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1 - Le Quartier de Ménilmontant

Petit hameau d'abord attesté sous les noms de "Mada", "Madam" ou encore "Maudon" dans des parchemins datant du IXème siècle, il sera dénommé dès le XIIème siècle le "Mesnil Mau-temps" - c'est à dire le hameau du mauvais temps -, forme d'où est sorti le vocable actuel "Ménilmontant" (pour des raisons encore assez difficiles à élucider, à moins que l'on admette vraisemblable qu'il s'agit d'un lieu "montant, sablonneux, malaisé" comme l'eût-dit Jean de La Fontaine).

2 - Les rares mentions que l'on en a durant le moyen âge et jusqu'à la Révolution suffisent à prouver que Ménilmontant était surtout riche en carrières et en vergers. Rousseau aimait à y venir herboriser : il y fût même renversé et fort meurtri par un gros chien, un jour d'octobre 1776.
C'était presque encore la campagne au commencement du règne de Louis-Philippe, puisque les Saint-simoniens vinrent y installer le siège de leur culte. La rue de Ménilmontant était alors bordée de beaux arbres. Les promeneurs la suivaient pour se rendre au bois de Romainville, s'arrêtant parfois en route sous les bosquets de guinguette, dont quelques-unes avaient du renom : "Les Barreaux verts", "Les Marronniers", "Le Galant jardinier".

3 - Cependant, on avait commencé à bâtir.
Dès 1823, la commune de Belleville avait doté ce hameau - qui dépendait d'elle - d'une chapelle construite en bois. La population augmentant toujours, réclamait à la commune une église comparable en beauté à celle que Lassus édifiait pour Belleville. Elle ne l'obtint que de la Ville de Paris, après l'annexion : Notre-Dame-de-la-Croix a été construite en neuf ans, de 1863 à 1872, sur les plans de Héret,dans le style roman, en face de l'ancienne chapelle. Bien que le terrain choisi pour son emplacement soit en contre-bas de la chaussée de Ménilmontant, la haute flèche qui surmonte l'édifice s'aperçoit de loin . A cet endroit, d'ailleurs, le sol offre une singulière dépression, qui correspond à quelque lac ayant existé là jadis, comme cela se rencontre fréquemment dans les montagnes (les noms mêmes de la rue des Rigoles, de la Mare ou de la rue des Cascades, situées non loin, sont à ce sujet très significatifs).

4 - Un sous-sol gorgé d'eau.

Par de patients travaux de drainage accomplis au XIIème siècle au lieu-dit les "Rigoues" ou le "Bois des Rigaulnes (aujourd'hui rue des Rigoles) les moines firent surgir de l'humidité cachée dans le sous-sol, recueillie par des conduites de pierre sèche dites "pierrées", une source artificielle intarissable appelée fontaine de Savies. Reconstruite au XVIIème siècle, elle prit le nom de "Regard Saint-Martin", monument classé (42 rue des Cascades) et qui domine aujourd'hui la rue de Savies (appelée rue Saint-Martin jusqu'en 1869). Des conduites de grès et de plomb, suivant le tracé des rues de la Mare et Etienne Dolet, et enjambant sur un pont les fossés de Paris, amenaient l'eau de Savies à la fontaine du prieuré de Saint-Martin des Champs. Cette eau, d'abord partagée avec les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, voisins du prieuré, installés au Temple en 1315, le fut plus tard avec la Ville de Paris et différents particuliers. Cette alimentation en eau de source, toujours fraîche et limpide était un véritable luxe dans le Paris de l'époque, qui ne trouvait sa boisson que dans la Seine ou dans des puits, généralement corrompus par les déchets de la ville.
Il existe également deux autres regards rue des Cascades : le regard de la Roquette et le regard des Messiers.

4 - Le regard Saint-Martin rue des Cascades à Paris.
(Il existe également deux autres regards rue des Cascades : le regard de la Roquette et le regard des Messiers).
5 - L'inscription latine située au dessus de la porte donne l'historique de cette construction : "Fontaine coulant d'habitude pour l'usage commun des religieux de Saint-Martin et de leurs voisins les Templiers.
Après avoir été trente ans négligée et, pour ainsi dire méprisée, elle a été recherchée et revendiquée à frais communs et avec grands soins depuis la source et les petits filets d'eau. Maintenant enfin, insistant avec force et avec l'animation que donne une telle entreprise, nous l'avons remise à neuf et ramené plus qu'à sa première élégance et splendeur. Reprenant son ancienne destination, elle a recommencé à couler l'an du Seigneur 1633, non moins à notre honneur que pour notre commodité. Les mêmes travaux et dépenses ont été recommencés en commun, comme il est dit ci-dessus, en l'an du Seigneur 1722".
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    Cité de l'Ermitage.

Précédemment passage commun D/20, la Cité de l'Ermitage doit, depuis 1981, son nom à la rue voisine (rue de l'Ermitage).


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    Villa de l'Ermitage.

Cette voix privée, indiquée en 1812, a absorbé, en 1877, une partie d'un ancien passage, dit de l'Est.


    Rue de l'Ermitage.

(en partie voie de l'ancienne commune de Belleville) : cette rue, qui existait en 1812, entre les rues de Ménilmontant et du Guignier (des Pyrénées), sous un nom dont on ne connaît pas l'origine, fut prolongée jusqu'à la rue des Rigoles, en 1867, lors de la construction du marché de Belleville, dont elle devint une rue de pourtour ; ce prlongement absorba la cité des Rigoles. Elle a été prolongée à nouveau en 1883, jusqu'à la rue Olivier Métra, prolongement qui absorba le passage Pannier qui tenait son nom de l'ancien propriétaire de son terrain Auguste Pannier.

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    Impasse Louis Robert.

Voix privée, du nom d'un ancien propriétaire.


    Rue des cascades.

Elle figure à l'état de sentier jusqu'en 1837 (ancienne sente des Musardes). Son nom actuel est dû aux chutes aménagées dans son voisinage pour recueillir les eaux de Belleville dans le regard Saint-Martin.
Le n° 44 est désormais célèbre :
c'est là que Jacques Becker tourna en 1952 le film "Casque d'or".