Ville et du Théâtre des Abbesses, qui nous explique son point de vue et nous apporte quelques précisions :"Contrairement à ce qui a été dit, il ne s'agit pas de mes goûts personnels, il s'agit de l'opinion des artistes qui doivent travailler sur scène et pour lesquels a été construit ce théâtre. L'architecte et les plasticiens, pendant la construction, n'ont aucunement tenu compte de mes observations, suggestions ou de mes conseils qui découlaient pourtant du plus élémentaire bon sens professionnel. Vous avez cru bon d'ironiser sur le fait que les décorations des galeries d'Olivier Debré n'étaient visibles qu'en dehors des représentations. Tel n'est pas le cas ! Nous avons mis au point un système de rideaux que nous fermons uniquement quelques secondes avant le début de la représentation. Ainsi, plus de 75 000 spectateurs, dès leur entrée dans la salle, ont d'ores et déjà pu voir ou pu découvrir le travail d'Olivier Debré. J'ose espérer que vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il n'est pas indispensable que le public voie les toiles d'Olivier Debré pendant les représentations ! Pour le rideau de scène (ndlr : Olivier Debré reprochait aussi au Théâtre des Abbesses de ne presque jamais abaisser le rideau de scène qu'il avait peint), c'est une vérité admise par tout le monde que son utilisation dépend totalement des artistes de la scène. Il se trouve que la plupart n'en veulent pas, d'autant plus que le rideau d'Olivier Debré est très "présent". Contrairement à ce que vous dites, pour un certain nombre de spectacles la salle ne subit aucune modification, et le rideau de scène est même utilisé. Ce fut le cas pour "L'Enlèvement de Sita" de la troupe de Bangkok, pour le récital d'Angélique Ionatos, etc. Vous posez une importante question à la fin de l'article. J'ose espérer que vous connaissez la réponse : il apparaît évident que ce sont les artistes pour lesquels ce théâtre a été conçu qui restent, et de loin, prioritaires." |
Mars 98
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La mort de Jacques Fabbri Jeannine Béguine |
" J'ai entre les mains votre numéro de février. Je suis déçue : pas un article, pas un entrefilet, rien sur le décès de Monsieur Jacques Fabbri. Il était pourtant un homme de théâtre résidant sur la Butte. N'a-t-il pas défendu le "maquis"?"
Le 18e : Jacques Fabbri est mort le 24 décembre. À cette date notre numéro de janvier était "bouclé", et dans le numéro de février nous avons pensé qu'il était un peu tard... Mort à 72 ans, Fabbri habitait Montmartre et a participé à plusieurs des combats menés pour en sauvegarder les sites. Bien qu'on l'ait souvent vu au cinéma et à la télévision, c'était essentiellement un homme de théâtre. Après avoir tâté du cabaret, juste après la deuxième guerre mondiale, à la Rose rouge (il chantait des chansons de cow-boy habillé en personnage du Moyen Age), il fonda la Compagnie Jacques Fabbri qui a fait date dans l'histoire de la scène française avec des créations comme les Hussards de Bréal, les Guêpes d'Aristophane ou la Famille Arlequin... Claude Piéplu, Raymond Devos firent partie de sa troupe. Avant tout il aimait faire rire, mais il fut aussi directeur du Centre dramatique du Sud-Est, et ces dernières années il consacrait beaucoup de temps à la mise en scène d'opéras. Sa dernière production : la Nuit des rois de Shakespeare. |
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A propos des chiens
Mme J. Michaud |
" La lettre de notre lectrice Mme Paté publiée dans notre n° 35 sous le titre "pour un impôt sur les chiens" nous a valu du courrier, reflétant des points de vue divers. "Résidant occasionnellement dans votre quartier, nous sommes nous aussi incommodés par les crottes de chiens sur les trottoirs et pleinement d'accord avec D. Paté", nous dit un de nos correspondants. Mais dans une autre lettreMme J. Michaud écrit : "J'habite à l'angle de la rue de la Chapelle et de la rue Ordener et j'ai la chance d'être la maman de quatre chiens adorables, de petites races. La rue Ordener leur plaît beaucoup, jusqu'à la mairie, car elle est large, pas trop passante et ils y rencontrent des amis - car ils sont chaleureux, les chiens, entre eux. Ces pauvres chiens ont les mêmes besoins que les humains, et point de WC prévus pour eux. Je ne vois que le trottoir puisque les caniveaux sont inaccessibles, mais je suis munie en quantité suffisante de kleenex, et il ne reste nulle odeur, nulle souillure après le passage de mes chiens. "Pour ce qui est des impôts, ils en paient, via leurs "parents" : TVA sur les produits alimentaires qu'ils consomment, les accessoires, vétérinaire, transports SNCF et avion. Nos amis les chiens remplissent les caisses de l'État davantage qu'ils ne les vident..." |
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La sécurité
Mme Serraire |
"Le problème qui me préoccupe est celui de la sécurité, qui n'est pas assurée dans les HLM de l'OPAC, rue Firmin Gémier. Des voyous s'installent dans les halls pour fumer, cracher, uriner, sans parler du problème de la drogue qui est bien connu de la police. Les vigiles de la Mairie de Paris passent quand ils y pensent, si on leur téléphone. Où est la police de proximité annoncée au Conseil de Paris, d'après votre article ? Traiter les gens de paranoïaques est un peu court..." |
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Pas de glaces sur le trottoir de la Goutte d'Or
Marie-Florence Ehret |
"Belgacem El Karoui, dont la boulangerie fait le coin de la rue de la Goutte d'Or et de la rue des Islettes, brandit l'avis d'émission du receveur général des finances qui lui réclame 546 F en règlement d'une infraction concernant les droits de voirie. La valeur de presque 200 baguettes, plus d'une centaine de ces galettes d'orge comme celle que justement je viens d'acheter à l'instant ! Et pas d'explication : pourquoi cette amende ? M. Belgacem est outré. Je lui propose de téléphoner au service concerné. J'obtiens le renseignement demandé : M. Belgacem El Karoui a reçu un avertissement le 16 juillet 96 lui interdisant de disposer devant sa boutique un congélateur dans lequel il y a des glaces, et un panneau, sans autorisation préfectorale. Le 26 juin 97, lui a été signifié un second avertissement, et un troisième le 23 septembre. Pourtant, à cet endroit le trottoir est vraiment très large, les gamins y jouent au ballon, ou tapent la tchatche, perchés comme des oiseaux sur les barrières de protection qui séparent le trottoir de la circulation. -Ce n'est pas une amende, me précise mon interlocuteur de l'administration, c'est une taxe exceptionnelle d'occupation de la voie publique. De toute façon, l'autorisation il ne l'aura jamais. On ne donnera aucune autorisation à la Goutte d'Or. Dans ce quartier, vous comprenez...Moi je ne comprends pas, et vous ?" |
Février 98
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Cités d'artistes
André Roussard |
Votre dossier sur les cités d'artistes dans le 18e (dans le numéro de janvier) est fort intéressant, et dans l'ensemble juste. Permettez-moi toutefois de relever une erreur de taille concernant la Cité internationale des Arts. Celle-ci n'est pas installée au 22 rue Norvins, dans les bâtiments rénovés de la Folie-Sandrin, qui d'ailleurs constituent une copropriété. Les ateliers se trouvent en fait dans les constructions modernes situées dans le parc qui fait suite à la Folie Sandrin, au 24, rue Norvins. Les ateliers, sponsorisés par des États étrangers, sont mis à la disposition des artistes pour un an renouvelable. Quelques-uns étaient ou sont devenus célèbres dans leur pays, sans cependant s'être mêlés à la vie locale. Dans le parc, ancienne propriété Beurdelay, se trouvait le moulin Radet avant qu'il soit déménagé sur le terrain du Moulin de la Galette. L'ensemble a été acheté par la Ville de Paris. Les bâtiments anciens entourés d'arbres ont un faux air de béguinage flamand. Ils ont aussi abrité des artistes, parmi lesquels François Philippe, l'ami de Bernard Lorjou. Certains les appellent les anciennes laiteries de Montmartre sans que cela soit confirmé. Dans les années 20, un boulodrome était fréquenté par des maçons italiens venus participer à l'urbanisation de la Butte ; la mère Paglia y avait ouvert une gargote pour les nourrir et les abreuver. Gen Paul a peint ce sujet dans les années 20..." |
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