L'histoire de la Ferme Guimond

 

L'histoire de la Ferme Guimond

La ferme Guimond est située sur la Seigneurie Lepage au rang 5 à cinq milles au sud de Rimouski. A la fondation de la paroisse, une division du territoire et le rang 5 de Rimouski était annexé à Ste-Blandine.  Aujourd'hui on peut reconnaître la ferme au 354 Chemin de la Seigneurie Est à Ste-Blandine, comté de Rimouski.

En 1905, Honoré, grand-père de Lionel, achète une terre de 80 arpents en bois et il fait bûcher  un emplacement pour les bâtiments par ses beaux frères.  L'année suivante, il arrive de Montréal avec sa famille, il s'installe chez un frère de sa femme, le temps de construire sa maison et sa grange.  En 1914, il achète le lot voisin d'une superficie de 80 arpents et il commence le défrichement sur les terrains élevés avec l'aide de ses enfants.

Dans les années 1930, il a réussi à obtenir une subvention pour creuser un ruisseau dans les fonds en arrière des bâtisses de sa ferme et celles des voisins.  Il engageait des hommes avec des chevaux, le creusage se faisait à l'aide de pelles tirées par les chevaux dans la terre glaise et il utilisait la hache et la fourche à fumier dans la terre noire.

  En 1935, Honoré échange un lot à bois de St-Narcisse pour une terre de 125 arpents dont 10 arpents en culture située sur le même rang que sa ferme.  Au moment de ces transactions, il cède la ferme paternelle à son fils Hermas.  Ce dernier parvient aussi à recevoir une subvention pour creuser un deuxième ruisseau dans les mêmes fonds.  Après le creusage, Hermas commence le défrichement avec deux chevaux, il arrache les grosses talles d'aunes et les saules et Lionel commence à aider avec un cheval pour effectuer les semences et les récoltes.

Dès 1947, le bulldozer fait place aux chevaux pour le défrichement et l'élimination des grosses pierres au coût de $ 10.00 l'heure à raison de neuf heures par année.  Dans le temps, c'était dispendieux, car le lait rapportait seulement $ 2.31 le cent livres.  En 1950, le bulldozer avait travaillé trois acres de brousse, l'année suivante, il a fait enterrer les pierres et les tas de roches pour cent heures de travaux dans le même champ.  Ensuite, à tous les ans, ils ont poursuivi le défrichement, l'épierrement, le drainage à l'aide de bulldozer et de pelle mécanique afin d'améliorer la production des champs.

La petite grange construite en 1906 par Honoré et agrandie par Hermas était devenue trop petite pour les besoins de la ferme, en prévoyant une expansion de l'entreprise, Lionel avec l'aide de son père ont bûché le bois de sciage nécessaire à la construction d'une nouvelle grange étable, pendant quelques hivers.

La modernisation et la mécanisation arrivent à la ferme des Guimond, dès l'automne 1952, l'électricité de 30 ampères était installée à la maison et à la grange, en 1954 on installait la trayeuse à lait et en 1956, Hermas achetait un camion d'une demie tonne.

Lionel sur le premier tracteur de la ferme avec Bernard sur la presse à foin pour la pauseDepuis 1948, Lionel est propriétaire de la terre de son grand-père Honoré et à l'automne 1958, il achète la ferme de son père ainsi que le tracteur Oliver Super 55 avec une pelle et une charrue livrée immédiatement et au printemps suivant la livraison d'une presse à foin, faucheuse et un râteau.

Avec l'arrivée du tracteur qui était plus rapide que les chevaux pour le transport des récoltes, Lionel décidait de démolir les deux granges à foin situées sur le haut des terres afin de récupérer le bois et la tôle. L'étable avant sa démolition en 1959A la fin du mois d'avril 1959, ils ont démoli une partie de la vieille grange pour avoir l'emplacement nécessaire pour la nouvelle construction de 115 pieds de longueur par 42 pieds de largeur.  Il avait engagé un contremaître à $ 1.00 de l'heure et les agriculteurs de la place à $ .90 de l'heure pour la construction et un homme à tout faire pour effectuer les travaux de la ferme. Il fallait faire vite pour effectuer les récoltes à temps, Lionel se souvient que le début de l'été avait été sec, il n'y avait pas eu beaucoup de foin.  Après la fenaison, le fenil paraissait bien grand, bien que les gens disaient "il était un peu fou de construire aussi grand".  Lionel se disait que son père n'a pas pu voir aussi grand, car il avait seulement un garçon, mais pour Lionel ce n'était pas la même chose, cinq garçons naissaient en autant d'années.

L'agrandissement de la ferme était nécessaire pour faire vivre la famille et donner du travail à tout ce monde et prévoir une plus grande expansion de l'entreprise.

L'expansion de la ferme était nécessaire pour faire vivre la famille et donner du travail à tout ce monde. Avec l'amélioration du fond de terre et l'augmentation de la production, on procédait à l'achat d'un autre tracteur et un conditionneur à foin. En 1971, on achetait 85 acres de terre et un autre 60 acres en 1973.

Une autre transformation importante de l'entreprise s'effectuait en 1975, Lionel implique ses fils Jacques et Gilles et il forme une Société sous le nom de Ferme Guimond et fils enr. Au printemps, ils ont construit un silo 24 par 80 pieds et il ont acheté deux tracteurs et la machinerie à ensilage. A l'été, ils ont construit un garage avec un atelier chauffé de 40 par 70 pieds.  A l'automne, ils ont fait les fondations de trois maisons pour Jacques, Gilles et André, afin d'effectuer la construction au cours de l'hiver avec l'aide d'un ouvrier à temps partiel.

L'année suivante, ils construisaient une vacherie de 150 pieds de longueur par 46 pieds de largeur au bout de la grange avec l'aide du même ouvrier.   Avec l'expansion de la ferme, la mécanisation devenait de plus en plus importante, en 1981, on procède à l'achat d'un deuxième silo 20 par 70 pieds.  En 1982, ils achetaient  une autre terre de 182 acres.

En 1986, la ferme s'équipait d'un silo hermétique pour le mais humide afin de fournir une alimentation plus équilibrée et plus économique, le mais grain provenait de l'extérieur de la région.  Ils ont construit une remise à machinerie de 55 pieds par 120 pieds.
 Les Guimond ont toujours eu le souci de l'environnement et de la conservation des ressources.  En 1988, ils entreprennent la construction d'une fosse à purin correspondant au besoin du troupeau, une structure de 120 pieds de diamètre par 16 pieds de profondeur.  La fertilisation des champs est utilisée selon les analyses du sol et les engrais sont épandus au moment propice quand les plantes en ont besoin c'est-à-dire au début de la pousse et après la première récolte de foin.

Dans la même année, on procède à l'agrandissement de la laiterie et la construction d'une chambre électrique pour augmenter le nombre d'ampères à 550 afin de mieux répondre aux besoins de la ferme, ce qui a permis de s'équiper de moteurs pour souffler l'ensilage et une pompe à purin.  Il y eut aussi l'aménagement d'un bureau afin de classer les papiers, correspondances, etc.

Avec l'augmentation constante de la production laitière et l'amélioration des champs, il a fallu acheter trois troupeaux avec le quota, dans les années 1970, et à partir de 1980, ils se sont déplacés pour acheter du quota dans les ventes à Rimouski, Ste-Martine, St-Hyacinthe, Joliette.

Pendant toutes ces années, le troupeau a considérablement changé en passant des animaux croisés à un troupeau Ayrshire pur-sang de grande qualité.  C'est en 1951 que le père de Lionel achetait les deux premières génisses Ayrshire pur-sang enregistrées, il utilisait déjà un taureau Ayrshire de race pure depuis quelques années.  Le troupeau est soumis au contrôle laitier officiel R.O.P. en 1958 et la moyenne de production s'établissait à 90 de M.C.R. En 1982, le troupeau atteignait une moyenne de 162-170 de M.C.R.  En 1986 et 1987, la moyenne de production passait de 183-184 à 202-205-212   de M.C.R. avec le troupeau de 76 vaches en lactation.

En 1964, c'est le début de l'insémination artificielle, depuis ce temps, les Guimond ont constaté une amélioration génétique importante tant au point de vue de la production que de la conformation.

Dans ces années là, le troupeau a connu une amélioration exceptionnelle à tel point que plusieurs vaches ont fracassé des records de production.  Kara de Guimond B.P. était en tête de liste des revues de la race,  elle avait produit 11,368 kg. de lait 437 kg. de gras avec un M.C.R. de 300-280 et des déviations de +127 en lait et +109 en gras à l'âge de 4 ans.  Cette vache était la championne productrice toute catégorie au Canada en 1984.  La ferme Guimond avait remporté le trophée du C.I.A.Q. pendant deux années consécutives 1983 et 1984 avec les productions exceptionnelles de cette vache.  Guimond Sadova avait produit 7,850 kg. lait à 3.91% de gras pour un M.C.R. de 274-256 à l'âge de 2 ans.  Delly de Guimond, classifiée Très Bonne, possède une production de 9,140 kg. lait à 4.08% de gras et un M.C.R. de 244-250 à l'âge de 11 ans.

Les expositions ont marqué le troupeau Ayrshire de la Ferme Guimond et aussi la vie professionnelle et sociale de tous les membres de la famille.

Lionel participe à l'exposition de Rimouski pour la première fois en 1958.  En 1972, il remporte le premier grand championnat.  Le troupeau de la ferme Guimond gagnait la bannière de premier éleveur en 1975, les bannières de premier éleveur et premier exposant sont décernées à la ferme Guimond et fils enr à l'exposition de Rimouski en 1977, 1978, 1979, 1981, 1982, premier exposant en 1983 et les deux bannières en 1987.  De plus, il se méritait de nombreux prix, tels que la grande championne Ayrshire et championne junior, meilleur pis, régisseur de troupeau, etc.  Encore aujourd'hui, la ferme participe aux expositions de Rimouski, Québec, Expo-printemps Ayrshire, Toronto, Madison et elle gagne des prix très convoités.

Depuis quelques années, la vente des sujets pour la reproduction constitue une activité intéressante pour la Ferme Guimond et fils.  En plus de vendre d'une façon privée, elle consigne régulièrement dans les ventes de Club, principalement à la vente Ayrshire du Bas St-Laurent qui se tient à l'automne.  Nous aimons vendre un bon sujet pour nous faire connaître et pour aider d'autres éleveurs, nous achetons aussi à l'occasion pour améliorer notre troupeau, cela fait partie du programme de publicité.

Les Guimond ont toujours aimé participer à des concours dans le but de voir les nouvelles techniques et de s'améliorer.  Pour la première fois en 1979, la ferme s'inscrivait au concours du mérite agricole et il se méritait une 4ième position de la médaille de bronze.  Après cinq ans, il se classait en 5ième position à la médaille d'argent.  La participation de la ferme Guimond et fils à la médaille d'or du mérite agricole en 1989 leur procurait une 4ième position avec un total de 901 points.  Dans les commentaires du jury, on peut lire ceci "Lionel, Jacques et Gilles Guimond sont des figures connues dans le milieu professionnel agricole où ils s'impliquent activement.  Tout aussi sérieux est leur engagement dans les activités quotidiennes de leur ferme où ils exercent un bon contrôle des mauvaises herbes et une bonne conservation des fumiers.  Ils font également une bonne conservation des aliments.  Soulignons enfin la qualité des bâtiments de la Ferme Guimond qui se distinguent par leur propreté tant intérieure qu'extérieure."
 
La ferme Guimond a aussi participé au concours provincial de luzerne en 1975 et elle se classait première dans la région du Bas St-Laurent.

En 1990, Lionel prend sa retraite et Réjean, Gilles et Jacques forment une nouvelle société sous le nom de Ferme Guimond et Fils Enr (1990).  Ils profitent de l'arrivée de Réjean pour informatiser certaines opérations de la ferme au niveau du secteur laitier, des champs et de la comptabilité.  La Ferme Guimond a réalisé un projet d'essai d'Agriculture-Canada pour la mise en place d'un distributeur d'ensilage et de concentré complètement informatisé pour alimenter individuellement à la R.T.M. pour chaque sujet.  Ce projet d'essai de distributeur robotisé, spécifique à la ferme Guimond était le premier du genre au Québec.  Après trois ans, Réjean prend la décision de poursuivre ses études en informatique, il faut réorganiser le travail sur la ferme avec l'aide d'un employé, ils font l'acquisition d'une terre de 80 hectares.