INCIPIT : Intus et in cute
Introduction :
Incipit "incipit" signifie "il commence". Ce terme s'emploie depuis la fin du XIXème siècle pour parler des premiers mots d'un texte. Le récit commence dès le paragraphe suivant.Il dit pourquoi et comment il commence ses confessions. " Intus et in Cute " résume dans quel esprit il se trouve.
Il y a trois types de discours superposés:
Première partie avec " je ". Là il s'adresse à ses semblables.
Deuxième partie: changement d'interlocuteur et d'énonciation: il franchit le temps, apocalypse.
Axes de lecture:
Premier axe : une entreprise inédite.
Deuxième axe: des confessions surprenantes.
Premier axe
champ lexical de la singularité. Caractère unique du locuteur " n’est jamais " ou " n’aura point ". Dans le passé "jamais" et dans le futur "aura" et, il ne sera jamais imité et se trouve singulier, unique. Avant Rousseau, le genre autobiographique n'existait pas. Jamais personne ne pourra et ne s'est jamais autant montré que lui.
Dans le deuxième paragraphe : Oppositions entre lui et les autres. Un " moi " hypertrophique avec redondances de "je" et "moi". Oppositions entre "mon coeur" et "les hommes". Il est très prétentieux car il pensait avoir été créé dans un "moule". Il invite le lecteur à le lire. Et ensuite, il incite à le juger.
Paradoxe: biographie tout en voulant faire une oeuvre originale (singularités), et unique (c'est ce qu'il prétend).
Deuxième axe
Confession vient de confiteor: on confesse une faute, c'est-à-dire qu'on l'admet, on la reconnaît, on l'avoue.
C'est une démarche conforme aux confessions car Dieu va le juger. Derrière Dieu c'est le lecteur.
Intus: à l'intérieur
in cute: sous la peau
Il dit: il y a coïncidence entre ce qu’il a fait, éprouvé, senti et dit.
Il se situe comme l’égal de Dieu.
Rousseau dévoile son programme: "si" hypothétique et qui pose le problème de l'authenticité de toutes écritures autobiographiques (sincérité).
Il lie aussi un pacte, non pas de sincérité, mais d'objectivité ("et je pu supposer vrai...").
Pour lui, s'il se trompe, ce sera malgré lui. Jusqu'à présent, il ne s'est adressé qu’a Dieu mais dans la fin du texte, il s’adresse à tous. Rousseau anticipe sur la réaction de ces lecteurs "qu'ils rougissent...". La dernière phrase est une parodie. Il est à la fois la femme persécutée et le christ et qui prend sa défense. Dieu n'a plus rien à faire puisque Rousseau fait tout.
Conclusion :
Cet Incipit donne le ton de toutes les confessions qui seront à la fois un acte d'unité, de sincérité, mais aussi une démarche d’auto-justification. Cet Incipit ouvre le chemin de l'oeuvre autobiographique moderne.