Une fois encore les circonstances, lors des récentes interpellations de jeunes militants d'Emgann. entendus au sujet de l'attentat de la cité judiciaire de Rennes, feront rappeler à celles et ceux qui veulent bien l'entendre combien les méthodes de la police s'apparentent a celles des états totalitaires. Il semble en effet qu'il y ait déjà d'importantes similitudes lorsque la police interpelle de force (les "témoins-accusés" n'ayant guère le choix) sans preuves de culpabilité et sans indices probants des personnes au mépris de leur vie privée, en les enlevant de très bonne heure de leur domicile et ne se souciant pas du programme de leur journée: n'oublions pas que l'un d'eux a manqué l'examen du C.A.P.E.S. ce jour-là !
S'il est dommage que la majorité des bretons semblent, par leur silence, refuser de considérer ces pratiques condamnables et parallèlement d'expliquer le comportement de la police par le mépris des représentants de l'Etat envers la cause bretonne, il apparait visiblement que nombre de personnes du mouvement breton n'imaginent pas, non plus, que de telles pratiques policières sont habituelles, facilitées par la loi française. Il est d'ailleurs compréhensible que la presse bretonne ne fasse en général que l'écho des principales arrestations c'est-à-dire dans le cas de graves accusations : lorsqu'il y a atteinte aux libertés individuelles, ou non respect de comportements imputables à notre culture.
Mais force est de constater que les méthodes de contrôle de la population bretonne sont beaucoup plus vicieuses car rendues suffisamment floues aux yeux de chacun pour ne plus être expliquées. Je prendrai l'exemple de Vannes où la situation m'est connue. Ces derniers mois, des personnes dont le métier peut permettre de renseigner facilement sur les activités, somme toute culturelles, de certains vannetais, ont été convoqués au commissariat. Nous devinons qu'ils préfèrent maintenant se taire. Plus généralement, à ma connaissance, pour n'importe quel soupçon ou affaire les perquisitions de domiciles sont devenues pratiques banales et ce, peut être pour d'autres raisons non valables tant et si bien qu'aucune explication n'est donnée par la police.
De même, le 2 mars dernier a Vannes au domicile de mes parents, la police est venue interpeller mon frère âgé de 21 ans, à 6h40 exactement. Etudiant en I.U.T. il aurait dû ce jour préparer, dans le cadre de ses études, une journée de rencontre avec des chefs d'entreprises mais fut à la place gardé à vue pendant 12h... À l0h, les agents de police revenaient pour effectuer une perquisition, sans mandat. Comme nous refusions qu'ils entrent, ils nous ont menacés en prévenant des renforts. Voyant que de toute façon ils effectueraient leur perquisition, nous avons été contraints de les laisser entrer, permettant ainsi l'éloignement des renforts de police. À ce jour, nous ne connaissons toujours pas le motif réel ni de la perquisition, ni de la garde à vue. Cependant pendant tout ce temps, il fut interrogé sur l'attachement de la famille aux libertés bretonnes et sur la manière dont nous pourrions considérer l'action de la police. Ne répondant pas aux questions, ils ont tenté de l'intimider en se montrant violents, puis en répétant durant plusieurs heures des phrases-types niant les réalités bretonnes (parfois à l'image de leur niveau intellectuel : Vannes est une ville de Vendée !).
De telles manières d'agir rappellent indubitablement l'action de milices d'Etat, dont une grande partie des bretons ont souvenance bien gardée.
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