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AU PIED DES
PYRAMIDES
PATRICK BETTONI
«Depuis le match de Coupe de Suisse début novembre à Winterthour, je ressens
continuellement une douleur dans le haut de la cuisse. Ce handicap m’empêche de
dégager aux six mètres. Après une semaine de camp, la fatigue commence à
s’installer. C’est logique, et quand on sait que dans ce genre de rendez-vous,
ce sont les derniers jours qui sont le plus difficiles, il ne faut surtout rien
relâcher, rester concentré au maximum. Lorsque je suis revenu en Suisse il y a
18 mois, c’est juste que j’avais déclaré que je visais une place dans l’équipe
nationale. J’y pense toujours. Si j’analyse de près mes prestations, il me
semble que je mériterais plus de considération de la part du sélectionneur. Que
faire pour être remarqué? Marquer des buts? Je ne dois pas être loin de la
vérité en affirmant que sur un championnat, je suis certainement le gardien
helvétique qui commet le moins d’erreurs. Certains me reprochent des lacunes sur
les sorties. Si je me compare avec les autres, je ne partage pas cette opinion.
De nos jours, les centres ne sont plus des centres. Ce sont carrément des
frappes. Du coup, plutôt que de sortir et prendre des risques inutiles, je
préfère rester sur ma ligne. Quand un Hakan Yakin ou un Richard Nuñez balancent
une balle devant le but, ces ballons sont tellement travaillés et vicieux que tu
ne peux pas prévoir leur trajectoire. Dites-moi en Suisse quel est le gardien
qui sort régulièrement? Roth? Peut-être? Mais pas toujours avec succès. Je suis
en possession d’un diplôme d’employé de commerce que j’ai décroché à Winterthour
quand je travaillais dans une compagnie d’assurances, mais aujourd’hui, je ne
pourrais plus jamais retourner huit heures dans un bureau, derrière un
ordinateur. Je ne pense pas encore à me retraite sportive. Dans l’immédiat, je
ne tiens surtout pas à entrer dans l’histoire du club en étant le premier
gardien à avoir connu une relégation avec Neuchâtel Xamax...»
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LAURENT LEROY
Une flopée de
matches de haut niveau avec le Paris SG, dont une quinzaine en Ligue des
champions: sur le papier à tout le moins, Neuchâtel Xamax a mis le grappin sur
un gros poisson. Champion de Suisse avec Servette en 1999 (même s’il n’a
effectué que de très rares apparitions, pour cause de blessure), Laurent Leroy,
né en 1976, n’a pas débarqué à Neuchâtel pour les nocturnes des magasins.
Interview de ce natif de la région de Valenciennes, qui a signé son premier
contrat pro à 19 ans avec Cannes, et qui en connaît un bout sur le sujet.
Laurent Leroy, vous n’avez pas participé à la séance d’entraînement d’hier
matin. Qu’en est-il exactement?
L. L.: J’ai mal à une cheville. Il m’est impossible de trottiner. Il n’y
a qu’un seul remède: deux ou trois jours de repos. Depuis la reprise de
l’entraînement, nous avons passablement travaillé, et disputé deux matches, sur
des terrains synthétiques. Et ici en Egypte, la pelouse est très dure. D’où mon
pépin, passager. Si cela s’impose, on fera une radio. Et s’il faut se soumettre
à une infiltration, on s’y soumettra.
Désolé de revenir sur le sujet, mais en ce qui concerne les ennuis de
santé, on vous croyait blindé. Et pourtant...
L. L.: En 2001, j’ai été victime d’une fracture du tibia. Six mois
d’arrêt. Quatre mois plus tard, rebelote. Au même endroit. Mais maintenant, ça
va. Ce qui m’arrive aujourd’hui n’a rien de comparable.
Vous
réfutez donc l’étiquette de joueur fragile. On se souvient également de votre
bref passage à Servette, où là aussi...
L. L.: Absolument. Seulement, sur un terrain, je me donne toujours à
100%. Au Paris SG, j’ai sans cesse mouillé mon maillot, et j’ai tout payé. Je
n’avais peur de rien. J’allais au contact sans réfléchir, tellement j’étais
content d’être dans cette équipe. Vous pensez. Etre âgé de 22 ans et se
retrouver au beau milieu du Parc des Princes, entouré de grands noms du
football... Vous faites tout pour garder votre place.
On ose croire qu’il en ira de même avec Neuchâtel Xamax...
L. L.: Avant de débarquer à Neuchâtel au début de cette année, je me
suis régulièrement entraîné avec Cannes et Nice. Sans aucun problème. Je ne vais
pas tricher, car mon but premier est de me relancer. Ne soyons pas hypocrite: le
championnat de Suisse est moins relevé que le français et l’espagnol, ceci sans
aucun préjugé péjoratif. Si je retrouve mon vrai niveau, je pourrai alors
retourner en France ou en Espagne, où l’Espanyol de Luis Fernandez est très
intéressé par mes services. Luis en personne m’a d’ailleurs conseillé de venir
ici. Et puis, si tout se passe pour le mieux, pourquoi ne pas non plus envisager
de rester en Suisse?
Le staff, les dirigeants, les supporters, comptent sur vous...
L. L.: Je ne suis pas un vrai buteur, un renard des surfaces,
contrairement à Alexandre Rey. Je suis quelqu’un qui tourne autour de
l’attaquant, pour lui ouvrir des espaces. Tout seul, je n’y arriverai pas.
Vous débarquez au sein d’une équipe mal barrée en championnat, grignotée
par le doute...
L. L.: Dans notre situation, on ne peut pas se permettre de rater des
occasions nettes. Pour retrouver sa confiance et gagner des matches, Neuchâtel
Xamax doit marquer le premier et, surtout, ne plus perdre à la maison. Nous
devons aussi rester solidaires, ne pas se dire que c’est la faute de l’autre.
J’en ai discuté avec le coach. Quand les choses tournent mal, il faut le dire en
face. Mais que ça reste entre nous. Rien ne doit filtrer des vestiaires. D’après
ce que j’ai pu voir depuis mon arrivée, le ballon circule bien, mais dans les
20-30 derniers mètres, ce n’est pas tout à fait ça. Devant, on a du mal à
recevoir de bons ballons, ce que j’appelle des ballons propres.
Il paraît que vous avez consenti à d’importants sacrifices financiers...
L. L.: A Paris, je gagnais très bien ma vie. J’étais au bénéfice d’un
long contrat. J’aurais pu garder mon salaire. Mais l’argent ne fait pas le
bonheur. Petit, j’étais heureux lorsque je jouais au football. J’ai envie de
jouer. Je revendique, et je trouve cela normal, un temps d’adaptation.
Neuchâtel Xamax qui va se battre pour sauver sa peau en Super League, il
semble que vous ayez déjà connu une situation similaire...
L. L.: Tout à fait. Le Paris SG m’avait prêté à Troyes en janvier 2003.
L’équipe était dernière. On a surmonté notre retard petit à petit, mais nous
avons perdu à domicile le match qu’il ne fallait pas perdre, contre Montpellier.
Là-bas aussi, on attentait énormément de moi. Quand je dis qu’il faut qu’il faut
marquer les premiers, je sais de quoi je parle. En danger de relégation, une
équipe, une fois menée au score, possède la fâcheuse tendance de baisser les
bras.
Si vous n’aviez pas été footballeur professionnel?
L. L.: Comme j’étais nul à l’école, je préfère ne pas y penser!
ANDRE WIEDERKEHR
«J'espère
bien effectuer ma rentrée samedi. Au moins une mi-temps. En novembre 2003, ma
rééducation se déroulait de façon parfaite et mon claquage était en passe de se
guérir complètement. Mais au début décembre, il a fallu se rendre à l’évidence:
il ne servait à rien de brusquer le cours des événements. La pause travaille en
ma faveur. Il paraît que le staff médical affirme que je suis le joueur qui
connaît le mieux son corps. J’ai 34 ans et comme j’ai déjà été victime de
passablement de pépins, je sais quand je dois m’arrêter. Et il est par ailleurs
normal qu’un vieux routinier comme moi connaisse ses limites. Actuellement, je
pense être à 80% de mes moyens. Mon seul problème, et, je le concède, il est de
taille, c’est que je n’arrive pas à frapper, ni à centrer. Lorsque vous êtes en
délicatesse avec un muscle, ce n’est pas évident à gérer. Je prends l’exemple
d’une fracture au genou. OK, t’es out six mois. Mais tu sais au moins à quoi
t’en tenir. Tandis qu’un muscle, c’est tellement fragile et sa guérison
aléatoire... Heureusement, ici en Egypte, nous rencontrons des conditions
excellentes, que ce soit à l’entraînement ou à l’hôtel. J’avais déjà beaucoup
visité de pays jusqu’ici, mais jamais celui-là. La pauvreté, dans la banlieue du
Caire, m’a choqué. C’est lorsque tu es en face de tel phénomène que tu dis que
la Suisse, c’est vraiment le paradis et qu’il faut arrêter de se plaindre pour
des riens. Quand je vois des Egyptiens se mettre à même le sol pour faire leur
prière, ça m’interpelle également. Pour en revenir au jeu, l’équipe se cherche
encore. Si je peux m’apporter mon expérience à un club qui me tient à cœur de
par son côté familial, je ne vais surtout pas me gêner. Pourquoi y a-t-il de
moins en moins de gauchers dans le football? Allez savoir! C’est sûr que s’il y
avait plus de jeunes gauchers, je rencontrerais des problèmes pour effectuer mon
métier (rires)...»
ALEXANDRE REY
«Je découvre l’Egypte. J’avais bien failli y venir avec ma famille il y a
quelques années, mais comme c’était peu après le drame de Luxor, l’agence de
voyages avait tout annulé. Par rapport à son histoire ancienne, c’est un pays
qui m’a toujours intéressé, fasciné. L’Egypte regorge d’énigmes et il y a tant
de grandes choses qui ont été construites ici. Citer le nom d’un club local?
Euh... J’en suis parfaitement incapable! En revanche, des joueurs, je connais
Mido, Ramzy et bien sûr les frères Hassan. C’est durant ma scolarité que j’ai le
plus entendu parler de ce pays et de l’importance de son peuple. Depuis notre
arrivée ici vendredi, l’accueil est impeccable. Idem pour la nourriture.
N’oublions pas toutefois que le revenu principal de l’Egypte est le tourisme.
Avec le rythme qui nous est imposé, entraînements, hôtel, entraînements, hôtel,
matches, je n’ai pas le temps d’avoir l’ennui. Et la bonne nouvelle, c’est que
l’entraîneur a prévu deux sorties. Se trouver dans un coin pareil et ne rien
visiter serait dommage. Avec l’âge, j’admets que c’est de plus en plus difficile
de partir pour des séjours de longue durée, surtout lorsque tu as des enfants.
J’ai emporté avec moi des dossiers, puisqu’au mois de juin, je passerai un
examen en communications publicitaires. Je bûche, je bûche, à l’instar de mon
compagnon de chambre Eddy Barea, qui étudie également. La vie en communauté
n’est pas un problème, d’autant que le groupe est sain. Au niveau santé, je suis
vraiment heureux, je ne ressens aucune douleur, mon genou tient le choc. Je ne
tiens pas à pronostiquer combien de buts je vais marquer ces prochaines
semaines, mais jamais je n’ai disputé la première ou deuxième partie d’un
championnat sans trouver la faille. J’espère bien que...»
L'EXPRESS
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