Soutien aux peuples en lutte !



Soutien aux peuples en lutte !




La notion de "peuple français" m'est toujours apparue comme une vaste fumisterie. Elle a été inventée par l'Etat français pour assoir sa domination sur les peuples qu'il colonise.
Il y a encore 50 ans, on battait les enfants qui parlaient occitan à l'école (notamment dans les Hautes-Pyrénées dont je suis originaire). Ces méthodes dictatoriales ont porté leurs fruits : pour une immense majorité des enfants la langue maternelle est devenue le français.
Toutefois, certains peuples continuent de lutter contre cet état de fait en tentant de sauver leur culture (à commencer par leur langue). L'exemple le plus connu est sans doute celui des basques, mais il n'est pas le seul.
Cette page leur est consacrée, même si elle reste en construction permanente.

Vous trouverez dans cette page des textes politiques et d'autres décrivant la réalité de la vie de militants indépendantistes. La problématique, en Bretagne comme au Pays Basque est la même ; la répression étatique aussi. Tous ces textes forment donc un tout.







DÉCLARATION COMMUNE


Réunis à Carhaix à l'occasion de la première marche pour l'indépendance de la Bretagne le 11 avril 1998, les représentants du CROC (Courant Révolutionnaire Occitan), du Front de Libération de la Polynésie et de EMGANN (Mouvement socialiste breton de libération nationale) réaffirment le droit inaliénable de leurs peuples respectifs à l'indépendance.
À cette occasion, nous rappelons à l'Etat français colonial qu'il a paraphé la résolution 15-14 des Nations Unies qui l'oblige à mettre en place la procédure de décolonisation sans retenir comme prétexte la situation dans laquelle se trouve le pays colonisé ; ainsi que la résolution 43-47 des Nations Unies (28.11.1988) affirmant que la décennie 1990-2000 serait la décennie de l'éradication totale du colonialisme.
Force est de constater qu'une fois de plus l'Etat français ne respecte pas ses engagements et que cela nous renforce dans notre conviction à lutter, et à lutter ensemble.
Vive la solidarité internationale entre les peuples en lutte.


CROC, FLP, Emgann.






Il n'y a pas de problème basque en France, mais bien un problème français en Pays Basque !



Voici un texte écrit en 1991, par la Commission Anti-répression H.T., au moment du procès contre l'organisation révolutionnaire basque Iparretarrak :





LA REPRESSION D'UN PEUPLE


Chaque jour qui passe dans l'histoire de notre peuple rend notre situation plus préoccupante. Loin d'ouvrir des voies de règlement, les possibilités de solution sont bloquées. Sont bloqués les chemins qui auraient pu éviter violences et souffrances.
La situation se dégrade. Beaucoup d'organisations, nationalistes ou non, beaucoup de comités populaires élèvent leurs voix pour dénoncer les événements que nous vivons et leurs causes permanentes.
Malgré cela, nous affirmons que les solutions existent. Mais elles ne seront acceptables que si elles sont prises dans le respect des droits de notre peuple.
Quand un peuple ne se sent pas libre et qu'il est empêché d'exercer pleinement ses droits naturels, nous nous trouvons devant un signe manifeste de répression. Pareille situation n'est pas nouvelle en Pays Basque.
Malgré cette constante historique, notre peuple n'a pas cessé de lutter pour sa liberté. La conscience de son identité a survécu contre les tentatives lointaines et récentes d'anéantissement.
Aujourd'hui nous sommes victimes d'une nouvelle vague de répression spécialement en ce qui concerne la situation économique (les requins de l'immobilier sont là), la situation linguistique, la situation identitaire et la situation des prisonniers.
Si l'identité d'un peuple réside en premier lieu dans sa culture exprimée avant tout par sa langue, il est évident que la culture basque régresse et se heurte constamment aux limites culturelles imposées pour en empêcher son expansion (l'enquête de la SIADECO sur la situation de l'euskara le prouve, de même que la situation des ikastolak, etc.).
Le Pays Basque est maintenu en permanence coupé en deux. Les deux états "sécateurs" persistent dans leur volonté politique de bloquer les chemins qui conduisent à la réunification. Ne perdons pas de vue que cette division géopolitique correspond à un projet prémédité visant à empêcher la souveraineté de notre peuple et son droit à l'autodétermination.
D'un point de vue économique, nous subissons l'assaut des groupes multi-nationaux qui, à des fins de spéculation (immobilières et autres) s'accaparent totalement de notre terre. Le tout-tourisme y est roi.
Seul y trouve son compte le capital, tous les autres acteurs agricoles, artisanaux, étant laissés pour compte. Cette situation de dépendance est totalement voulue. Elle réprime tout effort qui n'irait pas dans le sens de la soumission aux diktats des intérêts centralistes et capitalistes, le chômage (15% de la population active) devenant un moyen supplémentaire pour museler les travailleurs dans leur lutte revendicative d'émancipation.
Nous assistons à une intensification de la répression, qui s'abat sur le mouvement basque au rythme d'arrestations incessantes, d'interdiction de séjour et de contrôles judiciaires sévères. Pour illustrer ces propos, les chiffres parlent d'eux-mêmes:
- Emprisonnement: 500 militants basques sont emprisonnés par les états français et espagnols. Sur le territoire français plus de 50 prisonniers politiques basques.
- Refus d'appliquer le "statut de prisonnier politique" aux militants emprisonnés.
- Refus d'amnistie aux prisonniers politiques basques alors que les Corses, les Guadeloupéens, les Kanaks ont été inclus dans la loi d'amnistie de 1989.
Décisions judiciaires : condamnation à des années de prison ferme pour les militants, peines très souvent assorties d'interdiction de séjour, des détentions préventives particulièrement longues, des contrôles judiciaires quotidiens et enfin spoliation des biens de militants par le biais de condamnation à dommages et intérêts scandaleusement surévalués.
C'est parce qu'ils n'acceptaient pas cette situation de dépendance, cette situation de domination que beaucoup de militants se sont engagés. Ils veulent, nous voulons, un pays basque libre, socialiste et réunifié.
Au début de l'année, 16 d'entr'eux ont été jugés pour leur engagement. Face à un état qu'ils combattent, ils témoignent.


Commission Anti-Répression H.T.
Octobre 1991







En août 1998, j'ai passé deux semaines en Bretagne. J'y ai découvert une culture et encore une fois un peuple en lutte.

Voici deux textes issus de
"COMBAT BRETON", le journal de l'organisation Emgann :







LES DRÔLES DE MÉTHODES DE LA POLICE FRANÇAISE EN BRETAGNE


Une fois encore les circonstances, lors des récentes interpellations de jeunes militants d'Emgann. entendus au sujet de l'attentat de la cité judiciaire de Rennes, feront rappeler à celles et ceux qui veulent bien l'entendre combien les méthodes de la police s'apparentent a celles des états totalitaires. Il semble en effet qu'il y ait déjà d'importantes similitudes lorsque la police interpelle de force (les "témoins-accusés" n'ayant guère le choix) sans preuves de culpabilité et sans indices probants des personnes au mépris de leur vie privée, en les enlevant de très bonne heure de leur domicile et ne se souciant pas du programme de leur journée: n'oublions pas que l'un d'eux a manqué l'examen du C.A.P.E.S. ce jour-là !
S'il est dommage que la majorité des bretons semblent, par leur silence, refuser de considérer ces pratiques condamnables et parallèlement d'expliquer le comportement de la police par le mépris des représentants de l'Etat envers la cause bretonne, il apparait visiblement que nombre de personnes du mouvement breton n'imaginent pas, non plus, que de telles pratiques policières sont habituelles, facilitées par la loi française. Il est d'ailleurs compréhensible que la presse bretonne ne fasse en général que l'écho des principales arrestations c'est-à-dire dans le cas de graves accusations : lorsqu'il y a atteinte aux libertés individuelles, ou non respect de comportements imputables à notre culture.
Mais force est de constater que les méthodes de contrôle de la population bretonne sont beaucoup plus vicieuses car rendues suffisamment floues aux yeux de chacun pour ne plus être expliquées. Je prendrai l'exemple de Vannes où la situation m'est connue. Ces derniers mois, des personnes dont le métier peut permettre de renseigner facilement sur les activités, somme toute culturelles, de certains vannetais, ont été convoqués au commissariat. Nous devinons qu'ils préfèrent maintenant se taire. Plus généralement, à ma connaissance, pour n'importe quel soupçon ou affaire les perquisitions de domiciles sont devenues pratiques banales et ce, peut être pour d'autres raisons non valables tant et si bien qu'aucune explication n'est donnée par la police.
De même, le 2 mars dernier a Vannes au domicile de mes parents, la police est venue interpeller mon frère âgé de 21 ans, à 6h40 exactement. Etudiant en I.U.T. il aurait dû ce jour préparer, dans le cadre de ses études, une journée de rencontre avec des chefs d'entreprises mais fut à la place gardé à vue pendant 12h... À l0h, les agents de police revenaient pour effectuer une perquisition, sans mandat. Comme nous refusions qu'ils entrent, ils nous ont menacés en prévenant des renforts. Voyant que de toute façon ils effectueraient leur perquisition, nous avons été contraints de les laisser entrer, permettant ainsi l'éloignement des renforts de police. À ce jour, nous ne connaissons toujours pas le motif réel ni de la perquisition, ni de la garde à vue. Cependant pendant tout ce temps, il fut interrogé sur l'attachement de la famille aux libertés bretonnes et sur la manière dont nous pourrions considérer l'action de la police. Ne répondant pas aux questions, ils ont tenté de l'intimider en se montrant violents, puis en répétant durant plusieurs heures des phrases-types niant les réalités bretonnes (parfois à l'image de leur niveau intellectuel : Vannes est une ville de Vendée !).
De telles manières d'agir rappellent indubitablement l'action de milices d'Etat, dont une grande partie des bretons ont souvenance bien gardée.


Beltram Deléon







LE BRETON EN DANGER À PARIS !


Aujourd'hui, entre 600 000 et un million de personnes parlent breton. Cette langue reste néanmoins rejetée par les gouvernements successifs qui ne veulent toujours pas la reconnaître et qui continuent d'essayer de la faire taire.
En dehors des Universités de Rennes et de Brest, seule la faculté de Saint-Denis-Paris VIII délivre un diplôme reconnu par l'Etat : l'Attestation d'Etude de Breton.
À la rentrée de septembre 1998, le département des langues et cultures minorisées dont dépend le Breton va être fermé.
Motifs invoqués : c'est "une provocation politique" que de vouloir étudier une langue minorisée qui "ne sert à rien". Le président de l'U.E.R. de langues, M. Jacques Le Rider dont je cite les propos, a ajouté que les étudiants en Breton étaient "des fumistes", qui ne cherchaient qu'à obtenir une dernière matière "facile" et "largement notée" pour valider le DEUG.
Personnellement, j'ai découvert le Breton cet été, et parallèlement à ma licence de lettres modernes préparée à Paris III, je me suis inscrite en Breton à Paris VIII. Je ne peux pas me reconnaître dans ces propos calomnieux, pas plus que je n'y reconnais mes camarades venus de domaines variés (langues, lettres, arts, sociologie, géographie, études européennes...) et d'années d'études différentes (DEUG bien sur, mais aussi licence, maîtrise et même DESS).
La République refuse toujours le particularisme breton, à la fois culturel et linguistique, ne lui concédant qu'un folklore de dépliant touristique.
Les Bretons ne sont toutefois pas les seuls à subir les joies de l'homogénéisation et de l'uniformisation forcées : le Basque, l'Occitan, le Berbère... (entre autres, sept langues vont être aussi supprimées) rencontrent la même agressivité.


Article d'une lectrice anonyme.





Les textes ci-dessus sont issus de publications des organisations EMA (Euskadi) et Emgann (Breizh).
Je ne milite dans aucune des organisations citées dans cette page. Toutefois, j'approuve leur combat.
Leur lutte pour l'autonomie est aussi la mienne.
C'est tout ce qui m'importe ici !





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