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SPECIAL EGYPTE

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02.02.03 Le club de la presse

Quels rapports doit entretenir un joueur, un entraîneur, avec les médias? Claude Ryf, qui connaît les facettes des trois métiers, a lancé le débat.

L’ initiative était originale et émanait de Claude Ryf. Evidence: le chef s’intéresse à ce qui a trait aux médias. L’entraîneur xamaxien, qui a longtemps été consultant sur la TSR lors des matches de l’équipe de Suisse, qui signait aussi des chroniques dans un hebdomadaire spécialisé aujourd’hui disparu, maîtrise les facettes du métier de journaliste sportif. Et sait parfaitement que les médias font partie intégrante de la vie du footballeur de haut niveau.
Alors, samedi matin, la traditionnelle théorie relative au travail à abattre dans la journée à été remplacée par un «sur le gril» pour le moins particulier. «Puisque les deux quotidiens neuchâtelois ont décidé, et c’est une excellente chose pour Neuchâtel Xamax, d’envoyer un de leur journaliste avec nous en camp d’entraînement en Egypte, profitons-en. Vous allez l’écouter sur la façon dont il conçoit sa profession, travaille. Ensuite, vous pourrez lui poser des questions» a lancé Claude Ryf en guise d’assaisonnement. C’est donc votre serviteur qui s’est fait rôtir, dans le bons sens du terme, puisque la séance, qui devait durer initialement une demi-heure, s’est prolongée d’une petite heure...

Hodgson, ce fou!

Le boss s’est emparé du micro en premier: «Chacun possède des perceptions différentes du football. Je vais vous raconter une anecdote. Lors de la World Cup 94, il devait y avoir près de 80 journalistes qui suivaient l’entraînement de l’équipe de Suisse, qui s’apprêtait à affronter les Etats-Unis, le pays organisateur, en match d’ouverture qui plus est. A travers les différents schémas, exercices, il était évident que Roy Hodgson avait décidé de sacrifier un attaquant au profit d’un milieu de terrain, en l’occurrence Thomas Bickel. Le tollé fut général. Les reporters ne comprenaient pas, traitaient le sélectionneur de fou. Selon eux, les Américains formaient une formation de LNB et il fallait absolument jouer la carte de l’offensive. Mais d’après moi, le coach avait totalement raison. Je suis allé à contresens de tous les journalistes, qui manifestaient une agressivité comme rarement. Finalement, si la Suisse et les Etats-Unis n’étaient pas parvenus à se départager (1-1), ces deux nations se sont retrouvées qualifiées pour le deuxième tour. Roy Hodgson avait remarquablement réussi son coup. La preuve comme quoi les Américains n’étaient pas des pinces. Reste qu’il fallait voir, sur le moment...»
La parole ensuite au journaliste de «L’Impartial» et de «L’Express». Celui-ci a expliqué que si les métiers de journaliste sportif et de footballeur n’étaient pas faciles à exercer, ni les uns, ni les autres, n’ont été obligés de s’engager dans cette profession. Une chance. Les aléas du bouclage, la gestion des pages, les rapports avec les joueurs, les staff technique, les dirigeants, les exigences de la rédaction en chef, l’attente des lecteurs, le rôle du relais envers le public, les rapports que doit entretenir le club phare du canton avec le média régional le mieux implanté, les bons jours, les moins bons, les humeurs du moment, les bourdes, les progrès à réaliser, l’humilité, le style, la causticité de la plume: l’échantillon fut large.
Et une conclusion, logique: tout le monde a besoin de l’autre. «Quand un footballeur fait un mauvais match, il ne lui est pas indispensable de lire le journal pour qu’il s’en rende compte.» Saisi au vol: lorsqu’un plumitif livre un papier de qualité douteuse, il le sait tout aussi bien...

A la poubelle...

Les auditeurs, maintenant: «Je pense que les gens et les journalistes aimeraient bien qu’on leur raconte des choses plus croustillantes. Mais nous, qui avons été accablés par les blessures ces derniers mois, qu’avions-nous d’autre à dire, même si ce n’est pas une excuse?» Un autre: «Nous venons de traverser une période pénible. Vous devez comprendre qu’après les matches, on n’avait pas forcément envie de s’exprimer.»
Cette remarque: «Les journalistes qui écrivent sur le football sont-ils des passionnés? Ont-ils été eux-mêmes évolué à un certain niveau?» Sur le support du média, l’avis d’un intervenant, liée au marketing: «Compte tenu du taux de pénétration des quotidiens neuchâtelois, le club n’utilise pas assez ce support afin de mieux se vendre.» Puis: «Un jeune qui démarre sa carrière est très sensible à ce qui s’écrit dans les journaux. Le porter aux nues peut lui rendre de mauvais services, ainsi qu’à son entourage.» Une main levée: «Les journalistes nous jugent sur deux heures, soit la durée d’un match. Mais durant la semaine, on travaille. C’est dommage que personne ne vienne assister à nos entraînements. Le reporter doit aussi être sensible à la situation personnelle d’un joueur, qui, comme tout le monde, traverse des hauts et des bas dans sa vie privée.»
Un membre du staff technique: «Vous vous devez d’être populaires. Vous ne pouvez pas vous passer de la presse. Certains d’entre vous affirmez que vous ne lisez pas les journaux. C’est quand vous jouez mal! Au sortir d’un bon match, vous vous ruez sur les titres.» D’un «haut placé»: «Les gars les plus critiqués sont les meilleurs joueurs. Mais ne prenez pas tout à cœur non plus. Sinon, vous allez souffrir comme jamais.»
Et l’anecdote finale signée Claude Ryf: «Un jour, un jeune est venu avec un article dans les vestiaires de la Maladière. Il l’a affiché, scandalisé: «Lisez comme je suis matraqué!» Don Givens lui a alors rétorqué, avec son délicieux accent british: «Ne t’en fais. Demain, le journal, il est à la poubelle!»
Fausse donne, passe le Don...

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31.01.03 Le festival de CAN

S’ils sont en Egypte pour travailler, Mangane, Niakasso et Nsilulu suivent la Coupe d’Afrique des nations

Petite devinette: que font les footballeurs africains depuis le 24 janvier? Ceux qui en sont privés doivent se contenter de la suivre à la télévision. On veut parler de la CAN, la Coupe d’Afrique des nations, qui se dispute actuellement en Tunisie. En parfaits patriotes, Kader Mangane, Badara Niakasso et Makaya Nsilulu, les trois Blacks de Neuchâtel Xamax présents au camp d’entraînement, dévorent les images ici en Egypte quand leur temps libre le leur permet. Mangane d’ailleurs a bien pris part à quelques matches amicaux dans le but de préparer ce grand rendez-vous continental, mais il resté au bout du quai, tels les ballots, au moment d’embarquer. «Je n’en fais pas un drame, explique le Sénégalais. A même pas 21 ans, mon avenir est devant moi.»

Une longue rivalité

Est-ce vraiment un hasard si ces trois garçons sont les premiers à quitter la table après le repas? «La CAN, c’est vraiment l’événement en Afrique. C’est notre jouet!» ajoute Mangane, la pupille tout excitée. «En suivant les rencontres à la télévision, les gens peuvent se rendre compte combien notre football a évolué» estime Makaya Nsilulu. Le Congolais ose une comparaison: «Vous, les Européens, possédez la Coupe d’Europe. Nous, la CAN. Cela permet à nos joueurs de s’exprimer devant le monde entier.» «De talentueux joueurs, coupe net le Sénégalais Badara Niakasso. Car chez nous, ce ne sont pas les talents qui manquent. Il y a une telle rivalité entre certains pays que des fois, l’affrontement dépasse largement les frontières sportives. Prenez Egypte - Algérie. Cela fait des années que ces deux pays s’épient...»
«Je n’ai pas forcément tout les chiffres en tête, convient Nsilulu. Mais je ne dois pas me situer très loin de la vérité en affirmant que les 90% des joueurs des 16 équipes engagées exercent leur métier en Europe. Quant aux coaches, une bonne dizaine ne sont pas des Africains.» «C’est peut-être aussi pour cette raison que notre football monte d’un cran année après année» souffle Mangane. «C’est la CAN la plus ouverte depuis longtemps, se réjouit Niakasso. Tout le monde peut battre tout le monde.»
«Qui avant cette semaine savait que le football au haut niveau se pratiquait également au Bénin ou au Rwanda?» s’interroge Nsilulu, que l’on relance sur «l’européanisation» du football africain: «Désormais, le footballeur africain est moins farfelu, il pense beaucoup plus tactique, ne fait plus n’importe quoi. Il n’y a qu’à avoir le placement dans les lignes.»

Un passage obligé

Le foot africain qui se disperse, se dirige gentiment vers le foot dit moderne et ses calculs à n’en plus finir, n’est-il pas là une perte pour l’esthète, lui qui apprécie justement cette spontanéité qui a malheureusement tendance à disparaître en Europe et au Brésil, le berceau du ballon rond? La parole à Niakasso: «Lors de la Coupe du monde 2002, le Sénégal a bien marché en évoluant certes de façon très professionnelle, avec de la rigueur défensive. Mais si vous analysez bien ses matches, il y avait toujours cette touche africaine, faite d’improvisation.» Pour Nsililu, quand bien même certains de ses compatriotes sont de véritables baraques, «notre jeu sera toujours basé avant tout sur la technique que sur le physique. On améliore plein de choses, mais notre technique, on ne nous l’enlèvera jamais. C’est inné, on l’a dans les veines. Augmenter ton physique, OK, mais techniquement, si tu es faible à la naissance, tu ne peux rien faire contre cela.»
Il n’y a rien d’inhumain d’écrire qu’en Europe, l’Africain – le jeune, surtout – est souvent traité comme une marchandise. Il vient, il repart. «On s’en rend compte. Mais pour faire vivre notre famille restée au pays, nous sommes obligés de quitter le continent. On peut penser ce que l’on veut, plaide Niakasso, mais tout être humain possède une ambition dans sa vie. Dans notre cas, c’est de devenir footballeur professionnel. Si la Suisse nous en offre la possibilité, on y va. Pour se faire connaître, gagner un peu d’argent.»
«Il faut voir quand on rentre à la maison pendant les vacances. Les gens nous comparent à des Weah ou des Milla. C’est ça, l’Afrique. Souvent, tout est démesuré» s’enflamme Mangane.
Les trois Africains de la Maladière ne sont pas des idiots: ils savent très bien qu’autour d’eux règnent de véritables vautours, appelés communément agents de joueurs. «Ils prennent des gamins, les ballottent à travers l’Europe. Ils affirment que c’est pour le bien de tous. Du jeune comme pour ses parents. Mais on se rend très bien compte que pour un agent, le but principal est de gagner de l’argent avec des Africains bons marchés.»
Parce qu’ils ne désirent surtout pas louper une bribe du match diffusé à la TV, Mangane, Niakasso et Nsilulu accélèrent la discussion, font diversion. «Un jour, une équipe africaine sera championne du monde» assurent-ils.
Cela paraît inévitable. Mais quand?

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30.01.03 Et si on refaisait le foot ?

Discussion à bâtons rompus autour d’une table entre sept Xamaxiens, de nationalité suisse, au sujet de l’ouverture des frontières. Pas de panique, les gars!

La Suisse qui ouvre ses frontières aux footballeurs de l’Union européenne? Et si on en discutait à plusieurs, devant un café. Les sept Xamaxiens – de nationalité helvétique – conviés à une «table ronde», ici en Egypte, sont unanimes: attendons deux ou trois ans avant de tirer un premier bilan.
«Dans un club comme le nôtre, qui vient d’être repris par des Français, cela va très certainement fermer la porte à des joueurs suisses, explique Florent Delay. Ce sont peut-être les joueurs moyens qui risquent de se retrouver le plus en danger. Je ne pense pas non plus que tous les clubs vont se ruer sur le marché européen. Thoune ne va pas changer sa politique du jour au lendemain. C’est vrai aussi que tout dépend de qui se trouve à la tête du club. On nous parle d’une concurrence accrue. A ce que je sache, la concurrence existe déjà aujourd’hui, non?»
«Je ne suis pas spécialement en souci, glisse Eddy Barea. Mais je suis curieux de voir comment les clubs vont réagir. Pendant deux ou trois ans, certains vont faire n’importe quoi. Ma principale crainte réside au niveau de la formation. Déjà que chez nous, peu nombreux sont les clubs qui accomplissent des efforts pour les jeunes...»
«Ouverture ou pas, cela ne va pas modifier fondamentalement la situation financières des clubs, ajoute Florent Delay. Si t’offres 3000 balles par mois à un gars, tu peux oublier la qualité. A part Bâle, Grasshopper, éventuellement Zurich et Young Boys, les autres ne pourront pas s’aligner, si ce n’est au coup par coup.»

La grande menace

Et si on évoquait une possible sous-enchère salariale? A savoir que l’on dise à un joueur suisse: on t’offre tant, sinon, il y en a des dizaines qui attendent derrière la porte... «Nos salaires sont toujours le reflet de la situation économique du pays, clame Eddy Barea. Je ne crois pas à une politique des bas revenus. Quelles sont les motivations d’un club de football? Obtenir des résultats et demeurer compétitif. Avec des étrangers de seconde zone, de tels buts sont inaccessibles.»
«Admettons que nos dirigeants proposent à l’un de nous un nouveau contrat à la baisse. Celui-ci va voir à Sion par exemple, qui, pour quelques centaines de francs de plus par mois, l’engage. Franchement, Neuchâtel Xamax y trouverait-il son compte en renforçant un concurrent?» questionne Florent Delay.
«Avoir dans notre championnat une équipe qui n’aligne que des étrangers, cela ne tient pas la route» tonne Eddy Barea. «Je ne pense pas que les spectateurs soient prêts à venir au stade pour applaudir 11 étrangers» estime pour sa part Sébastien Zambaz. «Que des gens arrêtent aussi de propager que l’étranger coûte moins cher que le Suisse, relance Eddy Barea. Si on met tout bout à bout, le loyer, le logement, les impôts, les billets d’avion... Non! Les seuls qui représentent une menace, ce sont les étrangers qui sont prêtés par un club où ils n’ont pas réussi à s’imposer.» «Ce sont justement ceux-là qui sont les plus dangereux» insiste Pascal Oppliger, relayé par Laurent Walthert: «Ils viennent pour six mois, une année, et on ne les revoit plus! Ils ne se sentent surtout pas concernés.» Pascal Oppliger, d’une reprise de volée: «Les clubs vont rapidement se rendre compte. A savoir qu’à valeur égale, un footballeur helvétique aura toujours la priorité. En Espagne et en Italie, les étrangers font peut-être la différence. Mais chez nous... Aux Suisses de démontrer qu’ils méritent leur place dans leur pays.»
«Aux dirigeants de prendre des joueurs utiles. Si cela peut rehausser le niveau de notre football, pourquoi pas» abonde Sébastien Zambaz. «C’est exactement mon avis, corrobore Steve von Bergen. J’essaie de voir l’aspect positif des choses.»

La boutade de Zambaz

Et l’âge dans tout cela? Florent Delay, Pascal Oppliger et Steve von Bergen en chœur: «L’âge n’a rien à voir. La valeur d’un joueur, ce sont ses qualités. Une équipe aura toujours besoin de joueurs expérimentés, comme c’est le cas actuellement. En football, l’équilibre est une nécessité.»
Qu’on l’admette ou non, le footballeur helvétique s’apprête à vivre des mois agités. Et si les «nôtres» relançaient l’idée de la création d’un grand syndicat? Il y avait eu Profoot au début des années 1990, mais l’expérience avait fait long feu. «Ils s’y étaient très mal pris, insiste Eddy Barea. Un syndicat n’est pas là pour organiser des soirées de gala. Il n’y avait aucune mobilisation. Pour la défense de ses intérêts, le joueur suisse est largué.» «Et les Suisses au bénéfice d’un contrat valable? Vous en faites quoi?» s’interroge à juste titre Florent Delay. Une affirmation, cette fois, signée Alexandre Rey: «On oublie aussi trop vite que les joueurs suisses sont bons!» «Ils ne vont pas non plus nous foutre tous dehors, martèle Steve von Bergen. Depuis quelques années, nos diverses sélections marchent bien. Et ce n’est pas grâce aux étrangers.»
Le mot de la fin à Sébastien Zambaz: «En Espagne, l’Athletic Bilbao n’engage que des joueurs basques. Que Neuchâtel Xamax en fasse de même, en recrutant uniquement des footballeurs suisses!»
Zambaz, président, Zambaz, président!

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26.01.03 Le retour du "Rodge"

Promis, juré: Roger Läubli ne voulait plus remettre les crampons dans un milieu qui l’avait dégoûté. Mais le virus et Claude Ryf en ont décidé autrement

Son passage à la tête de Delémont l’avait salement ébranlé. Mais que dire de son séjour à Young Boys? Claude Ryf obligé de déguerpir, son adjoint était prié d’en faire de même. A partir de là, Roger Läubli n’avait plus qu’une seule idée en tête: tourner définitivement le dos à un milieu qui l’avait dégoûté. «Il faut être fou pour se laisser virer à tort et à travers pour aussi peu d’argent. Passe encore quant tu gagnes 20.000 balles par mois, mais pas 6000...»
Le «Rodge», que l’on croyait blindé, craquait. Il embrassait à nouveau son métier de chauffeur. Mais pas de camion. Il optait cette fois pour des véhicules moins imposants: les bus et les trolleys de la ville de La Chaux-de-Fonds. Aux oubliettes, le ballon! Loin de ma vue!

Deux éléments

Il y a de ça quelques 18 mois, les dirigeants du Deportivo, qui passaient par là – à La Chaux-de-Fons, pas en Egypte! –, le «coincent». Et le gentil Roger (il est comme ça) craque! OK pour donner un coup de main. Sans qu’il ne s’en rende compte, le virus rongeait à nouveau un homme qui ne saura décidément jamais dire non. «Mais en ligue inférieure, lorsque c’est à toi qui de motiver tes joueurs, ça ne va pas. J’ai aussi rencontré de graves problèmes de santé. Lutter contre un cancer et diriger une équipe dont beaucoup d’éléments ne se sentent pas concernés, ce n’est pas non plus l’idéal.» Re-basta!
Durant la première saison de Claude Ryf à la Maladière, l’entraînement spécifique des gardiens a été confié à Stéphane Hunziker. Le contrat de l’ex-bras droit d’Alain Geiger n’ayant pas été renouvelé, Ryf a dû chercher une solution de rechange. Il n’a pas usé la batterie de son portable. Hop, un coup de biniou à son ancien allié du Wankdorf. Hop, affaire conclue. Depuis le mois de juin 2003, Roger Läubli retombait dans une soupe qui l’a vu naître.
«Deux éléments ont fait que je sois revenu dans le circuit. La première, c’est évidemment la personnalité de Claude. Avec quelqu’un d’autre, je pense que j’aurais dit non. La deuxième, c’est que Neuchâtel Xamax, c’est une bonne partie de ma vie de footballeur. J’avais été engagé en tant que No 2, derrière Joël Corminboeuf, mais en trois ans et demi, j’ai grosso modo disputé une trentaine de matches de championnat – avec à la clef, deux titres nationaux – et quatre, je crois, de Coupe d’Europe des clubs champion.»
Ainsi, depuis cet été, Roger Läubli (53 ans) s’occupe à raisons de deux séances hebdomadaires, des gardiens de Neuchâtel Xamax. «Et avec Delay, nous prenons encore les talents du club, soit huit juniors. Je vous assure que parmi eux, il y en a de très prometteurs. Une vraie pépinière.» Gardien dans les années 1970-1980, et gardien aujourd’hui, peut-on encore évoquer le même «métier»? «C’est incomparable. Nous, on pouvait se saisir du ballon dans les mains quand on le voulait. Je remarque aussi que les centres et les tirs sont toujours plus vicieux. Les joueurs les travaillent sans dessus-dessous. Des jours, je me demande si ce ne sont pas les ballons qui ont comme ça changé...»
«Goalie» de la tête au pied, notre homme est réconforté sur un point: «Aujourd’hui, les clubs entreprennent quelque chose pour le gardien. Gress, lui, ne voulait pas entendre parler d’entraînement spécifique. Tu bloquais une balle, t’étais bon. T’encaissais un but, t’étais une pomme. Cela s’arrêtait-là. J’ai toujours fonctionné à l’instinct. On ne m’a jamais dit que je devais effectuer des pas en avant ou en arrière pour mieux évaluer une trajectoire, boucher les angles...»

Les mérites de Bettoni

Et si l’on passait à la critique individuelle? «Bettoni est très critiqué. A tort. Sa grande poisse, c’est qu’il joue dans une équipe qui marque très peu de but. Sur sa ligne, il est excellent. Sa taille représente un atout, même si certains continuent à le montrer du doigt sur ses sorties. Mais quand je regarde des matches de l’équipe de Suisse, il ne me semble pas que les titulaires soient nettement meilleurs que lui dans ce domaine. Delay est comme moi. Un bon type, un bon vivant. Son talent est énorme, malgré sa petite taille. Son principal handicap, c’est qu’il rencontre souvent des problèmes physiques. Walthert, lui, a des qualités indéniables. Il excelle au pied. A nous de le suivre attentivement.»
Paroles de Roger Läubli: «En Suisse, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi doué que Corminboeuf!» Mais encore? «La pire hérésie que j’ai entendue, c’est quand certains stratèges ont suggéré de rehausser la hauteur des buts. Les gardiens doivent-ils devenir des juniors C, incapables de toucher la latte en levant les bras? Non mais... Peut-être qu’un jour, on leur interdira de saisir le ballon des mains!»
Bouillant, le «Rodge»!

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