Chroniques anarchaféministes discrimination violence

Anarchiste individualiste

On essais avec ce qui dépend de nous

Chroniques anarchaféministes discrimination violence

A L'OUEST, RIEN DE NOUVEAU!


En avril dernier, l'édition roumaine de Play Boy titrait :"Comment frapper sa femme sans laisser de trace". S'y trouvait les méthodes policières universelles à l'oeuvre dans tout bon commissariat qui se respecte.

Heureusement, de ce côté-ci de l'ex-mur, Play Boy est de plus en plus supplanté par de nouveaux magazines.

Dans ces derniers, on prétend que les hommes ont changé (comme ça, tout seul), qu'un NOUVEL homme est né...

Le NOUVEL homme fait la cuisine, s'occupent des enfants, s'intéresse à sa santé et fait attention à sa PARTENAIRE SEXUELLE (c'est comme ça qui disent...) sinon elle se barre (c'est comme ça qui disent aussi...).

Le nouvel homme fait attention à sa partenaire SANS perdre de vue sa santé. Dans un magazine masculin du mois dernier, sous le titre "Chérie, un p'tit coup de gym?" , on pouvait trouver des conseils de positions sexuelles permettant de se muscler.

Le tout décrit comme une séance d'entraînement. Avec changement de coté pour pas risquer une hypertrophie du fessier gauche...

Et miracle!

Toutes ces positions sont particulièrement apte à faire jouir la partenaire sexuelle.

La nouvelle nature masculine est bien faite....

Je m'disais aussi, si y'avait eu la révolution, j'l'aurais su quand même.…



Il est un pays formidable

En fait, ce n'est pas un pays, c'est un réseau. C'est Internet, une invention stratégique militaire passée dans le domaine civil. Tous les sondages le montrent, tous les sexes, tous les âges s'en servent. Les personnes âgées économisent ainsi des déplacements et restent en phase avec leurs petits-enfants. Les adultes actifs s'en servent comme outil de travail ou comme bibliothèque, les ados se connectent à des sites « pour eux » et c'est là que des pédophiles partent chasser leurs futures victimes. Dans ce pays formidable, c'est d'ailleurs là que le bat blesse, le mot-clé le plus demandé est « sexe ». Les sondages tiennent aussi à notre disposition des données sur l'utilisation sexuée d'Internet. En France, le site le plus consulté par les femmes (207 milliers de visites) est Auféminin, un site « féminin » : adresses pratiques, bons plans, questions de société. Puis viennent Télérama (92), Degriftour (133), Libération (115). En France, le site le plus consulté par les hommes (143 milliers de visites) est Porncity, un site « masculin » ? vulves béantes, verges démesurées, pas un préservatif à l'horizon. Puis viennent Babylon-X (125) Sexspaces (101), Pasdeprobleme.com (113).


C'est intéressant, cet espace de liberté qui s'ouvre est aussitôt assailli par les exploiteurs et les exploités de la misère sexuelle. Souvent, les exploités se révoltent et cherchent à mettre fin à leur exploitation mais là, non. Ils sont contents, c'est plus discret, moins cher, plus varié, plus extrême aussi. C'est tout juste si leurs exploiteurs ne reçoivent pas des emails de remerciements des consommateurs exploités de la misère sexuelle, étrange trahison de « classe ».


Les sondages ne disent pas si les femmes, les hommes et les enfants ainsi prostitué-e-s ont eu le choix ; ni ce que serait leur choix avec une formation de leur choix, une protection face aux réseaux de proxénétisme et une amnistie sur leur CV. Les sondages ne disent pas non plus si cette marchandisation des corps, cette sollicitation sexuelle qui attend les hommes à chaque tournant publicitaire ne les entraînent pas dans la spirale de la violence. Une société qui organise un statut d'objet pour les femmes organise ainsi la violence à leur encontre.


Betty F.


A la vie, à la mort


Il est des anniversaires et des coïncidences. Le 06 décembre 1989, 14 des élèves filles de l'école polytechnique de Montréal étaient assassinées par un homme. Il avait écrit une lettre expliquant son geste par la haine des femmes et des féministes. Ce 06 décembre 2000, ont été publiés les résultats de l'enquête nationale sur les violences envers les femmes. Le chiffre énorme qui en est ressorti est celui des viols. 48 000 viols en un an, cela représente 131 viols par jours, 1,3 par commune. La violence crée la culpabilité chez la personne qui en est victime. Ce sentiment de culpabilité empêche de la dénoncer. Reconnaître « oui, je suis victime » est une véritable épreuve, libératrice certes. Ainsi, nous ne pouvons non seulement pas mettre en doute ce chiffre mais aussi prend conscience que derrière ce chiffre, il y a une véritable masse de femmes qui disent « pas ce soir, je suis fatiguée, j'ai mal à la tête » autant de véritables « non » jamais entendus et qui subissent un véritable viol.


Régulièrement, la dénonciation à l'incitation à la guerre des sexe est brandie. Mais qui tue qui ? Qui viole qui ? Qui détruit au quotidien une vie au moins ? Après le massacre de polytechnique, le choc a poussé des hommes à se mobiliser en tant qu'hommes contre la violence des hommes contre les femmes. De même qu'il y a eu des comités d'insoumis, d'objecteurs. Car effectivement une véritable guerre a lieu dont les morts et les blessés sont ces femmes qui ont tenté d'échapper à la violence domestique et dont la tentative se solde par leur meutre, celui des enfants et parfois, par le suicide du meutrier. Ces hommes qui aiment d'autres hommes dans la clandestinité et qui subissent les expéditions punitives de loulous en mal d'identité virile. Ces femmes qui aiment d'autres femmes au grand jour et dont les pères entendent venger leur honneur. Ces sœurs qui font du théatre et qui sont vitiriolées toujours au nom de l'honneur.


La liberté d'autrui étend la mienne à l'infini. Ce dont un autre humain est capable, moi aussi j'en suis capable. Entre liberté et capacité s'articule le choix individuel dont découle notre positionnement politique : entendre le « non » sous toutes ses formes d'expression est ainsi redonner sa valeur au « oui ».


Eugénique ta mère

Depuis quelques mois maintenant, les efforts d'Aubry pour enterrer les rapports Nizan et Uzan ont été réduits à néant. D'abord, l'attaque médiatisée de l'extrême droite a obtenu le retrait de la pilule du lendemain des infirmeries des établissements scolaires du secondaire. Et puis, campagne électorale oblige, les députées socialistes se sont aperçues qu'il y avait là une part d'électorat à séduire. Or donc, notre fils de maïeuticienne de Premier Ministre a sonné la charge. De la mêlée est ressortie une position politique quelque peu incongrue : Nizan, après avoir plaidé pour l'allongement du délai de 10 à 12 semaines d'aménorrhée, est revenu sur ses convictions. Il estime maintenant qu'un délai de 12 semaines ouvre la porte à une menace eugénique, notamment en fonction du sexe du tas de cellules. Cet homme a-t-il voyagé ? En Inde ou en Chine, où le déficit de femmes est déjà estimé à plusieurs millions et où « la mode » est à la polyandrie ? En Afghanistan où, tous les jours, des femmes meurent prématurément par manque de soins, par accidents dus aux contraintes vestimentaires ou en se suicidant ? A-t-il essayé de marcher quelques mètres avec ce grillage devant les yeux ? Mais en France, me direz-vous mon brave monsieur ? En France où le combat féministe est rangé avec les pattes d'eph' ? De futurs parents pourraient-ils refuser la parentalité d'une fille ? Quelles seraient leurs motivations ? La discrimination sexiste dès la grossesse puisque accoucher d'une fille est dévalorisé. La discrimination sexiste à l'école où les filles sont pourtant plus adaptées et moins bien enseignées. La discrimination sexiste sur le lieu du travail : à travail égal, salaire inférieur et production dévalorisée. La discrimination sexiste à la retraite que les femmes touchent incomplète à cause des accrocs de parcours ou du travail invisible accompli auprès d'un conjoint artisans ou indépendant. Cette différence qui fait « tomber enceinte » les filles ; toujours ce fameux problème d'équilibre.

Lady Mimi