page 10 du journal

Fictions : poèmes, histoires, ...

Le cheval de course

Quand il marche au pas,
Le cheval qui se croit
Encore en train de rêver,
Se réveille tranquillement, à l'aise
Dans une carrière aérée.

Quand il va au trot,
Le cheval, de sa robe luisante
Garnie de paillettes d'or,
Se réveille car, jusqu'à présent
Il était endormi.

Quand il va au galop,
Le cheval, comme un champion,
Fais des étincelles pour être premier.
Ceci ressemble fort à un cheval de course
Qui n'a qu'une idée en tête :
Remporter la victoire !

Nadège Rossato

BUCEPHALE, le cheval d'Alexandre
Extrait de « La vie d'Alexandre » de Plutarque (v.46 - v.120 ap. J.C.)


Un jour le Thessalien Philonicos amena à Philippe Bucéphale, qui était à vendre pour treize talents. On descendit dans la plaine pour essayer ce cheval, et on le trouva rétif et tout à fait intraitable : il ne se laissait pas monter, et ne supportait la voix d'aucun des écuyers de Philippe, mais se cabrait contre tous. Comme Philippe, impatienté, donnait l'ordre de l'emmener parce qu'il le jugeait sauvage et indomptable, Alexandre, qui était présent, dit : Quel cheval ils perdent, parce que, faute d'habileté et de courage, ils ne savent pas en tirer parti ! Tout d'abord Philippe garda le silence, mais, comme Alexandre continuait à murmurer et à se désoler, il lui adressa la parole : En blâmant comme tu le fais des gens plus âgés que toi, crois-tu donc en savoir plus qu'eux et être mieux capable de manier ce cheval ? Certes, répondit Alexandre, je le manierais mieux qu'un autre. Et, si tu n'y parviens pas, à quelle peine te soumettras-tu pour ta témérité ? Par Zeus, répliqua-t-il, je paierai le prix du cheval. Ces mots provoquèrent le rire, puis le père et le fils conclurent entre eux le pari. Aussitôt Alexandre courut au cheval et, saisissant la bride, le tourna face au soleil, car il avait observé, semble-t-il, que l'animal était effarouché par la vue de son ombre qui se projetait et dansait devant lui. Il le flatta et le caressa un moment ainsi, tant qu'il le vit furieux et haletant, puis, rejetant tranquillement sa chlamyde, il sauta sur lui et l'enfourcha fermement. Alors, tirant légèrement de côté et d'autre le mors avec les rênes, il le modéra sans le frapper ni lui déchirer la bouche. Puis, voyant qu'il abandonnait son attitude menaçante et qu'il avait envie de courir, il le lança à bride abattue et le pressant d'une voix plus hardie et en le frappant du talon. Philippe et son entourage étaient d'abord restés muets d'angoisse ; mais, lorsque Alexandre, tournant bride, revint vers eux avec aisance, joyeux et fier, tous l'acclamèrent à grands cris, et son père, dit-on, versa des larmes de joie, puis, quand Alexandre eut mis pied à terre, il le baisa au front et dit : Mon fils, cherche un royaume à ta taille : la Macédoine est trop petite pour toi..

Fougueux et
Obstiné
Un cheval sort
De la nuit,
Rêve d'or
Et de magie…

Caroline Bertrand

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Les potins d'Arachide -- journal du club de l'Etrier -- numéro 01-- décembre 1999