Cette présente étude se veut être une première approche de la question du rôle de l'information électronique dans la construction du savoir scientifique. En circonscrivant notre analyse à l'utilisation d'Internet dans la recherche en sciences sociales, des modifications de l'élaboration du savoir ont été mises en évidence.
Une partie de ce travail a mis au jour la naissance de nouvelles formes de communication. Associée à des pratiques nouvelles, l'utilisation de la messagerie électronique par les chercheurs a permis d'évoquer quelques aspects justifiant le renforcement de la communication par voie électronique.
L'étude de la mobilisation de l'information par Internet a également révélé le développement de cet instrument dans des pratiques de recherche. Considéré comme un centre de ressources important, il facilite l'accès aux données. Toutefois, il reste associé dans les représentations à un instrument de repérage ayant vocation à ouvrir des pistes de travail, plutôt que d'offrir les véritables moyens de mener une recherche.
Enfin, un dernier chapitre consacré aux conséquences d'Internet sur le travail de recherche précise l'avancée en terme de rationalisation des conditions de travail. La rapidité de circulation des informations et ses facilités d'accès sont les premiers éléments favorisant ces modifications. Cependant, les pratiques demeurent aujourd'hui encore très différenciées selon les utilisateurs. Des facteurs socio-professionnels engendrent des usages de l'outil non généralisés, particulièrement pour l'utilisation du Web qui, à la différence de la messagerie électronique, est moins apprivoisé.
Au regard du questionnement proposé dans ce travail, les résultats de l'enquête fournissent des éléments de réponse. Il ressort que l'utilisation d'Internet engendre fortement des modifications pratiques et formelles des conditions d'élaboration du savoir scientifique, qui sont facilitées et deviennent favorables à une accélération des tâches. En revanche, les méthodes de travail sont peu modifiées par le recours à l'utilisation du réseau. La maîtrise empirique de l'outil contribue surtout à dessiner des formes générales d'usage, même si certains plus personnalisés naissent.
Cette dernière caractéristique permet d'évoquer un phénomène en partie explicatif de cette situation de diversité des usages. Internet reste aujourd'hui un outil peu généralisé dans la recherche en sciences sociales. La difficulté rencontrée pour construire un échantillon d'étude en est une des conséquences.
Contrairement aux sciences exactes qui sont très présentes en ligne, la discipline des sciences sociales n'en est qu'à ses débuts. Il en est de même de la présence des chercheurs sur Internet, peu nombreux sont actuellement les sociologues. À titre d'exemple, les forums de discussion organisée par le CNRS sur les évolutions de la recherche n'ont amené que quelques dizaines de chercheurs en sciences sociales, alors que 2500 y sont dénombrés dans ses laboratoires.
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