page 12 du journal

Fictions : le cheval dans la littérature (suite)

Et les deux animaux finissaient par fondre en larmes. Aux heures des repas, quand les parents mangeaient, ils venaient s'asseoir dans la cuisine, à côté du chien, et suivaient tous leurs gestes d'un tendre regard. Mais après quelques jours, on leur fit entendre qu'ils étaient trop gros, trop encombrants et que leur place n'était plus à la cuisine. Il leur fallut se contenter de passer leur tête par la fenêtre en restant dans la cour. Les parents avaient toujours un grand chagrin de l'aventure survenue à Delphine et Marinette, mais au bout d'un mois ils n'y pensaient plus autant et s'habituaient très bien à la vue de l'âne et du cheval. Pour tout dire, ils les traitaient avec moins d'attention. Par exemple ; la mère ne prenait plus le soin, comme aux premiers jours, de nouer la crinière du cheval avec le ruban qui servait à Marinette, ni d'attacher un bracelet-montre à la jambe de l'âne. Et, un jour qu'il déjeunait de mauvaise humeur, le père, avisant les deux animaux qui passaient leurs têtes par l'entrebâillement de la fenêtre, leur cria :
- Allons, ôtez-vous de là, tous les deux ! Ce n'est pas l'affaire des bêtes d'avoir toujours un œil dans la cuisine…Aussi bien, qu'est-ce que vous faites de traîner dans la cour à n'importe quel moment de la journée, et de quoi la maison a-t-elle l'air ? Hier, je vous ai vus dans le jardin, c'est encore bien plus fort ! Mais j'entends qu'à partir de maintenant vous vous teniez dans le pré ou à l'écurie.
Ils s'éloignèrent la tête basse plus malheureux qu'ils n'avaient jamais été. De ce jour, ils prirent bien garde à ne pas se trouver sur le chemin du père et ne le virent plus guère qu'à l'écurie, où il venait faire la litière. Les parents leur paraissaient plus redoutables qu'autrefois, et ils se sentaient toujours coupables d'ils ne savaient quelle faute.
Un dimanche après-midi qu'ils broutaient dans le pré, ils virent arriver leur oncle Alfred. Du plus loin, il cria aux parents :
- Bonjour, c'est moi, l'oncle Alfred ! Je suis venu vous dire bonjour et embrasser les deux petites… Mais je ne les vois pas ?
- Vous n'avez pas de chance répondirent les parents. Elles sont justement chez leur tante Jeanne !
L'âne et le cheval avaient bien envie de dire à l'oncle Alfred que les petites n'avaient pas quitté la maison et qu'elles étaient devenues les deux malheureuses bêtes qu'il avait sous les yeux. Il n'aurait su rien changer à leur état, mais il pouvait encore pleurer avec elles, et c'était quelque chose. Ils n'osèrent parler, craignant d'irriter les parents.
- Ma foi, dit l'oncle Alfred, j'aurai regret de n'avoir pas vu mes deux blondes… Mais dites moi, vous avez un beau cheval et un bel âne. Je ne les avais jamais vus et vous ne m'en avez pas parlé dans votre dernière lettre.
- Il n'y a pas un mois qu'ils sont à l'écurie.
L'oncle Alfred, caressant les deux bêtes, fut surpris de la douceur de leur regard et de l'empressement qu'elles mettaient à tendre le col aux caresses. Il le fut bien davantage quand le cheval ploya les genoux devant lui et dit :
- Vous devez être bien fatigué, oncle Alfred. Montez donc sur mon dos et je vous conduirai jusqu'à la cuisine.
- Donnez-moi votre parapluie dit l'âne, ce n'est pas la peine de vous en embarrasser. Accrochez-le plutôt à l'une de mes oreilles.
- Vous êtes bien aimables, répondit l'oncle, mais il y a si peu de chemin que ça ne vaut pas de vous déranger.
- Vous nous auriez fait plaisir, soupira l'ânon.
- Voyons, coupèrent les parents laissez votre oncle tranquille et allez-vous en au fond du pré. Votre oncle vous a assez vus.
Cette façon de dire votre oncle en parlant de lui à un âne et un cheval étonna un peu le visiteur. Mais comme il se sentait de l'amitié pour les deux bêtes, il n'en fut pas du tout choqué. En s'éloignant vers la maison, il se retourna plusieurs fois pour leur faire signe avec son parapluie…

Humour

C'est un monsieur qui est en train de mourir de soif dans le désert. Il marche en titubant dans les dunes, voyant sa dernière heure arrivée.
Survient alors un Arabe en chameau qui s'arrête à sa hauteur.
« Hé M'sio, tu m'achètes mes cravates, tri jouli cravates ! »
_C'est pas des cravates que je veux, c'est de l'eau ! Par pitié, de l'eau !
_Ah j'ai pas d'eau, mais j'ai tri jouli cravates !
Et sur ce, le bédouin s'en va.
L'homme arrive enfin en vue d'un grand hôtel et ce n'est pas un mirage. Il se précipite au bar pour demander a boire, mais le maître d'hôtel l'interpelle au passage.
_Désolé monsieur, mais on n'entre pas ici sans cravate !

ENIGMES

Le capitaine Frémont et le professeur Quantum jouaient aux échecs. Ils jouèrent 7 parties; chacun gagna le même nombre de parties, il n'y a eu aucune partie nulle.
Comment cela est-ce possible ?

Hercule Letas lavait les fenêtres d'un gratte-ciel quand il glissa d'une échelle de quinze mètres de haut et tomba sur le trottoir en ciment. Chose incroyable, il n'avait pas une égratignure. Comment  expliquez vous la situation ?

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Les potins d'Arachide -- journal du club de l'Etrier -- numéro 01-- décembre 1999