Témoignage sur la dyslexie
INTRODUCTION
Le témoignage qui va suivre concerne une personne actuellement à la retraite qui a totalement fait illusion à son entourage. Personne, pas même sa mère, na jamais soupçonné quelle puisse être dyslexique. Elle « fonctionnait comme » un dyslexique mais ne présentait pas les symptômes quon associe habituellement à ce terme : les fameuses inversions et confusions de lettres (voire de chiffres) en particulier, car comme une aphasique elle sétait inventé des repères, donné des béquilles en quelque sorte. Lucide, elle avait conscience de ses difficultés à apprendre par cur et avait ainsi évité de sorienter vers la médecine. Plutôt que la philosophie qui impliquait une « logique » qui lui échappait totalement, elle avait choisi la psychologie, émergeant, à lépoque, à peine de la philosophie, et avait suivi ensuite dautres voies.
Sans vouloir débattre de la question de lorigine de la dyslexie, on voudrait proposer deux pistes qui peuvent éclairer la façon de venir en aide à des enfants qui seraient ainsi en échec scolaire (ou en grande difficulté). La lecture nest-elle pas à la base de tout apprentissage à lécole, sans parler de sa fonction initiatique dans notre culture (45). Il ne sagit pas non plus de résoudre les problèmes quentraîne un tel fonctionnement chez « le » dyslexique, car chacun dentre eux est singulier. Lune et lautre de ces pistes sinscrivent dans une perspective neurologique, cest-à dire prennent en compte ce que lauteur de ces lignes peut avoir compris du fonctionnement cérébral sans être spécialiste. Sans prendre parti sur la question dun fonctionnement modullaire ou connexionniste, on retient que tout fonctionnement implique une mobilisation énergétique dune part et que lêtre humain est un être « global », affectif, cognitif et pragmatique (en tant quacteur social) dautre part (28).
Hypothèses sur le fonctionnement
On peut comprendre linterpénétration des niveaux de fonctionnement que cela implique dans une approche déjà ancienne aux Etats Unis (introduite depuis plusieurs années dans les milieux de « formateurs » en France 1) qui tient compte à la fois des 3 niveaux du cerveau, distinguant en tout cas un niveau cortical et un niveau limbique, et dune certaine spécificité de fonctionnement des deux hémisphères, droit et gauche, ce qui implique limportance du corps calleux, le « pont » qui assure la transmission interhémisphérique et le bon fonctionnement de lensemble 2.
Ainsi, ce quon appelle affects ou émotions dans les recherches neurocognitives, traités au niveau du cortex frontal, ne correspond pas à ce que nous entendons par « affect » dans le cadre de nos recherches, car, pour nous, les « affects » qui bloqueraient le circuit (le transfert donc) mobiliseraient une part importante de lénergie disponible dès le départ. Cette théorie « énergétique » est à entendre à un premier niveau, celui du sens commun tout en rejoignant des recherches en milieu psychiatrique. Les difficultés interviendraient dès le départ du circuit (au niveau limbique) et expliqueraient les interférences cognitif/affectif sans pour autant spécifier lorigine dans lun ou lautre, des deux modalités de fonctionnement du psychisme dun individu 3. Il est évident que des difficultés à apprendre peuvent perturber la représentation de soi sous le regard des autres, mais tout autant quun mal-être profond peut entraver un fonctionnement qui vise à permettre lintégration à un groupe dappartenance. Eternel problème de luf et de la poule 4.
Dans le cas particulier du témoignage proposé, il semblerait que le côté « psychologique » (affects) soit sous le signe de « répondre au désir de lautre » (47)(pour se faire reconnaître ?) et que le sujet nait pu évoluer dans ses stratégies dapprentissages précoces que de façon épisodique, « ratant » en quelque sorte « la correspondance » (comme on rate un train ?) qui aurait permis une utilisation maximale de ses possibilités. Comme sil y avait un interdit de savoir quon existe en tant que sujet dans toutes ses dimensions et plus précisément dans sa différence (les différences sont identifiables ponctuellement, mais il est difficile dassumer quon soit différent dune norme (bonne par définition) car on ne peut être alors que mauvais). Les difficultés de mémorisation (46) seraient à mettre en relation avec cette non-disponibilité de zones corticales, qui narriveraient pas à se libérer de ce qui serait stocké dans dautres formes de mémoire, au niveau inférieur (cf associations parasites), et à fonctionner normalement comme cela devient possible par linhibition des circuits qui ne sont pas concernés par la tâche.
Témoignage
5Un parcours de dyslexique. Sans issue?
Merci à Léonard 6
qui ma permis de reconnaître dans sa souffrance,
sa façon de se désaccorder plutôt que de « caler » dans son effort,
certaines émotions que javais pu ressentir sans oser les exprimer.
Ma découverte de la valeur symbolique dun signe est très ancienne et indélébile, elle remonte à 3-4 ans. Deux faits contextuels me semblent importants : elle ma été révélée en réponse à une question 7 et elle sest produite à un moment de rapprochement physique avec mon père (plaisir interdit 8 ? dêtre portée à cheval sur ses épaules). Double révélation donc, associée dans mon souvenir à ce merveilleux voyage à la montagne avec une bande de jeunes et où mon petit frère et moi étions les seuls enfants. Dans le car javais remarqué les poteaux de signalisation dont les signes se répétaient et jai demandé ce que cétait (à ma mère peut-être, mais elle ne se souvient pas davoir été là). Virages, virage dangereux, on me la fait comprendre en faisant référence par un geste au dessin de la route ainsi figurée.
Cétait aussi introduire la valeur du signe et la nécessité danticiper pour éviter les accidents!...
Ma mère ma toujours permis de me tirer daffaire, quittant les reformulations qui ne mexpliquaient rien, elle a trouvé par tâtonnement de passer par mes propres expériences et le dessin, pour que je puisse me représenter quelque chose 9 en mathématiques. Les plus importants me semblent avoir été lintervalle (nous étendions le linge entre des arbres et elle ma renvoyée à cette situation), un peu moins la fraction (il y est question de partager comme un gâteau) et lalgèbre, vers 10 ans, où elle ma dit quon « jouait » à remplacer quelque chose (nimporte quoi) par une lettre... (ce que je narrivais pas à admettre) 10.
Elle na pas trouvé la clé pour faire passer la règle de trois et les pourcentages. Sur un fil seulement les puissances, les racines carrées etc... pour que je les saisisse intuitivement 11. Je ne pouvais inclure labstraction dans mon monde et « surfais » en essayant de combiner ce que jessayais vainement dapprendre au sujet de ces outils de pensée et un raisonnement « paralogique » qui me faisait comparer ce que je devais trouver comme plus grand ou plus petit 12, comportant donc une inversion potentielle des éléments de lopération 13.
A 9 ans, en 6e, elle a utilisé une immense bande de papier que nous avons fabriquée (même la colle!) pour que je « comprenne », à ma façon, le temps, afin de situer les Egyptiens avant J-C. Nous avons même parlé de linfini quand jai demandé où on sarrêtait. Elle ma permis « daccomoder » sans avoir à « assimiler » 14.
Quand deux éléments entretiennent un rapport dopposition, je nai jamais pu fixer la valeur de chacun dans le couple. Cela a commencé (dans mon souvenir) à 4 ans par b et d quand mes parents mont appris à lire. Là je nai pas posé de question car ils étaient sûrs que cela ne me posait aucun problème et je nimaginais pas de les décevoir. Cétait ma façon dexister à leurs yeux, conforme à leur désir. Jai dû combiner plusieurs stratégies, avec des repères de relation spatiale topographique, combinant donc aussi bien la place dans la page (visualisée et dénommée par « là »), un rapport direct ou sans rapport avec limage figurant dans le même champ (haut ou bas de la page), pour dodo, dédé, bébé, papa etc..., laccrochage à lécriture attachée (cursive) qui parfois figurait en bas comme exercice décriture (p, b) et linguistique enfin, le repérage du mot par la voyelle (en script) que je reconnaissais (a, i, o, u, é).
Il ny avait bien sûr pas de transfert possible pour ces lettres dans leur
fonction de lettre. Heureusement, les autres ont fini par se fixer avec le recours à
limaginaire souvent 15, sauf le m et le n pour
lesquels je reconnaissais le mot et non la lettre (en lentendant intérieurement
avant de le dire) 16.
Drôle de combinatoire!
On ne parle jamais dans les manuels de la souffrance du dyslexique, comment parvenir à fixer cette mouvance qui échappe sans cesse à la parole. « Souffrance » nest pas un terme scientifique, dans les modèles computationnels cela devient « émotion négative » ce qui lui enlève son contenu affectif. Ce nest pas non plus « laffect » du psychanalyste mais un état diffus de profond mal-être, presque de non-être.
Gauchère 17? Personne ne ma contrainte mais personne ne ma dit non plus mon droit à la différence. Dans ce que javais compris tout le monde était censé être pareil (ou tendant vers...). La norme absolue en quelque que sorte qui va de pair avec le « vrai ». Quel quiproquo! Il me fallait être, faire comme tout le monde, et en mieux quant au résultat de ces actions...
A 5 ou 6 ans (un an avant tout le monde puisque je savais lire), jai fait ma communion privée. Jai appris (avec acharnement) par lexemple, quels doigts, quel bras devait croiser lautre pour faire comme les autres. On mettait ce « retard » sur le compte de mon jeune âge. Jétais droitière en classe de 6e (je ne suis pas allée à lécole primaire du fait de la guerre...18) car seule une jumelle (il y en avait une dans ma classe) pouvait revendiquer dêtre gauchère. Impossible de marcher au pas, même si jarrivais à démarrer, je me désaccordais, repartant de lautre pied et surtout balançant lautre bras, comme cela sest passé avec des béquilles, ou pour toute séquence rythmique censée être automatisée. On accorde un jour dexercice dans la cour de la caserne aux soldats qui sont dans mon cas. A force, à force... Cest un problème de répétition, 50 ou même 500 fois là où il suffit de 5 pour tout le monde. Cest ainsi que je suis devenue championne des verbes irréguliers anglais. Javais un carnet qui ne me quittait pas et je les reprenais en compagnie des écureuils et des oiseaux 19, les ressassant (vérifiant sans cesse) sur le chemin dun kilomètre qui me conduisait au bus, tout le temps de mes études secondaires, avec les règles latines qui ont pris le relais...
Pour retenir mes leçons, cétait une autre histoire, toujours sur un fil, « vais-je men souvenir? » Jessayais des « trucs » comme javais fait pour les lettres mais le « par cur » était horrible.
Je me souviens dune leçon dhistoire géniale, je narrivais pas à apprendre les mots du texte ni à comprendre à quoi ça servait de lingurgiter. Je suis allée au pied du lit de ma mère, elle me la lue (je fermais les yeux, le son, la mélodie de sa voix) ce qui me ravissait, et ma permis de le retenir en me faisant prendre conscience des relations de causalité entre les évènements, cétait lhiver qui avait gagné la campagne de Russie. Dans ce cas les phrases du texte me sont restées le temps de les réciter. Comme pour les maths, je lui disais « je ne comprends pas », et elle minitiait aux relations cachées derrière les mots, les relations de sens que la syntaxe dun texte ne pouvait me dévoiler, juste obscurcir davantage: des mots, rien que des mots, pour moi, comme on le dit maintenant, « de la langue de bois » 20.
Je ne pouvais être la première de la classe. Javais essayé de travailler avec la camarade qui létait en allant chez elle, pour comprendre son « truc » à elle : il ny en avait pas, elle apprenait et « savait » tout ce quil y avait à saisir dans le monde de lécole. Forte en thème, sans rien comprendre de la vie. Je prenais ma revanche en la qualifiant « dintelligence bête ». Quant à moi, je ne « savais » rien et mes connaissances ne pouvaient dépendre que de ma seule compréhension. Par contre, quand il fallait réfléchir et que tout le monde passait à côté de la question, jétais la seule à réussir. Jen ai deux souvenirs: à 10-11 ans discuter la relation entre Dieu, foi et croyance en utilisant lAncien et le Nouveau Testament, et à 13 ans, le pessimisme chez Molière et Lafontaine. Mais en dehors de ces évènements jétais nulle en Français, ne voyant pas du tout ce quon pouvait dire dun poème ou dun texte romantique si ce nétait parler du rapport au monde de son auteur à travers le texte (cette dernière question ma sauvée à loral du bac).
A 15 ans, jai raté les tests dintelligence (niveau 3e, mon âge, alors que jétais en 1ère) en obtenant un QI de 91, avec un blocage complet pour tout ce qui impliquait des opérations sur les nombres, un raisonnement logique, bref un monde incompréhensible pour moi, dont je nentrevoyais pas les règles. En licence de psycho, 3 ans plus tard, jai découvert la signification des consignes de ce genre de tests et ai stupéfié mon professeur par ma performance à un test de « dominos ». Javais enfin compris le « truc », ce quon me demandait de repérer, compris de lintérieur 21, alors que les mêmes mots mavaient été dits à chaque fois. Les dominos, ce sont des points qui font figure et non des nombres écrits...
Pour lordinateur (PC), tout allait à peu près bien jusquà ce que je me modernise. Avec Windows, il fallait utiliser la souris. Quelle panique! Ma main droite montait quand je voulais la faire descendre sur la liste affichée, partait à droite au lieu dà gauche, je narrivais pas à cliquer assez vite, le bon doigt, du bon côté. Jattrapais mon bras droit avec ma main gauche qui forçait la main droite à réaliser la commande. Jai donc changé de côté le tapis et la souris pour laisser le circuit et le mécanisme sinstaller, et au bout dun certain temps le transfert a pu sopérer. Hors du contrôle visuel (bouteille de butane, clé dans lobscurité) seule la main gauche connaît le sens dans lequel il faut tourner. Avec ce contrôle et des repères verbaux indispensable (dialogue intérieur) la droite pourra réussir à ouvrir la porte.
Fixer un nouveau code de carte bleue demande des repères sur le clavier en haut, à droite, au milieu, en plus de ceux qui concernent une date (comme mai 68) qui est assurée par le cheminement suivant: 6 et 6+2 ce qui fait deux six, pensé mais surtout pas écrit, pour le deuxième nombre, le département de naissance, et également la deuxième partie de lancien code, linverse du premier (42/24) etc...Catastrophe, la place du nombre 2 est passée en bas au lieu den haut sur certains claviers mais pas tous, entraînant pour moi une rupture dautomatisme. Je perds la carte, la retrouve mais plus le code car tous les anciens se mélangent et les procédés nont plus leur ancrage situationnel de départ...
Lecture de notes de musique, solfège, déchiffrer à vue sur les intervalles donc la mélodie mais sans les notes (avec leur valeur de note) et sans le rythme (note à note), soupir et demi-soupir impossibles à différencier (compter le nombre de temps qui restent), je retrouve les manifestations dyslexiques de la lecture de lettres. Ne parlons pas des langues étrangères, ce serait un autre chapitre.
Attention, mémoires en tout genre (sauf la mémoire de travail qui ne limplique pas) 22, observation et organisation des données, je narrête pas de « penser »... autrement peut-être que ce quon entend par « penser »...
Siouville juillet 1999
Ce témoignage illustre une hypothèse de travail qui peut éclairer lanalyse et linterprétation globale des difficultés de certains enfants, et justifier ce quon commence à reconnaître en matière de stratégies dapprentissage : faire fonctionner ce qui fonctionne le mieux (de type hémisphère droit, cette fameuse différence), en espérant quun jour où lautre lenfant se décidera à faire le grand saut, sans perdre pour autant ce qui fait sa spécificité, sa créativité. Je ne citerai que quatre démarches, il y en aurait sûrement dautres et mefforcerai de situer la mienne par rapport à ce quelles apportent chacune à notre cause commune.
Fontenay le 03 mai 2000
Sadresser à J.ZWOBADA ROSEL
116 Av Joffre 94120 FONTENAY/BOIS
Tél Fax 01 48 76 60 21
ZwobadaJ@wanadoo.fr
1 Timbal-Duclaux L. La communication écrite ESF éditeur (séminaires) 1990 Paris
2 Cf " Le cerveau singulier " de M. Habib qui recense au niveau biocellulaire les différences quon a pu retrouver (corps calleux, gyrus singulari) (en particulier la densité des cellules et fibres nerveuses et les variations de stratification) et sur les émotions, la part de lamygdale et des structures sous-corticales. 3 La transmission neurochimique nous semble tout aussi indispensable à prendre en compte. 4 Pour notre part, nous pensons cependant à une composante génétique, comprise comme terrain favorable à un mode de fonctionnement dominant dès les plus précoces acquisitions, plus ou moins exclusif, des facteurs affectifs empêchant le passage dun hémisphère à lautre comme cela peut se déduire des études développementales. Il y aurait donc à un moment donné comme un effet de bascule 5 Lorthophoniste qui a recueilli ce témoignage a préféré expliciter certaines formulations par des commentaires plutôt que de faire perdre au texte sa spontanéité. 6 Se désaccorder : cet enfant a des moments de désorganisation au niveau psycho-moteur, dans le contrôle de sa tonicité (de lordre du tout ou rien, il se désarticule jusquà saffaisser, seffondrer) et des moments comme de " déconnection " au niveau de lattention, car il lui faut beaucoup se concentrer et il " lâche ". 7 La " question " apparaît comme la conduite linguistique de base en relation avec le développement de la pensée, que ce soit au niveau du dialogue intérieur (Vygotski), du dialogue détayage dans le jeu des représentations, dans le cadre des acquisitions tout autant que dans celui de la construction identitaire (Zwobada). 8 Cet interdit concernant ce genre de sensations nest bien sûr pas encore posé verbalement Mais nest-ce pas lanticipation de la règle ? 9 Il sagirait bien là dun mode de représentation qui renvoie à du figurable. 10 On ne peut admettre quelque chose qui semble absurde sur le plan logique. Il sagirait là aussi dune logique propre à ce mode de fonctionnement psychique. 11 Ce serait plutôt comprendre vaguement les conditions dutilisation. 12 La comparaison met en jeu des repères perceptifs . 13 Cette question de linversion potentielle de valeurs opposées est également centrale pour rendre compte des difficultés dévocation, comme si la mémoire fixait la paire dantonymes au lieu de la valeur des deux termes qui sopposent (cf en début dacquisition, allumer/éteindre etc). Le témoignage lillustre ultérieurement. 14 Il sagit là dune référence au modèle piagétien de lapprentissage par laquelle lauteur du témoignage précise le besoin de réajustement permanent de son système de connaissance, organisé selon sa propre logique. 15 Cf la mémoire contextuelle, situationnelle, affective 16 Est-ce en rapport avec le questionnement sur la relation entre oral/écrit ? 17 Cest poser la question de la dominance cérébrale 18 Lauteur a cependant été inscrite à des cours où elle se rendait périodiquement pour avoir le programme (9e-8e=CE2-CM1) à faire à la maison. Elle a donc assisté à quelques cours où elle se sentait très mal à laise et ne semblait pas comprendre grand chose dans le cadre de la classe. Toujours comprendre au lieu dapprendre semble-t-il Elle y a appris quelques jeux et chansons pendant les récréations. A 8 ans elle est entrée dans un groupe denfant (mouvement scout) ou elle a franchi toutes les étapes très vite, assumé des responsabilités au bout de quelques mois etc On ne peut donc dire quil ny ait pas eu socialisation, en particulier apprentissage dune norme sociale et du respect de la règle 19 Le plaisir de déambuler dans la nature semble avoir été un contexte favorable à ce type dacquisition. La musique pourra ultérieurement prendre le relais. On peut faire lhypothèse dune facilitation liée à un contexte démotions positives, mettant en jeu le " cerveau droit " quel que soit le niveau concerné (cortical et plus encore sous-cortical). 20 Sagit-il dune approche sémantique ? Probablement pas au sens où lentendent les sémanticiens avec leurs formules logiques. 21 Elle reconnaît se parler tout le temps (ou presque) et que dénoncer laide à se programmer. 22 En ce sens que la mémoire de travail na pas pour fonction denregistrer à long terme mais de maintenir disponible des informations le temps nécessaire à leur traitement (sélection, mise en ordre etc ). Elle a confirmé linsuffisance de son empan mémoriel que lentrée soit auditive ou visuelle, en particulier pour les nombres, les numéros de téléphone quelle doit avoir sous les yeux et relire en le prononçant...