ticadIIeduc
DEUXIEME CONFERENCE INTERNATIONALE
DE TOKYO SUR LE DEVELOPPPEMENT DE L'AFRIQUE
(TICAD II)
Quelques hypothèses d'application au Niger : secteur de l'éducation
(Article élaboré par Djilali Benamrane économiste et Souleymane Abdallah statisticien économiste, comme contribution aux débats sur la question. Niamey, février 1999).
Rappel du contexte :
Devant l'ampleur inquiétante du retard économique et social pris par le Continent africain et pouvant constituer un danger réel pour le devenir de la communauté internationale et en complément aux multiples initiatives, peu concluantes, prises au niveau onusien pour pallier cette situation, le Gouvernement japonais, en concertation avec la communauté internationale et avec les grandes institutions du Système des Nations-Unies, a décidé d'organiser et d'animer des Conférences mondiales de concertation sur le développement du continent africain.
Une première conférence, plus connue sous l'appellation TICAD I, eut lieu en octobre 1993 et a débouché sur les conclusions et recommandations suivantes :
- la poursuite des réformes économiques et politiques entreprises d'une part dans le cadre des programmes de stabilisation et d'ajustement structurel et d'autre part les progrès enregistrés en matière de démocratisation et de respect de droits de l'homme ;
- la promotion du secteur privé appelé à jouer un rôle moteur dans le développement durable ;
- la mise en œuvre d'une politique de coopération et d'intégration régionale ;
- la mise en place de mécanismes plus opérationnels pour répondre aux situations de prévention et de gestion des catastrophes naturelles et celles qui sont le fait de l'homme.
- une meilleure prise en compte de l'expérience de l'Asie de l'Est et du Sud-Est dans les domaines de lutte contre le sous développement et la pauvreté ;
- la promotion d'un partenariat fondé d'une part sur l'objectif de prise en main du destin de l'Afrique par les Africains et d'autre part sur l'apport d'un soutien approprié par les partenaires au développement de l'Afrique.
- Une seconde conférence, TICAD II, eut lieu depuis en octobre 1998 et a conclu sur des recommandations dont l'un des avantages et non des moindres est d'avoir procéder à un effort remarquable de quantification des objectifs. Dans le domaine de l'éducation, cela a abouti aux recommandations suivantes :
- 80% des enfants devront être en mesure de bénéficier du cycle complet d'éducation primaire à l'horizon 2005 ;
- 100 % à l'horizon 2015 ;
- Réduire en l'An 2005 de moitié le taux d'analphabétisme des adultes prévalant en 1990, avec une attention particulière en faveur des femmes ;
- Eliminer à l'horizon 2005 les disparités entre filles et garçons dans l'éducation primaire et secondaire ;
- Améliorer la qualité des enseignements et mieux assurer la relation éducation/formation/emploi ;
- Renforcer les capacités nationales et régionales en matière de sciences et de technologie.
- L'objet de cette réflexion est de tenter d'opérationnaliser, dans le contexte nigérien, ces objectifs apparemment modestes au regard de ceux plus volontaristes retenus par la communauté internationale, notamment lors du sommet de Jomtiem, lequel recommandait l'éducation pour tous en l'An 2000.
Les préalables méthodologiques
- Lorsque l'objectif est défini, le travail de programmation dans le secteur de l'éducation ne semble pas poser de problèmes particuliers, tout au moins quand on dispose de matériaux statistiques suffisants en matière de réalité à un moment donné de la population et de dynamique de sa structure. Dans le cadre de cette réflexion, la base statistique de la population sur laquelle s'appuient les projections, remonte au Recensement Général de la Population (RGP), réalisé en 1988. Les nombreuses études démographiques, effectuées par différentes sources et à différents niveaux, indiquent que le taux de croissance démographique prévalant au Niger et appelé selon toute vraisemblance à perdurer de nombreuses années encore, est estimé à 3,3 pour cent, l'un des plus élevé au monde. Ce taux appliqué aux effectifs de population tels que dénombrés en 1988 donne les séries de population globales et par structure d'âge. Il va de soi que des corrections seront apportées à ces projections si des enquêtes démographiques ultérieures ou l'exploitation des résultats du prochain recensement de la population programmé pour l'année en cours (1999), indiquaient des écarts significatifs.
- Sauf mise en œuvre d'une politique autrement plus volontariste en matière de maîtrise de la croissance démographique et qui ne pourrait donner d'effets, dans les meilleurs des cas qu'à partir de 2010, les effectifs globaux en millions de la population sont passés de 7,739 en 1990, à 9,713 en 1997 et devraient se situer à 12,594 en 2005 et à 17,424 en 2015. Dans tous les cas et quelque soit la politique démographique mise en œuvre dans l'avenir, ses implications ne peuvent porter qu'au delà de l'An 2005, puisqu'à cet horizon les cycles de scolarisation dans le primaire concerneront pour l'essentiel des enfants vivant aujourd'hui.
- Cette contribution constitue un premier exercice de réflexion appelé à être affiné sur la base d'un débat aussi large que possible, afin de tenir compte de l'extrême complexité de la problématique démographique. En effet, cette dernière développe de multiples rapports à l'éducation eu égard aux préoccupations et contraintes conséquentes en matière économique, sociale et culturelle. La méthode utilisée de projection des effectifs s'est appuyée davantage sur un traitement prudent et global qui a consisté à recourir à la démarche partant de la situation présente de scolarisation des enfants telle qu'analysée dans différentes études et telle que décrite dans les annuaires statistiques du secteur, au lieu de privilégier le recours aux techniques statistiques pures. De 1990 à 1997 l'exploitation des études et des annuaires statistiques disponibles donnent des informations utiles sur l'évolution de quelques indicateurs dont il convient de tenir compte pour justifier les travaux de projection :
- Le taux de scolarisation dans le primaire a évolué de 27,6 à 30,35 % de la population en âge d'être concernée par ce niveau d'éducation, soit un taux de croissance annuelle inférieur à 0,5 % ;
- La moyenne d'élèves par classe a peu évolué sur la période 1990-97, se situant aux environs de quarante enfants par classe et par enseignant. En ce domaine, l'hypothèse de travail a consisté à retenir le taux moyen d'encadrement prévalant en 1997, soit près de 42 élèves classe et par enseignant, même si ce taux semble excessif, pour les projections aux horizons 2005 et 2015. Si ultérieurement la dynamique de développement du secteur permettait de mobiliser des ressources supplémentaires, rien n'empêcherait de procéder à des projections tenant compte d'une souhaitable amélioration de la taille des classes qui pourrait être ramenée par exemple entre 2005 et 2015 de 42 à 30 élèves par classe et par enseignant.
- La moyenne de classes par école, estimé à 3,56 en 1997, rend compte d'une grande dispersion surtout dans les zones rurales qu'il convient de corriger pour bénéficier en ce domaine d'économies d'échelle.
- Le coût des dépenses budgétaires par élève sont évalués à environ 30.000 CFA
- Le coût des dépenses de construction et d'équipement des classes en 1997 : 5,3 millions de FCFA (construction en matériaux définitifs : 4,5 millions de FCFA l'unité et ameublement : 0,8 millions de FCFA par classe). En ce domaine, il n'a pas été tenu compte des dépenses d'entretien, de maintenance, voire de remplacement des classes dont une part non négligeable se trouve dans un état avancé de décrépitude. On peut considérer que des initiatives prises en matière de participation/récupération des coûts comme des efforts pouvant être faits en matière de construction à des coûts moindres pourraient compenser en partie les dépenses de remplacement du patrimoine scolaire obsolète.
- Les éléments de tendance relevés dans la période 1990/97 ont été pris en considération lors des travaux de projection sur les horizons 2005 et 2015, avec diverses hypothèses de travail pour atteindre pleinement ou partiellement les objectifs de la TICAD II. Les unes se sont basées sur une programmation théorique et automatique répartissant quasi égalitairement les efforts annuels de progression requis, les autres, plus réalistes, ont opté pour une progressivité dans la démarche.
- Autre préoccupation, cet exercice de prospective, de planification et de programmation des conditions de satisfaction des besoins en matière d'éducation gagnerait en ouvrant des pistes d'espérance pour profiter des efforts de résolution d'un problème de mise à niveau sur les plans éducatifs, sociaux et culturels ou pour s'inquiéter de la mise à niveau concomitante de la base économique. La problématique soulevée à ce niveau découle du risque que les efforts des pouvoirs publics nigériens et de la communauté internationale en matière de scolarisation ne profitent, pour diverses raisons, qu'aux économies extérieures par une pratique de recours systématique aux importations de biens et de services. Dans l'hypothèse retenue, l'identification des besoins énormes en biens et en services pour répondre aux objectifs concertés d'amélioration de la situation peuvent et devraient constituer des opportunités "historiques" pour promouvoir une offre nigérienne privée en ces domaines. En effet, en plus des effectifs d'enseignants et d'agents d'encadrement et de service à recruter, ce sont des milliers d'emplois qu'il convient de créer dans les secteurs de la construction, de la menuiserie, du transport, de l'impression, etc… La réflexion devrait au demeurant dépasser le cadre strictement nigérien pour s'élargir à un niveau sous régional porté par une démarche équilibrée de spécialisation dans la complémentarité pour profiter de l'économie d'échelle dans des échanges de proximité. La justesse et la faisabilité de la démarche n'a pas besoin de plus d'argumentation et les efforts d'imagination pour la création d'emplois et pour la promotion de l'entreprise privée moderne à vocation sous régionale constituent un défi à la mesure de l'exercice.
Transformer le système nigérien d'éducation primaire pour se rapprocher des objectifs de la TICAD II
Scénario I : une réponse mécanique de satisfaction des objectifs de la TICAD II
- Dans ce premier scénario à vocation pédagogique, il s'agit de faire une projection automatique, sans tenir compte de contraintes de la disponibilité des ressources humaines, matériels, techniques et financières, pour la faisabilité de la réalisation des objectifs convenus lors de la TICAD II en octobre 1998. Cela à l'avantage de faire ressortir pour les pouvoirs publics nigériens comme pour leurs partenaires au développement, l'ampleur extraordinaire des enjeux et partant la non faisabilité des objectifs et ce quelque soient les efforts pouvant être déployés par les uns et par les autres.
- En l'An 2005, la population globale du Niger sera de l'ordre de 12,594 millions d'habitants et celle des scolarisables par référence au système actuel de scolarisation, sera de 2,059 millions d'enfants. A appliquer strictement les objectifs de la TICAD II, soit une scolarisation de 80 % des effectifs, se seront 1, 647 millions d'enfants qui devraient être scolarisés à cet horizon. Cela impliquerait notamment :
- Sur le plan des effectifs : on part de 482.065 élèves scolarisés en 1997 à 1.647.553 devant être scolarisés en 2005 si l'on voulait conformément aux recommandations de la TICAD II obtenir un taux de scolarisation de 80 % dès 2005, soit un quasi quadruplement des effectifs en huit années, ce qui à priori demanderait des moyens et des efforts hors du commun, surtout au regard de la relative stagnation de l'évolution des effectifs scolarisés entre 1990 et 1997, 38 % de croissance en huit ans. Il s'agit ni plus ni moins que de décupler les efforts déployés entre 1990 et 1997.
- Sur le plan des enseignants : En maintenant le même taux d'encadrement prévalant en 1997, soit 41,7 élèves par enseignant, les effectifs des enseignants devraient évoluer de 11.545 en 1997 à 39.457 en 2005, ce qui correspondrait grosso modo, pour le seul secteur de l'éducation primaire, à la taille de la fonction publique nigérienne, tous secteurs confondus, en 1997.
- Sur le plan de la construction de classes : sur la base de la capacité moyenne des classes en 1997, l'effort de construction devrait être de nature à permettre au pays de disposer de 38.634 classes à l'horizon 2005, soit un effort gigantesque de construction de prés de 5.000 classes par an (4.829).
- Sur le plan des implications sur le budget de fonctionnement : Toutes choses demeurant égales par ailleurs, au regard des multiples composantes intervenants dans la structure du budget de fonctionnement, du seul fait de la croissance des effectifs, le budget de fonctionnement devrait connaître une explosion passant de 14,742 en 1997 à 50,415 milliards de FCFA en 2005, soit une croissance annuelle de près de 20 % l'an !
- Sur le plan des implications sur le budget d'équipement : En se référant à un coût moyen de 5,3 millions de FCFA la classe construite et équipée, le programme d'investissement dans l'éducation primaire devrait prendre en compte un volume d'investissement de l'ordre de 25,6 milliards de FCFA qu'il faudrait mobiliser pour les seules constructions de classes pour les besoins de l'enseignement primaire, soit quasiment le double du budget de fonctionnement global alloué en 1997 au secteur de l'enseignement primaire.
12.
En l'An 2015, la population globale du Niger sera de l'ordre de 17,423 millions d'habitants et celle des scolarisables par référence au système actuel de scolarité, sera de 2,849 millions d'enfants. A appliquer strictement les objectifs de la TICAD II soit une scolarisation de 100 % des effectifs, se seront 2,849 millions d'enfants qui devraient être scolarisés à cet horizon. Cela impliquerait notamment :
- Sur le plan des effectifs : on part de 482.065 élèves scolarisés en 1997 à 1.647.553 devant être scolarisés en 2005 et à 2.843.395 en 2015, conformément aux recommandations dans la TICAD II, pour un taux de scolarisation de 80 % dès 2005 et de 100% en 2015. Dans cette hypothèse, les efforts sont bien moindres entre 2006 et 2015, avec un taux annuel de croissance de l'ordre de 5,6% alors qu'entre 1997 et 2005, période durant laquelle l'essentiel des efforts de rattrapage sont sensés être faits mais au prix d'une croissance forcée de l'ordre de 16,6%.
- Sur le plan des enseignants : En maintenant le même taux d'encadrement prévalant en 1997, soit 41,7 élèves par enseignant, les effectifs des enseignants devraient évoluer de 11.545 en 1997 à 39.457 en 2005 puis à 68.240. L'effort de recrutement et de formation devrait évoluer annuellement de 1.422 à 6035 à l'horizon 2005 pour retomber brusquement à 2.273 puis remonter progressivement pour atteindre 3501 en 2015.
- Sur le plan de la construction de classes : en se basant sur la même capacité moyenne des classes qu'en 1997, l'effort de construction et d'équipement des classes suit de façon similaire celui du recrutement et de la formation des enseignants, avec un programme insupportable de réalisation dans la phase 1997-2005, (besoins de 1393 classes en 1998 à 5909 en 2005), puis une reprise en douceur sur 2006-2015 (besoins de 2273 classes en 2006 à 3428 en 2015).
- Sur le plan des implications sur le budget de fonctionnement : le budget de fonctionnement devrait connaître lui aussi une phase de très forte croissance sur la période 1997-2005 passant de 14,742 en 1997 à 50,415 milliards de FCFA en 2005, suivie d'une phase de moindre croissance entre 2006 et 2015 passant de 53,347 milliards de FCFA en 1998 à 87,137 en 2015.
- Sur le plan des implications sur le budget d'équipement : l'évolution du budget d'équipement devrait connaître la même dynamique que celle décrite pour les autres postes de dépenses, avec une forte croissance entre 1997 (7,381 milliards de FCFA) et 2005 (31,318 milliards), et une croissance plus douce entre 2006 (12,045 milliards) et 2015 (18,762 milliards).
13. En conclusion de cette première hypothèse de projection, c'est l'effort démesuré exigé lors de la période 1998-2005 au regard de la pratique prévalant entre 1990 et 1997 et des moyens exorbitants nécessaires durant la période couverte. Cela serait suivi par une brusque retombée des efforts durant la période 2006-2015 qui rendent la faisabilité de l'exercice irréaliste, d'autant qu'à l'aube de l'an 2000 aucun signe de mobilisation générale n'est perceptible et qu'il faille tenir compte du retard pris pour compenser ce retard sur la période 2000-2005.
Scénario II : une réponse progressive de complète satisfaction des objectifs de la TICAD II à l'horizon 2015
Les contraintes quasi insurmontables qui ressortent du premier scénario et qui pèsent de façon insupportable sur l'horizon 2005, justifient le montage d'un second scénario respectant l'objectif de 100 % de scolarisation dans le primaire à l'horizon 2015, mais avec des hypothèses de modulation des efforts pour tenir compte du retard déjà accumulé entre 1997 et 2000 et de la nécessité de concevoir un modèle fondé sur une mobilisation progressive des moyens d'ici l'échéance de 2015. Cela signifie que les années 1999 et 2000 seraient consacrées à la concertation avec les partenaires intérieurs et extérieurs pour l'obtention d'un consensus de mobilisation générale pour la réalisation de l'objectif. Une telle hypothèse, encore utopiste tant les défis sont énormes, pourrait se traduire par les défis suivants :
- Sur le plan des effectifs : 2.849.395 enfants scolarisés dans le primaire en 2015 soit 100 % des enfants scolarisables, mais avec un objectif de scolarisation de seulement 1.235.665 enfants en l'An 2005 soit 60 % au lieu des 80 % prévus dans les recommandations de la TICAD II, niveau qui ne serait atteint qu'à l'horizon 2009-2010. Les efforts de croissance annuelle iraient de façon progressive et tous les autres domaines d'accompagnement suivraient la même dynamique.
- La faisabilité d'une telle démarche va dépendre en premier lieu de la mobilisation des ressources extérieures pour le financement des budgets de fonctionnement et d'équipement avec probablement peu d'effets sur l'économie nigérienne insuffisamment préparées à répondre dans l'organisation et la programmation aux besoins induits.
Scénario III : une réponse progressive et réaliste de satisfaction partielle des objectifs de la TICAD II à l'horizon 2015
Dans ce troisième scénario, il s'agit de réfléchir sur l'hypothèse d'une mobilisation d'effort maximale, faite de façon progressive, profitant au mieux aux opérateurs nigériens mobilisés à cet effet en rejetant les 100% de scolarisation à l'horizon 2020, se contentant de l'objectif 80 % en 2015. Pour le cas du Niger, qui accuse un tel retard, ce serait déjà un défi exemplaire, surtout si des efforts même de moindre audace étaient entrepris dans les créneaux de l'alphabétisation et des enseignements professionnels, techniques, secondaires, voire supérieurs et si les opérateurs nigériens s'engageaient à répondre par la production nationale à l'essentiel des besoins induits.
- Sur le plan des effectifs : Il s'agira alors de scolariser 2.279.516 élèves au lieu de 2.843.395 soit "une économie" de 569.879 soit 13.666 enseignants et classes scolaires en moins, cela se traduit par des niveaux de dépenses de fonctionnement et d'équipement sensiblement plus supportables que ceux décrits dans les deux précédentes hypothèses.
- Sur le plan de la création d'une capacité nationale de réponse aux besoins : en poursuivant et en accentuant les efforts entrepris dans le cadre du projet PROSEF, l'on pourrait assurer la promotion d'entreprises nigériennes modernes, aux niveaux national, régional et local, pour la réalisation des écoles selon des méthodes privilégiant les matériaux locaux, des entreprises de menuiserie pour les équipements et matériels, des entreprises d'imprimerie pour les manuels et petits matériels scolaires, etc… Les bailleurs de fonds tant intéressés par l'émergence d'un secteur privé moderne, utile et compétitif trouveront là l'occasion prendre des initiatives concrètes d'appui à la création d'entreprises assurées d'un marché.
- Sur le plan de la mobilisation des ressources pour le financement du programme : prévoir un financement extérieur intensif au début, pris en charge progressivement par le budget national, en fonction des résultats obtenus du fait de la fiscalisation des entreprises promues.
Analyse comparative des trois scenarii
Les tableaux N° 1 et 2 ci-après portant évolution comparative selon les trois hypothèses des taux brut de scolarisation et des effectifs scolarisés, permettent de relever la limite de la première hypothèse dont la réalisation des objectifs exigerait des efforts impossibles entre 2002 et 2005, avec un fléchissement entre 2006 et 2015. L'hypothèse II permet une évolution soutenue uniformément répartie sur la période 1997-2015. La troisième qui ne vise que 80 % de scolarisation en 2015, présente une évolution plus souple bien que des plus volontariste, puisque la moyenne de croissance annuelle des effectifs reste significative, de l'ordre de 9%, à comparer aux 0,5 % de la période 1990-97


18. Les tableaux N° 3, 4 et 5 ci-après concernant respectivement les évolutions des budgets d'équipement, de fonctionnement et globaux, confirment l'évolution illustrée par les diagrammes précédents. Ils mettent en valeur la plus grande faisabilité de la troisième hypothèse.



