Les fortifications de Thionville: Petite biographie de Vauban

 

VAUBAN
(1633-1707)

 


 

 

 

Sébastien Le Pestre est issu d’une famille de petite noblesse rurale, peu fortunée. Il ne pouvait qu’espérer vivoter de ses biens après avoir servi longtemps les armées du Roi, et peut-être décrocher en fin de carrière une pension de capitaine réformé.
 Après des études dont on ne sait que peu de choses, sinon que le curé de son village natal, Saint Léger de Foucherets (aujourd’hui Saint Léger de Vauban, dans l’Yonne) lui donna les premiers éléments d’instruction , il quitte à dix-sept ans son pays pour s’engager dans l’armée du Prince de Condé. Celui-ci était alors en rébellion ouverte et armée contre Mazarin et donc contre le pouvoir royal. Cette option n’était pas un choix politique pour Vauban, mais le fait de la présence d’un gentilhomme de sa paroisse à la tête d’une compagnie de Condé.
Engagé comme simple cadet, il se détacha de la masse anonyme des troupiers par la réunion de dispositions peu communes pour un simple soldat, à savoir son attrait pour le dessin, les mathématiques et la fortification, qui lui attirent une réputation flatteuse bien au-delà de son propre camp.

 

Capturé en 1653, le rusé cardinal Mazarin ne le fit ni embastiller ni pendre mais l’embaucha sous la bannière royale, comme ingénieur débutant.
Il fut placé second du chevalier de Clerville, commissaire général des fortifications et s’instruisit des rudiments d’un métier encore jeune.
 Jusqu’en 1667, il erre de sièges en garnisons, observant et apprenant beaucoup. Cette année-là, Louis XIV entreprend la conquête de la Flandre et Vauban dirige de nombreux sièges, dont celui de Lille sous les yeux du Roi, épreuve capitale qui décide de sa fortune.

 

Il devient alors le collaborateur assidu de Louvois et de Colbert qui le chargèrent de transformer et de construire des places fortes. Durant la campagne de Hollande, il dirige en 1673 le siège de Maëstricht qu’il oblige à capituler. En 1674 il prend, sous les yeux du Roi, Besançon et Dôle.
En 1678 il devient commissaire général des fortifications et entoure la France, de Dunkerque aux Pyrénées orientales d’une admirable ceinture de forteresses. Il prend ensuite, de 1691 à 1694, Mons, Namur, Charleroi et défend Brest contre les Anglais.
Il est enfin nommé Maréchal de France en 1703.

 

En résumé Vauban répara 300 places anciennes, en construisit 33 nouvelles et dirigea 53 sièges.
En outre , il a exécuté une foule de travaux civils, notamment le canal de Saint-Omer, les jetées d’Honfleur, l’aqueduc de Maintenon, resté inachevé...

 

Carte des fortifications réalisées par Vauban.

 

Pourtant de ses origines modestes, de son apprentissage difficile, de ses années de guerres et de misère, il a gardé le sens pratique, l’esprit libre et ouvert et l’indépendance des idées.
On ne le voit presque jamais à la Cour où sa silhouette bottée n’a que faire et prêterait à sourire s’il ne venait convié à la table du Roi. Aussi n’a-t-il jamais renié son terroir natal qu’il évoque avec nostalgie lors de ses lointaines missions et où, devenu riche, il choisit sa demeure.

Ses écrits sont les reflets les plus authentiques d’une personnalité prodigieuse, d’un esprit scientifique hors pair et de profondes qualités de cœur, dont l’harmonieuse synthèse est peut-être unique dans notre histoire.

 

Son attachement au souverain ne l’a pourtant pas empêché de laisser parler sa conscience. Malgré les risques, il s’élève par deux fois contre la révocation de l’Edit de Nantes et n’hésite pas à proposer « Le rappel des Huguenots ».

Il attribuait la misère du peuple aux gens de la finance, aux collecteurs d’impôts et aux privilèges. Pour remédier à ce triste état de choses il écrivit « La dîme royale ». Ce livre imprimé secrètement en 1707 fut condamné et saisi et son auteur disgracié. Vauban mourut d’ailleurs quelques jours après.

 

C’est le plus grand ingénieur militaire qu’ait eu la France, ce qui ne l’a pas empêché d’aimer le peuple d’un amour profond ; l’un des premiers il a revendiqué l’égalité de l’impôt pour tous les citoyens.
Aujourd’hui son ombre gigantesque s’étend encore sur cette France qu’il a si bien servie.

 

 

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