|
Des
gangs de rue de vieillards terrorisent les habitants
de Québec
Dimanche 6 juillet 2003, 15:55 HAE

Deux
prostituées des Bald Eagles
se préparent à aborder un client
potentiel. |
Décidément,
la ville de Québec en arrache de plus en
plus avec le phénomène des gangs de
rue. Après le Wolf Pack qui a fait les manchettes
avec son ignoble réseau de prostitution juvénile,
voilà maintenant que de nouveaux gangs encore
plus dangereux et méprisables sont en train
de prendre le contrôle de la ville. Ces gangs
très puissants et bien protégés
par des hauts placés à l'hôtel
de ville regroupent des gens de toutes origines,
contrairement à la plupart des gangs, qui
sont habituellement fondés sur une base ethnique.
Autre particularité de ces gangs : la moyenne
d'âge de leurs membres est... 70 ans!
«Ces groupes sont extrêmement dangereux,
malgré l'âge avancé de leurs
membres, a averti un porte-parole de l'escouade
antigang du Vieux-Québec. Ils se font passer
pour de gentils petits vieillards qui jouent au
bingo et vont traîner au centre commercial,
mais c'est exactement ce qui les rend si difficiles
à arrêter.»
Un des gangs les plus influents s'appelle les
Bald Eagles. Ce groupe, qui comprend plus
d'une cinquantaine de membres selon les informations
de la police, verse dans le trafic de médicaments
et recrute des prostituées parmi les vieilles
femmes vulnérables qui vont dans des endroits
publics sans être accompagnées. Ces
femmes deviennent les esclaves des membres du
gang et sont forcées de vendre leur corps
à des vieux hommes bourrés de viagra.
«C'est l'enfer sur Terre pour ces dames,
a expliqué un agent de la police de Québec.
Elles doivent subir les sautes d'humeur des membres
des Bald Eagles, tous des vieillards grincheux
qui continuent de croire que la place de la femme
est dans la cuisine et dans la chambre à
coucher. Elles vivent dans la peur et elles ne
peuvent pas en parler à leur famille, qui
risquerait de les placer dans un centre d'accueil,
ce qui rendrait la situation encore pire, puisqu'elles
se feraient administrer des tonnes de médicaments
en plus de se faire abuser physiquement, psychologiquement
et sexuellement par les préposés.»
Il y a un mois, le vol de la caisse d'un bingo
appartenant aux Bald Eagles a provoqué
une guerre avec un gang rival, les Grumpy Old
Bastards (GOB). La réplique n'a pas
tardé. Dès le lendemain, un membre
des Bald Eagles renversait avec son triporteur
un Grumpy Old Bastard qui déambulait
dans le Vieux-Québec avec sa marchette.
Le vieillard a passé deux semaines à
l'hôpital. Depuis, la population de la ville
de Québec vit dans l'angoisse de se retrouver
au mauvais endroit au mauvais moment.
«J'ai
peur de recevoir un coup de canne sur la tête
ou d'être forcé de laisser mon siège
dans l'autobus à un vieux, a dit un jeune
homme de 22 ans interrogé dans la rue.
Des fois, ils (les vieillards des gangs de rue)
bloquent volontairement la circulation en prenant
tout leur temps pour traverser la rue. Et que
se passe-t-il si, par mégarde, je dépasse
un Bald Eagle dans la file à l'épicerie?
Il va se mettre à m'engueuler et tout le
monde va me regarder comme si j'étais un
écoeurant alors que c'est lui qui fait
partie d'un gang de rue.»
Un
travailleur de rue de la Vieille Capitale croit
que ce phénomène s'est accentué
au cours des dernières années, parce
que la société ne propose pas des
perspectives d'avenir intéressantes et
adaptées aux besoins des personnes âgées.
«Ces gens arrivent à la retraite
et, soudainement, on les tasse dans un coin, on
les ignore, a indiqué Reynald Vandal. On
se doit d'inclure les retraités dans notre
société, si on veut vraiment mettre
un frein au fléau des gangs de rue de vieillards.
Ces vieux lancent un appel à l'aide, ils
sont déstabilisés. Dans le fond,
ce sont eux, les victimes.»
|