Catholiques : 2000 ans de dictature morale

Anarchiste individualiste

On essais avec ce qui dépend de nous

   Contre le patriarcat

Chaque 8 décembre, Lyon s'illumine, depuis plus d'un siècle, de petites bougies appelées lumignons. L'explication de cette étrange coutume est que, au moyen âge, la peste aurait été miraculeusement arrêtée aux portes de Lyon par la vierge Marie, suite aux supplications des Lyonnais à son adresse...le 8 décembre a, depuis, été consacré au culte à Marie par nos catholiques locaux..

Hélas, même si cette coutume semble faire moins d'adeptes parmi les lyonnais, elle est depuis des années, dans une ville tenue par les catholiques, amplement promue par la mairie, qui en fait une véritable fête municipale.

Depuis l'élection de R.Barre, sympathisant notoire de l'Opus Dei, aux dernières municipales, et avec le centenaire de la construction de la basilique de Fourvière cette année, on imagine bien l'enjeu que représente le 8 décembre 1996, conçu comme le point culminant de cette « fête de tous les lyonnais » qu'était censé représenter le centenaire de Fourvière .


A travers ce culte de la vierge Marie, la religion catholique dévoile son vrai visage : un moyen d'oppression, et, en particulier, de reproduction du patriarcat, que l'on peut constater aussi bien dans les textes contemporains qu'anciens, et qui ont, aujourd'hui encore, des conséquences très concrètes et très aliénantes...


La femme « vertueuse » : mère, chaste et soumise


Marie nous est présentée, par opposition à Eve, comme l'archétype de la femme vertueuse : « le noeud dû à la désobéissance d'Eve, s'est dénoué par l'obéissance de Marie ; ce que la vierge Eve avait noué par son incrédulité, la vierge Marie l'a dénoué par sa foi » (1).Cette citation d'un texte contemporain montre bien la vertu de la femme selon l'Eglise : elle doit accepter d'être fécondée, dans l'ignorance de son corps, par un inconnu, et rester vierge toute sa vie (dogme de l'Immaculée Conception : Marie serait restée vierge, même après avoir accouché ! ). Eve, quant à elle, est vraiment le modèle à ne pas suivre : elle a désobéi  à Dieu (le Père !), pour sortir de son ignorance. De là découle le péché originel : le péché de chair, qui consiste, notamment, à découvrir que l'on possède un sexe et que ça peut servir à autre chose qu'à se reproduire. Une femme sexuée comme Eve ne peut être que Satanique, une femme vertueuse ne peut qu'être excisée, au moins mentalement, à l'exemple de Marie.


De plus, et ce même dans le nouveau Testament, la femme est inférieure à l'homme, comme l'énonce si bien Saint Paul : « Je veux que vous sachiez que le chef de tout homme, c'est le Christ ; que le chef de la femme, c'est l'homme ; et que Dieu est le chef du Christ » (2). Toutefois, le mari ne peut plus répudier sa femme (ce qu'il pouvait faire selon l'Ancien Testament ), et si l'adultère reste un péché, elle ne mérite plus lapidation (« que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre »), alors qu'auparavant même les victimes de viol étaient lapidées pour adultère ! Ces adoucissements de la répression anti-femmes sont probablement le reflet de l'évolution de la société judaïque à cet égard. En effet, les religions, en reprenant à leur compte les valeurs de la société où elles se créent, ont pour fonction de les pérenniser. Elles servent donc, en même temps qu'à admettre quelques progrès, à verrouiller toute possibilité ultérieure de progrès : la parole divine est éternelle, donc l'homme est éternellement le chef de la femme, etc...Et à cet égard, on peut remarquer que le voile n'est pas le monopole de l'Islam : « Toute femme qui prie ou prophétise la tête découverte manque d'égard à son chef (...). Quant à l'homme, il ne doit pas se couvrir la tête, car il est l'image de la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme. » (3) . d'où sans doute le foulard des bonnes soeurs, et les coiffes traditionnelles, tombées en désuétude en même temps que le poids du catholicisme se réduisait dans la société !


« Dieu le Père » et ses fils...


Dans la Bible, la Création et la filiation sont deux notions fondamentales. La manière dont il en est parlé est révélatrice d'une volonté d'en faire une « affaire d'hommes », et donc de nier aux femmes tout rôle là dedans. Premièrement, qui a créé l'univers ? Dieu le Père, qui, à défaut d'avoir un sexe, se décline au masculin, et « se met enceinte »...pour accoucher de l'univers (rien que ça !). Dans la Genèse, l'homme, Adam, avec l'aide de Dieu son Père, accouche de la première femme, et s'écrie, tout ébahi de ce qui est sorti de son corps : « c'est l'os de mes os et la chair de ma chair ! ».On peut aussi noter, par exemple, que sous l'intitulé « la liste des patriarches d'Adam à Noé »(4), toute la liste de filiations est, comme par hasard, patrilinéaire : un fils est fils de son père, et non de ses deux parents, et de plus aucune fille n'est nommément citée dans la liste. Enfin, Marie n'est là que comme mère de l'enfant de Dieu (le Père !), elle n'est finalement qu'un outil du père et du fils. Les seules femmes jouant un rôle « positif » dans la Bible, le font en tant que mères des enfants des hommes, des prophètes, ou de Dieu (Sarah, Marie...). Tels sont les rôles des unes et des autres selon cette religion.


Féminisme et lutte antireligieuse


Les religions sont-elles pour autant par essence patriarcales ? On pourrait très bien, dans une société matriarcale, où la place des hommes serait aussi insupportable et inadmissible que l'est la nôtre dans la société actuelle, imaginer une religion avec « Dieu la Mère » et ses filles ! Ou encore, dans une société avec égalité des sexes, une religion aliénant les deux sexes de la même manière ! Par conséquent, le féminisme ne remet pas nécessairement en cause la Religion. Mais de même, on pourrait imaginer une société sans religions, où, par un discours liant intrinsèquement les rapports sexuels à une violence envers notre corps et notre désir (type « Gainsbourg », par exemple), et par conséquent niant pour nous (les femmes) toute possibilité de plaisir sexuel, hormis de type autodestructeur, un ordre moral de type patriarcal et puritain serait maintenu (puritain, car si je n'ai que souffrance à attendre des rapports sexuels, je préfère de loin l'abstinence !). La Religion est donc un outil de reproduction du patriarcat, puissant car s'appuyant sur des choses telles la peur de la mort, mais non absolument indispensable. Ce que la Religion est par contre par essence, en tant que de toute manière son fondement est la soumission à Dieu, c'est un moyen de maintien de tous les systèmes de domination réels ou imaginables. Foncièrement, la Religion ne peut donc que promouvoir des valeurs conservatrices et aliénantes, qu'en tant qu'anarchistes nous combattons.


L'aliénation au quotidien...


Ici et maintenant, ce discours religieux a des conséquences très concrètes et catastrophiques. Par rapport au droit à l'avortement, seul l' « intérêt de l'embryon » est défendu par ceux et celles qui s'y opposent (l'Opus Dei par exemple). Pour eux, la femme n'est qu'un « lieu de vie » pour l'embryon, une sorte d'éprouvette mobile. Son seul droit est le silence : elle n'existe même pas dans leur argumentaire ! Ils réussissent, petit à petit, à faire réduire les crédits des centres d'IVG, et à réduire de plus en plus, dans les faits, notre liberté.

Pour ce qui est de la contraception, le constat est aussi catastrophique : quelle information sur le sujet pour les jeunes et les adultes ? Quelle égalité d'accès quand une boîte de préservatifs, une pilule moderne, ne sont même pas remboursés ? Combien de lycées équipés de distributeurs de préservatifs ? Et en Afrique, combien de villages rayés des cartes à cause


CATHOLIQUES : 2000 ANS DE DICTATURE MORALE !

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