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À l'heure de ce que l'on pourrait qualifier de la "massification de la recherche"41, le besoin pour les chercheurs de communiquer se fait de plus en plus nécessaire. Alors que l'on assiste à un foisonnement des publications de périodiques spécialisés, il devient "illusoire, pour le chercheur, toute tentative d'embrasser la totalité de la production dans son domaine"42.
Aussi, la communication formelle et informelle, qui cherche en partie à pallier cette impuissance, tend de plus en plus à se développer.
Plusieurs actes de communication jalonnent le travail scientifique, chacun répondant à des objectifs particuliers liés à l'état d'avancement des travaux scientifiques. Ghislaine Chartron en a repris les principaux dans son intervention lors du colloque "Une nouvelle donne pour les revues scientifiques ?" en novembre 199743.
Tout d'abord, lorsqu'une recherche débute, le chercheur entame une phase importante de communication informelle où se multiplient les discussions, les rencontres, les visites, les échanges de courrier. C'est ce processus social que Derek J. De Solla Price identifiait par la notion de "collèges invisibles".
Ensuite, des formes de communication orale comme les séminaires, les congrès et les colloques s'organisent pour discuter de travaux en phase terminale de développement. Souvent, ces discussions prennent ensuite une forme écrite à travers la publication des actes du colloque.
Enfin, la recherche aboutie est marquée par la publication d'un article dans une revue, qui témoigne également de la reconnaissance d'une communauté de chercheurs pour le travail réalisé.
Au regard de l'importance du rôle de la communication dans le travail du chercheur, nous avons cherché à voir, lors des entretiens, comment se positionne le support électronique dans cette fonction de communication, et quelles en sont ses utilisations.
Comme il a été écrit dans la partie précédente, seuls les principaux outils de communication accessibles via Internet ont été considérés, à savoir la messagerie électronique, les listes de diffusion et les forums de discussion.
Après analyse des entretiens, il s'avère que parmi les chercheurs interviewés, l'utilisation des listes de diffusion est assez faible et très épisodique au cours de leur travail de recherche.
Sur quatorze personnes, seulement cinq sont abonnées à une ou deux listes au maximum. Ce sont des listes relatives à des institutions, des instituts de recherche ou des établissements, comme le Bulletin Officiel par exemple.
Une première raison expliquant cette faible pratique des chercheurs tient au fait de la méconnaissance de listes de diffusion proches de leurs centres d'intérêts. Si un nom de liste n'est pas communiqué par un quelconque moyen, très faible sera le nombre de personnes qui iront les chercher spontanément.
Par exemple, deux des chercheurs en psychologie sont abonnés à la même liste de diffusion, pour la simple raison que le nom de cette liste circulait au sein de leur laboratoire. Cela tient également au fait que l'accès aux listes de diffusion n'est pas direct. Si l'on ne connaît pas de sites Web sur lesquels une inscription est proposée, il est difficile d'en trouver sur Internet.
La deuxième argumentation avancée pour justifier du peu d'intérêt porté aux listes de diffusion est proprement le faible intérêt de ces listes, "des listes d'envoi dénuées de toute forme d'intérêt" dit un sociologue. Le principe veut que chaque abonné reçoive dans sa boîte aux lettres tous les messages adressés à la liste par ses participants, ce qui rend difficile la cohésion des interventions. Le contenu peut donc aller de la brève information à une réflexion poussée, en passant par des remarques plus techniques.
Un sociologue a cité pour exemple une expérience qu'il avait eu sur la liste du "Research Committee" du Congrès mondial de la sociologie, où les échanges sur le débat quantitatif-qualitatif dans la recherche de mobilité sociale étaient particulièrement inintéressants.
Un autre sociologue, abonné de fait à la liste de diffusion de l'établissement auquel il appartient, avoue également effacer la plupart du temps les messages aussitôt reçus sans même les lire.
Aussi, il paraît difficile d'être garanti de la qualité de la liste de diffusion. C'est pour cette raison qu'un des étudiants chercheurs interrogés n'est pas abonné. En revanche, par l'intermédiaire d'une personne travaillant sur un sujet similaire au sien et abonnée à certaines listes, il a accès à certains messages qu'elle lui renvoie. Ainsi, un premier tri est fait et seuls les envois susceptibles de l'intéresser arrivent dans sa boîte aux lettres.
En somme, les listes de diffusion ne constituent pas des sources d'informations pertinentes, dans la mesure où celles-ci sont noyées dans un ensemble de messages parfois très divers les uns des autres. Le fait qu'il y ait trop de bruit sur ces services semble être un facteur dissuasif essentiel pour les chercheurs.
Encore moins que les listes de diffusion, les forums de discussion ne sont guère utilisés, voire pas du tout.
Parmi toutes les personnes interrogées, seulement une a affirmé en avoir consulté un plusieurs fois et envoyé un message. "Concernant les forums, je n'en ai consulté qu'un, celui du CNRS, pour la préparation du colloque qui a lieu justement aujourd'hui ou demain sur la réforme du CNRS. (...) C'est à partir de ces cinq forums que se fera le colloque, sur les problèmes d'évaluation de la recherche, des relations avec les universités. Tous les problèmes en discussion au CNRS avec la réforme d'Allègre ont été mis en discussion générale."
Dans ce cas précis, l'intérêt personnel et professionnel suscité est grand, puisque les discussions portent en partie sur son statut de chercheur, son rôle et les moyens offerts pour le mener. Cette utilisation du forum de discussion n'est en fait que ponctuelle et ne dessine pas une pratique. Comme il le dit lui-même, "c'est parce qu'il y a le colloque du 25, on attend tous les trucs de la réforme, donc je l'ai consulté souvent, une ou deux fois par semaine".
Parmi les autres chercheurs qui n'utilisent pas du tout les forums de discussion, certains ont fait la démarche d'en consulter au moins une fois pour savoir ce que c'était. Ils expliquent alors leur désintérêt et leur absence de pratique par le manque de contenu des forums. "C'est typiquement le genre de chose que je n'utilise pas, je n'y vois aucun intérêt. Ce n'est pas là que j'ai trouvé des choses passionnantes" déclare un sociologue.
Chercher de l'information sur un forum de discussion est considéré comme une perte de temps, "trop de temps perdu à lire tout et n'importe quoi", affirme un autre sociologue. Et même s'il peut y avoir des informations intéressantes, le temps passé à les sélectionner paraît beaucoup trop long comparé à la valeur de l'information.
De même que pour les listes de diffusion, les forums de discussion sont très souvent désappréciés pour le bruit que l'on y trouve.
La messagerie électronique est, de loin, le service de communication le plus utilisé par les chercheurs.
Toutes les personnes interviewées en font usage et l'ont adopté de manière généralisée pour communiquer avec leurs collègues. Quelques chercheurs déclarent utiliser le mail principalement avec des collègues étrangers. C'est le cas de deux sociologues interrogés dans le cadre de cette étude.
Toutefois, chez les autres personnes, l'envoi de messages par Internet s'est généralisé avec les collègues et autres relations de travail possédant une adresse électronique. Ce nouveau moyen de communication autorise des échanges variés.
Tout d'abord, les contacts réguliers lors du travail de recherche se déroulent de plus en plus par mail. Ceux-ci vont du message purement informatif, comme le rappel d'un colloque, jusqu'à l'échange plus ou moins informel sur des sujets particuliers.
Par exemple, un étudiant chercheur déclare communiquer avec des personnes travaillant sur des sujets semblables au sien, et qui peuvent lui être utiles pour sa thèse. Un autre chercheur précise que des questions de recherche, des problèmes bibliographiques, et autres questions théoriques sont aussi abordés lors de ces échanges.
À côté de ces échanges de contenu, la messagerie électronique est utilisée pour prendre contact avec certaines personnes. Par exemple, un sociologue relate un échange de mails avec un professeur américain de l'université de Chicago où il doit se rendre dans quelques mois. Ne la connaissant pas, le courrier électronique lui a semblé opportun pour se présenter à elle.
La circulation d'informations pratiques passe également par la voie électronique. Quelques chercheurs (au nombre de trois) ont spécifié ce type d'utilisation du mail. Il s'agit d'envoi de fichiers contenant des informations brèves et pratiques (rappel d'une date, etc.). Une enseignante chercheur en psychologie illustre cet usage. Elle prend l'exemple des communications qu'elle a au sein de son université, et qui constituent des échanges de questions d'organisation de l'enseignement. Un autre enseignant chercheur en sociologie déclare échanger des informations administratives avec le secrétariat et le service comptabilité du laboratoire par l'intermédiaire du mail, ainsi que toute information administrative touchant à l'enseignement qu'il dispense (planification pour la prochaine rentrée, etc.)
Outre ces utilisations qui rentrent au sens strict dans des relations professionnelles, la fonction de lien social du courrier électronique n'est pas écartée par les chercheurs. La plupart du temps, il s'agit d'entretenir des relations avec les personnes de son proche entourage. Ainsi, un sociologue déclare que "cela permet de rester en contact avec les personnes avec qui on travaille, et d'avoir des contacts plus personnels où on parle de différentes choses". À titre d'exemple, un chercheur en sociologie explique envoyer aussi des messages de sympathies et de soutien mutuel avec quelques collègues, car "il faut quand même le côté humain".
De l'étude de ces trois services, il ressort que seule la messagerie électronique est exploitée par l'ensemble des chercheurs interrogés. Pour des raisons qui ont été évoquées ci-dessus, l'utilisation des listes de diffusion et des forums de discussion semble présenter un attrait moindre. De ce fait, le travail suivant sera orienté principalement autour des usages du courrier électronique.
L'utilisation régulière du courrier électronique par les chercheurs exige d'en préciser les contours. Certes, générales sont les pratiques de communication avec les collègues, comme cela a été évoqué dans le chapitre précédent. Néanmoins, avec ce nouvel outil, de nouvelles formes de communication se construisent, spécifiquement liées à la nature électronique et en réseau du support qu'est Internet.
Une analyse des échanges électroniques des chercheurs interrogés montre qu'une part des messages reçus et envoyés concerne la gestion de communications orales. Cinq personnes ont déclaré utiliser le mail en vue de la préparation et de l'organisation de rencontres, comme les colloques, les séminaires, ou encore les réunions de jury.
Un des sociologues relate cette pratique qui est systématisée au sein du réseau de chercheurs travaillant sur le même domaine de recherche que lui. A titre d'exemple, un message est présenté en fin de mémoire (annexe 1), qui illustre une manière dont peut prendre forme ce genre d'informations par courrier électronique.
Une enseignante chercheur en sociologie précise également cette utilisation du mail en s'appuyant sur la préparation de journées d'études dont elle a la responsabilité. Ainsi, une grande partie de l'organisation de ces rencontres, qui auront lieu en automne prochain, se déroule via la messagerie électronique. Les interventions y sont précisées, quant aux dates et aux contenus, ainsi que d'autres points relevant de l'organisation matérielle, comme le nombre de participants, le matériel pédagogique mis à disposition, etc.
Un troisième type d'organisation de rencontres, illustré entre autres par un sociologue, a été mis en avant au cours de certains entretiens. Il s'agit de la mise en place d'une réunion de jury. Alors que la soutenance de thèse devait avoir lieu à Aix-en-Provence, la personne explique que "toute l'histoire de rendez-vous pour le jury, ça s'est fait par e-mail".
Ces quelques exemples d'utilisation du mail présentent ici un éventail de certaines pratiques des chercheurs interviewés. Loin d'être généralisées à la totalité de notre échantillon, puisqu'elles concernent seulement un tiers des personnes interrogées, elles révèlent néanmoins des manières spécifiques d'utilisation de l'outil.
Les chercheurs utilisant la voie électronique pour organiser des séminaires ou des colloques s'accordent à dire que le mail se prête facilement à ce genre d'utilisation. "Il permet de garder des traces écrites des rendez-vous, des dates et des lieux ; alors que le même message transmis par téléphone oblige à noter simultanément à la conversation les informations, sous peine de les oublier."
De plus, "le mail permet très facilement de travailler à plusieurs dans un temps réduit, ce qui est important pour toutes les histoires de rendez-vous, de réunions, etc.". Ainsi, comme le déclare un sociologue, le courrier électronique est "un outil d'un intérêt non négligeable pour coordonner l'action collective."
L'échantillon de la population étudiée comptait au total cinq personnes reliées à l'enseignement, qu'elles soient enseignants chercheurs ou étudiants chercheurs. De ce fait, les relations de professeur à élève constituent une partie de leur communication.
Parmi ces personnes, quatre déclarent utiliser le courrier électronique pour ce type de relation.
Du côté des professeurs, les échanges par mail avec certains de leurs étudiants permettent d'entretenir des relations régulières au sujet de leurs travaux. Un enseignant sociologue cite en exemple le suivi d'une étudiante de maîtrise par voie électronique. "Par exemple, elle m'envoie un texte de sept ou huit pages, et alors je réponds tout de suite." Ou encore, "de temps en temps, à mes étudiants qui ont une adresse électronique, je leur envoie des petits trucs qui peuvent les intéresser".
Cependant, ce genre de communication n'est pas encore très développé, ni systématisé. Un sociologue interrogé relate une expérience ; "j'ai donné des cours à Paris V au premier semestre, j'ai mis au tableau mon e-mail pour les étudiants, au cas où il y aurait la moindre question... mais ça n'a pas marché".
Pour cause, peu nombreux sont les étudiants pour qui la messagerie électronique constitue un moyen de communication privilégié. De plus, la relation professeur-élève est encore marquée par une grande formalité. "Les étudiants sont parfois timides, ils n'osent pas", explique ce même sociologue. Enfin, pour un suivi d'enseignement, la relation de face-à-face ne peut être complètement absente. Elle est nécessaire "ne serait-ce que pour avoir des discussions à bâtons rompus, un peu plus informelles que celles qui s'installent lorsqu'on passe par l'écrit".
Les observations des deux étudiants chercheurs interrogés apportent des compléments sur ce genre de relation. Chacun avoue avoir des échanges de courriers électroniques avec ses professeurs responsables respectifs.
Cependant, là non plus, ces communications ne sont pas généralisées sous cette forme. Elles sont principalement utilisées à titre informatif, c'est-à-dire dans le but de tenir informer le professeur du bon déroulement du travail. Un des étudiants raconte qu'il utilise la messagerie électronique avec son professeur "parce que c'est plus pratique que d'obtenir un rendez-vous". Et au niveau du contenu, "je lui écris où j'en suis, et la plupart du temps, ça ne demande pas spécialement de réponse".
Ainsi, il ressort de ces relations professeur-élève par voie électronique qu'il s'agit plutôt d'une manière nouvelle et spécifique d'entretenir un suivi d'enseignement. Elles ne sont pas encore suffisamment développées, ni dans la forme, ni dans le fond, pour prétendre supplanter les relations directes de face-à-face. Cependant, elles ouvrent des perspectives en matière de transmission de l'information, notamment avec la possibilité de joindre au message un fichier contenant un travail.
Évoquée dans le paragraphe précédent, la messagerie électronique possède la caractéristique de faciliter la transmission de l'information. Cette spécificité est prise en compte par les chercheurs. Ainsi, plus de la moitié des personnes interrogées expliquent utiliser le mail pour faire circuler des informations en vue de projets de publication ou d'articles.
Ces échanges de contenus interviennent selon diverses modalités.
Tout d'abord, le courrier électronique devient un outil privilégié pour organiser des projets collectifs. L'expérience d'un sociologue en fournit un exemple. "Il m'est arrivé, par exemple, de diriger un livre collectif en utilisant le mail. On peut facilement recevoir par fichier attaché des bribes, des bouts d'articles." De la même manière, ayant vécu l'expérience inverse, il explique que le courrier électronique est "aussi pratique pour envoyer des fichiers attachés, par exemple des projets d'articles ou des publications pour un livre collectif". Ce type de communication est également pratiqué par une des enseignantes chercheurs interviewés. Elle précise que, pour ses trois chantiers de publication actuellement en cours, elle utilise le mail pour échanger avec les autres membres de la rédaction ses premiers papiers, et au fur et à mesure les nouvelles moutures.
D'autres chercheurs font état de leurs échanges dans le cadre de collaborations. Ainsi, un sociologue, devant intervenir lors d'un colloque, raconte quelques utilisations du mail en vue de sa préparation. "Par exemple, avec des amis, on a organisé un colloque de jeunes chercheurs, et quinze jours avant d'organiser le colloque, on s'est tous échangé nos e-mail et on s'est envoyé des passages ou des résumés de nos interventions en attente de réaction."
En dehors des projets collectifs, le mail est aussi utilisé par les chercheurs pour de simples travaux individuels. Notamment pour la rédaction d'article, il permet les mêmes facilités que lorsque l'on travaille à plusieurs.
Un premier exemple est illustré par les propos d'un sociologue lors de son entretien. "Une personne m'a contacté pour un article. Je lui ai demandé son adresse e-mail pour lui envoyer par document joint les premières ébauches, elle m'a envoyé les consignes types de rédaction également par document joint. Ce n'est seulement qu'au bout de quatre ou cinq mails qu'elle m'a appelé pour me dire de ne toucher à rien."
Un second exemple cité par un autre sociologue en explique la facilité. "Le courrier électronique permet de dresser très rapidement des demandes de papiers. Par exemple X de la revue Alternatives économiques me demande un papier sur l'évolution des codes, les changements des inégalités. Il m'envoie par mail une petite commande puis je lui renvoie immédiatement les données pour le graphique dont il a besoin et ainsi de suite."
Ces possibilités de circulation de l'information, de manière facile et rapide, incitent également à discuter plus facilement des contenus et des propos envoyés.
"Internet permet de discuter plus les papiers", explique un sociologue. "Il m'est arrivé de recevoir des articles pour la revue Mouvement assez rapidement par mail, et de ce fait d'en discuter tout de suite après, d'autant plus que toutes les discussions des autres circulent aussi entre nous."
Le jeune chercheur ayant organisé un colloque, dont il était question ci-dessus, fait le point de son expérience. "Cela n'a pas fonctionné avec tout le monde, mais avec une personne entre autres, on s'est fait des commentaires... Elle m'a envoyé le plan d'un article qu'elle avait à écrire en document joint et je lui ai envoyé par e-mail mes commentaires, et inversement."
Ainsi, il apparaît que l'envoi de documents liés à un projet de recherche ou à un projet d'article suscite, dans la plupart des cas, un échange un peu plus poussé. Comme le souligne un chercheur en psychologie, "la rapidité du mail fait que l'on veut aussi y répondre rapidement. Alors, quand on reçoit un article d'un collègue, on répond le plus tôt possible".
La circulation entre un réseau de personnes accentue aussi cet effet "boule de neige". Plus on reçoit de propos de collègues, et de commentaires de ces propos, plus on sera enclin à en envoyer soi-même.
De plus, la facilité pour intervenir sur un document envoyé par mail favorise ces échanges. "On peut très facilement commenter l'article d'un collègue, on peut insérer dans le texte ses propres commentaires, rajouter des choses etc.", explique un sociologue.
Ces différentes formes d'utilisation du mail illustrent des pratiques spécifiques, pour la plupart d'entre elles peu partagées, mais néanmoins intéressantes au regard de la question de l'élaboration du travail scientifique. De nouvelles perspectives sont ouvertes, comme par exemple une avancée vers le télétravail. La réalisation de publications par voie électronique en constitue un exemple.
Aussi, est-il nécessaire de mesurer plus précisément les modifications apportées par ces pratiques sur la construction des savoirs et sur les représentations de ces savoirs.
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