Finale du label bleu.
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Ce jour-là, le roi d'Axoum réunissait son grand conseil. Il avait eu un entretien privé avec l'émissaire du Basileus la veille, qui l'avait félicité pour son action au Yémen. Les relations avec les Romains étaient très bonnes, et ce genre d'action pour contrer la sphère d'influence des Perses sassanides n'était pas pour déplaire aux Africains !
Ce même diplomate lui avait parlé, la bière d'orge aidant, des nouveaux soldats que l'empereur avait incorporés à sa garde. C'était des Scandinaves, d'un peuple qui était en train de mettre la main sur les riches plaines alluviales du nord de l'ancien pays des Scythes. Or ce pays jouxtait aussi la mer Baltique, dans la région d'où on extrayait l'ambre.
Le roi dit tout cela à ses conseillers, et il exhiba fièrement un magnifique collier d'ambre que lui avait remis l'ambassadeur romain. Il était magnifique, et ses couleurs étaient jaune d'or, brun, rougissant, verdissant, tout un festival ! Le roi exposa alors son projet d'aller envahir ce pays qui recelait quand même bien plus de richesses que les montagnes pouilleuses du Yémen.
Mais devant la qualité des fantassins de ce pays -- les Rus comme ils s'appellent eux-mêmes -- il n'avait qu'une confiance limitée dans sa propre infanterie. Aussi fit-il approuver par le conseil son projet de guerre en y incluant un très fort contingent d'infanterie d'arabes nomades, plus résistants que les Yéménites quand il s'agit de combattre dans la plaine. De toute façon, le Yémen grouille aussi de ces nomades, et en débarrasser pour quelques temps le Yémen lui vaudrait la reconnaissance de son potentat.
C'est ainsi que le général Georgeos Bordélik se trouva à la tête de l'armée d'Axoum. Le dispositif de combat était prévu de longue date quand il rencontrèrent l'ennemi. Il faut dire que la monotonie du paysage russe ne permet pas beaucoup de surprises, ce qui permet d'affiner les choses.
Au centre, il placerait son allié, en deux longues lignes de manieurs d'épées, chargé de faire leur possible contre les Rus. La cavalerie et les chameliers nomades seraient derrière, prêts à aider l'une des deux ailes. Les guerriers seront répartis à peu près également dans chacune des ailes, y compris les archers qui se déploieront en tirailleurs. Mais Georgeos commanderait la plupart des gardes d'élite. Ces fines lames devront massacrer les Rus avec l'aide des guerriers en seconde ligne. La cavalerie axoumite sera également répartie, mais Georgios aura la plus grosse part. Il est clair que l'autre aile n'a pas un but tant offensif que défensif.
En face, les Rus se déploient. Ils sont innombrables, mais n'ont pas de réserve derrière leur mur de boucliers et son support d'archers. Par contre, face à l'aile gauche défensive axoumite, se déploient un fort contingent de cavaliers bulgares ! Encore des ennemis des romains. A moins que ce ne soit un coup tordu du Basileus, jaloux des richesses qu'Axoum veut conquérir. Il faudra en parler au roi, qui tranchera.
Mais pour l'heure, cette apparition contrarie fortement Ahmed Ben Ali, le chef des arabes nomades, qui refuse d'engager le combat. Il envoie ses émissaires à Gerorgeos : "Ce n'était pas prévu ! Nous devions avoir une écrasante supériorité de cavalerie, et c'est le contraire qui se produit. Je ne pense pas que votre aile gauche fera le poids. Débrouillez-vous sans nous !".
Le coup est dur. Deux options s'offrent. Temporiser, en espérant qu'Ahmed reconsidère sa position, ou partir à l'assaut pour une victoire rapide sans lui... et le priver ainsi de sa part de butin ! Connaissant l'esprit tortueux des nomades mais la rectiligne certitude de leur appât du gain facile, Georgeos ordonne de mener l'assaut sur les deux ailes, au plus vite ! S'il a confiance en son aile droite qu'il dirige, il ne se fait pas d'illusion sur le fait que l'assaut général de l'infanterie ordonnée sur l'aile gauche est un pari risqué.
En face, les Bulgares sont fidèles à leurs paroles, et s'approchent. Face aux arabes, l'avance est limitée, mais face à l'aile droite d'Axoum, l'avance est assez décidée. Il n'y a pas une heure que les lignes se sont disposées que déjà les combats font rage sur les deux ailes. A gauche, les Bulgares sont présents, mais assez peu entreprenant. Ils ne tentent guère de choses face à la faible cavalerie légère axoumite qu'ils ont face à eux. Ils semblent croire que leur cavalerie lourde suffira face aux guerriers, qui se lancent à l'assaut en ordre dispersé, ivres de conquête. Après quelques pertes initiales, le combat se stabilise. Les guerriers ne perdent pas si vite que ça, et les quelques gardes d'élites et archers psilètes qui sont derrière organisant tant bien que mal une protection de leur flanc gauche, que les Bulgares n'attaquent pas.
A droite, les gardes d'élite axoumites trouvent une opposition plus forte qu'ils ne pensaient, et reculent. Les lances rus les poursuivent, mais pas leurs archers. Et comme ils vont moins vite à avancer que les gardes d'élite à reculer, le combat est rompu. Georgeos lance alors une partie de ses guerriers dans une charge impétueuse, qui déborde des lances privées de leur précieux support d'archers. La manœuvre marche, et des trous apparaissent dans la ligne russe, qui n'a plus que des psilètes et des généraux pour s'y opposer. A l'extrême droite, la cavalerie légère russe, aussi nombreuse mais de meilleure qualité que son homologue axoumite, hésite à attaquer, et ne va pas plus contrer le trou qui est en train de naître.
A la vérité, cette percée est encore assez limitée, mais la conjugaison des guerriers et des gardes d'élite apparaît imbattable. Les pertes encaissées sont peu nombreuses, et la confiance est là.
En observant tout cela, le chef des nomades se met à réfléchir sérieusement. Il commence par amener sa chamellerie face aux bulgares, car s'il décide de se joindre à la bataille, il faudra faire l'effort ici. La bataille se poursuit. Les Bulgares piétinent, et les cavaleries légères de la moitié gauche jouent à se faire peur en tentant quelques manœuvres vite avortées de part et d'autres. A droite, le trou devient une évidence, et le corps russe devrait bientôt vaciller. Comme les guerriers font des miracles de résistance face aux bulgares, Ahmed sent que la victoire est possible, et il se décide enfin à jeter ses forces dans la bataille. Ses chameaux se rapprochent de la cavalerie bulgare, et consolide son flanc. Ses guerriers viennent au secours ses guerriers axoumites de gauche, en allant défier les Rus qui leur font face, afin de sécuriser leur flanc droit.
Mais la première ligne de guerriers arabes est presque entièrement pulvérisée par les Rus ! La deuxième ligne fait meilleure impression. Heureusement, le bout de la ligne russe est pris de flanc, et, à force de reculer, les nomades l'attirent dans un piège et la détruise. C'est peu, mais c'est bon pour le moral. A la gauche des guerriers nomades, la collaboration avec les guerriers axoumites est plus fructueuse. Ses derniers viennent d'anéantir une file de Rus, et ont pu profiter du trou pour anéantir la première unité de cavaliers bulgares. Les autres cavaliers bulgares reculent ou font reculer. Seul leur chef parvient à tuer de temps en temps quelques guerriers mais l'appoint des chameaux qui on maintenant engagé le combat rééquilibre le combat. Et la cavalerie légère nomade n'est pas encore engagée.
C'est sur l'aile droite que ça se décide. Les cavaliers mercenaires des Rus viennent de se décider à attaquer les cavaliers axoumites qui leur font face avec l'aide de quelques psilètes rus. L'attaque échoue, la contre attaque aussi. Par contre, une prise de flanc, rendue enfin possible par la largeur du trou déjà pratiquée, permet de provoquer de grosses pertes dans le corps rus entamé. Il n'est pas fini, mais moribond. Le général en chef russe, qui craint alors que son propre corps ne soit anéanti, décide alors une attaque qui devrait, si elle réussit, démoraliser le corps de Georgeos. Elle a de plus de très bonnes chances de réussir ! Mais telle n'est pas la volonté divine, car sa garde recule ! Elle est alors attaquée de flanc par quelques guerriers, tandis que les hommes qui venait de repousser la menace repartent à l'assaut ! Et là encore, leur bravoure est sans commune mesure. Les gardes du corps du général rus sont désarçonnés et massacrés ! Sont également massacré quelques rus du corps entamé, suffisamment pour le démoraliser. Un cri farouche retentit au sein des masses axoumites.
Devant cette mêlée confuse et victorieuse pour leurs ennemis, voyant la stagnation de leur cavalerie, et leur flanc offert à l'ennemi, la vue de la tête de leur tsar en haut d'une perche axoumite achève le moral du corps rus, qui part lui aussi en débandade !
C'en est alors trop pour les autres corps ennemis, qui ont aussi à déplorer des pertes, et l'armée russe capitule ! La route de l'ambre s'ouvre pour Axoum et la gloire éternelle pour Georgeos !!!
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Notes :
- partie en 400 points contre Jean-Baptiste, pour la finale du label bleu.
- mon allié arabe n'est pas fiable, mais après 3 ou 4 tours ou peut-être 5 il fait enfin un 6
- mes Wb(F) ont eu une chance insolente face aux Cv(S) en ne mourant pas comme des mouches. Il faut croire que la chance sourit aux audacieux ;
- l'attaque de Bd(F) suivi d'un lâcher de Wb(F) quand les Bd reculent et que les Sp avance est particulièrement redoutable. J'aurai dû acheter les BdX pour le corps de gauche !
- bien des irr Bd(I) sont mortes au premier contact avec les Sp(O) rus ! Mais ensuite les choses se sont équilibré. Ma réserve était essentielle.
- l'attaque du général russe était une prise de flanc, rendue possible par la propre prise de flanc que j'ai fait sur les Sp rus. Je ne sais plus si c'était tout de suite après ou un tour après, à cause d'un 1 ou 2 aux pips m'ayant empêché de rétablir une protection. C'est en tout cas aussi la faute d'une Bd(F) continuellement incapable de faire reculer un Ps en terrain dégagé. Enfin bon, son général Cv(I) en chef attaquait un Wb(F) sans soutien arrière, et la débordait avec l'aide du général du corps près de se rompre. Du 4 contre 1 ! Mais la chance et son (I) on fait reculer le général. Là, j'ai fait un 1 au PIP qui m'empêche de mener la contre attaque, et l'impétuosité des guerriers seule s'en mêle. Le Wb(F) de front peut maintenant reculer, et un autre Wb(F) prend le général de flanc. Cette fois c'est du 1 contre 3. Et c'est encore son (I) qui me donne la tête de son général, et ensuite son corps quand il ne réussit pas un jet de PIP suffisant.
- Je ne suis plus certain de la cause exacte de la démoralisation de l'armée rus. Comme je ne pense pas que l'armée était déjà démoralisée, que les Bulgares et le corps central tenait encore bon, je pense que j'ai dû démoraliser le corps entamé. Et comme je ne crois pas avoir rejoué, j'avais dû réussir à la faire dans le tour précédent, bien que ce ne soit pas le souvenir des combats que j'en ai. Mais il y a eu tellement de combats dans cette boucherie !
- Jean-Baptiste, à l'aide de ma mémoire défaillante !
-- Jean-Pierre Riviére