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La Revue de presse



Une école clandestine pour les petits scientologues est fermée à Lausanne (23.12.1997)
Herbalife : le retour ! (31.12.1997)
Grace membre de l'OTS : les dessous d'un scoop bidon (07.01.1998)
La scientologie s'affiche sur les murs de la cité de Calvin (11.02.98)

 
L'Etat a fait fermer une école scientologue sauvage à Lausanne
(RESUME : 24Heures du 23.12.97, Jean-Marc Rapaz)

Bien que les scientologues aient essayé de demander en juin 1995, au Département de l'instruction publique et des cultes (DIPC) l'autorisation d'ouvrir une école privée, sans obenir gain de cause, ils ne s'en sont pas tenu là.

A l'abri des regards indiscrets dans un appartement du centre lausannois, une vingtaine d'enfants ont suivi durant près d'une année les cours dispensés par des enseignants proches du mouvement scientologue. Comment le DIPC a-t-il découvert cette classe tapie dans l'imbre ? "Précisément parce que des enfants avaient disparu du circuit officiel. Nous avons recherché leur trace et découvert ainsi le problème", se souvient Jean-Jacques Schwaab, patron de l'Instruction publique. Le conseiller d'Etat rappelle que la scolarisation à domicile est admise tant que le nombre d'élèves ne dépasse pas six. "Or, il y avait là une dizaine de petits en âge d'être à l'école enfantine et une dizaine d'autres, mûrs pour la primaire". Sur demande de Jean-Jacques Schwaab, la police est intervenue afin de mettre un terme à ces dérapages. Cette classe sauvage a fermé définitivement ses portes à la fin septembre.

La fermeté du DIPC dans cette affaire, ainsi que dans son refus d'octroyer une autorisation pour l'ouverture d'une école, pose évidemment des questions quant aux méthodes d'enseignement prônées par les fidèles de la scientologie. En quoi diffèrent-elles de celles utilisées dans le public ? "Elles sont très semblables. C'est bien pourquoi elles sont dangereuses, explique François Lavergnat, président du Groupement pour la défense de la famille et de l'individu. Les matières sont les mêmes. Mais entre deux cours sérieux, on leur inculque petit à petit la doctrine, à savoir la notion d'appartenance à une élite ainsi que la soumission au mouvement. (...)

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Des poudres aux yeux !
(RESUME : Lausanne-Cités du 31.12.97, Daniel Klopfenstein)

"C'est n'importe quoi !", s'exclame Jean-Christophe Méroz, porte-parole de l'Office intercantonal de contrôle des médicaments (OIMC). Pour ce juriste, les arguments de vente des représentants de la maison Herbalife ne sont pas uniquement fallacieux, ils sont carrément illégaux.

Bien que les vendeurs n'utilisent pas le terme "médicaments" pour présenter leurs produits, tout laisse à penser qu'il s'agit d'un produit thérapeutique promettant perte ou prise de poids. Voir les photos publicitaires spectaculaires sur le mode avant-après à l'appui, ce qui est, du point de vue de la législation helvétique, totalement illégal, ces produits n'étant pas reconnu par l'OICM.

Mais les vendeurs Herbalife n'en ont cure. Ils avances sans sourciller que leurs produits sont autorisés dans 33 pays au monde, et que la maison qu'ils représentent, en particulier son siège aux Etats-Unis, réalise des chiffres d'affaires astronomiques. Ce qui n'est pas vraiment étonnant, étant donné, d'une part, la ténacité des vendeurs et, d'autre part, le prix prohibitif de l'objet du litige. En effet, dans la gamme Herbalife, seuls deux produits ont reçu l'aval de l' OFSP (Office fédéral de la santé publique) : une poudre à délayer dans de l'eau proposée avec trois arômes différents ainsi qu'un thé, également présenté sous forme déshydratée. Les deux flacons sont proposés pour 195 francs. (...)

De l'avis toujours de M. Méroz, Herbalife ne jette de la poudre que dans les yeux des clients qu'ils séduisent :
"Si vraiment ces produits possédaient des propriéts pareilles, ajoute-t-il, qu'ils permettent de perdre du poids ou même, comme certains le prétendent, qu'ils guérissent des arthrites ou des rhumatismes, cela se saurait. Il n'y aurait donc aucun problème pour obtenir leur inscription sur la liste des médicaments agréés par l'OICM. Les quelques milliers de francs que coûteraient les différentes analyses seraient vite remboursés car de nombreuses personnes se précipiteraient dessus.".

Cette publicité est particulièrement pernicieuse, car elle n'est jamais affichée et circule de main-à-main, auprès de personnes particulièrement vulnérables. Les autorités sont impuissantes pour interdire ce commerce, les ventes se faisant derrière les portes closes.

Pour les autorités sanitaires, la vente des produits Herbalife est une question récurrente. En effet, il y a sept ou huit ans, certains produits comportaient des dosages excessifs en oligo-éléments et en vitamines qui pouvaient avoir des effets négatifs sur la santé. Herbalife avait alors promis de reformuler les produits en question, et d'après une récente expertise de l'OFSP, il semble qu'ils correspondent aujourd'hui à la norme.

Soulignons encore que de nombreux consommateurs téléphonent à l'OICM pour se renseigner, ce qui signifie que les efforts d'information portent leurs fruits.

Note : les méthodes de vente multi-niveaux s'apparentent avec celles utilisées par les sectes, d'où la place justifiée ici de cet article.

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Grace membre de l'OTS : les dessous d'un scoop bidon
(RESUME : Illustré du 07.01.98, Arnaud Bédat)

Il refuse obstinément de dévoiler sa véritable identité. Il se fait appeler Georges Leroux ou Monsieur Guy. Un look de caïd marseillais - il faut soigner l'image - la cinquantaine, taille moyenne, cheveux et regard noirs D'une voix grave, colorée d'un fort accent du Midi, il assure avoir été le chauffeur personnel de Jo Di Mambro durant plusieurs années et, surtout, l'homme des effets spéciaux lors des cérémonies de l'Ordre du Temple solaire. C'est lui qui a «tuyauté» les deux journalistes de la TV anglaise Channel Four, David Cohen et David Carr-Brown, qui, le 21 décembre dernier, ont révélé au monde entier l'initiation de Grace de Monaco dans l'OTS. Des faits qui se seraient déroulés dans le Beaujolais à Villié-Morgon, à l'été 1982, dans un prieuré qui aurait appartenu à la secte. Autre «scoop» du duo anglais: la princesse aurait fait don, avant sa mort accidentelle quelques semaines plus tard, d'environ 15 millions de francs suisses à l'OTS.

Il parle beaucoup, Monsieur Guy, à qui veut bien l'écouter. Non, il n'a jamais été membre de l'OTS mais il assure avoir bien connu Di Mambro et son clan Luc Jouret, Camille Pilet, Robert Falardeau... Mais Monsieur Guy n'est pas un mécène. Ce qu'il sait, ce qu'il a vu, ça vaut de l'argent. «Les Anglais m'ont donné un million, assure-t-il. Ave vous, je serai moins gourmand : 50 000 francs suisses.» Mais, au fait, qu'a-t-il à vendre ? Un récit rocambolesque où se croisent Grace de Monaco, l’acteur américain Rock Hudson, les comédiens Maurice Ronet et Robert Manuel. Sans oublier l'ancien maire de Genève Claude Ketterer qui, tous, auraient été initiés à l'ordre du Temple solaire dans le fameux prieuré de Villié-Morgon. (...)

Il raconte également comment la Mafia italiene a tué Grace Kelly, l'OTS étant là-derrière, ainsi que les dernières heures qu'il a passées avec Di Mambro, quelques jours avant sa mort en octobre 1994. A cette occasion, il aurait rencontré François de Grossouvre, conseiller de François Mitterand... qui était déjà mort depuis cinq mois (en avril 1994)

Hormis le témoignage d'une accupuntrice qui aurait «préparé» la princesse pour la fameuse cérémonie. A 'aide de ses aiguilles, lui aurait même procuré... deux orgasmes ! qui se refuse à témoigner maintenant, Monsieur Guy n'a aucune preuve à apporter quant à la véracité de ses dires.

Mais qui est Monsieur Guy ? Son nom est Guy Mouyrin, ancien douanier, âgé d'une cinquantaine d'années et surnommé Bouffigue. Il habite une HML en banlieue française de Genève, son nom n'est pas indiqué sur la porte d'entrée ou la boîte aux lettres. Il n'est connu semble-t-il dans la région que d'un supermarché auquel il livre des fleurs.

L'homme a par contre un passé chargé, ayant longtemps bourlingué entre la Suisse et la France et les prisons de ces deux pays. En 1979 déjà, il est condamné pour chantage alors qu'il travaille à l'OMS, ce qui lui vaudra d'être interdit sur le territoire suisse. De retour en France, entre commerces de fleurs et gestion de boîtes de nuit, il trouve le temps de passer la frontière. En août 1997, il est condamné par contumace à dix-huit mois de prison ferme par le Tribunal du district de Lausanne pour vols, recels, escroqueries, utilisation frauduleuse d'ordinateur et faux dans les titres.

Monsieur Guy a-t-il au moins, au gré de ce parcours nébuleux, rencontré un jour Jo Di Mambro ? Aucun des anciens adeptes de l’OTS que nous avons interrogés n’en a gardé le moindre souvenir. Pas de quoi démonter le personnage : «C’est normal, ceux que j’ai rencontrés sont tous morts dans les massacres...» Comme Grace Kelly, Rock Hudson, Maurice Ronet...

Plus sérieusement, l’histoire de l’OTS contredit d’elle-même les pseudo-révélations de Monsieur Guy : l’OTS en tant que tel a été créé à Genève en 1984, soit deux ans après la prétendue «ordination» de Grace par Luc Jouret en juin 1982. De surcroît, à cette date, Luc Jouret se trouve encore en Belgique. Il ne s’installe à Genève qu’en septembre, au siège de la Fondation Golden Way, où il est officiellement présenté aux adeptes...

Dernier détail que les deux journalistes de Channel Four ont sans doute négligé de retenir : Monsieur Guy roule en Mercedes noire ! Et si c’était cette voiture-là que certains témoins assurent avoir aperçue, traversant à vive allure le village de Saint-Pierre-de-Chérennes juste après le second massacre de l’OTS dans le Vercors ? Affaire à suivre avec Channel Four.

Le reportage de Channel Four a essayé de mettre en évidence les liens que le prince Rainier entretenait avec son ami d'enfance, Jean-Louis Marsan. Ce dernier est toutefois fondateur de l'Ordre souverain du Temple solaire (OSTS), qui n'a rien à voir avec l'OTS. Ceci semble avoir échappé aux journalistes. Toutefois, Jean-Louis Marsan a rencontré Jo Di Membro pour essayer de réaliser une fusion de leurs deux groupes.

Questions posées à David Cohen, journaliste à l'origine de ce fameux scoop, par Arnaud Bédat de l'Illustré

Connaissez-vous la véritable identité de Monsieur Guy ?
Non, et je ne la cherche pas non plus.

Que savez-vous de son parcours, en dehors de ce qu’il raconte sur l’OTS ?
Il m’a donné quelques indications de son passé que je n’ai pas essayé de confirmé d’une manière hyperprécise.

Etes-vous au courant de ses antécédents judiciaires ?
Je sais qu’il est allé une fois en prison. Il me l’a dit.

Vous ignorez donc qu’il est actuellement recherché par la police suisse pour une centaine de casses, ainsi que des escroqueries ?
(Silence) Non, ça, je ne le savais pas.

Il s’avère que Monsieur Guy possède un profil d’escroc et de maître chanteur. Tout ce qu’il vous a révélé vous paraît-il encore crédible ?
Il ne m’a jamais caché qu’il était l’homme de main de Di Mambro. Je ne m’attendais pas à ce qu’il ait un passé lisse.

Les anciens adeptes de l’OTS que vous avez rencontrés ont-ils reconnu Monsieur Guy ?
Non. La seule personne qui aurait pu le reconnaître n’était plus prête à discuter avec moi.

Est-il vrai que vous avez payé 1 million de francs français à Monsieur Guy pour son témoignage, comme il le prétend ?
Ecoutez, je vais lui parler. Ça commence à me déplaire tout ça. Ce n’est pas correct : je vais vous faire un procès si vous écrivez ça. C’est faux. Un hebdomadaire français a payé pour des photos du prieuré de Morgon et c’est moi qui ai envoyé une partie de cet argent à Monsieur Guy. Par ailleurs, comme il a passé un peu de temps avec moi, je l’ai dédommagé, c’est tout. Il ne m’a jamais demandé d’argent.

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La scientologie s'affiche sur les murs de la cité de Calvin
(La Liberté du11.02.1998, reproduit avec l'aimable autorisation de ce quotidien, Isabelle Ducret)

Depuis lundi, une campagne d'affichage de la scientologie fleurit sur les murs de Genève, en toute légalité. La municipalité de Lausanne, elle, a refusé.

Des grappes d'affiches, incitant à «penser par soi-même» et à acheter un livre, s'étalent sur les murs de Genève. Rien d'extraordinaire, sauf que ces 180 placards sont l'oeuvre de l'Eglise de scientologie. A 17 francs pièce, l'addition s'élève à un peu plus de 3000 francs pour 14 jours, une opération financièrement raisonnable.

La campagne s'étend encore à Bâle, Berne et Zurich. Seule la municipalité de Lausanne a opposé son veto àl'initiative. «Nous avons considéré que ces affiches sont de nature à porter atteinte à la conviction des gens», dit Silvia Zamora, conseillère municipale, directrice des travaux. Une raison suffisante pour donner un préavis négatif à la Société générale d'affichage. La scientologie avait commandé 450 placards pour Lausanne. «Nous estimons cette décision choquante», commente Suzanne Montangero, présidente de l'Eglise de scientologie à Lausanne.

Dans la cité de Calvin, aucune objection n'est venue freiner l'initiative scientologue. «On ne peut pas empêcher un groupement de se promouvoir», entame Me François Bellanger, qui a mené le groupe d'experts genevois, auteurs de l'audit sur les dérives sectaires. Le règlement d'affichage sur la voie publique ne prononce, en effet, une interdiction que s'il y a atteinte à l'ordre ou à la moralité publics, ce qui n'est pas le cas de ce placard. «Il paraît important de rappeler que le Département de justice et police entend lutter contre les dérives sectaires et non contre les sectes. Ces affiches n'ont rien d'un acte illégal», poursuit Me Bellanger. Comment expliquer, alors, le refus vaudois? Il répond: «L'appréciation de la réception du message reste propre à chaque collectivité.»

Planchant sur le projet d'un observatoire d'informations neutres sur les mouvements sectaires, qui se prévaut de la participation de tous les cantons latins, Me Bellanger ne voit aucune conséquence à cette divergence de conception entre le canton du bout du lac et la municipalité lausannoise, pourtant distants de tout juste soixante kilomètres.

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