Les vacances mouvementées de Mithridate
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Cet hiver-là, Mithridate avait décidé d'aller prendre ses vacances un peu plus au Nord, pour s'essayer à ce sport nordique dont on disait qu'il était pratiqué par les Germains qui faisaient le commerce de l'ambre, très loin dans le Nord. Il s'agissait du ski, et ça se faisait avec deux planches affûtées plus ou moins taillées en pointe.
Mithridate décide d'aller essayer d'en faire sur les plaines au Nord du Pont Euxin, où il y a toujours de la neige en cette saison, mais où on n'a pas trop de précipice, et où on a nettement moins de problèmes de logistique. Car Mithridate, d'un naturel méfiant, ne se déplace jamais sans son armée.
À ses soldats quelques peu anxieux de combattre en hiver, Mithridate répond qu'il va simplement aux sports d'hiver skier, et pour achever de les convaincre, il fait tailler une paire de ski à chacun de ses soldats et un peu plus en prévision de la casse. Il invite aussi son vassal Polydrane le roi d'Arménie Mineure pour la bonne raison qu'il vaut mieux ne pas le laisser tout seul, et lui aussi est invité à faire des skis pour toute son armée.
Quand ils arrivent, après bien des péripéties, sur les plaines tant convoitées, Mithridate avise bien vite une petite rivière très bucolique. Il décide de faire le stage de ski ici même, et le camp est dressé. Une partie des troupes est envoyée chercher une forêt, pour y trouver du bois pour se chauffer, car à part la rivière et des reliefs insignifiants, le paysage est vide. On sacrifiera quelques skis en attendant leur retour.
Mais bien vite des soldats reviennent, pour prévenir de la venue de l'ennemi. Une multitude de cavaliers, des plus légers aux plus lourds approchent, et ils ont bien l'intention de faire décamper les paisibles touristes du Pont.
"S'ils sont venus se faire le Pont, ils vont avoir de drôles de vacances !" lance alors Mithridate, qui organise la défense. Des messagers rapides sont aussitôt envoyer rameuter les autres fourrageurs pour qu'ils reviennent précipitamment prendre part au combat. Quant au ski, on se félicite de leur affûtage pour les transformer immédiatement en barrières infranchissables à la cavalerie. La rivière est sondée : le courant est fort, l'eau profonde, elle fera un excellent rempart, car il ne gèle pas. Les archers disponibles sont mis contre la rivière, ils achèveront de la défendre. Les cavaliers lourds s'y adossent un peu plus haut, et font la jonction jusqu'à une première barricade tenue par les légionnaires du Pont. Ensuite, les cavaliers lourds arméniens assurent la jonction jusqu'à la deuxième haie derrière et à coté de laquelle l'infanterie arménienne se masse. Toute la cavalerie légère est au centre du dispositif, à part quelques cavaliers légers arméniens censés ralentir l'ennemi.
L'ennemi est là justement. À part quelques Turcs sur la rive opposés, mais qui n'ont pas l'intention de combattre avant de savoir d'où vient le vent, il y a une multitude de cavaliers lourds, dont certains manient le kontos comme des Sarmates. C'est le général en chef qui les dirigent personnellement. Ajouter des cavaliers légers, certains uniquement muni d'un arc et de flèche, mais la plupart maniant aussi le javelot !
Patakes, le général mercenaire grec allé au fourrage revient alors immédiatement, mais il dégage tant de neige à revenir précipitamment que les ennemis qui se disent Avars ont le temps d'organiser un comité d'accueil en bonne et due forme. Ils ne prennent qu'un corps pour cette tâche qu'ils jugent subalterne, et avec les deux autres, foncent sur le dispositif central du Pont.
Quand il arrive, Patakes choisit d'entrer en force. Les Bastarnes et les archers s'occuperont de la cavalerie, les chars à faux de la cavalerie légères, et les frondeurs devront les aider. L'ennemi charge. De nombreux frondeurs sont massacrés, comme quelques Bastarnes. Mais les archers tiennent bon, et massacrent certains des cavaliers trop téméraires. Les chars à fond sèment la confusion chez les cavaliers légers. La contre-contre-attaque malmène encore quelques frondeurs, mais elles coûtent aussi des cavaliers. Cependant, le corps du Pont est au bord de la rupture, mais les frondeurs héroïques ne cèdent pas et massacrent des cavaliers légers trop confiants. Les chars à faux massacrent des cavaliers, et le corps adverses est en déroute. Les Turcs vont se joindre au Pont ! Hélas, non, car des Bastarnes sont massacrés et la marche de flanc est aussi défaite !
Pendant ces événements, la cavalerie lourde du Pont a commencé une sortie contre les cavaliers légers qui sont au devant de la cavalerie lourde. Les cavaliers légers attaquent, et les nobles du Bospore ne font pas impression ou même mordent la poussière. Mais une deuxième vague arrive, et avec l'aide des cavaliers lourds du Pont, relèvent le défi. Les cavaliers lourds adverses s'approchent, tandis que le flan doit composer avec d'autres cavaliers légers.
Du côté arménien, on s'apprête à recevoir l'assaut des fous furieux. Ils sont mis dans un certain désordre, et tout devrait aller pour le mieux. Les cavaliers légers sur le flanc n'osent pas s'attaquer à l'infanterie arménienne et le choc est encaissé frontalement. Avec l'aide des hommes commandés par Bondekes, l'autre général mercenaire grec, la menace est finalement contrée puis jugulée. Polydrane lui-même anéantie ses opposants.
De l'autre côté de la rivière les Turcs sont à l'embouchure de la rivière ; mais des thuréophores arrivent de l'autre côté pour les empêcher de déboucher.
Cependant, la bataille des cavaliers lourds se poursuit. Pressé, Mithridate ordonne une offensive du centre de son dispositif, tandis que lui-même décide de s'exposer aux cavaliers légers pour permettre cette manœuvre tant que l'ennemi n'est pas trop organisé. Il ne peut lui-même que repousser l'ennemi, mais ses cavaliers lourds ont un plein succès. S'ils n'arrivent à bout des gardes du corps du général ennemi, ils massacrent tant de ses troupes qu'ils en démoralisent le corps !
Et avec ce corps, c'est toute l'armée adverse qui part en débandade !
Naturellement, il ne peut-être question de les poursuivre, et il faut craindre qu'ils ne reviennent aussi nombreux. Aussi Mithridate fait-il juste un peu de ski pendant un quart d'heure, et tout le monde commence la retraite pour ne pas se faire surprendre.
Cette sagesse et la raclée infligée font leurs œuvres, et les autochtones se contenteront de récupérer une partie du stock de skis laissés sur place à titre de dédommagement. Et puis, c'est beaucoup plus drôle de faire du skis que de poursuivre des hivernants qui partent de leur (presque) plein gré !
Tout est bien qui finit bien. L'année prochaine, Mithridate, qui s'est bien amusé aussi, ira faire du ski en Arménie, en compagnie de Polydrane, lui aussi conquis par ce nouveau sport !
Pour ses vacances d'été, Mithridate est tenté par le soleil d'Afrique. Mais il ne sait pas encore s'il viendra au soleil ou si les hommes du soleil viendront à lui... Il faudra attendre plusieurs mois pour le savoir !
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Explications.
C'était la partie du tournoi interne en double Mithridate vs Khazars. Victoire soldée par un 14-2 en faveur des méridionaux. Les Khazars défendaient, leur allié turc pas fiable a bien failli se retourner. Allié arménien fiable mais un peu frileux. Jouer Mithridate sur un billard n'est pas une partie de plaisir. Heureusement, nous avions pris des TF, qui, conjuguées à la rivière, nous permettaient de tenir une position pas trop attentiste. La marche de flanc est entrée trop tôt et a de la chance de pouvoir démoraliser le corps qui la recevait. La cavalerie légère et les thuréophores n'ont pas eu la place de se déployer, mais ils ne pouvaient pas non plus être en première ligne. Un sacré traquenard dont l'issue si heureuse pour Mithridate est une grande faveur des dieux !
La prochaine étape en janvier se fera contre des fanatiques berbères qui nous garantissent le même type de terrain si on les envahit. Mais là on aura droit à davantage de Sp que de LH ! Mais il y en aura plein quand même.
-- Jean-Pierre Rivière