La Renaissance du Vieux Lyon : une association dynamique

La création
Cette association a été créée par un professeur de lettres, François Pallasse,
le 28 octobre 1946. L'objectif était de faire connaître et de sauvegarder le patrimoine de la
rive droite de la Saône. Le désintérêt pour les quartiers anciens était en effet
manifeste :
- En 1938, un concours pour l'embellissement du quartier avait été lancé. Le premier prix
fut attribué à un jeune architecte, Pierre Bourdeix, qui envisageait une percée
du Vieux Lyon et rêvait de démolir l'ensemble du quartier Saint Paul et Saint Jean pour le reconstruire
avec des immeubles rectilignes, afin de mettre en valeur la cathédrale Saint Jean. Les hommes au pouvoir,
s'ils étaient pleins d'admiration pour les monuments isolés, ne considéraient pas encore les
ensembles historiques comme étant dignes d'intérêts.
- Cette même année, Edouard Herriot, maire de Lyon, déclarait d'ailleurs au Conseil Municipal
: "le vieux Lyon n'est qu'un ramassis de taudis, tout juste digne de l'équarrisseur". Le Vieux
Lyon était en effet devenu le domaine des bordels, les habitats étaient modestes, sales et sans confort
(les deux tiers des logements ne comportaient pas même de WC intérieurs…)
La Renaissance du Vieux Lyon, offrit une résistance unie à l'appétit des démolisseurs
et des bâtisseurs potentiels en luttant vigoureusement contre les projets de percée du Vieux Lyon.
Lyon était à l'avant garde dans la prise de conscience de la valeur du patrimoine urbain, à
cette époque où seuls les monuments historiques isolés étaient considérés
comme digne d'intérêt.
Les premières actions
L'association avait conscience qu'il ne suffisait pas de lutter contre les projets de démolition du Vieux
Lyon, qu'il fallait aussi faire découvrir ou redécouvrir le vieux Lyon aux Lyonnais pour avoir leur
appui. La première opération de relations publiques fut donc lancée le 8 décembre 1959,
pour la fête des lumières. Jusque là, c'était
la Presqu'Ile qui accueillait traditionnellement des dizaines de milliers de Lyonnais pour les festivités
du 8 décembre. Or cette année là, la Renaissance du Vieux Lyon se mobilisa pour installer
projecteurs et sonorisations dans une douzaine de cours du Vieux Lyon. Cette action fut un succès : plus de
100000 Lyonnais "franchirent pour la première fois la Saône" et découvrirent ainsi
le Vieux Lyon illuminé. Pour beaucoup, ce fut un véritable enchantement : le soir, la crasse est
moins visible, et les traboules prennent une poésie nouvelle…
La Renaissance du Vieux Lyon, forte de ce succès, organisa de nombreuses autres actions, poursuivant ainsi
ses efforts de promotion.
En 1962, elle lança un bulletin trimestriel, devenu aujourd'hui le "Journal de la Renaissance du Vieux
Lyon"", dont les articles sont souvent repris dans la presse régionale ou nationale, offrant ainsi une
grande résonance aux préoccupations de l'association.
La création des secteurs sauvegardés
André Malraux , à l'époque ministre de la culture, choqué par les destructions de quartier
ancien en France, lança une politique de restauration des quartiers anciens et fit voter la loi du 4 août
1962, créant les "secteurs sauvegardés" considérant désormais la valeur
architecturale des quartiers dans leur ensemble et instaurant un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur,
établi par un architecte des monuments historiques.
Ce plan de sauvegarde et de mise en valeur rassemble les règles de protection qui s'appliquent à
ces secteurs "présentant un caractère historique, esthétique ou de nature à justifier
la conservation et la mise en valeur de tout ou partie d'un ensemble d'immeubles". L'architecte
des bâtiments de France est chargé de surveiller leur application. Cette procédure permet
la mise en œuvre d'opérations de restauration immobilière donnant droit, sous certaines conditions,
à des déductions fiscales pour les propriétaires n'occupant pas leurs immeubles.
Grâce à cette loi, l'ensemble du Vieux Lyon fut classé secteur sauvegardé par arrêté
ministériel du 12 mai 1964. La création du premier secteur sauvegardé de France mis fin à
des projets aberrants de démolition totale ou partielle du vieux Lyon, difficilement imaginables aujourd'hui.
Une lutte qui se poursuit...
1969 marqua une date importante dans la médiatisation du Vieux Lyon. L'émission de télévision
"Chefs d'œuvre en périls" attribua le premier prix à la Renaissance du Vieux Lyon, ce qui
eu pour effet de crédibiliser définitivement l'association aussi bien à Lyon que sur un plan national.
En 1986, une autre bataille fut gagné avec la "piétonnisation" du quartier qui devint
enfin une réalité, grâce à l'opiniâtreté de la Renaissance du Vieux Lyon.
En 1996, la Renaissance du Vieux Lyon a fêté son demi siècle d'existence et elle a pu contempler
avec une certaine fierté la parcours accompli.
Cependant, s'il fut le thème majeur des 30 dernières années, la restauration des immeubles d'habitation
du Vieux Lyon ne constitue plus la principale cause de l'amélioration de la qualité de vie du quartier.
Même si de gros efforts restent nécessaires dans ce domaine et si la vigilance ne doit pas se relâcher
quant à la qualité des réhabilitations, les problèmes importants de cette fin
de siècle sont plus liés à la vie du quartier, à son équilibre social, aux nuisances,
à la circulation et à la mise en valeur de ses atouts culturels.
La Renaissance du Vieux Lyon est toujours aussi active actuellement. Elle compte près de 700 membres, tous
passionnés par ce quartier renaissance unique en Europe et continue de lutter contre un certain nombre de projets.
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