HISTORIQUE DE LA CONFRERIE
Dés la fin du XIIème
siècle, la région Midi Pyrénées est
sous l'influence de l'hérésie cathare.
L'Ariège ne sera pas épargnée. En effet,
la dame Esclarmonde de Foix répand l'hérésie
en Ariège et contraint les habitants de la région
à respecter les règles de vie cathares ; celles-ci
prônent le détachement de tout plaisir terrestre
: jeûne et abstinence sont forces de Loi. Toute l'Ariège
est occupée par les Cathares, ... à l'exception
d'un village peuplé d'irréductibles, résistant
encore et toujours à l'envahisseur. Ce village a pour nom
MOULIS.
Gachy-Vugigrant, sieur de Lastronques, vénérable
habitant de Moulis, bon vivant devant l'Eternel, ne peut accepter
la vie que la Comtesse Esclarmonde impose.
En 1206, il invita, donc, quelques amis et notamment le sieur
Montégut en Cousserans, établi en son château
éloigné de quelques lieues, qui, comme lui, aimait
ripailles et festins. Le repas resta longtemps inégalé
par la qualité et la quantité des mets servis. Pas
moins de trente plats : rôtis de hérons cendrées,
de paons en plume d'apparat, d'oies à la sauge, de perdrix
aux choux, brochets grillés sur un lits de romarin accompagnés
de verjus, pâtés de palombes et d'alouettes et cochon
de lait farci de gingembre et de châtaignes. Le sieur Gachy-Vugigrant
avait servi les meilleurs vins qu'il avait fait venir par barriques
du Gers et du Languedoc tout proche.
Au cours de ce dîner, orgueil de la cuisine française,
les dames furent conviées, pour la première fois
depuis bien longtemps, à partager ce repas. En effet, afin
d'éviter toute tentation, les cathares évitaient
leur présence.
Grand Erudit, Gachy-Vugigrant avait connaissance de la vie et
des us de certains gentilshommes, qu'on appelait les Paladins,
officiers du Palais, seigneurs de la suite de Charlemagne, dont
le plus célèbre s'appelle Roland, qui selon nos
sources, livra bataille aux Maures, à Siguer en Ariège.
Ces chevaliers errants étaient aussi connus pour leurs
exploits guerriers que pour leur coup de fourchette et leur galanterie.
Modèle de courtoisie et de vaillance, le Paladin est toujours
prêt à sacrifier sa vie pour son Dieu, son roi, sa
dame. Leurs repas sont restés légendaires et l'on
comprend que le sieur Gachy-Vugigrant ait voulu faire revivre
l'esprit des Paladins en une région et une époque
si élignées de leur art de vivre.
Au cours de cette soirée, les invités au nombre
de douze jurèrent de dresser table et bonne chère
au moins une fois par mois en leur demeure, ce qui fut fait
pendant de nombreuses années au cours de repas bien arrosés
de vin de clairet, de grenache, de cervoise ou d'hydromel.
En mémoire de ces illustres Chevaliers,
En mémoire de Charlemagne, qui ouvrit, le premier,
les portes de ses banquets aux gentes-dames,
Et, afin de partir en croisade contre l'hérésie
cathare, Gachy-Vauvigrant et ses amis décidèrent
de s'appeler :
Confrérie des Epicuriens
Paladins
La Confrérie fut placée sous les auspices de Dyonisos
et d'Epicure.
Le sieur Gachy-Vauvigrant fut nommé par ses pairs Grand-Maistre,
tandis que le sieur de Montégut fut établi Grand
Chambellan.
Ces derniers ont promis de défendre bonne chère,
poésie et bon vivre.
Prés de huit siècles
se sont écoulés.
1996 vit la renaissance de la Confrérie
des Epicuriens Paladins.
A la mémoire de leurs vénérables
ancêtres, ses Dignitaires ont promis
de défendre le bien vivre, le
bien manger et le bien boire.