Mobbing
Le Mobbing
Page consacrée à tous ceux et celles qui ont été et sont victimes de harcèlement

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Les Passantes

Antoine Pol

Stéphane Persyn précise
que le poème des Passantes chanté par Georges Brassens, n'a en fait pas été écrit par ce dernier, mais par un auteur jusque là inconnu, nommé Antoine Pol.
Georges Brassens a trouvé ce poème dans un établissement de droits d'auteurs . Il a alors demandé à l'auteur, Antoine Pol, l'autorisation de le mettre en musique...
qui a accepté. Ils avaient pris rendez-vous un mois plus tard, car Brassens voulait le rencontrer...
Antoine Pol est décédé (de vieillesse) une semaine avant leur rencontre. L'un des grands regrets de Brassens, fut de ne jamais avoir connu cet homme.

La réponse en mariage


Vous désirez ma main ? soit je vous l'abandonne,
mais prenez-vous d'amour pour l'esprit qui l'anime,
montrez d'avance un coeur douillet et magnanime
et pardonnez au temps, qui jamais ne pardonne.

Mon corps, dont la beauté vous a été promise,
n'est-il pas tout entier promis à la poussière ?
ma secrète vertu, par vos vertus conquise,
n'est elle pas déjà par nature, éphémère ?

Cherchons dès aujourd'hui notre seul vrai visage,
Voyons ce qui s'efface et ce qui vient du coeur,
L'oeil qui nous embellit nous blesse d'avantage,
Plus tard il est aussi précis qu'il fut rêveur.

Vous désirez ma main ? soit, je vous l'abandonne,
mais prenez-vous d'amour pour l'esprit qui l'anime,
montrez d'avance un coeur douillet et magnanime
et pardonnez au temps, qui jamais ne pardonne.


Giani Esposito

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