Les objectifs
Il y a eu du départ une volonté de conserver le côté vivant de ce quartier en faisant cohabiter des
personnes de classes sociales et d'âges différents. Il était hors de question que la restauration
des logements conduisent à une ségrégation sociale. La ségrégation par la fortune
devait être évitée et la majorité des anciens habitants devaient pouvoir garder leur place.
La Renaissance du Vieux Lyon a ainsi repris à son compte un slogan de la Civitas Nostra : "les hommes passent
avant les pierres". C'est-à-dire que la réhabilitation des quartiers historiques ne pouvait être
envisagée qu'en tenant compte de la vie qui les animait. Les commerçants traditionnels étaient
donc indispensables à côté des antiquaires et des artisans d'art, pour ne pas tomber dans un
décor d'opérette artificiel.
Les mesures de conservation édictées par le plan de sauvegarde s'étendaient aux éléments
d'architecture intérieure, tels qu'escaliers, cheminées, motifs sculptés … Leur maintien et
leur restauration devaient être assurés dans les mêmes conditions que les éléments
extérieurs. Le plan a donc exigé autant d'attention pour les décors intérieurs des logements que
pour l'extérieur et les parties communes. La restauration entreprise avait pour but de réaliser un habitat
moderne et sain dans le cadre ancien.
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Les étapes de la restauration
En 1961, la Renaissance du Vieux Lyon crée une Caisse des prêts pour aider les commerçants
à restaurer leurs boutiques : nombreux sont ceux qui ont fait sauter les placages dégageant ainsi
leurs arcades.
Les transformations les plus visibles se sont donc d'abord faites au niveau du rez de chaussée.
La SEMIRELY (Société d'Economie mixte de
Restauration du Vieux Lyon) est fondée le 22 mars 1963 pour commencer les premiers travaux de réhabilitation
dans deux îlots situés entre la rue Saint Jean et la rue du Bœuf. Ces opérations ont permis
de déclencher le phénomène d'incitation à la restauration au cœur du quartier : en
1976, 280 logements sont restaurés.
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Avant restauration |
Après restauration |
A partir de 1985, la recherche d'autres procédures a conduit à utiliser une nouvelle formule faisant appel aux avantages fiscaux autorisés par la loi Malraux. Les propriétaires d'immeubles dans les secteurs sauvegardés, groupés en Association Foncière Urbaine Libre (AFUL) ont la possibilité de déduire de leurs revenus imposables les opérations de restauration. En 1994, 450 logements ont ainsi été restaurés.
Parallèlement, plusieurs initiatives privées ont abouti à l'ouverture de trois hôtels de grand luxe. En 1979,
l'Ordre des avocats a acquis un ensemble immobilier très dégradé au 60 rue Saint Jean, l'arénové
et pour en faire son centre de formation.
Dans les années 80, un groupe d'investisseurs privés fit le pari de lancer la transformation de quatre
immeubles très dégradés de la rue Bœuf en hôtel quatre étoiles de luxe : "La
Cour des Loges" : ce fut un succès qui perdure encore aujourd'hui. L'action de la Collectivité a peu à peu été remplacée par
l'initiative privée. Le souhait de la ville de Lyon de n'intervenir qu'en attendant le relais des investisseurs
privés est donc en passe d'être exaucé.
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Avant restauration |
Après restauration |
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La restauration des couleurs
En 1970 a eu lieu la toute première opération de coloration de façade sur le musée Gadagne. Grâce
à cette opération, très critiquée à l'époque, les couleurs italiennes
arrivaient enfin dans un quartier jusque là sinistré et sale. Depuis elles ont pris possession non
seulement du Vieux Lyon, mais aussi des quais de la Saône, puis d'autres secteurs de la ville.
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La cathédrale Saint-Jean avant restauration des couleurs |
La cathédrale Saint-Jean après restauration des couleurs |
Cependant, au cours des siècles suivant, les meneaux sont peu à peu détruits ou remplacés par d'autres menuiseries. Pourtant la présence des meneaux était indissociable du dessin de ces façades par l'échelle très particulière qu'elle donnait aux ouvertures dont l'importance est une caractéristique de l'époque gothique, et bien des façades ont été défigurées par la suppression de ces meneaux.
Quand débuta la restauration du vieux Lyon, la question de la restauration des meneaux s'est posée.
Compte tenu du coût important de ce rétablissement, divers essais plus ou moins heureux (meneaux en
bois peints, en béton préfabriqué teinté…) furent tentés alors que parallèlement
on rétablissait un certain nombre de meneaux. Force est de constater qu'aucune solution alternative n'a
donné de résultat concluant, et que les façades qui ont retrouvé leurs meneaux sont
infiniment plus belles que celles où ils n'ont pas été reconstitués.
La Renaissance du Vieux Lyon se bat donc pour une subvention publique au rétablissement des meneaux, pour le ravissement des passants.
| Quelques exemples de meneaux qui ont été restaurés | ![]() |
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Pour apprécier le Vieux Lyon, il est essentiel de pouvoir "passer derrière les murs" afin de découvrir cours et traboules. Celles-ci aussi ont été énormément restaurées. Les premières "conventions cours traboules" ont été signées au début des années 1990 : les traboules restent ouvertes tous les matins (jusqu'à 20h ou 21h pour les visites), contre la participation de la ville aux frais d'éclairage et de nettoyage. Il est donc tout à fait possible de visiter ces traboules de façon individuelle, sans être avec un guide.
| Deux exemples des fameuses traboules lyonnaises, symboles du Vieux Lyon... | ![]() |
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