SAINTDENIS

 

EPICURE

 

INTRODUCTION

C'est François PERIN,qui, dans son ouvrage « Franc parler »,(Ed. Quorum),  n'hésitait pas à affirmer qu'il avait redécouvert la philosophie antique comme réponse adaptée à notre temps. Il citait spécialement la doctrine d'EPICURE (341-270 avant Jésus-Christ) en rappelant qu'elle avait exercé un influence considérable durant l'Antiquité. Si l'importance de cette doctrine a été édulcorée, notamment par rapport à celles d'autres philosophes grecs, c'est peut-être parce qu'elle semblait inconciliable avec la doctrine chrétienne. Parfois ramenée à une volonté de jouissance immédiate et sans limite, elle n'était plus au goût du jour dans l'Occident chrétien.

 

 

L'idéal est de permettre à chacun de se faire sa propre opinion au départ des textes originaux. Malheureusement, ceux qui nous sont parvenus sont rares. Aussi, nous parait-il intéressant de proposer, la LETTRE SUR LE BONHEUR ou LETTRE A MENECEE qui constitue un texte venant en droite ligne du philosophe lui-même ainsi que la LETTRE A PYTHOCLES et

la LETTRE A HERODOTE ou LETTRE SUR L'UNIVERS ou LETTRE SUR LA PHYSIQUE.

 

 

LETTRE SUR LE BONHEUR

LETTRE A PYTHOCLES

LETTRE A HERODOTE

 

 

Définition

 

La définition de l’épicurisme dans le  Larousse Encyclopédique permet de situer le contexte :

 

« On entend sous le nom d’épicurisme la doctrine d’Epicure et des épicuriens. Il convient de distinguer dans cette doctrine une physique et une morale, étroitement rattachées l’une à l’autre. Le monde est constitué par des atomes qui se rencontrent, s’agrègent et se désagrègent dans le vide, non sous l’action des divinités, mais en vertu du hasard absolu. L’âme est matérielle et se dissout à la mort, comme le corps. Le philosophe épicurien est libre et débarrassé des terreurs de l’enfer ; il se détourne des biens passagers pour s’attacher au bien fixe et durable. Cette recherche du bien est l’objet de la morale épicurienne.Le bien, c’est le plaisir. Non pas le plaisir grossier qui entraîne à sa suite tant de maux, mais le  plaisir en repos, sur l’explication duquel varient les philosophes. Une autre formule : évite la douleur fait mieux comprendre la nature de ce plaisir. Le suicide est un remède préconisé contre la douleur persistante ou intolérable. En somme, l’épicurisme est une doctrine, non de volupté, mais de mesure et de bon sens. La sage épicurien est un sage, il n’est pas un héros. »

Selon le Professeur COULOUBARITSIS de l'Université Libre de Bruxelles,(voir Bibliographie) : "on peut résumer l'éthique épicurienne dans la formule des quatre remèdes gravés sur une pierre d'un portique d'Oenoanda (par Diogène d'Oenoanda, l'un des derniers disciples connus vers la fin du 2ème siècle de notre ère), et qui reprennent le plan de la Lettre à Ménecée : "Il n'y a rien à craindre des dieux"; "Il n'y a rien à craindre de la mort"; "On peut supporter la douleur"; "on peut atteindre le bonheur".

Relire le texte originel, peut apporter quelque surprise. C'est EPICURE qui écrivait "Ce ne sont pas les banquets et les fêtes ininterrompus, ni les jouissances que l'on trouve avec des garçons et des femmes, pas plus que les poissons et toutes les autres nourritures que porte une table profuse, qui engendrent la vie de plaisir, mais le raisonnement sobre qui recherche les causes de tout choix et de tout refus, et repousse les opinions par lesquelles le plus grand tumulte se saisit des âmes".

 

 

VIVRE EN EPICURIEN

                                                                        François Busnel     (Le Vif/L’Express – 11.07.03.)

  1. Rechercher le bonheur, conçu comme élimination de ce qui nous fait souffrir
  2. Ne pas craindre la mort
  3. Vivre au présent et non dans les souvenirs ou l’attente du futur
  4. Refuser de croire aux dieux, à la providence ou à quelque finalité (rien n’est prémédité, pas même l’ordre et la beauté du monde)
  5. Admettre l’existence d’une infinité de mondes au-delà du nôtre
  6. Adopter une hygiène de vie qui repose sur l’équilibre naturel :  la nature est le seul guide
  7. Considérer que toute quête, parce qu’elle est sans fin, nous entraîne au-delà de ce qui est, en nous, naturel, et nous écarte ainsi du bonheur
  8. Philosopher, puisque penser est la seule activité qui peut rassurer l’homme, dissiper les ténèbres de l’âme et lui permettre d’atteindre cette tranquillité qui est la condition du bonheur.

                

 

Dernière révision faite le : 14 août 2003

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