inrocks 2003
THE DSLAO PAGE
Liz Phair
Liz Phair
(Capitol)
Encroûtée et vidée, Liz Phair sidère par son
absence.
Sur la pochette du nouvel album de Liz Phair, un autocollant «
parental advisory ». On attend donc la suite logique de ses précédents
albums : crus mais jamais vulgaires. C’est l’échec : si Liz phair surprend,
c’est en négatif, dans une déception sans fond. Elle veut clairement
passer à la radio, plaire aux jeunes autant qu’à leurs parents.
Elle écrème les paroles, leur ôte toute sève,
toutes épines. Les garçons sont gentils, et l’amour, c’est
pour toujours (Rock Me, Good Love Never Dies). Au pire, quand elle
ose, elle dissimule sa subversion derrière une obscure abréviation,
comme sur H.W.C. (comprenez "hot white cum", « sperme chaud
»). Sur cet album de la dernière chance, l’ancien immense
espoir du rock américain en est réduit à se faire fabriquer
des hits en kit par les cliniques songwriters de The Matrix, manitous d’Avril
Lavigne, qui embourgeoisent tristement Liz phair. Son rock finit édulcoré
et lessivé, affadi et grossier. Hormis le passionnant H.W.C.
, qui aurait pu figurer sur un de ses précédents disques,
Liz Phair semble vouloir faire table rase de son passé, reprendre
à zéro, comme le suggère le titre éponyme de
l’album : elle semble pourtant plus proche de la ménopause que de
la maturité.
Déborah Demathieu.
Les Inrockuptibles, 2 juillet 2003.