Le Printemps de Pékin : Evènements du 01 mai au 07 mai 1989
Lundi 1er mai

Zhao Ziyang demande que l'on désavoue l'éditorial du 26 avril. Mais Li Peng rétorque que la décision a été prise par Deng Xiaoping en personne et qu'il est donc exclu de la remettre en cause. Zhao cède.
Les étudiants publient un journal, le Xinwen daobao, et tentent de s'organiser à l'échelon national.


Mardi 2 mai

L'Association autonome des étudiants de Pékin appelle pour le surlendemain à une grande manifestation de masse pour commémorer le Mouvement du 4 mai 1919 si, d'ici là, un véritable dialogue n'était pas engagé avec le gouvernement.
6000 à 10.000 étudiants manifestent à Shanghai contre les privilèges et pour la démocratie. Ils réclament en particulier la levée des sanctions ayant frappé le directeur de l'hebdomadaire réformiste World Economic Herald, M. Qi Benli, mis à pied la semaine précédente pour excès de libéralisme.


Mercredi 3 mai

Les autorités chinoises décident de jouer le transparence : ainsi, c'est la presse elle-même qui a révélé qu'une manifestation s'est tenue, la veille, à Shanghai (l'agence Chine nouvelle note quand même que cette manifestation était illégale). Yuan Mu accuse l'Alliance démocratique chinoise, force d'opposition « réactionnaire »en exil basée aux Etats-Unis et au Canada, d'être à l'origine des troubles. C'est la thèse du complot fomenté à l'étranger qui revient.
M. Yuan Mu a concédé que les autorités ne pouvaient pas à l'arrestation des agitateurs soupçonnés de « tirer les ficelles en coulisse » car « les bons et les méchants sont mélangés »... « Il serait stupide de notre part de les arrêter maintenant » car cela ne ferait qu'échauffer un peu plus les esprits, a reconnu le porte-parole.


Jeudi 4 mai

Le gouvernement ayant repoussé l'ultimatum des étudiants, un imposant cortège de 300.000 personnes environ prend possession de la rue pendant plusieurs heures. La population de Pékin exprime incontestablement son soutient aux étudiants ; 400 journalistes (y compris du Quotidien du Peuple), sont présents et revendiquent aussi la liberté de la presse en brandissant des banderoles significatives : « L'information doit être véridique », « L'ouverture dans les médias favorise la stabilité », et même, à l'adresse des étudiants : « Nous voudrions pouvoir dire la vérité, ne vous méprenez pas sur notre position ». Les contestataires leur lançèrent de grands : « merci ! merci ! ». Les contestataires leur lançèrent de grands : « merci ! merci ! »
Des défilés semblables ont lieu simultanément dans les autres grandes villes du pays, et cela malgré l'interdiction des autorités : Shanghai, Canton, Changsha, Wuhan, Xi'an, Hangzhou, Chengdu, Nankin, Changchun, Chongqing, Lanzhou, Taiyuan, Xining, etc.
Zhao Ziyang, numéro un du PC, appelle à faire preuve de « calme, raison, retenue, ordre et dévotion à la démocratie et à la légalité », appel qui semble s'adresser autant aux contestataires qu'au régime. Il souhaite l'ouverture de « consultation étendues » avec non seulement les étudiants, mais aussi les travailleurs, les intellectuels, les cercles non communistes et les personnalités de milieux sociaux divers.
Le numéro un du régime, M. Deng Xiaoping n'était pas présent à la réunion (qui se déroulait dans le Palais du Peuple, siège du gouvernement, devant plus de 3000 personnes) pour entendre ce discours, dont de larges extraits ont été retransmis à la télévision.


Vendredi 5 et Samedi 6 mai

Toute la presse a fait état, objectivement, du défilé du 4 mai, sans l'assortir du moindre commentaire négatif.
Li Peng reçoit les responsables de huit établissements d'enseignement supérieur, mais pour leur expliquer que le discours de Zhao Ziyang du 4 mai ne représente que son opinion personnelle, et que l'éditorial du 26 avril, en revanche, a été approuvé par Deng Xiaoping et émane du Comité central.




Retour au sommaire Sources :
Gallimard, Le tremblement de terre de Pékin Jean-Philippe Béja, Michel Bonnin Alain Peyraube, 1991 (p554-555)
Articles du journal Le Monde (Mai 1989)
Evènements suivants
Retour au sommaire