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Septembre 2000
Mensuel REGGAE RAGGA n°11
Interview d'Anna SISSOKO p 57 
FOUTA - ELEMENTAIRE
RARE SONT LES GROUPE QUI SAVENT GARDER LEUR
SIMPLICITE, FOUTA EST L'UN DE CEUX-LA. BASE A MONTPELLIER LE COMBO SORT
AUJOURD'HUI SON PREMIER ALBUM, L'EAU
ET LE FEU, ROOTS ET RAGGA POUR LA
MUSIQUE, REVENDICATIF POUR LES PAROLES ET CRIANT DE SINCERITE POUR LES
DEUX. PLACE A RHUM J
(LE CHANTEUR) ET SON INGENUITE (DANS LE BON SENS DU TERME)
Raconte-moi l'histoire du groupe?
A la base Fouta est une région vers la Mauritanie, le Sénégal.
Quand j'ai commencé avec des amis africains cela s'appelait Fouta Expérience.
On n'a pas vraiment eu d'expérience (rires), on a fait un petit concert
, c'était vraiment pour le délire. Plus tard j'ai rencontré les gars avec
qui on a formé Foutamilia. On cherchait un nom, on a gardé Fouta parce
que ça sonnait bien et ça a fait Foutamilia par rapport à l'herbe…c'est
venu bêtement.
On s'est appelé Foutamilia de 95 jusqu'en septembre 1999, le groupe commençait
à tourner en rond, musicalement, alors on s'est séparé. Tous les groupes
vivent un peu la même chose, ce n'est pas facile de créer quelque chose
qui dure dans le temps avec toujours les mêmes affinités, les mêmes envies,
les mêmes buts. C'était un peu un tout qui a fait que l'on prenait une
direction qui ne nous intéressait pas tous. On a changé de nom pour marquer
le coup.
Qui vous a donné envie de faire de la musique?
Personnellement , c'est Fitt Band, parce que ceux sont des
gars comme nous, des étudiants de Montpellier qui ont bien tourné en France,
en Suisse…On les a vus se lancer dans la musique et démarrer à fond alors
qu'au début, nous, on jouait du reggae à la plage pour délirer. A force
de les voir monter, on s'est dit pourquoi pas nous. Au début on a fait
que des petits cachets, le parcours un peu de tout le monde, je ne pense
pas qu'un jour quelqu'un ait directement visé le show bizz. Il faut franchir
des étapes aussi…Ca motive de voir que même en étant artiste français,
tu peux faire quelque chose. Surtout qu'à l'époque faire du reggae en
France ça ne se faisait pas trop. Si tu n'étais pas Jamaïquain, personne
ne venait voir ta tête. Comme on a commencé dans les bars, on a touché
directement tous les publics, sans a priori. On a essayé de les faire
venir dans notre délire, on a pas changé notre musique pour aller vers
eux.
Comment situez -vous par rapport à la scène
actuelle de reggae français?
On s'informe, on est content de voir que ça bouge, parce que l'underground
n'est pas souvent représenté, pourtant il y a des milliers de jeunes qui
font ça depuis des années. A Paris j'imagine que c'est très underground
aussi, les gens sont connu là-bas, mais ça ne franchi pas trop les frontières…Parce
que nous les Provinciaux, on ne connaît pas tous ces gens là…
Etre placé en Province c'est un handicap ou
un avantage?
C'est pareil. Nous on a jamais joué à Paris pourtant, on entend quand
même parler de nous à Paris apparemment. Il nous tarde quand même d'affronter
la capitale !
Est-ce que vous parvenez à vivre de votre musique?
Il y a des hauts, il y a des bas. On a été intermittents, l'année dernière,
on a un peu lâché l'affaire parce qu'on a beaucoup investi dans le groupe
donc on ne pouvait pas faire deux à la fois. Quand tu es un jeune groupe
comme nous, tu t'endettes très vite ne serait-ce qu'au niveau de la communication.
Mais bon, on vit dans un pays où il existe le RMI, le système D quoi !
Nous on fait de la musique : quand ça rapporte on prend, quand il n'y
a rien on est là aussi… On a déjà vu que ça pouvait être un métier puisqu'on
a été intermittent pendant deux ans et le groupe existe depuis 5 ans.
On est content déjà parce qu'à l'origine on était des amateurs, on est
des autodidactes. Avec Foutamilia, au début, on était même manchot ! On
apprenait sur scène…
Avec environ 250 concerts à votre actif, quel
est votre plus beau souvenir? et votre plus mauvais?
Le Sunsplash en Italie (), où il y a des Jamaïquains, des Anglais, des
Italiens. J'ai vu des Russes, des Slovaques, des tous ce que tu vaux.
C'est des bons moments parce que c'est intense, on a joué avec les Wailers,
c'est un pied quand même de jouer avec ces gens-là, le bassiste est toujours
le même…Il y a tellement de bons souvenirs dans la musique, on a la chance
de bouger. On est là, on a souvent pas grand chose à s'occuper, tu vois
ce que je veux dire (rires). Ca va , on a pas à se plaindre. On est content
de pouvoir faire que de la musique, d'y croire est d'être là toujours
après les années donc les mauvais souvenirs on les efface vite.
Vous aller être distribué par BMG à la rentrée,
Pourquoi? Que pensez vous que cela va changer pour vous?
C'est bien de travailler bien. On gardera quand même le label High Groove
chez MSI, qui travaillera en distribution avec BMG, pour avoir un plus
gros impact au niveau de la distribution. On est aussi là pour avancer…Mais
il faut être vigilant, ce sont des milieux difficiles. Nous, on a jamais
eu besoin de personne, notre premier disque était plus ou moins en auto
production. On a vu qu'il viser un peu plus haut et MSI nous a contacté.
On a monté notre association Chalice, parce qu'il faut assumer. Ce n'est
pas toujours évident de travailler avec des gens, il faut vraiment être
sur la même longueur d'onde. Après c'est l'artistique qui est touché…C'est
donc un choix de nous être auto produit surtout sur cet album, on voulait
vraiment que ce soit nous
par Anna SISSOKO
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