Kurdes et Québécois(e)s
Même combat pour la démocratie, la liberté, l'égalité
Imaginez un instant que le mot Québec et ses dérivés soient interdits d'usage public, que le français n'ait pas le droit de cité dans les écoles et les médias, que le territoire que nous appelons Québec soit occupé en permanence par l'armée canadienne qui y appliquerait un régime d'exception basé sur la terreur (30 000 morts), la destruction des villes et villages récalcitrants (3 000) et l'emprisonnement systématique des dissidents. Bienvenu dans le Kurdistan turque. Peut-on blâmer le peuple kurde de Turquie, beaucoup plus nombreux que la population québécoise, d'avoir opter pour la lutte armée ? Tous leurs partis légaux ont été interdits. Les militant(e)s du dernier en date à s'être reconstitué, le HADEP, sont systématiquement persécuté(e)s par milliers. Il ne s'agit pas de faire le procès des méthodes du PKK ou de son sectarisme mais de celui du terrible terrorisme d'État turque qui au nom de la chauvine idéologie kémaliste ne tolère aucune dissidence nationale depuis le génocide arménien et l'expulsion des importantes minorités grecques après la Première guerre mondiale. Il s'agit de faire le procès des grandes puissances qui après avoir taillé le Moyen-Orient selon leurs intérêts pétroliers, coupant la nation kurde en quatre États, ménagent aujourd'hui leur fidèle allié de l'OTAN, nouveau grand ami d'Israël avec qui la Turquie partage la surveillance des zones pétrolières limitrophes, comme chien de garde de l'Occident. Qu'attendent ces hypocrites champions des droits humains pour voler au secours du peuple kurde ? Nous dénonçons le kidnapping international du chef kurde très vraisemblablement fait avec les complicités des ÉU et d'Israël. Nous exigeons la libération d'Abdullah Öcalan, l'arrêt de la guerre, la levée de l'état d'urgence au Kurdistan de Turquie, l'ouverture de négociations avec les organisations représentatives du peuple kurde, la reconnaissance de ses droits démocratiques et de son droit à l'autodétermination jusqu'à et y compris l'indépendance. De plus, nous pensons que si le Kosovo mérite une conférence internationale, le Kurdistan turque, irakien, iranien et syrien le mérite aussi. C'était cela que demandait fort à propos le chef du PKK avant d'être chassé d'Italie, d'Europe et de tout l'Occident où personne ne voulait de lui. Nous exigeons que soient libérés immédiatement sans procès les manifestant(e)s de Montréal. Nous invitons, au contraire, la population du Québec à se joindre aux protestations de la communauté kurde du Québec. Quant au gouvernement canadien, si fier de son nouveau siège au Conseil de sécurité de l'ONU, voilà une belle occasion de réclamer une conférence internationale sur le Kurdistan où seraient invitées les organisations kurdes qui devraient en accepter les conclusions. Voilà aussi une belle occasion de cesser ses ventes d'armes à la Turquie.
Contact : Marc Bonhomme, 819-776-2779 ; 819-776-6651 ; bonmarc@infonet.ca
comminiqué du PDS