MIREILLE DISDERO SEASSAU mireille disdero-seassau

 

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Perdita D. ( Carnets de voyages )  / feuilles de route - Tanger -

lettre à  Pascale   /  je me souviens

  Quartiers Nord, Marseille. La Bricarde  

BLACK & WHITE  / musique froide  / à Prague

nuits magnétiques  / Sienne

 

Mireille Disdero-Seassau 

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Rien ne peut fermer ma voix, me faire taire, crier de froid - 
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- Et pour le profond accès à la vie, j'entre dans le contraste. En arpenteur des feuilles d'encre, celles qui blêmissent demain dès l'aube, simplement, je vous écris... -
 
Dans la région d'Aix en Provence, je cultive les ocres. J'ai deux enfants jumeaux de 14 ans, une maison en Italie de 200 ans et des poussières, un DEA de Lettres Modernes et d'Art... Je dois maintenant terminer une thèse sur l'écriture et l'Internet (je devrais).
Je suis guide de mots en atelier d'écriture, écrivain jeunesse surtout, et responsable (du secteur jeunesse aussi) de la médiathèque de ma ville. 
Etrangement, j'aime le Quattrocento, la musique intensément, les forêts de châtaigniers et l'Italie... J'aime rencontrer les livres, l'amitié, toujours plus, partir dans le désert, toujours loin, à la recherche de nouvelles terres d'encre.

M.D.S 

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Il est toujours captivant d’écouter comment un écrivain, un poète, se présente, ce qu’il nous dit et ce qu’il veut que l’on entende de sa voie , ce qu’il donne au lecteur dans ses champs d’omissions.

[ " Il y aurait une écriture du non-écrit. Un jour ça arrivera. Une écriture brève, sans grammaire, une écriture de mots seuls. Des mots sans grammaire de soutien. Egarés. Là, écrits. Et quittés aussitôt."/ M. Duras/ Ecrire (Gallimard 1993)]

             Ici la poésie est lieu et le lecteur y est à la  place centrale, libre de cueillir les mots premiers dans l’insigne pudeur chaude, suave, et sensuelle de la saveur des vers alignés comme des sanctuaires.

Dans la poésie de Mireille Disdero-Seassau l’humain est au centre de l’écrit, il en occupe tout l’espace préfiguré, figuré et à figurer, il est à la fois acteur auteur, acteur du grand jeu et auteur passif. Elle laisse au temps de notre monde sa vocation irrévocable, celle de se décliner au présent du subjectif.

Et puis il y a sa façon d’écrire en minuscules ce qu’elle veut faire passer en majuscules. Le partage est le maître fil de cette écriture . Elle sait que personne ne peut s’autoproclamer issu d’humanité mais simplement qu’avec le verbe et sa magie on peut tenter cette fantastique conquête. Sur ce chemin aucune pause possible car s’arrêter serait trahir. Elle nous chuchote sans repos le passage. Vivre l’essentiel ,en dire rien de plus que ce que comprend ce seul apprentissage.

Mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix. L’exigence poétique s’impose comme compagnon par défaut des solitudes suprêmes de la lucidité, vivre dans le rapport comme entreprendre les relations de ce voyage d’un jour qu’est notre vie.

 

Alors pas de surprise quand elle dit aimer étrangement ( comprendre avec curiosité ) le Quattrocento, siècle fondateur où l’humain fut placé au centre du monde et où la connaissance ( entendre sagesse) fut la valeur suprême ; quand elle nous dit aimer la musique intensément, cette jumelle de  poésie dans son dialogue direct avec l’âme ( entendre essence même de l’homme dans le souffle qu’il s’est forgé de lui-même)et sa chair confondues ; quand elle nous témoigne de ses déserts, de son toujours plus loin.

 

C’est donc vers cet univers où les mots se déplacent souvent plus vite que nous, où écrire est toujours un accident et vivre un miracle de splendeurs contenues en équilibre sur un présent dont l’enjeu n’est rien moins que nous-mêmes, où penser ne suffit plus pour sauver le sauvable, où la peau est la dernière page où l’encre d’aimer peut se nider, où l’enfant conservé en soi-même est le dernier rempart contre l’empire de la vie à mourir, où l’amour pétille continûment comme bulles de sang, que je vous invite à vous diriger et à le pénétrer tel qu’il vous est légué :

avec infiniment de tendresse.

  Eric Bertomeu