Une
littérature prestigieuse.
Au moyen
âge, du XIe au XIIIe s., l'occitan est la langue des trobadors. Ces poètes parmi lesquels figurent des femmes (les trobairitz) chantent l'amour et
la douleur amoureuse, la nature et la guerre avec émotion et grandeur. Les trobadors occitans, de Guilhem IX
d'Aquitània à Bernart de Ventadorn et Guiraut Riquier, n'inventent certes pas l'amour
mais « ils font l'éducation sentimentale de l'Europe ». C'est également en occitan
qu'est rédigée la première grammaire occidentale (Razos de Trobar, XIIe s.).
C'est l'âge d'or de la littérature occitane.
Après un
silence relatif de deux siècles, la littérature occitane connaît aux XVIe et XVIIe s. un second
temps fort avec la période baroque (1550-1660).Une création d'envergure européenne éclot alors
dans tous les pays occitans, en Gascogne (Larade, Ader, Dun Pré ...), en Provence
(Bellaud de la Bellaudière, Brueys, Ruffi ...) et en Languedoc avec surtout le grand P
Godolin, le libertin Despuech-Sage ou, plus tard, le savoureux J.-B. Fabre.
En 1854-55, un jeune provençal, Frédéric MISTRAL, fonde avec quelques amis un
mouvement, le Félibrige, destiné à sauver la langue d'Oc du déclin qu'elle
connaît depuis des siècles. Prix Nobel de littérature en 1907, auteur d'un dictionnaire
monumental, Lou Tresor dóu Felibrige, qui rassemble l'immense richesse lexicale
de l'occitan, Mistral a composé quelques-unes des plus belles-oeuvres de la littérature
européenne (Mirèio, Lou Pouèmo dóu Rose ...) et il a ouvert la voie à toute
une série de créateurs qui se réclament de lui (Théodore
Aubanel, J d'Arbaud, V Bernard, F Gras, A Fourès, M. de Camelat ...).
Au XXes., la littérature occitane est encore vivante et compte de grands noms :
l'oeuvre universelle de Max Rouquette (né en 1908) jouit d'un prestige international,
comme celle de Robert Lafont (né en 1923), de Bernard Manciet (né en 1923) et de Jean
Boudou (1920-1975). Héritière d'une longue tradition, la poésie occitane cultive quant
à elle son originalité (S Bec, R Pécout, Y Rouquette, Ph Gardy, M.-Ph Delavouët ...).
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