Thérèse Raquin : Introduction

Présentation

Selon Henri Mitterand, Thérèse Raquin est « le coup d’envoi de l’esthétique naturaliste ». Ce roman, le quatrième de Zola, ne fait pourtant pas partie de l’ensemble intitulé « Les Rougon-Macquart », mais il a été en quelque sorte le laboratoire où l’écrivain, à vingt-sept ans, a élaboré sa théorie du roman naturaliste, et, comme son livre a fait scandale, Zola a rédigé pour la deuxième édition, publiée en 1868, une courte mais très important préface où il expose ses conceptions. « J’ai simplement fait sur deux corps vivants le travail analytique que les chirurgiens font sur des cadavres ». Le roman serait donc une sorte d’expérience scientifique où les personnages n’obéiraient qu’à la fatalité de leur tempérament. Peu importe que leur conduite soit immorale, puisque Zola ne les donne pas en exemple. Pour lui, il estime qu’il a « l’honneur » d’appartenir à un « groupe d’écrivains naturalistes » qui justifieront la validité de leurs théories par la qualité de leurs oeuvres.