DM : Pierre Desproge

Sommaire

L'homme qui vécut heureux en attendant la mort

Citations

L'autre façon d'être un con

La Dinde

Les étrangers sont nuls

Un réquisitoire

Vivons heureux en attendant la mort

L'homme qui vécut heureux en attendant la mort

Si j'en crois mon horoscope, je devrais mourir dans la soirée. C'est con, j'avais pas fini de bêcher mes camélias. Mais bon, c'est la vie : Si vous connaissez une autre issue, faites moi signe. Ce qui me coûte le plus à l'idée de quitter ce monde, outre bien sûr l'idée intolérable que mes enfants vont rentrer du crématorium en courant pour boire mes saint-émilion, si cela se trouve dans des gobelets fluo et avec des fils d'ouvriers aux cheveux verts, ce qui me coûte le plus, disé-je, avant de digresser dans ma cave, c'est de ne pouvoir utiliser les notes que je relevais pour vous depuis des semaines, avec l'idée d'en alimenter mes chroniques. Tenez, j'en ai plein les poches. Autant les sortir, ça n'aiderait pas à l'incinération. Je vous les livre en vrac.

Allez... Adieu.

Citations

Buveurs d'eau
  • L'abus d'eau est d'autant plus dangereux qu'il entraîne à la longue, chez l'hydromane, une dépendance quasi irréversible.
    Certes l'eau est plus digeste que l'amanite phalloïde et plus diurétique que la purée de marrons. Mais ce sont là futiles excuses de drogués. D'autres vous diront que la cocaïne est moins cancérigène que l'huile de vidange... N'en tenez pas compte. Ménagez votre santé. Buvez du vin, nom de Dieu !

Chirac

  • Voila un monsieur affublé d'un sourire à faire passer son hoquet au yéti.

Cinéma

  • Pour qu'un film soit grand il faut qu'il répondent à certains critères : il doit être japonais ou indien, en noir et blanc, il doit avoir plus de quarante ans, il doit être d'une grande beauté formelle et très lent. A cet égard, je pense que le plus grand film du monde est de Shri Gomina : c'est un film indien de 1921, en noir et blanc, muet, sans intrigue, tourné avec une seule caméra fixe et sans acteurs.

Rite

  • La copulation, chez le footballeur, s'accompagne d'un rite amoureux immuable. Chaque dimanche, ces magnifiques vertébrés supérieurs se retrouvent par hordes de vingt-deux individus dans une immense clairière à l'herbe drue.
    Après une période de danse désordonnée autour de la clairière, une de ces bestiaux envoie la balle entre les bois. C'est la femelle. Aussitôt cinq ou six mâles de la horde se jettent sur elle et l'enlacent, la serrent, la pétrissent, tandis que monte dans la nue ce hurlement d'un érotisme torride, si caractéristique de l'orgasme footballistique : "Ouailémèc, Alémèc, Adidonlémèc, Chapolémèc, Oualémèc."
    C'est tellement beau qu'on se prendrait à croire en Dieu.

Alunissage

  • n. m., du latin luna, la lune, et de préfixe a, très joli également.
    Procédé technique consistant à déposer des imbéciles sur un rêve enfantin.
    Les accessoirs utiles à l'alunissage, outre les imbéciles, sont :
    1. La fusée, sorte de véhicule autopropulsé comportant de nombreux aménagements sophistiqués.
    2. La terre, pour partir.
    3. La lune, pour témoin.

Fin 1984, on évaluait à un, environ, le nombre des alunissages. L'Union soviétique, pourtant surdéveloppée techniquement puisqu'on y produit en moyenne chaque année une chaussure de pointure 42 et une bombe thermonucléaire par habitant, n'a jamais procédé au moindre alunissage. Il faut voir dans cette attitude antiscientifique de l'URSS, une volonté de respecter les rêves des enfants, qui ne manquera pas de surprendre, venant d'un pays dont le but idéologique avoué est d'établir une société comportant plus de censeurs que de censurés, sans brûler les juifs.

L'autre façon d'être un con

Comment reconnaître un con

Le mot "con" appartient à la langue française et à elle seule. Aucune langue étrangère ne peut se flatter de posséder un mot tout à fait équivalent au mot "con". Cette carence grammaticale est d'autant plus surprenante que, nous le savons deuis toujours, les étrangers sont TOUS des cons.

Y a-t-il des têtes de cons ?

Bien sûr. Retournez-vous. Si vous êtes seul, un simple miroir de poche fera l'affaire. Si vous ne possédez pas de miroir de poche, allez dans n'importe quelle administration. Quand le préposé vous demandera de remplir le formulaire C112, alinéa 18, déclamez-lui trois vers de Verlaine. Observez-le bien : il exprime sous son front bas une sourde consternation : il a l'air con.

Est-ce à dire que tous les préposés des guichets administratifs sont des cons ? Non.
Ah, si, finalement.

Existe-t-il des signes extérieurs de connerie ?

Cestes, oui. On peut reconnaître un con rien qu'à sa façon de s'habiller. La caractéristisque vestimentaire du con consiste en un besoin irrésistible de s'habiller comme tout le monde. Faites le test suivant : mettez dix personnes dans une pièce. Observez bien ces dix personnes, il y en a au moins une qui est habillé comme les autres : c'est un con. C'est scientifique. Quand quarante personnes s'habillent comme un con c'est l'ACADÉMIE FRANÇAISE. Quand mille personnes s'habillent comme un con, c'est l'ARMÉE FRANÇAISE.

Peut-on reconnaître un con à sa démarche ?

Oui, la démarche du con est très caractéristique, quoique fort difficile à décrire par le seul moyen du vocabulaire. On peut cependant, en un mot, si l'on veut bien excuser le manque de rigueur scientifique de l'expression, décrire la démarche du con en disant que QUAND IL PART ON DIRAIT QU'IL REVIENT.

Et les cons infirmes direz-vous ? Eh bien... ils vont à Lourdes.

Quelle différence y a-t-il entre un imbécile et un con ?

Il existe une différence essentielle entre l'imbécile et le con, qui tient en une seule formule d'une grande simplicité : L'IMBÉCILE LIT "FRANCE-DIMANCHE", LE CON ÉCRIT "ICI-PARIS".

Les cons ont-ils bon moral ?

Oui. Ils sont très contents de l'évolution de la situation internationale. Les cons aiment rire. On en rencontre souvent dans les sous-bois, car ils adorent les plaisanteries de derrière les fagots. L'optimisme du con fait plaisir à voir. Par exemple, les cons croient VRAIMENT que si la chemise de Paul est plus blanche que la chemise de Jacques, c'est grâce à PERSIL ANTI-REDÉPOSITION. Par ailleurs, les cons, après rasage, s'aspergent avec BRUTE DE LA JUNGLE, POUR NOUS LES HOMMES. BRUTE DE LA JUNGLE. L'AUTRE FAÇON D'ÊTRE UN CON.

Comment vivent les cons ?

L'hiver, les cons se massent sur des gradins et crient : "Allez les verts !" Le fait de se tasser sur des gradins en criant : "Allez les verts" est un signe irréfutable de connerie. D'autant que cette année, à mon avis, c'est Nantes que va gagner.

L'été, les cons foncent têtes baissées vers les plages où ils aiment s'agglutiner pour ne pas perdre une miette de la chaleureuse promiscuité immobilière de la ville. Ils forment ainsi un conglomérat de fourmis, ténu et continu, de Calais à Hendaye et de Port Vendres à Nice. D'où l'expression : "Être un peu con SUR LES BORDS".

Au printemps, les cons ne vont pas "CHEZ" le coiffeur, ils vont "A" Lourdes.

A l'automne, les cons reviennent de Lourdes, sauf ceux qui se sont noyés en s'approchant trop près du Manneken Pis.

Les cons militaires sont-ils plus dangereux que les autres ?

Affirmatif. Ils sont féroces et poussent des cris de bêtes. Entendez-vous dans nos campagnes MUGIR ces féroces soldats ? Oui ? C'est des cons !

Les enfants peuvent-ils être cons ?

Oui. Pas les miens : ils sont à l'école libre. Mais cela peut arriver. j'ai personnellement observé, lors d'une visite à l'Hôpital des enfants malades de Paris, deux enfants paralysés des deux jambes se mquer grassement d'un autre enfant prisonnier d'un poumon d'acier : "Y peut pas bouger la tête-ehh ! Lalalalère-euh !"...

La relève de la connerie est donc assurée.

Y a-t-il des cons célèbres ?

Oh oui ! Hélas, la liste en est beaucoup trop longue. Je citerai celui qui, à mon humble avis, est le roi des cons. J'ai nommé le célèbre mathématicien Euclide qui affirme sans rire, je cite : "La ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre." Quelle connerie ! Chacun sait en effet que la ligne droite NE PEUT ÊTRE le plus court chemin d'un point à un autre. SAUF, évidemment, si les deux points sont bien en face l'un de l'autre.

La Dinde

Alors voilà, c'est noël !
Dans la collection Les Guides Pratiques aux éditions Débordas et Latex, voici un extrait du premier volume d'une série de livres réunissant des fiches-cuisine spéciales noël que j'ai écrite :

Comment bourrer sa dinde de marrons
sans craindre les protestations
de SOS femmes battues et autres MLF

Ingrédients : une dinde, des marrons
Temps de préparation : variable selon la format de la dinde

Premièrement, il faut faire précuire les marrons que l'on aura pris soin d'éplucher au paravant ( ou à la main, c'est plus pratique, et en plus on n'a pas à fouiller dans les affaires de plage dans la caravane à pépé et mémé ). Pour cela, laisser au four pendant 15 minutes à 520 K ( environ 250 degrés Celsius pour les cons { et autre français } ou environ 475 degrés Fahrenheit pour les gros con { et autres britabique } ).

Deuxièmement, il vous faut une dinde. Soit vous en avez une sous la main ( ou sous le pied, ou sous le cul ou dans la culotte, ça dépend ), soit vous en êtes dépourvu et dans ce cas composez le 3615 CUM, ULLA, NIB, LOLA, TINA, VULVE, SALOPE ... ou encore faites le 36.69.69.69 ( ce n'est pas à vous que je vais apprendre cela ), voyez http://www.felation.sex, faites aussi un tour sur IRC, #clito, #sex, #dick ... en dernier recour appellez le (33-1) 48.81.XX.XX je vous filerais ma soeur, mais elle est déjà pleine à craquer.

Un fois en possession de cette dinde et une fois chez vous ou chez des amis ( mais oui, bien sûr, c'est si délicat ... ) ou chez TF1 ( on appelle ça le je JT de 20h ) calfeutrez-vous : fermez tout à clef ( pour éviter que le facteur n'entre ) fermez fenêtres, rideaux ( pour éviter que le voisinage n'entende quand la dinde onot { et oui, c'est son cri } )

Ensuite prenez votre dinde sur le lit, c'est classique, sur la moquette, c'est inconfortable ( surtout si on n'a pas passé l'aspirateur ), dans la salle de bain, ça mouille ( ceci est néanmoins nécessaire dans certains cas, notamment quand on prend une somaliène qui ne peut pas mouiller [ drôle => rires SVP ] ) ou dans la cuisine ; et c'est là qu'on en vient à notre sujet : on bourre sa dinde de marrons quand on ne peut le faire avec autre chose ( cette fiche est aussi adressée aux aphaliques [ phallus vient du grec évidemment ], aux aphaliques, disais-je, aux aphalliques et autres lecteurs de cette page Web ).

Saisissez-la avec les deux mains ( nous nous excusons aupres des manchots et des monobraïques auxquels la recette n'est pas adressée ) en agipant ses poignets ( poignées si vous faites cela avec un placard, mais c'est moins rigolo ), vous les lui clouez au mur au moyen de gros clous ( longueur : 15 cm ; section : 1 cm ) et d'un maillet ; puis faites la même chose de ses pieds de façon à vous libérer les mains. Attention lors du cloutage ... non, du clouement ... cloutement ... du cloutérage ... cloutissement ... de la cloutaration ... du cloutoiement ... de la cloutoritatisation ... ET MERDE !!! Lorsque vous clouez ... non ! clouiez ... clouiassez ... clouiassonez .. clouiatisez ... clouiatomarisationnez ... ET MERDE !!! bref, à cet instant, faites attention à bien écarter les jambes de la dinde : cela facilite la 2de phase de la préparation.

Ensuite je vous conseille de faire appel à un baillon : vous verrez plus tard les raisons de sa nécessité ( sauf si on éxécute la recette avec Tabata Cash ou le tunnel du Mt Blanc ou sous la Manche ). Une fois le matériel ainsi mis en place, il ne vous reste plus qu'à mettre dans tous les orifices les marrons précuits. Pour cela, on peut s'aider d'un entonnoir ( si l'on en a pas une bouteille en plastique coupée à 15 cm du haut et sans le bouchon, fera parfaitement l'affaire ) ; introduisez-en l'embout dans le trou voulu et poussez les marrons au fond jusqu'à n'en plus pouvoir ; répétez l'oppération autant de fois qu'il y a d'orifices ( si l'on n'a pas de baillon : commencer par la bouche ).

Voilà le volatile près pour la cuisson.

Bon appétit.

Les étrangers sont nuls

Ces textes ont été écrits par Pierre Desproges pour l'hebdomadaire Charlie-Hebdo en 1981.

  • Les anglais
  • Alors que le porc et le français sont omnivores, l'anglais mange du gigot à la menthe, du thé à la menthe, voire de la menthe à la menthe.
    Les deux caractéristiques essentielles de l'anglais sont l'humour et le gazon. Sans humour et sans gazon, l'anglais s'étiole et se fane, et devient creux. Il tond son gazon très court, ce qui permet à son humour de voler au ras des pâquerettes.
    Comment reconnaître l'humour anglais de l'humour français ? L'humour anglais souligne avec amertume et désespoir l'absurdité du monde. L'humour français se rit de ma belle-mère.
    Exemple de flegme britanique :
    1. Quand une bombe de cent mégatonnes tombe dans sa tasse de thé, l'anglais reste plongé dans son journal et dit : Hum, ça se couvre.
    2. Quand il se met à bander, l'anglais reste dans sa femme et dit : Hum, ça se lève.
  • L'anglais est-il un créature de dieu ?
    Nous sommes tous des créatures de dieu. Même le hyène et le chacal chafouin.
  • Les irlandais
  • Jusqu'à la fin du VIIIe siècle, l'Irlande était bourrée d'hérétique bourrés et de brutes vulgaires dont le cuir velu et la démarche de nageuse est-allemande répandaient la terreur sur la lande ingrate où soufflait l'âpre vent du nord.
    Mi-homme, mi-socialiste, l'irlandais moyen de ces temps honnis se ditinguait du loup-garou par son ample barbe rousse, sa culotte de velours et ses yeux quelconques.. D'une rusticité invraisemblable, il chassait le bébé phoque à la scie sauteuse, vivisectionnait les brontosaures à des fins mercantiles et se livrait sur les aigles royaux à de manipulations copulatoires et autres attouchements fébriles que la morale réprouve.
    Aujourd'hui, il y a deux sortes d'irlandais. Les irlandais du sud, qui sont à l'ouest de l'Angleterre, et les irlandais du nord, qui sont en dessous de tout. Les irlandais du nord se divisent en deux : les catholiques et les protestants. Comme ils croient que ce n'est pas pareil, ils s'entre-tuent avec vigueur pendant les heures de bureau.
    Alors [certains irlandais] vont au cinéma et s'en vont au milieu du film. C'est la grève de la fin. C'est très dur. On peut mourir.
  • Les islandais
  • L'Islande est un grand pays de 103 000 kilomètres carrés uniquement composé de glaciers et de volcans. Autant dire que quand on ne se les gèle pas, on se les brûle, ce qui explique en partie l'extreme lenteur du développement du tourisme islandais. En dehors des militaires américains de la base de Reklavik, qui font briller leurs bombes thermonucléaires avec un chiffon de soie en espérant sans trop y croire le déclenchement de la Troisième, seuls quelques mordus de la pêche à la morue se risquent à passer leurs vacances en Islande.
    En résumé, on peut dire que les islandais gagnent à être connus. alors que Julio Iglesias, non.
  • Les grecs
  • Les grecs s'appellent aussi hélènes : c'est dire à quel point ils sont pédés. Qulequefois, ils enculent même leurs chevaux et roulent des pelles aux poneyses.
    Les grec modernes, comme Theodorakis ou Moustaki, ne portent pas de soutien-gorge, alors que les grecs anciens, comme Démosthène ou Mélina Mercouri, ne portent pas de seins.
    Dans les années soixante, les grecs ont commencé à trop manger. Il a fallu mettre les colonels au régime. Car les colonels sont de grands enfants. D'ailleurs, dans Pinochet, il y a hochet.
  • Les espagnols
  • Les espagnols sont un peuple fier et ombrageux, avec un tout petit cul pour éviter les coups de cornes.
    À l'instar de la vache, l'espagnol va au taureau dès les premiers beaux jours. C'est la corrida.
    La corrida est une festivité espagnole gorgée de poussière frémissante et de somptuosité virile, au cours de laquelle on transperce un taureau fou avec des barres de fer pour faire sortir le sang en disant Olé !. Quand le taureau tombe à genoux, les présidentes de cercle ont un orgasme fugace.
    Comme beaucoup d'étrangers, les espagnols éprouvent quelques difficultés à communiquer entre eux, car ils ne parlent pas français. C'est pourquoi ils sont obligés de parler espagnol. Contrairement à la langue allemande qui est rude et gutturale, la langue espagnole est rose et poitue, mais j'arrête ça m'exite.
    Sur un point purement scientifique, n'oublions pas que c'est à Isabelle la Catholique que nous devons l'invention de l'espagnolette, sans laquelle nul ne pourrait baiser la fenêtre ouverte.
  • Les italiens
  • Les italiens sont appelés ainsi parce qu'ils gesticulent en mangeant des nouilles.
    Plus encore qu'à Rome, c'est à Venise que le visiteur étranger s'esbaudit devant tant de splendeur offerte aux regards. Je ne parle pas seulement des filles, qui ont des gros nichons, mais des innombrables palais somptueux qui bordent la lagune vénitienne où la ville s'enfonce désespérément de jour en jour au rythme lent de sa propre décadence.
    Je viens de découvrir cette éblouissante cité agonisante et mon coeur se serre à cette évocation. En la quittant, je me suis dit : Jean, c'est à Venise que tu viendras mourrir. ( Depuis le 11 mai [81], quand je suis tout seul, je m'appelle Jean, en hommage à Jean Jaurès. )
  • Les belges
  • Les belges sont appelés ainsi parce qu'il prêtent à rire. Il y a deux sortes de belges : les wallons, qui sont assez proches de l'Homme, et les flamands, qui sont assez proches de la Hollande.
    L'hitoire de la Belgique est aussi insipide qu'une pensée de Bernard Hinault. Notons simplement que la France l'a annexée en 1795, et qu'en l'unifiant administrativement pour donner une impulsion décisive à son économie, Napoléon a plus fait pour l'éclat de la Belgique qu'Ajax ammoniaqué pour l'éclat de mes chiottes.
    Une-Fois 1r, le roi des belges, est totalement dépourvu d'intérêt.
  • Les allemands
  • Il y a deux sortes d'allemands : les allemands de l'ouest, qui s'entendent très bien avec les juifs, et les allemands des l'est, qui s'entendent très bien avec les russes. De toute façon, la loi protège très bien le juifs à l'ouest, et très très très bien les russes à l'est.
    Sexuellement parlant, les allemands de l'ouest, qu'on peut subdiviser en deux catégories, les hommes et les femmes, se reproduisent comme l'Homme.
    En revanche, chez les allemands de l'est, c'est plus compliqué. Il y a trois catégories : les hommes, les femmes, et les nageuses olympiques.
    Les nageuses olympiques est-allemandes ne peuvent pas se reproduire, bien qu'elles puissent éprouver une certaine jouissance, notamment en plongeant dans des piscines pleines.
    Les allemands sont très travailleurs. Contrairement au français, qui prendra sur ses heures de sommeil pour se reproduire, l'allemand prendra sur ses heures de baise pour bosser.
    Alors que l'anglais est flegmatique, l'allemand est cyclothymique, c'est-à-dire qu'il peut niquer sans tomber de vélo.
  • Les suisses
  • Les suisses sont appelés ainsi parce qu'ils sont vraiment très propres sur eux. Même les poux des clochards suisses se reconnaissent à la fraîcheur éclatante de leur teint scandinave.
    Il existe quatre sortes de suisses : les suisses allemands, qui parlent allemand, les suisses français, qui parlent français, les suisses italiens, qui parlent avec les mains, et les suisses romanches, qui feraient mieux de se taire. Je ne suis pas raciste, surtout depuis que je vis avec un Nègre.
    Les suisses s'appellent aussi les helvètes ? c'est un grand mystère. Normalement, un seul nom suffit. Est-ce que ma belle-soeur Fabienne s'appelle Claudine ? Est-ce que mon crayon Bic s'appelle Reviens ? Ah oui.
    En résumé, on peut dire qu'il y a encore plus de trous dans le gruyère que dans les suisses. Mais enfin bon, on n'est pas là pour enculer les meules. Alors, s'il vous plaît, je vous en pris.
  • Les israéliens
  • Les israéliens sont appelés ainsi parce qu'ils sont juifs.
    Les musulmans ne mangent pas de sanglier à cause des risques de maladies paritaire, je pense notamment au ténia de Rivoire et Carret : c'est un produit Solitaire, donc un produit sûr, mais c'est plus épuisant qu'une branlette quand on a pas vraiment envie.
    Israël est un pays assez laid et mortellement ennuyeux. Dedans, il n'y a rien, et autour, c'est plein d'arabes. La seule distraction des Israélien, c'est The Lamentation Wall, une boîte en plein air où on peut twister contre un mur en lisant un truc genre Coran dont le nom m'échappe à l'heure où, j'écris ces lignes, si tant est qu'on puisse appeler cela écrire. Ça ressemble au Coran, mais ce n'est pas le Coran, ni du Canada Dry.
  • Les canadiens
  • Il y a deux sortes de canadiens : les anglophones, qui parlent dans les angles, et les francophones, qui parlent normalement.
    Anglophones et francophones se vouent une haine tenace qui les incitent à s'entre-déchirer sans répis alors que la tempête fait rage et que les paquets de neige blafarde étouffent les cris moribonds du trappeur égaré dans l'immenseité insondable du Grand Nord d'où s'élève lugubre et âpre le meuglement désolé du canadadry, appelé aussi castor-tampax à cause de sa tête rouge et de sa petite queue blanche.
    Comment reconnaître un anglophone d'un francophone, quand on est sourd ?
    Portons un canadien à ébullition. S'il devient rouge, c'est un francophone. S'il ne devient pas rouge, c'est qu'il était rouge avant. C'est donc un anglophone.
    D'accord, direz-vous, mais comment reconnaître un anglophone d'un francophone, quand on est sourd et daltonien ?
    Je vous répondrai que si vous êtes sourd et daltonien, nous n'avons rien à nous dire. Pour avoir stagné une heure à un feu rouge derrière un sourd daltonien, je n'adresse plus jamais la parole à ces gens-là.
    Pourquoi les canadiens habitent-ils le Canada, alors qu'il fait un temps magnifique à Miami ?
    Tout simplement parce que les canadiens sont à la médiocrité ce que les têtes de cons sont à l'Île de Pâques : des monuments.
    [...] on sent d'emblée que l'homme est veule,mou, lâche, stupide et mesquin, voire socialiste.
  • Les eskimos
  • Les eskimos sont appelés ainsi pour que nous ne les confondions pas avec les phoques, qui s'appellent les phoques.
    Il existe des eskimos qui attaquent les ours blancs torse nu, au canif. C'est héroïque. Et l'héroïsme, c'est le seul moyen de devenir célèbre quand on n'a pas de talent. Dixit Bernard Shaw. Alors, s'il vous plaît, je vous en prie.
  • Les qatareux
  • Le pays oùvivent les qatareux s'appelle le qatar.
    Mais on peut aussi écrire Katar, en hommage à l'impératrice Katarina qui préférait cacher son q plutôt que de se faire pilonner dans les dunes katareuses où les amantes imprudentes risquent à tout moment de contracter l'intolérable vaginite râpeuse des sables durs, dites aussi la violette du bédouin, par allusion à l'aspect purpurin que présentait la verge de Lawrence d'Arabie quand il sortait de sa chamelle râpée.
    Chez la femme, la vaginite râpeuse des sables durs provoque des douleurs intolérables, même pendant les vêpres, où l'activité sexuelle est pourtant réduite. Au plus fort de la crise, la malheureuse est prise de convulsions et ne peut retenir ses cris atroces. Le seul remède efficace est l'ablation des cordes vocales.
  • Les turcs
  • Observons une carte de la Turquerie. Que voyons-nous ? Nous voyons qu'en dehors de sa partie européenne, qui représente moins du trentième de la superficie totale, la Turquerie est un pays de hautes terres. La chaîne Pontique, au nord, le Taurus, au sud, enserrent le plateau anatolien, mais si je continue à recopier le Larousse, ça va finir par se sentir.
    Les turcs sont moins sauvages que la plupart des bougnoules. Certains même sont fonctionnaires, d'autre ont des gourmettes. N'oublions pas que ce sont les turcs qui ont inventé les chiottes, qui distinguent l'homme de la bête. C'est en effet en 612 après Jésus-Christ que le grand Archie Merde s'écria Eurêkaka ! en sortant de ses latrines. Il avait eu l'idée de baisser son pantalon avant de chier.
  • Le monégasques
  • La principauté de Monaco est administrée par un tyranneau bouffi dont la femme se faisait sucer la langue par Cary Grant dans les films d'Hitchcock avant que son père, parvenu dans les cimenteries américaines, ne l'oblige à épouser le magestueux, rondouillard susnommé.
    Les monégasques ont-ils âmes ?
    Pour le savoir, ouvrons un monégasque, grâce à la vivisection dont nous déonseillons vivement la pratique sur les chiens car c'est fort douloureux. Que voyons-nous ? Entre la médaille de la Sainte Vierge et les poils du pubis, le monégasque ouvert sent la merde chaude : c'est l'intestin. Mais d'âme, point.
  • Les autrichiens
  • Les autrichiens sont appelés ainsi pour faire croire qu'ils ne sont pas allemands. C'est grotesque, car les autrichiens ne rêvent que d'être envahis par l'Allemagne dès la prochaine guerre mondiale qui ne devrait plus tarder maintenant si tout va bien et si le temps le permet.
    En revanche, les autrichiennes ne rêvent d'être envahies que par Paul Newman, alors que, si ça se trouve, Newman, c'est même pas son vrai nom.
    La capitale de l'Autriche s'appelle Vienne. Le charme de Vienne est décadent, un peu comme les nichons de Jeanne Moreau. Des mémères emperlouzées suintantes de lipides viennent y bâbrer d'autres graisses grasses au fond des salons de thé précieux où elles posent en soufflant leur cul catastrophique qui s'aplatit en clapotant obscéniquement sur le cuir boursouflé des banquettes impériales.
    Parmi les autrichiens célèbres, on peut citer Richard Strauss, inventeur du tournis, Romy Scheider, inventeur du Zizi impératif, et Sigmund Freud, inventeur du Paranoïaque. Sans Sigmund Freud, l'Homme ne saurait pas qu'il a envie de baiser sa mère. Ce serait la fin du monde.
  • Les chinois
  • Les chinois sont extrêmement nombreux. On peut evaluer leur nombre à beaucoup.
    Penchons-nous sur un chinois moyen. C'est facile. Le chinois moyen est tout petit. Qu'observons-nous ? Le chinois moyen est exactement comme un japonais. On ne peut absolument pas distinguer un japonais d'un chinois. C'est vraiment pareil.
    Les deux sortes de chinois sont : les chinois communistes, qui mangent les enfants, et les chinois nationalistes, qui mangent des conserves Saupiquet, si ça se trouve.
    Comment reconnaître un chinois nationaliste d'un chinois communiste ?
    C'est impossible. On dirait des japonais.
  • Les japonais
  • Les japonais sont appelés ainsi pour que nous ne les confondions pas avec les carcassonnais. Il existe d'ailleurs un moyen mnémotechnique fort simple permettant d'éviter cette confusion. On s'aperçoit, en effet, lors d'une relecture plus minutieuse, que si le suffixe onais est commun aux uns et aux autres, les japonais, en revanche, n'ont pas de carcasse, ce qui leur confére une souplesse exceptionnelle dans la pratique des arts martiaux et lors des accolements fornicatoires dont ils restent très friands, malgré la sévère politique de dénatalité en vigueur au Japon.
  • Les polonais
  • Ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ... Je ne sais pas pourquoi, cette chanson me fait penser à Varsovie.
    Pourtant, dieu m'est témoin que je ne suis point exagérément polakophile. Quand j'organise un week-end international à la maison, je mets les russes dans la chambre d'amis et les polonais dans la chambre d'ennemis. C'est vous dire.
    À part ça, il ne faut pas dramatiser. Si j'en crois la dépêche AFP qu'on m'apporte à l'instant, les conversations russo-polonais devraient incessamment déboucher sur un accord. Nos entretiens se sont déroulés sur un pied d'égalité totale, a notamment déclaré M. Gromyko, ministre des Affaires étrangères de l'Union Soviétique, à l'issue de son entretien avec son homologue polonais, M. Petit-Myko.
  • Les maltais
  • Le maltais moyen est petit.
    Le maltais petit est minuscule.
    Il n'y a pas de grand maltais. Il n'y a que toi, Hélène. ( Message personnel. )
    Désuète et volontiers monogame, la maltaise a généralement la peau brune et pulpeuse, et ses hanches de guitare en font un instrument accorte, au lit comme à la place. Mais attention. Quand je dis instrument, qu'on ne se méprenne pas. Je ne suis pas pour la femme-objet, au contraire : j'aime bien quand c'est moi qui bouge pas.
  • Les yougoslaves
  • Après le Seconde Guerre Mondiale, qui lui coûta un million six cent mille morts, en comptant les femmes, la Yougoslavie était exsangue.
    Bien vite, le maréchal Tito réunifia son pays, obligeant les serbes à dire bonjour aux croates, et redonnait un nouveau souffle à l'extraction de la plus grande richesse naturelle du pays, le lignite. En 1979, la Yougoslavie conservait encore son rang de cinquième producteur mondial de lignite, avec 41.7 millions de tonnes extraites à la sueur du front des croates et des dessous de gras des serbes qui slavent moins.
    Le 3 mai 1980, Julio Iglesias donnait un récital hispano-gluant au grand théatre populaire de Belgrade. Le lendemain matin, Tito mourait, sans avoir repris connaissance après l'entrecte. Cela dit, ce n'est pas non plus parce que Julio Iglesias a survécu à Brassens qu'il faut soudain à douter de l'existence de dieu.
  • Les swazilandais
  • Les Swaziland est un pays riche par son agriculture ( record mondial d'excédent agricole par rapport au PNB ), par les réserves de son sous-sol ( 20% du PNB ) et le nombre de ses Nègres ( 100% du cheptel ).
    La principale culture du pays est le maïs, dont les swazilandais sont très friands. Alors que les eskimos sont très friands de phoque. N'est-ce point là la preuve tangible de l'infinie bonté de dieu ? Car enfin, cornecul, si dieu était méchant, il aurait fait les eskinos friands de maïs et le swazilandais friands de phoque, et la face du monde en eût été changée. Tandis que là, non, tout va bien.
  • Les luxembourgeois
  • Le Luxembourg est un pays tout à fait insignifiant. S'il disparaissait du jour au lendemain dans quelque cataclysme local, personne au monde ne s'en apercevrait. C'est comme les petits enfants du monde qui meurent par milliers sans pleurer, le ventre tordu et les boyaux collés entre eux par le vide. Dans le journal de 20 heures du dimanche, le tiercé et Saint-Étienne-Sochaux prennent beaucoup de place, on ne peut pas aborder tous les problèmes.
    Le luxembourb compte 335 000 habitants, femmes comprises. Les luxembourgeois parles trois langues. C'est grotesque. C'est langues sont : le français, l'allemand et un dialecte atroce dont un breton ne voudrait pas.
  • Les sudafricains
  • Les sudafricains sont appelés ainsi pour que nous ne les confondions pas avec les norafricains qui ont non seulement le tyep norafricain, mais la gonzesse aussi.
    En sudafricanie, tous les européens pratiquent la ségrégation, à tart Ted.
    La télévision sudafricaine est l'une des meilleures du monde. Non seulement il n'y a jamais d'émissions avec Giscard, mais il n'y en a pas non plus avec Mitterrand.
    Les villes les plus connues de la sudafricanie sont Johannesbourg, Le Cap, Pretoria et Durban. Les villes les moins connues sont Potchefstroom, Vereniging, Witbank et Thabazimbi.
  • Les cubains
  • Quand ils sont ronds, les cubains sont cubiques. C'est pourquoi on les appelle les cubains.
    Cuba est une île assez difficile à dessiner, par rapport à la Corse. Malgré un climat tropical tout à fait exquis et la douce luxuriance d'une flore admirable, c'est plein de communistes.
    Très sémillants dans leurs costumes kaki, les soldats cubains aiment intervenir dans les pays africain où ils font des trous dans les enfants qui passent, pour faire avancer la démocratie.
    À l'instar de ma soeur qui vivote grâce au soutien de Paulo Gomina, Cuba survit grâce au soutien de l'Union Soviétique qui lui rachète à pris d'or tout son sucre pourri, en échange de quoi Castro vote coco à l'ONU dès qu'il a cinq minutes. Conséquence première de cette politique castro-sucrière de l'URSS, cinquante millions de citoyens soviétiques souffrent de diabète, et sont envoyés au goulag où ils sont privés de dessert mais pas méchamment juste pour les guérir.
  • Les chiliens
  • Contrairement à ma soeur dont les rotondités boulottes exacerbent les sens des employés du gaz, le Chili est maigrichon et tout en longueur. Selon une récente statistique de la SOFRES, sur cent personnes qui se masturbent devant une une carte du Chili, une seule parvient à l'orgasme.
    Le chili est le premier pays producteur de papier journal d'Amérique du Sud. C'est un très beau papier, très fin, souple à la caresse, et d'un magnifique blanc laiteux. Quand on écrit dessus Pinochet est un con, il redevient tout blanc avant même d'arriver au kiosque. C'est un miracle.
    Cela dit, c'est grâce à Pinochet que l'inflation a diminué de 380% à 33% en quatre ans, et tant que la misère effroyable et les tortures abominable ne touchent pas les riches, qui s'en plaindrait ?
  • Les singapouris
  • La magorité de la population de Singapour est anglophone, c'est-à-dire qu'elle parle dans les coins, qui sont fort nombreux dans l'île où la densité de la population dépasse 4 000 habitants au kilomètre carré malgré les protestations des golfeurs. La minorité non anglophone ne peut évidemment pas parler dans les coins, mais elle écoute dans les angles. Ça compense.
  • Les coréens
  • La Corée est appelée ainsi pour que nous ne la confondions pas avec les couilles, qui sont deux elles aussi, mais qui vivent plutôt en bonne harmonie margré le légère différence de latitude. Je le précise à l'intention des éventuels lecteurs imbéciles ou socialistes, la situation d'un communiste évincé est intolérable dans la mesure où elle le met brusquement en état de manque. Privé de son parti, le communiste s'étiole, se racornit, tremble des pieds à la tête et grimpe aux rideaux en poussant des cris stridents tels que : Georges, oh, Georges, reprends-moi ! sans préciser s'il s'agit de Marchais ou de Wolinski.
  • Les albanais
  • L'Albanie est appelée ainsi en hommage à Albanus 1r, qui réunifia le pays au XIIe siècle, en même temps qu'il pacifia les provinces de Centre. Souverain juste et bon, il mit fin aux guerres de religion en pratiquant l'extermination systématique des croyants, qui fit environ deux millons de morts, en comptant les gaullistes et les Krishna.
    Au centre de la place de la Glorieuse Marche Victorieuse du Peuple de la Masse Prolétarienne ( ancienne place La Bite au temps de l'ancien régime dont les moeurs dissolues en dehors des liens sacrés du mariage activèrent la chute de l'empire ), se dresse la statue en faux marbre du Réunificateur, récemment rebatisée statue d'Albanus Artificiel après la récente visite du pape à Tirana, la capitale.
    Les albanais restent incosolables deouis la mort de Staline en 1953. Moi-même, j'avoue que je refoule mal un sanglot furtif en évoquant cette grande figure dont la disparition m'a laissé sans ressort ; de même que celle d'Adolf Hitler qui me toucha d'encore plus près, dans la mesure où j'ai, dans ma propre famille, un cousin peintre syphilitique très occidental.
  • Les français
  • Les français sont nuls. Pas tous. Pas mon crémier, qui veut voir la finale Le Pen - Marchais arbitrée par Polac à la salle Wagram, mais les français coincés chafouins qui s'indignent parce qu'on a dit prout-prout-salope dans leur télé. Changez de chaîne, connards, c'est fait pour ça, les boutons. Quand vous voyez trois loubards tabasser une vieille à Strasbourg-Saint-Denis, vous regardez ailleurs. Eh bien, faites pareil quand il se passe quelque chose dans votre téléviseur.
    Ça va mal. Les russes arrivent et je n'ai rien à me mettre, et Cavanna pointe à l'ANPE. C'est la fin du monde.

Un réquisitoire

Françaises, français, belges, belges, Monsieur le Président, mon chien, troublante et pulpeuse soprano du barreau, monsieur le jovial roucouleur pyrénéen, - pouf pouf - oui : roucouleur grec (Ah Ah) - pardon -, Mesdames et messieurs les jurés, public chéri, mon amour.

Que la cour en son infinie bonté veuille bien me pardonner ma plume de plomb et ma gueule de bois. Vous avez devant vous, mesdames et messieurs les jurés, un homme en plein lendemains qui déchantent. J'étais hier soir l'invité d'honneur d'une folle soirée dansante, certes, mais surtout buvante qui se déroulait dans les locaux de la police judiciaire salle des innocents perdus -une salle immense-. C'était le premier festival annuel de la bavure. Qu'est ce qu'on s'est marrés! Le ministre de l'intérieur en personne était là. C'est lui qui a remis le bavoir d'or 1981 (rires, applaudissements) à l'inspecteur boniche, celui la même qui arrêta pierrot le mou chez Régine et pierrot le dur chez Rachel Welch. (rires). À lui seul, l'inspecteur boniche a réussi cette année à tuer 6 enfants et 2 chats lors de l'arrestation manquée de l'assassin de la pleine lune. L'assassin de la pleine lune appelé ainsi pour des raisons que la morale réprouve, et qui est recherché depuis six mois par toutes les polices pour le double meurtre de la chèvre de monsieur Seguin. Mais direz vous, monsieur le président, vous qui êtes nul, certes, mais clairvoyant, comment cet imbécile -c'est moi-, comment cet imbécile peut-il parler de double meurtre alors qu'il n'y a qu'une seule chèvre ? Je ne me trouble pas, Monsieur le président, et je réponds: n'est ce pas là la preuve flagrante que j'ai bien la gueule de bois ?

-Occire six enfants et deux chats pour rater l'assassin d'une chèvre, aucune bête au monde ne l'aurait fait. a déclaré le ministre sous les applaudissements nourris des 500 plus belles peaux de vache de France. Les plus grands noms de la police étaient là : l'inspecteur Bing de la brigade anti bang, le commissaire boum de la brigade anti gong, le brigadier chef Lepetit, dit larousse illustré à cause de ses traces de vérole, l'inspecteur Edmont Cu c'est du poulet, le commissaire Lephoque de la brigade des morses, sans oublier l'ex commissaire Bourel, complètement bourel qui continue de tirer au 11-43 malgré sa maladie de Parkinson et qui va sur ses 103 ans, sans lâcher ni sa pipe, ni sa foi dans le métier, puisqu'il est toujours sur la piste de Jacques Messrine. À l'issue du banquet, le commissaire Froussart a pris la parole pour fustiger publiquement les détracteurs de notre police, concluant avec un brio littéraire inattendu chez un homme d'action plus prompt à dégainer son flingue qu'a tirer son coup...tôt, son couteau. Pardon, le commissaire Froussart a fustigé les détracteurs de la police ,puis insistant sur le droit de la police à la bavure, il conclut sous les vivats : On nous dit Mort aux vaches, mais quand les vaches ont la fièvre aphteuse, on leur reproche pas de baver. Vive la bavure.

Cérémonie touchante donc, mais moins touchante tout de même que ces retrouvailles avec Luis Mariani, heu.. Georges Guétaré ...pardon ... Georges Guépary, excusez moi . excusez moi, j'ai toujours confondu Guétary et Mariano, parce que y en a un qui est grec l'autre il était pas grec... Mais enfin il est pas tombé loin quand même. Au fait qu'est ce qu'il devient Mariano? Mais, mais, à propos de Georges Guétary, relisons plutôt ces très belles pages des souvenirs de Maurice Genevois, dans son livre inoubliable : Ma Sologne c'est pas de la merde. Je lis, ne riez pas, M.G était un grand écrivain.

-Georges Guétary, c'est donc Maurice genevois qui parle Georges Guétary c'est toute mon enfance. je me rappelle encore c'était avant les événements, Je fais allusion a Sarajevo, dans la vieille cuisine basse aux murs noircis de fumée, grand père bourrait sa pipe de bruyère au coin de l'âtre. Sur la toile cirée usée jusqu'à la trame, grand mère avait posé le seau de fonte ou moussait encore le lait de Normandie de la noiraude. C'était l'heure douce et crépusculaire, où dans chaque ferme les paysans bourrus et grumeleux s'apprêtaient a confectionner la spécialité solognote la plus recherchée des fins gourmets: le yaourt bulgare, avec des vrais morceaux de braconniers entier dedans. Oh, pèrre, c'est l'heurre du yaourr disait ma grand mère. Alors grand père se levait doucement, essuyait ses noeuds...ses doigts noueux, comme des noeuds ... ses doigt noeuds, noueux, sur son pantalon, de velours sombre, qui en avait tant vu, sortait les petits pots de grès de l'armoire de chêne, les disposait sur la table, les remplissait du bon lait de la noiraude et tournait la manivelle du vieux gramophone sur la commode. alors la voix de Georges Guétary s'élevait vers dieu comme un gargouillis pathétique de sanitaire libéré. Aussitôt, Pataud, notre vieux chien rhumatisant se jetait par la fenêtre en hurlant, tandis que notre chat Fifi plongeait dans le feu plutôt que d'entendre la suite. Seule, seule grand mère restait impassible, elle s'était défoncée les tympans au tisonnier une bonne fois pour toute, la première fois qu'elle avait entendu LA ROUTE FLEURIE. Avant même le premier refrain, les yaourts s'étaient faits tous seuls. il ne restait plus qu'a boucher les pots et recoller le papier peint. Et l'auteur de Rabolio, qui, ne l'oublions pas grâce a Jacques Chancel est devenu presque aussi connu que Maître Cappelo a la fin de sa vie ... l'auteur de Rabolio conclut sur cette note optimiste : Quand on a entendu ne serait ce qu'une seule fois dans sa vie la voix de Georges Guétary s'élever au dessus des brumes de la plaine solognote, on comprend pourquoi les Russes n'ont jamais osé envahir la Sologne.

Merci a toi Georges Guétary, merci a toi, le Zorba du glouglou, toi dont l'organe aux accent troublants repris de bouche en bouche par des millions de boudins transits a plus fait pour l'extension de l'opérette en France que Monsieur latex pour l'extension de la capote outre-Manche. Georges Guétary, Messieurs les jurés, a mérité votre clémence. J'en demande pardon par avance a notre avocat pulpeuse et troublante, a qui j'ôte le sein de la bouche, de la douche, le pain ... , mais je le répète soyons cléments avec Guétary. Pourquoi? Pour deux raisons. La première, c'est qu'a l'heure ou je vous parle, il ne dit rien, et comme le disait si judicieusement le général De Gaulle après avoir assisté a la millième du chanteur de Mexico au Châtelet : Un chanteur d'opérette qui ferme sa gueule ne peut pas être tout a fait mauvais. Enfin, la dernière raison, c'est que Georges Guétary aura été l'un des rares artistes français a exporter le génie musical de notre pays au delà de nos frontières, jusqu'en Yougoslavie, ou je le lis dans le Dossier de l'Inspection, Il reçût deux chèvres du directeur de l'opéra. En fait c'était une chèvre pour lui et un bouc pour Mariano, enfin c'est pas ... C'était pour sa prestation géniale dans Le Baron Tzigane. Ce que Georges Guétary n'avoue pas a cause de sa grande modestie, c'est que d'est le maréchal Tito en personne qui lui a remis ces deux chèvres, pour le remercier en outre d'avoir composer l'hymne national yougoslave, le célèbre Tito est parti qui est encore plus beau que le Maréchal Nous Voilà, non c'est Tito est Partout, pardon excusez moi, Tito est Partout cet hymne vous vous souvenez : Tito Tito par ci, Tito Tito par là ...

Vivons heureux en attendant la mort

  • Prélude
    • Sur mon beau visage de prince pirate au regard franc, sereinement dardé sur l'espoir jovial d'un lendemain tranquille gorgé d'espoir vespéral, sur ce noble visage éclatant de santé, luisant de tendresse contenue et craquelé de cette fière couperose violacée qui envahit si joliment les vaisseaux capillaires dilatés d'intelligence aiguë des buveurs de bordeau graves, sur cette belle tête âprement nimbée de rigueur spartiate que l'adolescente enfiévrée brûlante de désir évoque en gémissant la nuit au creux du lit de sa solitude où ses doits tremblants d'une impossible étreinte se referment en vain dans l'attente affolée d'un éclair de plaisir (1), se lisait à l'évidence la joie tranquille de vivre à plein poumons sans la moidre appréhension de ma fin dernière.
      (1) Inspirez.
    • L'âge mûr, par définition, c'est la période de la vie qui précède l'âge pourri.
  • En attendant la mort
    • Chapitre chauve
      • De toutes mes forces, de toute la force de mon coeur, de toute la force de mon âme, je hais les coiffeurs.
      • J'ai horreur qu'un gominé à gourmette me chahute le cuir chevelu avec ses grosses papattes embagouzées aux ongles éclatants de vulgarité manucurale.
      • J'ai horreur qu'un Brummel de gouttière me gerbe dans le cou le crachin postillonnant des réflexions de philosophie banlieusarde que lui inspirent sporadiquement la hausse du dollard, l'anus artificiel du pape, l'inappétence sexuelle de la fille Grimaldi, la montée de la violence dans les quartiers cosmopolites et l'indisciplime problématique de la raie de mon quoi ? De la raie de mon crâne.
      • Car, à l'instar du pou, le coiffeur est un parasite du cheveu.
    • Chapitre vroum
      • Ste-thérèse :
        Je veux quitter ce monde et fondre en ton amour.
        Emporte-moi, Seigneur, vers l'éternel séjour !
        Le chauffeur de taxi :
        Vous avez un itinéraire préféré ?
    • Chapitre plat
      • C'est pas pour me vanter, mais il fait vraiment un temps à ne pas mettre un socialiste dehors.
        Même à Cannes, il fait un froid de poule, et à La Napoule un froid de canard.
      • Ah, ce n'est vraiment pas un jour à courtiser la gueuse sous les portes cochères.
        Comme le dit judicieusement le vieux dicton berrichon : Frisquette en novembre, bistouquette en pente.
      • Je décidai d'aller dîner chez Maxim's avec une espèce de vache normande que j'avais l'intention de traire le soir même pour me réchauffer la libido.
      • En attendant le suprême vinaigrier aux écorces vermeilles - les carottes râpées, si vous préférez -, je me défonçais l'entendement au whisky d'une main, tandis que, de l'autre, j'agaçais un pis de la Blanchette qui broutait ses olives grecques en meuglant sobrement un discours météorologique consternant de banalité sans issue.
      • Ayant atteint un degré de jovialité éthylique nettement au-dessus de ma moyenne habituelle, je décidai finalement de trombonner ma tête de bétail sans attendre la merveille écarlate dans son lit de pommes dorées à la bruxelloise ( la francfort-frites ).
        Observant un rite multimillénaire malheureusement tombé en désuétude dans les préludes amoureux contemporains, je commençais par écarter les autres mâles pissant autour de la table pour délimiter mon territoire :
        - Soyez mienne, maintenant, Priscilla, mon amour, dis-je au sac à bouse.
      • Que le lecteur m'autorise à garder pour moi la fin de ce conte de fées finement nimbé de tendresse bucolique, mais enfin ma vie privée ne regarde que moi.
    • Chapitre sexe
      • En revanche, ma vie publique regarde tout la monde. C'est pourquoi je me doit de vous narrer ma dernière partouze, chez la contesse Priscilla de Lorgasmonte.
      • Je pétrissais une attachée d'ambassade anglophone qu'un ancien président du Conseil besognait gravement, en ahanant de rauques exclamations bestiales d'où il ressortait en clair que l'aboutissement de ces va-et-vient n'était plus qu'une question de minutes, et que ce bouquet final allait être marqué par un débordement torrentiel remarquable au point de reléguer conjointement dans l'oubli la rupture du barage de Fréjus et la grande crue de 1910.
    • Chapitre fat
      • Je plains les gens petits. Ils sont les derniers à savoir quand il pleut.
        Peter Ustinov
      • Ah ! cornegidouille, si j'était le bon Dieu ou Jaruzelski, si, au lieu d'être ce misérable bipède essentiellement composé de 65% d'eau et de 35% de bas morceaux, je détenai la Tout-Puissance Infinie, ah ! avec quelle joie totale j'userais de ma divine volonté pour vous aplatir, vous réduire, vous écrabouiller, vous lyophiliser en poudre de perlimpinpin ou vous transformer en rasoirs jetables. Ah ! certes, vous êtes durs à jeter, mais qu'est-ce que vous rasez bien.
    • Chapitre nul
      • Que l'Inoubliable Auteur soit l'écrivain le plus doué de sa génération, j'en suis personnellement convaincu. Et je ne doute pas qu'un jour la lecture de ses livres me confortera dans cette opinion.
      • Je parle aussi des étudiants en lettres, j'en connais, dans ma propre famille, il y en a plein les coussins où ça ce vautre d'ennui en se goudronnant les poumons fumeux face à la télé blafarde d'où suinte inévitablement cette lugubre bouillie verbale de rock à la con écrite directement au balai de chiottes par des handicapés mentaux dont la poésie de fond de poubelle oscille périlleusement entre le bredouillis parkinsonien et la vomissure nauséeuse que viennent leur cracher à la gueule de feméliques débrits humains de vingt ans, agonisant précoces, les cheveux et le foie teints en vert par les abus d'alcool et de fines herbes, le tout avec la bénédiction sordide d'une intelligentsia crapoteuse systématiquement transie d'admiration béate pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la merde.
    • Chapitre star
      • Les homme naissent libres et égaux en droits.
        Qu'on me pardonne, mais c'est une phrase que j'ai du mal à dire sans rire.
      • Prenons une star, une belle star. Par sa beauté, cette femme n'est-elle pas un petit peu plus libre et un petit peu plus égale, dans la grand combat pous survivre, que la moyenne des homos sapiens, qui passent leur vie à se courir après la queue en attendant la mort ?
      • Quel profond imbécile aurait l'outrecuidance de soutenir, au nom des grands principes révolutionnaires, que l'immond boubin trapu qui m'a collé une contredanse tout à l'heure possède les mêmes armes pour asseoir son bonheur terrestre que cette grande fille féline aux mille charmes troubles où l'oeil se pose et chancelle avec une bienveillante lubricité contenue ? ( difficilement contenue )
    • Chapitre proche
      • Un bon voisin est un voisin mort.
        Diogène
      • Qui baise trop bouffe un poil.
        Moi (1)
        (1) Cette seconde maxime est sans rapport avec ce chapitre, mais je la trouve d'une grande beautée formelle, et je ne savait pas où la caser.
    • Chapitre beurk
      • _ Mexico, Mexiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
        _ Ta gueule !
      • J'en ai marre des chanteurs.
        Qu'est-ce que vous avez tous à chanter dans le poste ? Pourquoi ne faites-vous pas la peinture ? Même si vous n'êtes pas plus doué pour mélanger les couleurs que pour faire bouillir les bons sentiments, au moins, la peinture, ça ne fait pas de bruit.
      • Tenez, c'est simple, je suis prêt à faire un geste. Si vous vouliez nous le shunter une bonne fois pour toutes et vous mettre à la peinture, je m'engage solennellement à mettre à votre disposition l'immense fortune accumulée par ma famille pendant l'Occupation pour finacer une radio libre rien que pour vous. Ce serait LA radio que des millions de français comme moi attendent en vain : ça s'appellerait Radio-Palette, elle vous serait exclusivement réservée, à vous tous, chanteurs et chanteuses de France, et vous peindriez et nous vous écouterions peindre. Le nirvana.
      • Mais rassurez-vous, il n'y a pas que les chanteurs que je déteste. Je vous hais, je hais toute l'humanité.
        Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien. Plus je connais les femmes, moins j'aime ma chienne.
        Je trouve que les riches puent et je sait que les pauvres sentent.
      • C'est dur à porter, une peine pareille, pour un homme seul. Ça vous brûle de l'intérieur. On a envie d'aimer mais on ne peut pas. Tu es là, homme mon frère, mon semblable, mon presque-moi. Tu es là, près de moi, je te tends les bras, je cherche la chaleur de ton amitié. Mais au moment même où j'espère que je vais t'aimer, tu me regardes et tu me dis : Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c'était chouette.
        Je vous hais tous. J'en suis malade.
    • Chapitre pieux
      • Non seulement Dieu n'existe pas, mais essayer donc de trouvez un plombier pendant le week-end.
        Woody Allen
      • La nouvelle vient de tomber sur les téléscripteur. Sèche. Aride. En troit mots : Dieu est mort. Dieu s'est éteint il y a moins d'une heure, en son domicile paradisiaque, à la suite d'une longue et cruelle maladie. Il était âgé de ... Il était âgé.
      • Tout ce que l'on peut dire actuellement, c'est que le gouvernement, réuni en séance extraordinaire moins d'une heure après avoir appris la nouvelle, a décidé, en signe de deuil, d'interrompre pendant un quart d'heure les ventes d'armes que la France envoie traditionnellement au Tiers-Monde afin de contribuer en bonne place au génocide international.
    • Chapitre mort
      • J'ai rencontré la mort.
        Si je vous dis où, vous n'allez pas me croire. J'ai rencontré la mort à l'angle du boulevard Sébastopol et de la rue Blondel.
      • - Tu viens, chéri ?
        Je me doutais que la mort était femelle, mais pas à ce point.
      • - Je ne veut pas, madame. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui ça ne m'arrange pas de mourir. C'est bientôt Noël, n'est-ce pas, comprenez-moi. Je ne veux pas mourir aujourd'hui, madame. J'ai la sapin à finir ...
        - Ne sois pas idiot. Viens chéri. Si c'est le sapin qui te manque, je t'en donnerai, moi.
        - Mais puisque je vous dis que je ne veux pas mourir.
        - Pourquoi ?
        - Pardon ?
        - Sais-tu seulement pourquoi tu ne veux pas mourir ? Dit encore la mort.
  • Vivons heureux
    • Chapitre vif
      • Après avoir humé prudemment de droite et de gauche l'air saturé de cahaleur électrique, [un] premier hippopotame dit à [un] autre :
        - C'est marrant. Je n'arrive pas à me faire à l'idée qu'on est déjà jeudi.
      • Passe le temps et passent les semaines. Les hippopotames ont le spleen. Les jours sont opaques. Les nuits sont de cristal, mais l'hiver nous les brise.
    • Chapitre sourd
      • Cette histoire, je la dédie tout spécialement aux milliers d'aveugles qui me lisent et qui ont, j'en suis sûr mille fois plus d'humour que les faux-culs qui font l'aumône de leur pitié rabougrie en les batisant non-voyans avec une pudibonderie de bigots culs-pincés tout à faire répugnante. Mais qu'attendre d'autre de ce siècle gluant d'insignifiante où l'hypocrisie chafouine est instaurée en vertu d'État par la lâcheté des cuistres officiels qui poussent la fourberie jusqu'à chialer sur la Pologne en achevant du gaz aux Russes.
    • Chapitre pitre
      • Peut-on rire de tout ?
        Peut-on rire avec tout le monde ?
      • À la première question, je répondrai oui sans hésiter.
        Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.
        S'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout.
      • À la seconde question, je répondrai : c'est dur.
        C'est quelquefois au-dessus de mes forces, dans certains environnements humains : la compagnie d'un stalinien pratiquant me met rarement en joie. Près d'un terroriste hystérique, je pouffe à peine, et la présence à mes côtés d'un militant d'extrême droite assombrit couramment ma jovialité monacale.
    • Chapitre quinze
      • Pour savoir si Nantes est bien en Bretagne, nous allons procéder scientifiquement. Car c'est seuleument de la Science que peut jaillir le lumière. Cela, nous le savons, et pas seulement de Marseille.
      • Sans la Science, misérable vermisseaux humains, combien d'entre nous connaîtraient maître Capello ?
      • Et s'il n'y avait pas la Science, malheureux cloportes suinrants d'ingratitude aveugle et d'ignorance crasse, s'il n'y avait pas la Science, combien d'entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant de cinq ans ?
      • Portons [la nantaise] à ébullition. Que consatons-nous ? Nous constatons que la nantaise est biodégradable. De cette expérience nous pouvons immédiatement tirer une conclusion extrêmement riche en enseignements, que je résumerai en un phrase : nantaise bouillue, nantaise foutue.
    • Chapitre vert
      • C'est en 1635 que Richelieu Drouot créa l'Académie française. Pourquoi ce nom d'Académie française ? C'est la question que tout le monde se pose sauf les académiciens français qui s'en foutent du moment qu'ils n'ont pas froid aux genoux et qu'ils peuvent brouter tranquillement leurs crayons sous leur pupitre.
      • Pourquoi Académie française ? Eh bien justiment, pour éviter que les bougnoules étrangers ne vinssent poser leur cul basané sur les bancs des Français.
      • Pourquoi Académie ? Là, c'est plus compliqué. Je vous demande à tous un effort d'attention. Vous n'allez pas être déçus.
    • Chapitre plume
      • Aussi profonde et grave soit la douleur du poète, il faut savoir que quand on met un pétard allumé dans la culotte de Lamartine, il a l'air moins romantique.
        Toto Ruggieri, introd. aux Méditations poétiques.
      • Un, deux, un, deux, un, deux, un, deux, un, deux, un, deux, un, deux.
        Général Gamelin, Ma vie.
      • Françaises, français, aidez-moi !
        C. de Gaulle, Partouze à Colombey.
      • À la question : Les éditeur sont-ils un mal nécessaire ? 100% des maquereaux de Pigalle interrogés répondent : Oui, bien sûr. Si y a personne pour les pousser au cul, les livres y restent dans la rue au lieu de monter dans les étages.
    • Chapitre femelle
      • Vous m'apparûtes sur l'écran, mon amour - vous permettez que je vous appelle mon amour ? Je crus défaillir.
      • Je sentis le fa se dérober sous mes pas alors que, normalement, c'est le sol. Mes bras tremblaient, mes jambes flageolaient au gigot, c'est tellement meilleur, bref mes membres, je veux dire la plupart de mes membres, mollissaient.
      • Cette femme m'a rendu fou. Vous m'avez rendu fou, délicieux petit cabri sauvage indomptable. Ah ! femme étrange. N'abrites-tu point, sous le robe austère de la speakerine, la plus fine petite culotte de soie noire sauvage qui, comme un écrin de pétales veloutés d'orchidée sauvage, maintient dans la chaleur moitée de son duvet tendre les plus exquises rondeurs charnelles finement duveteuses où la tiédeur exangue de l'été finissant a laissé la dorure attendrie de ses rayons ultimes poser son sourire de cigale sur ton corps alangui que ma détresse exalte au soir de solitude où tu me laisses anéanti d'impuissance et totalement dérisoire devant cet écran glacé où je me cogne en vain, comme le papillon de nuit aveugle en rut se calcine la zigounette sur l'ampoule brûlante où la phalène poudrée l'attend les ailes offertes et le ventre palpitant pouune partie de trompe en l'air.
    • Chapitre fou
      • C'est vrai que la chair est faible. Cette nuit j'ai fait un rêve étrange et pénétrant par là. J'ai rêvé de Bernadette Lafont (1). C'est pourquoi aujoud'hui j'ai du mal à me concentrer.
        (1) Bernadette Lafont : bombe thermonucléaire et multimammaire capable de faire bander un arc-en-ciel ou de détourner un boutonneux communiste de la ligne de Moscou.
      • Je le jure, pour moi, la femme est beaucoup plus qu'un objet sexuel. C'est un être pensant comme Julios Iglesias ou moi, surtout moi.
        Pourtant, quand j'évoque Bernadette Lafont, je n'arrive pas à penser à la forme de son cerveau.
      • Rien au monde ne pourra jamais libérer mon esprit prionnier de vos charmes inouïs, madame : vos yeux étranges et malicieux, où je m'enfonce comme dans un bain de champagne incroyablement pétillant, votre poitrine amplement arrogante, véritable insulte à l'usage du lait en poudre.
    • Chapitre fin
      • Dans la fraîcheur ouatée de la cathédrale, Dieu ne m'est pas apparu parmi la cohorte bigoteuse des batraciennes et des batraciens de bénitier qui éructaient sans y croire les psaumes arides de leur foi moribonde avant de retourner se vautrer devant l'école des fans pour oublier les enfants de Tiers-Monde.
      • Alors j'ai pensé que Dieu était encore mort, ou qu'il avait baissé les bras, et je me suis dit que, si j'était lui, ça ne se passerait pas comme ça.
        Oh non, ça ne passerait pas comme ça, nom de moi de bordel de moi.
      • Une chose est certaine. SI j'étais Dieu et si je devais créer le terre, je m'y prendrais tout autrement. J'abolirait la mort et Tino Rossi.

Certes, je n'abolirais pas la mort pour tout le monde.
En effet, il me plaît de penser que, si j'était Dieu, il me serait infiniment agréable de conserver le statut de mortels aux bigots de toutes les chapelles, aux militaires de carrière, aux militants hitléro-marxistes, aux lâcheurs de chiens du mois d'août, aux porteurs de gourmette et aux descendants de Tino Rossi dont rien ne permet de penser qu'il hériteront de leur géniteur le moindre talent roucoulophonique, mais enfin on se sait jamais.