Objectifs de la communauté  
Une Eglise dans
la haute Vallée de l'Hérault








Avoir une histoire, être précédé est à la fois une richesse et un poids.  En Cévennes notre histoire nous amène à confondre assez facilement  Eglise et ethnie, peuple de Dieu et peuple cévenol.  Il faut dire que les cévenols expatriés et nostalgiques ainsi que les offices de tourisme ont largement contribué à l'apparition et la diffusion de clichés et de mythes. Pourtant, c'est aussi une chance d'avoir une histoire.

Le cliché c'est un pasteur en robe noire prêchant dans un "temple" cubique et austère, des paroissiens  à la moyenne d'âge avancée venus à pied, quelques fois de hameaux éloignés, participer à un culte ou l'on chante les psaumes huguenots....  La réalité c'est une Eglise en prise avec de graves problèmes sociaux impliquée dans des actions auprès des "Sans Domiciles Fixes". Le mythe c'est... le Musée du Désert, les camisards, la Tour de Constance, les galériens, les héros pour la Foi. La réalité c'est une Eglise qui construit un "temple" et un presbytère dans le village voisin en pleine expansion.  Le cliché c'est une famille cévenole entrain de lire la Bible à la lueur d'une bougie, la réalité c'est une Eglise qui a fondé une maison de retraite pour ses "vieux" parce que l'exode rural et la disparition de l'industrie textile a obligé les jeunes à partir laissant ceux qui les ont précédé seuls.

Hier les huguenots sont partis vers les pays de refuge. Aujourd'hui, le mouvement s'est inversé,  c'est dans les Cévennes qu'on vient se réfugier mais pour d'autres raisons.  Dans les années septante et quatre vingt,  fuyant les grandes cités, les "néos" (abréviation de néo-cévenols), comme on les appelles sont arrivés porteurs d'espoirs et de révoltes. Vingt ans après, l'échec et  l'amertume ont gagné du terrain et généré beaucoup de désillusions.  Dans la plupart des cas, ces populations ont une recherche spirituelle à laquelle les Eglises ont bien du mal à répondre. C'est par la création de groupes de réflexion autour de la Bible et par l'accompagnement pastoral individualisé que notre paroisse essaie de répondre à cette nouvelle demande.   Aujourd'hui,  une nouvelle vague d'immigration transforme encore la physionomie des Cévennes : ce sont  les laissés pour compte, les Sans Domiciles Fixes, les nouveaux pauvres. Il est clair  que pour celui qui n'a plus rien,  il est plus facile de survivre dans les Cévennes que dans une grande ville du nord de la France. Alors, on s'expatrie vers le sud, le soleil...  De nombreux petits "mazets", anciennes cabanes de bûcheron ou de paysans où l'on rangeait naguère les outils et où, à l'occasion, on pouvait laisser les chevaux ou se reposer, ont été reconstruites par ceux qui les squattent. Depuis maintenant plus de vingt ans, cette communauté d'accueil fonctionne pour ces laissés pour compte. Plus de 50 d'entre eux sont accueillis là. Ils peuvent ainsi, petit à petit, se réhabituer au travail, principalement par l'agriculture, et réapprendre à se gérer, le tout dans une ambiance chrétienne.  Beaucoup d'imagination est nécessaire pour permettre à des gens qui ont vécu de nombreux échecs d'insertion sociale de se  remettre debout.  Le mot  même d'insertion n'est plus prononcé ayant perdu tout son sens. On essaiera plutôt d'être témoins d'un autre marginal, celui qui arpentait les chemins de Palestine et que sa société rejetait aussi. Ainsi petit à petit, il sera possible pour certains de cheminer vers une autre manière de vivre cette  marginalité...  

Au niveau social, l'Eglise de la Haute Vallée de Hérault, c'est aussi une maison de retraite,...etc.

L'Eglise de Ganges a essayé de réagir aux mouvements de population en suivant ces derniers. Alors que les villages des Cévennes se dépeuplent,  ceux qui se situent en plaine, entre Montpellier et les montagnes sont en pleine expansion. Traditionnellement catholiques, aucune de ces  villes nouvelles n'avait de communauté protestante.  Alors, l'Eglise de Ganges a décidé de devenir "l'Eglise de la Haute Vallée de l'Hérault" et de s'étendre vers la plaine. Avec l'appui de nos institutions régionales et nationales, un nouveau poste de pasteur a été créé et une Eglise est en construction.  Un maçon et des équipes de bénévoles ont travaillé pour achever une construction sur Saint Martin de Londres.

L'Eglise de la Haute Vallée de l'Hérault, c'est aussi trois lieux de culte, des catéchismes, des études bibliques, des camps de jeunes, une chorale et bien d'autres choses encore.

Consciente du poids de son passé  et des défis du futur, l'Eglise de la Haute Vallée de l'Hérault  veut éviter de devenir une association culturelle protestante  dont le but serait de conserver le souvenir des ancêtres. Elle se veut résolument tournée vers l'avenir, cet avenir où son Dieu l'attend déjà.
 
 

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