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REACTIONS DES INTERNAUTES

 

- REACTION DES INTERNAUTES

- REACTION DU CORPS MEDICAL

- ACTUALITES PRESSE

- 18 Aout 1999: OUVERTURE DE MON SITE : je remercie les trés nombreux parents qui m'écrivent dés à présent pour me témoigner leur compassion.


Que de peine j'éprouve à la lecture de l'histoire de la courte vie de
Céline.  Que dire...Gardez courage et tenez bon.

Je peux aussi vous dire que même au Québec (Canada), j'ai vu des gens
près de moi (adulte et enfant) qui suite à une hospitalisation soit pour
maladie ou pour une opération, être obligé de retourner à l'hopital
parce qu'ils avaient contracté des virus lors de leur séjour à
l'hopital.  Ce qui veut dire que pour mon amie qui a été opérée pour une
tumeur au sein, infection de la plaie (virus contracté à l'hopital) et
pour mon neveu, il a attrapé une vilaine grippe et sa mère qui est
demeuré à ses côtés tout au long de son hospitalisation, elle, a
contracté un virus qui s'est jetté dans ses intestins.  Elle a dû subir
toutes sortes de tests afin de savoir qu'elle était la cause de ses
problèmes intestinaux.  (À quelques reprises, elle a même du retourner
chez elle pour se changer car elle n'avait pu se rendre à temps à la
salle de toilette.  Assez gênant que tu es adulte).

Ne dit-on pas qu'à l'hopital, il faut faire attention pour ne contaminer
les patients.  On devrait aussi dire :  Attention, l'hopital peut aussi
vous contaminer.  Et on ne sait ce qui en résultera.

Donc du plus profond de mon coeur.  Bon courage Madame et surtout
poursuivez ce que vous avez à faire pour obtenir justice pour votre
petite Céline. Raymonde Levasseur, mère de 2 petits garçons.

- 24 août 1999 : Je remercie les parents du Canada pour leur compréhension et leur soutien. Oui comme vous le dites trés bien, " attention, l' hôpital peut aussi vous contaminer."


27 septembre: La lettre de Anne, une maman internaute, qui m'a particulièrement touchée:

Bonjour,

Je viens de visiter votre site en hommage à votre fille et j'en suis toute retournée.

J'ai envie d'avoir des paroles réconfortantes pour ce que vous avez vécu et pour la suite mais je ne les trouve pas. Je trouve votre site formidable et vrai, très humain et pas du tout larmoyant même si je me doute de votre chagrin et plus que çà. Je ne sais pas quoi vous dire, que dire à une mère qui perd son enfant?? Rien...

Je suis mère moi-même, de deux enfants dont une petite fille née en Janvier 98, la même année que Céline et la même année que beaucoup d'autres enfants...Je suis desemparée face à ce corps médical auquel vous avez dû faire face, c'est vrai qu'il faut continuer à se battre comme vous le faites et j'espère que l'hôpital reconnaitra ses torts et que les choses changeront à l'avenir.

Avant de voir votre message , je n'avais jamais entendu parler de ces infections et c'est regrettable...

Vous allez me croire maladroite et vous aurez raion...

Je suis de tout coeur avec vous et votre famille et j'ai beaucoup aimé les photos de votre fille, vous l'aimez encore et cela se voit et......

Excusez ma maladresse..... Anne.


- Une maman internaute a dit que "ma fille était belle" . Alors , j'en profite pour rendre hommage à tous les enfants porteurs d'une maladie génétique qui par leur gentillesse et leur humilité nous donnent une belle leçon de vie.

Votre message m'a bouleversé. Je sais toutes les peines par lesquelles il faut passer dans ces situations là. Je dis "je sais" car ma femme se repose au moment ou je vous écris. C'est mon tour de veille, nous avons Chloé a la maison pour le week-end, elle dort sous assistance respiratoire et sous gastro puisque alimentée en continu la nuit. La nuit va être blanche. Je vais parcourir plus en détail votre site. Je reprendrai contact avec vous dans ces prochains jours.
Je dois vous dire que depuis 19 mois que nous vivons à l'hôpital entre 5 et 6 heures par jours nous avons vu beaucoup de choses.
Cordialement.
jean C
 

- J'ai aussi reçu un message de Jean dont la fille de 19 mois , Chloé est hospitalisée depuis la naissance. Trés gros bisous à Chloé et tout notre soutien à sa famille.

Bonjour,   J'ai découvert votre témoignage en surfant sur internet à la recherche d'infos sur le syndrome de Noonan.   Je suis l'heureux père de 2 petites filles : Sophie, 6 ans 1/2, et Marie-Odile, 4 ans 1/2.   D'après le cardio pédiatre et un généticien, cette dernière semble atteinte de ce terrible mal. Traitée par Avlocardyl de l'âge de 2 mois à 4 ans, elle a toutefois eu la chance de stabiliser son état, notamment après une dilatation intervenue vers l'âge de 3 ans.   Il n'en reste pas moins que mon épouse et moi-même restons en veille permanente sur le sujet, tant sur le plan de l'évolution de Marie-Odile, que sur celui des progrès de la génétique, dans l'attente d'une possible thérapie.  

- J'en profite aussi pour dire un petit bonjour à Marie-Odile 4 ans et demi.


chère Florence,
Non vous n'êtes pas seule, je pense que beaucoup de gens compatissent à votre
souffrance. Le problème est que l'ordre des médecins en france est un
véritable pouvoir dans le pouvoir. Comme beaucoup d'autres monopoles à la
française.
Alors pour casser ça ou leur faire reconnaître leurs erreurs on peut toujours
rêver! Souvenez vous, il n'y a pas longtemps, il y a eu cette parodie de
procès du sang contaminé, la presse étrangère a fait des gorges chaudes de
cette comédie où les victimes ne pouvaient même  pas se porter partie civile!
Votre combat c'est le pot de terre contre le pot de fer. La seule solution
est d'ameuter les associations, l'opinion publique et surtout les médias, qui
malheureusement sont souvent les lèches-culs de ceux qui détiennent le pouvoir
sous toutes ses formes.
bonne chance
Nadia


Madame,  

Le Premier Ministre a bien reçu votre nouveau courrier électronique. Je n'ai pas manqué de le transmettre à Madame Dominique GILLOT, Secrétaire d'Etat à la Santé et à l'Action Sociale, déjà saisie par nos soins, en soulignant l'objet de votre démarche. Je tenais à vous en informer et vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes hommages. Pour le Premier Ministre Le Chef du Service des Interventions Philippe CLOITRE


- un internaute a critiqué ma façon de faire ce récit et en particulier , il trouve que je mets un trop de "donc". Merci de me le faire remarquer. Toutes les critiques sont les bienvenues, sauf le manque de respect envers mon enfant,et envers ma douleur, ce qui s'est déjà produit!!!!

En voici un exemple :

Reply-To: sbgr@cybercable.fr
To: flo_ternisien@hotmail.com Save Addresses
Subject: Dieu
Date: Wed, 22 Sep 1999 08:25:22 +0200
Dieu punit les femmes qui se prostituent.

Commentaires: J'ai obtenu l'adresse de votre site dédié à Céline par recherche sur Nomade. J'effectue un travail universitaire qui porte sur les infections nosocomiales (constitution d'un thesaurus). Je rends hommage à l'énergie que vous avez su déployer pour vous exprimer et nous faire part de vos sentiments durant cette épreuve. Quant au message déplacé que vous mentionnez en exemple il prouve seulement que parfois on peut recevoir les commentaires de gens ayant subi l'ablation du cerveau. Amicalement, Laurent


Commentaires: J'ai connu ton site par le biais des "copines" de Magique-Emilie et je suis tout de suite venue t'apporter mon soutien(enfin au moins essayer). Je suis d'autant plus révoltée que je suis moi même infirmière et que je n'arrive pas à comprendre que des gens qui sont appelés professionnels de santé aient un comportement aussi peu professionnel. Les études touchant au milieu médical comprennent de nombreux stages, alors je n'arrive pas à expliquer un tel manque de conscience professionnelle ; c'est un mot un peu froid, mais c'est au minimum ce dont ils devraient faire preuve face à un patient et à sa famille. Tout au long de mes études, on nous a parlé et reparlé de la prévention des infections nosocomiales et je m'aperçois que dans ton cas même les règles les plus élémentaires d'hygiène ne semblent pas avoir été respectées. Je n'arrive pas à concevoir que ces gens puissent faire un métier destiné à soigner les autres et afficher un tel mépris des patients et de leurs proches. Excuse-moi, je me suis un peu laissée aller mais ces gens là sont à l'opposé de ma vision de la profession. Dans ton cas il y a malheureusement eu accumulation de faits (hygiène ...) et d'incompétence (médicale et relationnelle). Je retrouve là la mentalité des hôpitaux où le patient n'est pas considéré comme une personne mais comme une pathologie ou un numéro de chambre !! Je te souhaite beaucoup de courage ainsi qu'à toute ta petite famille, tiens-nous au courant de la suite de tes démarches. C.T


Commentaires: bonjour, je viens de lire votre témoignage bouleversant. Je suis interne en psychiatrie, ma meilleure amie interne en pédiatrie. Il semblent qu'il y a eu de graves erreurs dans la prise en charge de votre bébé en dehors de l'infection nocosomiale. Ou alors l'équipe qui s'occupait d'elle n'a pas réussi a vous expliquer ce qui était en train de se passer. Vous avez été malheureusement confronté à des gens qui n'ont pas voulu écouter vos angoisses alors que étiez dans le vrai. Votre histoire me renvoie à la modestie que nous devons garder nous autres soignants. Nous ne savons pas tout et nous devons aussi écouter. Je voudrais toutefois vous assurer qu'il existe tout de meme des professionnels qui respectent leurs malades, et des internes qui écoutent les mamans. Il semble que vous n'en ayez pas rencontré ni avant ni après le décès de votre enfant...Sandrine


Commentaires: Je souhaiterai que beaucoup d'élèves qui s'inscrivent dans le domaine sanitaire et social puissent lire votre témoignage pour qu'ils se rendent compte de l'importance des règles qui leur sont imposées et des conséquences irréparables qui peuvent découler du non respect des consignes. Souvent nous pouvons avoir ce type de réponse : pour une fois qu'on ne les applique pas... à en théorie d'accord mais...


Commentaires: La perte d'un enfant est la plus injuste et la plus cruelle des expériences. Permettez moi, Madame, bien modestement, de partager votre immense chagrin. A la lecture du site que vous avez dédié à votre petite Céline, je ne peux que vous témoigner mon admiration pour votre courage, votre combativité et votre dignité. Votre hommage est celui d'une maman exceptionnelle à une petite fille exceptionnelle. Je suis convaincu que là où est Céline maintenant, elle sait ce que vous avez fait pour elle. C'est elle aujourd'hui qui veille sur vous et vos grandes filles. Pardonnez moi si j'ai été indiscret, si j'ai ravivé votre peine. Je souhaitais vous dire que vous n'êtes pas seule. Didier


Commentaires: Je suis arrivée sur votre site par hasard, alors que j'effectuais une recherche pour trouver des contes pour enfants. Je suis extrêmement émue par votre démarche. Je suis mère de trois enfants, et je ne peux qu'imaginer l'épreuve que vous avez traversée. Cela me serre le coeur rien que d'y penser... Je laisse ici une pensée pour votre fille... et pour toute votre famille. Vous ne semblez pas manquer de courage, et je vous souhaite de continuer dans cette voie! Manon, Terrebonne, Québec


Commentaires: Bonjour, je voulais tout dabord vous féliciter pour ce que vous faites et je trouve cela d'un courrage et d'une volonté exemplaire. la mort d'un enfant ou d'un proche dans ce conditions est inadmissible et je vous comprend. je suis moi meme atteint d'une tuberculose osseuse ainsi qu'une infection de 4 germes different "staphylo" au niveau de la colonne vertebrale suite a une opération d'une hernie disacle. j'ai 25 ans marié 3 enfants dont deux du precedent mariage de mon epouse. le petit dernier a 7 mois. j'avais ma propre entreprise pour laquelle aujourd'hui je ne peux plus rien apporté vu mon handicape.j'ai du mal a obtenir mon dossier medical mais je peux vous assurer que je me battrais corps et ames pour denoncer ce que l'on peut attrapper dans une clinique ou un hopital. c'est vraiment horrible de rentrer pour se faire soigner et d'en ressortir mort ou completement detruit. je vous souhaite bien du courrage et encore bravo pour votre site. vous me donnez envie plus que jamais de me battre...


Commentaires: Je viens de lire votre récit et ne trouve pas les mots ; ni pour vous réconforter, ni pour traduire l'état dans lequel je me trouve. Bouleversée, révoltée, scandalisée sont les premiers mots qui me viennent. Comment avez-vous pu supporter tout cela? Ce "bloc-note" est un merveilleux moyen pour vous dire toute mon admiration. Malgré tout, à chaque paragraphe, je ne pouvais m'empêcher de me dire "mais pourquoi n'emmène-t-elle pas son bébé?" On se sent impuissant en vous lisant, comme vous deviez vous sentir impuissante devant votre fille souffrante. Malheureusement, rien de tout cela ne pourra ramener Céline, alors c'est avec toute mon affection que je vous encourage à continuer pour les 3 autres! Merci de faire vivre des sites qui réveillent l'humanité et la solidarité. Aude.


chère  Madame je viens de decouvrir votre site par hasard, et je voudrai
tout simplement vous dire que je le trouve très beau et interessant.Il
démontre , si cela était encore nécessaire, que les patients, les familles ,
les usagers de notre système de santé ont des choses a dire et n'hésitent
plus a les exprimer. Malgré ce terrible drame vous avez trouvé la force de
mettre votre expérience au service des autres afin que ceux-ci puissent
avoir accès à une information que vous n'avez pas toujours trouvé à
l'époque. Je suis sûr que votre site aidera d'autres malades, d'autres
familles à surmonter dans la mesure du possible,de telles épreuves.Sans
vouloir galvauder le terme je pense que votre site est véritablement un site
"citoyen". amitiés Nicolas B.www.unaf.fr 


L'alea thérapeutique est peut-être bien pratique pour certains médecins qui ne réspectent pas les règles d'hygiène élémentaires et passent allègrement 
d'un malade à l'autre sans désinfecter leur matériel (stéthoscope, tensiomètre, etc. ...) 
Il serait temps qu'ils commencent, eux aussi, à se laver les mains autant que les autres personnels soignants (Infirmier(e)s, aides-soignant(e)s. 
Pour ce qui concerne le dossier médical il me semble qu'il est protégé par la notion de secret médical mais cette notion doit être levée au profit de la famille proche surtout
et peut-être uniquement quand il y a eu décès De tout coeur avec vous. Georges R

Sent: Wednesday, June 28, 2000 9:27 AM
Subject: Re: accès au dossier médical

merci de votre réponse qui m'a permis par l'accès à votre site de trouver des éléments et des liens très interessants.
Etant mère de trois enfants je compatis à votre peine. L'étude qui est menée en région rhône-alpes est de proposer aux patients soit de détenir leur dossier médical soit que leur dossier soit gérer par un centre spécialisé auquel on pourrait accéder en ligne. L'étude va porter sur un groupe de femmes atteintes du cancer du sein à qui on proposera l'une ou l'autre alternative et à la fin de l'étude il y aura une évaluation des procédures mises en place. Je crois qu'un tel systeme (accés en ligne) déjà pratiqué dans certain pays (USA)est la solution pour éviter le calvaire que vous avez vécu.
bien sincèrement . Catherine c A 10:10 24/06/00 +0200


Des réactions du corps médical

Jai bien reçu votre témoignage.
J'ai mis du temps à vous répondre parce que je ne savais pas très bien comment
appréhender votre demande.
Je suis très touché par ce drame qui vous frappe.
Je suis tout à fait conscient que le problème des infections nosocomiales est
majeur, qu'il doit recevoir une réponse appropriée, et que nos efforts doivent aller
dans ce sens.
La règle première de notre art, notre fonction, se retrouve dans ce fameux "primum
non nocerer" (je ne garantis pas l'ortographe).
Ca n'est pas le fait que vous fassiez appel à la justice qui me gêne, je respecte
votre démarche, c'est que, dans un conflit, FemiWeb ne donne la parole qu'à l'un des
protagonistes.

Y aurait il une solution pour que votre expérience puisse servir à d'autres parents
sans que la dimension de responsabilité pénale soit abordée.
Comme cela doit être dur pour vous d'aborder cela sans que votre coeur ne se déchire
et que votre esprit ne s'insurge.
D'un autre côté, si on ne se bat pas contre, on en fera une fatalité et on
n'avancera pas.

Cordialement.
Etre humain ou ne pas être, serait ce la question ?
http://www.femiweb.com
Une parcelle de l'univers de la femme et l'enfant.Dr Albert OHAYON webmestre de Femiweb. 17 septembre


- J'ai demandé l'avis d'un psychologue sur mon site, je vous livre sa réponse :

21 septembre 16:17

Bonjour,

Je suis psychologue, responsable des professionnels à psycho-net. On m'a transmis votre mail, et c'est avec interêt que j'ai consulté votre site.

Je trouve formidable que vous ayez eu ce mouvement de vie qui vous a porté à parler, à exprimer ce passage douloureux de votre vie dans le but de vous l'approprier, de faire perdurer la présence intérieure de votre fille, et d'être un témoin et un guide, pour d'autres qui vivraient une situation analogue.

Votre démarche est à mes yeux une véritable expression de lutte pour vivre et exprimer vos émotions, et sachez que toute cette expression et cette mise à jour de votre vécu et de vos sentiments est une chose qui vous est positivement riche!

Contrairement à ce que l'on croit, ce n'est pas en cachant et en tentant d'oublier les choses et les êtres chers que l'on réussit à passer le cap du deuil. C'est au contraire, comme vous le faites, en parlant, en témoignant et échangeant, que vous pourez "accepter" la perte de votre fille au niveau de la réalité et faire croître sa présence en vous, à l'intérieur, là où vous pouvez la "retrouver" lorsque vous avez besoin de vous rappeler son sourire.

Continuez en ce sens, et bravo pour votre démarche. D'autres pourront sûrement se rendre compte ainsi qu'ils ne sont pas seuls, votre site les aidera, et vous pouvez en être fière.

Anne Schwartzweber. Responsable chaine professionnelle de www.psycho-net.com


14 octobre 1999 
- Votre mél adressé à l’association APACHE m’a conduite sur le site que
vous avez consacré à l’histoire de Céline. J’ai mis du temps à vous
répondre. Je cherchais les mots, les bons mots … mais y-t-il de “ bons
mots ” devant cette douloureuse histoire ? Comment ne pas être
bouleversée par ce que vous racontez :  la joie de l’arrivée d’un
enfant, la souffrance, l’angoisse à l’annonce du diagnostic,  votre
combat pour aider Céline, lui donner sa place dans votre famille, les
complications, les infections et pour finir ces moments de grande
solitude et d’extrême souffrance pour Céline et pour vous, ses parents.
Le problème des infections nosocomiales est très difficile. Les
situations gravissimes d’enfants atteints de pathologies cardiaques
congénitales conduisent en outre à pratiquer des gestes dans un but
thérapeutique et ces mêmes gestes comportent en eux-mêmes un risque
d’effets secondaires qui peuvent être dramatiques sur des enfants très
fragilisés par leur maladie. Vous avez sollicité les experts, la justice
; ce sera à eux de donner les réponses, de déterminer si tout ce qui est
possible a bien été fait. Je me demande cependant si vous avez sollicité
le conciliateur médical de l’hôpital. Normalement son rôle est de
recueillir la totalité de l’information médicale et de l’expliquer aux
parents.
Je souhaite plutôt réagir sur ce qui est l’objectif de l’association
APACHE, c’est à dire l’accueil au sens très large du terme. J’ai été
frappé dans votre histoire par le fait qu’à aucun moment vous ne semblez
dire que vous avez été accompagnés, aidés, soutenus par une équipe
médicale et soignante attentive à ce qui vous arrivait et pas assez
informés de la gravité du pronostic. D’après ce que vous décrivez Céline
a souffert, n’a pas été soulagée et ceci est très profondément choquant.
Modifier l’accueil dans les hôpitaux est un long travail de
sensibilisation, de persuasion, de prise en compte de la dimension
humaine de la médecine ;  le changement de mentalités, d’état d’esprit
que cela suppose ne se décrète mais doit se mettre en place petit à
petit.
Pour Céline, nous savons qu’il est trop tard, mais nous continuerons
pour tous les autres enfants.
 Avec les très cordiales salutations d’APACHE

Dr Sylvie Rosenberg-Reiner 

18 octobre 1999

Madame,  

J'ai consulté votre site web, et je dois vous féliciter de cette réalisation. Je trouve cela formidable, après l'immense perte qui a été la vôtre, d'avoir été capable de ce geste qui non seulement rend hommage à une vie qui s'est interrompue, mais qui aidera très certainement nombre de personnes qui se trouvent ou se trouveront dans le même cas que vous. En tant que créateur de Sparadrap je suis heureux d'accueillir dans notre médiathéque un témoignage aussi riche. C'est la preuve que même dans les pires situations il est possible de prendre une initiative qui aille dans le sens de la continuation de la vie. En tant que médecin bien sûr je ne peux faire abstraction de la grave pathologie congénitale de Céline, pathologie qui la rendait évidemment très vulnérable aux infections virales fréquentes dans toute collectivité d'enfants. Ceci n'annulant en aucune manière vos griefs concernant les dernières heures de votre petite fille. La recherche de la vérité et la recherche de réparations est de toute façon une démarche légitime. Elle ne peut qu'aider à faire évoluer les choses.    Recevez Madame mes sincères salutations.

Dr  Didier Cohen-Salmon Président de Sparadrap  www.sparadrap.com



Sent: Wednesday, January 05, 2000 7:46 PM
Subject: Re: lien
Bonjour,
Excusez moi du retard apporté à cette réponse mais j'étais en vacances
Merci de votre intérêt

J’ai pris connaissance de votre douloureuse histoire. Je vous félicite d’avoir eu le courage de consacrer un site à votre enfant. Bien entendu, il m’est impossible de donner un avis sur les responsabilités qui ont pu entraîner le décès de votre petite fille. La lettre du monde résume assez bien les problèmes posés par les épidémies de bronchiolite. J’ai été installée en pédiatrie depuis 20 ans. Avant 1990, il y avait déjà des bronchiolites mais beaucoup moins et moins graves. Je n’ai pratiquement jamais hospitalisé un enfant pour cette raison à cette époque. Ensuite cette maladie a augmenté et les recommandations étaient d’hospitaliser impérativement tout nourrisson de moins de 3 mois porteur de cette affection. Les conséquences ont été l’engorgement des services pédiatriques en hiver. Malheureusement toutes les bronchiolites ne sont pas dues au même virus et il y a souvent, simultanément des épidémies de gastro-entérites. L’enfant porteur d’une maladie grave comme était le vôtre se trouve en danger. La prévention de la transmission de ces viroses est très difficile car ces affections sont très contagieuses et des enfants ou des adultes, sans aucun symptôme, peuvent être porteurs du virus. Ceux qui sont malades peuvent rester contagieux très longtemps. Que faire ?

Les recommandations des médecins hospitaliers ont changé et les recommandations d’hospitalisations sont beaucoup plus nuancées.
Les mesures de prévention de toutes les infections nosocomiales ont été renforcées.
Les pouvoirs publics semblent, enfin avoir compris qu’il était indispensable d’augmenter le nombre de lits (et de personnel en hiver)
Je suis, tout de même très inquiète du phénomène économique qui impose aux hôpitaux de tourner à plein régime sous la menace de fermeture de lits. C’est une absurdité.

Votre enfant a cumulé tous les problèmes infectieux et plus il s’affaiblissait, plus il était réceptif. On ne peut revenir en arrière. Espérons que de pareilles histoires ne se renouvelleront pas. Il ne faut pas, non plus, que des parents renoncent à une hospitalisation vitale pour leur enfant. Que c’est difficile !

Pour ma part, j’ai renoncé à l’exercice libéral et je travaille dans un CAMSP (Centre d’action médico-sociale précoce) depuis peu. Nous accueillons des enfants atteints de la maladie de Noonan et de beaucoup d’autres maladies graves. Je sui en admiration devant ces parents et les résultats occasionnés par l’amour qu’ils apportent à leur enfant. Vous pouvez mettre mon site dans vos liens mais, surtout, n’hésitez pas à me contacter si vous pensez que je peux faire quelque chose pour un enfant de votre entourage.

Très cordialement
.


Commentaires: Madame, je n'ai visité votre site qu'après avoir lu votre message dans les forums du Monde. Je m'aperçois que je n'ai fait, dans ma réponse, qu'enfoncer des portes ouvertes par d'autres avant moi sur votre site!.. Je partage entièrement votre point de vue, et je vous félicite pour votre engagement. Le combat pour une médecine de qualité ne peut être mené qu'ensemble corps médical-patients. Les uns et les autres ont des droits et des devoirs à respecter. Je suis toutefois pessimiste sur l'avenir si le gouvernement ne nous aide pas... Avec mes meilleurs sentiments Dr E .O (gynécologue obstétricien) 5 avril 2000



Date: Fri, 5 Nov 1999 22:56:29 GMT+1
J'ai bien parcouru votre site. Je suis médecin et j'ai perdu une de mes petite patiente en réanimation à l'âge de 13ans. 
La mort était inévitable. Les parents, trés, trop angoissées posaient maintes questions aux soignants, aux infirmieres. 
Si bien que tous ces soignants évitaient de croiser les parents. A la demande du chef de service, jesuis intervenu régulièrement 
pour "traduire" le langage des hospitaliers aux parents. après des semaines, la petiteest décédée. 
Probablement de sa maladie mais aussi d'une infection nosocomiale. Les parents sont maintenant en procès avec l'hopital, certain médecin. 
Aucune erreur n'a été faite. Si, une seule: Le manque de communication, le stress trop intense. Tous nous avons lutté pour que 
cette enfant vive, tous nous avons espéré un "miracle", tous,les parents, les médecins, les infirmières, les aides soignantes. 
Nous avons tous luttés a notre façon.Mais dans ces situations difficiles les uns cèdent à la panique, les autres évitent les uns... 
Nous pleurons tous cette enfant. Et le procès ne fera rien que ravivez les angoisses, le sentiment d'injustice. 
Finalement l'intervention d'un psychiatre aurait été utile..mais la vie n'aurait pas été prolongée pour autant.
J'ai vu de loin une situation identique, je vous plains,tous.

Date: Sun, 7 Nov 1999 09:50:03 +

Madame, après avoir vu la Marche du Siècle (qui était en fait consacré à un autre sujet),

je suis allé voir votre site  et ai lu l'histoire de Céline et votre combat.Il est peut-être utile que je vous donneun point de vue qui 
peut être différent du votre tout en respectant l'immense douleur d'une mère.
Je suis responsable d'un service hospitalier (pneumologie adultes) d'un hôpital général.Ce qui me frappe dans votre relation des faits 
est l'absence de confiance dans les équipes soignantes; cela peut être lié à l'incapacité des 
équipes à établir une relation satisfaisante mais cela peut aussi être dû à votre approche : comment travailler quand une mère 
vérifie tout, note tout? Par contre, il me semble que les médecins hospitaliers auraient dû poursuivre eux-mêmes la relation 
qu'ils avaient eue avec vous au début ( ne pas laconfier systématiquement à l'interne).
Cela dit, vos questions quotidiennes (aus infirmières et médecins) au cours de l'hospitalisation sont bien sûr légitimes mais, 
par ma pratique, je peux vous dire qu'il est souvent difficile de répondre précisément : il faut être humble; souvent nous ne savons 
pas répondre avec précision; la médecine n'est pas une science exacte. 
Ne la surestimez pas! Là est est sans doute la difficulté : faire confiance tout en sachant que les médecins ne savent pas tout et 
peuvent se tromper; Avoir le nom du germe ou du virus en cas d'infection bactérienne respiratoire ou virale est difficile et, en général on raisonne par argument de fréquence; 
par ailleurs il y a peu de traitement en cas d'atteinte virale (on traite les conséquences mais pas la cause).
Pourquoi Céline a-t-elle des infections pendant l'hospitalisation? Ses défenses étaient sans doute diminuées mais aussi, peut-être, 
par une ou des infections nosocomiales (je ne connais pas bien les infections nosocomiales de l'enfant).
Ces infections sont difficiles à dénombrer car toute fièvre à 48h n'est pas forcément une infection; les patients que nous avons sont 
en général fragiles. Mais les infections nosocomiales existent (même chez des patient en très bon état)et il faut les diminuer : 
nous devons améliorer notre organisation et notre pratique  (hygiène quotidienne). La tendance actuelle est de dire que toute 
infection nosocomiale correspond à une faute du médecin ou de l'établissement de santé; ce la me paraît une mauvaise chose je ne veux 
pas être tenu responsable de quelque chose qui peut arriver sans faute. AUCUN ACTE MEDICAL N'EST SANS RISQUE.
Mais que faire pour les patients qui en sont victimes? je crois que c'est à la société de se décider ; 
pour ma part je trouverais normal d'indemniser un patient qui a un préjudice à sa sortie de l'hôpital ce qui ne dispense pas d'une 
recherche de faute médicale et je trouverais également normal que l'ensemble de la population participe à ce fond d'indemnisation 
(hormis le cas de faute médicale bien sûr).
En ce qui concerne le dossier médical : je trouve anormal le médecin de votre choix n'ait pas eu accès au dossier ( le mieux aurait été 
qu'il vienne le consulter sur place). Pour ma part - et je vais peut-être vous choquer - je ne suis pas favorable à un accès direct 
du dossier par la famille car il y a une partie subjective que le patient ou ses proches peuvent 'interpréter dans des directions très 
variables.Il y aurait beaucoup à dire et peut-être aurais-je l'occasion de compléter.
Merci de recevoir mon témoignage parmi d'autres.
Dr..... 

Date: Thu, 13 Jan 2000 11:47:55 +0100

Bonjour Madame,En surfant je suis tombée tout à fait par hasard sur votre site, que j'ai lu avec beaucoup d'émotion.
Je suis moi même maman de 5 enfants, et je suis sage-femme.
Notre premier enfant Cédric est décédé en juillet 1989, à 5 jours de vie, d'une infection à listeria monocytogène. 
Nousavons 4 filles dont la dernière est née le 11 juillet 1998, mois où Celine aurait dû naître je pense.
En temps que mére ,je trouve votre temoignage trés important pour soutenir d'autres parents qui vivent une situation similaire. 
Vous decrivez bien le desarroi face à la maladie, face au corps medical, et a l'institution hospitalière: 
ces medecins qui manquent de tact, je dirai même de respect, et qui ne considèrent pas leurs patients. Comme parent
on se sent seul et impuissant dans cette jungle hostile. Et puis, nous nous sentons coupable... de ne pas avoir choisi
le bon medecin, le bon hopital....culpabilité idiote!
Les medecins parlent encore trop souvent un langage incomprehensible, on n'ose pas demander d'explication.
Avec Cedric nous avons aussi du attendre plusieurs jours avant de connaître le diagnostic. 
Il y avait un manque de cohesion des medecins (internes et specialistes) tant qu'au pronostic 
(un interne m'a dit que Cedric allait beaucoup mieux, alors que je le savais mourant). L'hopital n'est pas humain. 
Et je ne pense pas que cela va s'ameliorer tout de suite avec le manque de personnel.
La medecine n'est pas une science exacte, c'est un domaine immense. Les medecins ne devraient pas avoir honte d'avouer 
parfois leur incompetence et diriger le patient vers un autre specialiste. La sagesse est de connaitre,de reconnaitre et de respecter 
ses propres limites.
En temps que personnel medical, je suis contente que l'on parle enfin des infections nosocomiales, tabous pendant longtemps. 
Aujourd'hui le listeria est mediatisé, mais il y a 11 ans nous devions nous taire.Vous faites ressortir également les problèmes 
qui existent autours du dossier medical malgrés la charte du malade.
Je souhaite que votre site soit lu par de nombreux medecins,infirmiers,sage-femmes,puericultrices  ... 
pour qu'ils prennent conscience:
- de leurs rôles faces aux infections nosocomiales (respect des regles d'aseptie )
- de l'importance de la relation humaine, et de l'encadrement des parents à l'hopital.
- des tabous qui existent encore à l'hopital (cf dossier médical).
Le temps va passer, votre douleur va s'attenuer. Céline vivra toujours dans votre coeur et dans celui de chaque membre 
de votre famille. Elle restera votre petit rayon de soleil.
Dans quelques années vous découvrirez tous ce qu'elle vous a apporté, malgré sa courte vie sur terre.
Je vous souhaite beaucoup de courage pour vous battre, pour qu'il n'y ait plus jamais de parent dans votre situation.
Amicalement,Sabine.
PS:C'est bien d'avoir mis tous ces liens. Votre site est bien conçu.

14 Jan 2000 11:04:33 
Bonjour Florence,
Merci d'avoir si rapidement repondu. J'aimerai apporter une reponse a
votre lettre. La depression fait partie du deuil. De plus cette periode
de l'année doit être pernible pour vous et votre famille. La culpabilité
est destructrice. Pendant des mois, j'ai entendu une petite voix au fond
de moi qui me reprochait d'avoir mangé du fromage au lait cru, et de ne
pas avoir  insisté plus aupres du gynecologue pour avoir des examens
complementaires lorsque je sentais une diminution des mouvements foetaux
quelques jours avant la naissance. Mais, avec le temps ces voix se sont
tus. Et a present, aprés onze ans je me dis que j'ai fais mon devoir de
maman: J'ai aimé trés fort mon bébé. Comme vous avez aimé Céline, de
tout votre coeur, cela se sent dans vos écrits.Et même si le décès de
Cédric a été trés douloureux, je le vie a present comme une experience
positive.( vous devez me trouver folle). Autours de ce décès s'est bati
quelque chose de tres solide entre mon mari, entre la famille. Cela m'a
aussi permis de mieux comprendre les autres. J'ai mis quatre mois avant
de pouvoir enter à nouveau dans une salle d'accouchement. Et chaque
enfant que j'ai vu naitre ensuite je l'ai considerer comme un don. Il
faut du temps, beaucoup de temps pour faire le deuil et pour reprendre
goût a la vie.Les personnes qui ont des reflexions negatives par rapport
a votre site ne sont pas passé par là. Il ne faut pas faire attention a
leur jugement . Chacun fait son deuil a sa manière.  Vos 3 autres
enfants ne remplasserons pas Celine car chaque enfant est unique.Avec la
perte d'un parent on perd un passé. Avec la perte d'un enfant on perd un
avenir et on regrette de ne pas l'avoir plus connu.
En ce qui concerne l'hygiene dans les hopitaux: En Belgique il existe a
present des "infirmiere hygieniste". Apres une formation d'infirmiere
il y a une formation d'hygieniste sur un an. Son rôle est en plus de
controler l'hygiene dans les services, de former le personnel soignant
et de faire respecter les regles d'hygiene. Normalement il y en a une au
moins par hopital... mais avec les restrictions budgetaires... Le
personnel enrhumé ou legerement souffrant ne doit pas avoir de contact
avec les services de pediatrie, neo-nat et maternité... mais avec les
restrictions budgetaires...
j'ai lu un rapport comme quoi en Hollande où l'on pratique beaucoup
d'accouchement (eutocique) à domicile le taux d'infection des accouchées
et des nouveaux nés avait considerablement baissé.
Il est bien connu qu'en Afrique il vaut mieux un accouchement eutocique
a la maison qu'a l'hopital.
Dans les services de pediatrie en "elevage" (il y a 15 ans) il y avait
aussi tous ces bébés abandonés qui attendait les 3 mois nécéssaire a
leur placement legal. Leur place n'est pas en pediatrie.
Bref il y a beaucoup a dire mais a chaque fois la reponse est la même:
manque d'argent.
Maëlle, ma plus jeune fille est reveillée. Je vous quitte. Bon courage.
Amicalement
Sabine

Date:  Mon, 14 Aug 2000 13:16:02 +0200
Je viens de parcourir votre site, par hasard. Je suis mère de trois
enfants, mais également biologiste, mariée à un chirurgien. 

J'ai reconnu dans votre témoignage une partie de ma propre expérience. Ma
troisième fille, née à terme, a été hospitalisée à l'âge de deux semaines
et demi dans un service de pédiatrie pour une bronchiolite à VRS. Et bien
sûr, la gravité de sa maladie ne souffre aucune comparaison avec ce qui est
arrivé à Céline. 

Mais dans vos paroles, j'ai retrouvé, à en pleurer, ma colère, mon
désespoir de n'être pas entendue, moi la mère de cet enfant, la personne la
connaissant la mieux et donc celle que l'on devrait écouter en priorité.
Pourquoi, vous comme moi, avons été obligées de constater que lorsque les
dysfonctionnements étaient signalés par les parents, ils n'étaient pas pris
en compte par l'équipe soignante (alors que j'étais à l'époque moi-même
interne et donc "au courant"). Un exemple: un matin j'arrive dans la
chambre d'Adèle. Le coximètre est arrêté. Je le remets en route et il se
met immédiatement en alarme, la saturation n'étant que de 80%. Je
m'inquiète, et je m'aperçois que l'arrivée d'oxygène était débranché, le
tuyau s'était pris dans les barreaux du lit et tout partait sous le lit. Je
le rebranche, la saturation revient à la normale. Là dessus, l'infirmière
arrive et m'explique qu'elle avait arrêté le coximètre parce qu'il sonnait
tout le temps. Et, quand même, un deuxième exemple: en veillant Adèle, je
m'aperçois que pendant son sommeil, elle fait des arrêts cardiaques mais
qu'elle récupère tout de suite. J'en parle à l'infirmière qui me dit que
oui elle s'en est aperçue, mais que comme Adèle récupère, elle n'en a pas
parlé (ne l'a pas signalé non plus dans le cahier de transmission). Bien
sûr, tout cela n'est pas grave, mais aurait pu l'être dans des
circonstances plus dramatiques. 

Le deuxième gros problème que je vois dans votre témoignage, c'est
l'absence de communication entre l'équipe médicale et vous même. Sans cesse
vous vous sentez seule, confrontée à un mur hostile mais détenant le
savoir. Et malgré que je sois du milieu médical, j'ai moi même souffert de
cette hostilité à parler aux parents (ou aux malades).  Un jour je me suis
retrouvée avec un médecin (une femme) à qui j'arrive à arracher (il n'y a
pas d'autre terme) quelques explications sur le fait que hospitalisée
depuis cinq jours, tout d'un coup, Adèle se retrouve avec de l'oxygène
nasal (ce qui dénote une aggravation probable, mais quoi, comment,
pourquoi, quand ?). Je profite de l'apparente bonne volonté de la personne
pour lui demander quand Adèle pourra sortir. Elle me répond comptez une
bonne semaine. Je ne me rendais pas compte, je pensais qu'elle sortirait
pour Noël, je me mets à pleurer. Cette chère femme me sermone alors en me
disant que "votre réaction est dysproportionnée par rapport à la maladie de
votre enfant" et également "vous devriez en profiter pour vous reposer...
partez en vacances!". Incroyable. 

Finalement, nous étions tellement dégoûtés, mon mari et moi-même que nous
avons fait sortir Adèle deux jours plus tard. Bien sûr, nous devions lui
assurer au moins deux séances de kiné par jour, mais, grâce à une
magnifique infirmière, elle a pu être sevrée de l'oxygène en 48 heures. Et
encore quelques mots pour dire que même dans ce service où l'organisation
était défaillante (le chef de service partant en retraite, était
désinvesti), on peut trouver une personne compétente et HUMAINE. Cette
infirmière qui n'hésitait pas à prendre sur son temps pour câliner un bébé,
et qui plutôt que d'arrêter un biberon en cours et de rattacher un enfant
sur son lit pour aller répondre au téléphone, préférait y aller avec
biberon et bébé (bien sûr, c'est interdit, mais on ne me fera pas croire
que la guérison ne passe pas aussi par l'affection) a été la seule personne
à m'écouter et à visiblement me comprendre. Je regrette infiniment que
manifestement, vous n'ayiez rencontré personne pour vous parler vraiment de
la maladie de votre enfant, de son évolution réelle et pour vous écouter,
vous mère de cet enfant souffrant.

J'espère que le temps et l'énergie dépensée dans ce site et dans l'espoir
de reconnaissance par la justice vous aidera à faire le deuil de Céline. Je
respecte infiniment votre peine et la partage.
Toutes mes pensées à vos trois enfants aînés.

www.lemonde.fr
ACTUALITES PRESSE

sources : - pressed.com - lemonde.fr - quotimed.com - liberation.com -

JUIN

Les patients demandent plus d'humanité aux médecins :

SANTE : Le bilan des états généraux de la santé qui durent depuis l'automne sera rendu public demain.Les Français réclament une prise en charge plus humaine . Que va-t-il concrètement émerger des états généraux de la santé, qui s'achèvent demain ? De ces mille débats organisés depuis plus de six mois à travers toute la France afin de faire se rencontrer professionnels de santé et simples citoyens ? Pour le secrétaire d'Etat à la santé, Bernard Kouchner, grand ordonnateur de l'expérience, le bilan est de toute façon positif, puisque ce « laboratoire de démocratie sanitaire », comme il aime à les définir, a bien fonctionné au niveau de la participation avec environ 250 personnes présentes à chaque réunion.

« Le démarrage a été plus long qu'on l'imaginait, se souvient Etienne Caniard, coprésident du comité d'orientation de ces états généraux, car entre la déclaration d'intention du ministre, au printemps dernier _ afin de répondre à une promesse de Lionel Jospin _, et les premières réunions en octobre, nous avons pris conscience d'une énorme attente de la population à s'exprimer sur la politique de santé. Nous avons donc décidé de décentraliser les débats et de faire appel, pour certains, à 37 jurys-citoyens volontaires chargés de poser des questions étudiées en groupe, aux experts. » (La Croix du 12 décembre 1998.) Des voyages avec certains jurés ont également été organisés à l'étranger afin de comparer les différents systèmes de représentation des usagers, explique-t-on au ministère de la santé.

Une forte attente du public A partir de janvier surtout, une dynamique s'est créée et les réunions régionales tournant autour d'un thème choisi parmi quinze _ « Jeunes et santé » ; « Le droit de vieillir » ; « Douleur et soins palliatifs » ; « Le malade et l'exercice de ses droits », etc. _ se sont multipliées. Signe que la consultation publique sur les questions de santé est dans l'air du temps : des initiatives départementales ou associatives parallèles se sont jointes au projet. Ainsi, le Val-de-Marne a mis sur pied ses propres états généraux, et ceux organisés par la Ligue contre le cancer ou les rencontres régionales sur la maladie d'Alzheimer ont également été « labellisés » états généraux de la santé.

Ce succès public appelle des propositions concrètes afin de ne pas décevoir l'attente soulevée : le comité de pilotage présentera donc demain à Bernard Kouchner et à Martine Aubry, ministre de la solidarité, six recommandations pour faire évoluer la politique de santé. « Il faudra en premier lieu, commence Etienne Caniard, que les médecins intègrent la prévention dans leur prise en charge des patients et ne s'occupent plus seulement de guérir. » Deuxièmement : « Au-delà des actes médicaux que l'opinion juge globalement satisfaisants, une prise en charge de la personne est nécessaire, notamment en articulant mieux ce qui relève du médical et ce qui appartient au social, commente-t-on à la cellule des états généraux du ministère de la santé. Actuellement, la population estime que cette dimension humaine de la médecine a beaucoup régressé avec les avancées techniques. »

Troisième piste : mieux appliquer les textes régissant les droits du malade. « Il y a un écart, constate le président du comité de pilotage, entre la théorie et la pratique qui tient peut-être à la multiplicité des textes. L'idée serait de regrouper tous ces textes en une seule loi et d'imaginer un système de comités de vigilance afin d'en vérifier l'application. » La synthèse des états généraux insistera aussi sur la nécessité de restaurer le dialogue entre professionnels de santé et patients, ces derniers se plaignant du manque de transparence et d'informations compréhensibles dans ce domaine. « Nous avons relevé que la confiance de l'opinion envers le corps médical chancelle, explique Etienne Caniard. Il faut agir vite car si cette confiance devient méfiance, les gens vont se comporter en consommateurs de santé, exigeant comme aux Etat-Unis une obligation de résultat de la part des médecins sous menace de procès. »

« Ecouter avant et expliquer ensuite »

Les membres du comité de pilotage ont également constaté que la participation des usagers aux différentes instances du système de santé, et notamment des conseils d'administration des hôpitaux, ne fonctionnait pas. Ils préconisent donc l'élaboration d'un système de représentation plus actif « sans qu'on aille cependant vers une dictature de la démocratie directe, nuance Etienne Caniard. La décision finale doit rester au politique, mais celui-ci aura à écouter avant et à expliquer ensuite ».

Enfin, sixième piste : la formation des professionnels de santé doit inévitablement changer en profondeur, intégrant plus de sciences humaines,plus de psychologie, pour s'adapter à ces « nouveaux patients », mieux informés et plus exigeants. Le gouvernement y travaille d'ailleurs depuis deux ans et devrait annoncer une réforme des études médicales avant la fin de l'année.

Devant l'ambition de ces réformes, les observateurs du milieu médical affichent souvent scepticisme _ argument : les états généraux ne sont qu'une opération démagogique dont il ne sortira rien _ ou hostilité : « Cette consultation, note l'un d'eux, était l'occasion rêvée pour faire prendre conscience à l'opinion que, parallèlement à ses droits, le patient devait aussi réfléchir à sa responsabilité personnelle dans le système de santé. Par exemple sur la multiplication des actes inutiles. » C'est désormais au gouvernement de montrer que cette mobilisation de l'opinion publique ne restera pas au niveau de l'état des lieux.

Sophie LAURANT© La Croix 29/06/1999 www.pressed.com


JUILLET

© La Croix 02/07/1999 Votre santé vous appartient : Aux états généraux de la santé, le premier ministre a rappelé les droits du malade . Par Dominique Quinio

L'histoire dira peut-être un jour combien le sida a contribué, en France en tout cas, à bousculer les pratiques médicales, à cause de la mobilisation des praticiens mais surtout du rôle actif des associations entourant les malades. En raison, aussi, de la légitime émotion devant un fléau qui terrassait des gens si jeunes. Que ce soit pour le traitement de la douleur, l'information des patients, l'accompagnement des malades en fin de vie, le sida a permis une salutaire prise de conscience...

Et les états généraux de la santé, organisés dans tout le pays depuis octobre dernier, ont relayé cette revendication des malades _ de toutes pathologies _ à devenir les acteurs de leur propre traitement.

Non sans emphase, lors des états généraux de clôture à Paris, Bernard Kouchner a annoncé l'avènement de « nouvelles relations » entre patient et médecin. La formule agacera nombre de soignants qui n'ont pas attendu le secrétaire d'Etat à la santé pour considérer les malades comme des personnes. A l'inverse, bien des malades se souviendront, à cette occasion, de l'état d'infantilisation dans lequel les ont plongé la maladie, l'hospitalisation et l'attitude de certains médecins.

Outre une réforme du second cycle des études médicales et la création d'une agence destinée à évaluer les risques sanitaires liés à l'environnement, Lionel Jospin a insisté mercredi sur les droits de la personne malade :

- droit à l'information « de façon appropriée et intelligible », droit à la dignité « jusqu'au dernier souffle », droit de participer aux choix thérapeutiques, d'être protégée contre la douleur... Et, « mesure forte et symbolique », le droit d'accès à son dossier médical. « Ne serait-ce que dans la perspective d'obtenir une éventuelle réparation », a précisé le premier ministre, plaçant d'emblée la question sous l'angle conflictuel. Peut-être n'était-ce pas la meilleure manière de convaincre le corps médical, partagé sur l'impératif de totale transparence à l'égard du malade ; et pas seulement par souci de se protéger ! Mais, là encore, bien des patients se réjouiront, qui ont éprouvé, même dans des circonstances sans gravité, le détestable sentiment que leur santé appartenait à tous _ médecins ou administration _ sauf à eux-mêmes.

Les mesures législatives annoncées ne devront pas dresser les unes contre les autres deux catégories sociales, soignants et soignés. Elles visent, dans un contexte d'hypermédicalisation de la société et de choix éthiques complexes engendrés par les progrès de la science, à rappeler que derrière des pathologies vivent et souffrent des êtres de chair et de sang. « Je ne tromperai jamais leur confiance », jurent les jeunes médecins en prêtant serment. : www.pressed.com


SEPTEMBE

AUXERRE, 28 sept (AFP).

Un médecin gynécologue qui avait dérobé des dossiers médicaux avec l'intention de dénoncer des dysfonctionnements dont l'hôpital d'Auxerre était selon lui le théâtre, a été condamné mardi à un mois de prison avec sursis et 10.000 francs d'amende par le tribunal correctionnel de cette ville.
En février dernier, le docteur Gilles Regonesi avait adressé plusieurs lettres au procureur de la République d'Auxerre l'alertant sur des dysfonctionnements dans le service gynécologique et des erreurs médicales commises par ses confrères. Il avait ensuite dérobé des pièces dans les dossiers médicaux de l'hôpital pour appuyer ses accusations.
Il agissait, a-t-il déclaré lors de l'audience il y a deux semaines, à la demande d'un policier chargé d'enquêter sur ces faits.
Ce dernier a démenti avoir demandé ces pièces, s'appuyant sur un document dans lequel le docteur Regonesi reconnaît avoir spontanément fourni ces documents.
L'hôpital, qui s'était porté partie civile, a obtenu un franc de dommages et intérêts.


Les erreurs médicales font de 44.000 à 98.000 morts par an aux Etats-Unis WASHINGTON (AFP) - le 30/11/99 à 15:31

-Les erreurs médicales causent la mort de 44.000 à 98.000 personnes chaque année aux Etats-Unis, selon un rapport publié à Washington par l'Institut de médecine (IOM) des National Academies.L'étude souligne que ces décès sont plus nombreux que les morts par accident de la route, cancer du sein ou SIDA. Par ailleurs, ces erreurs fatales sont enregistrées aussi bien lors des soins à domicile que dans les pharmacies, les maisons de retraite ou les cliniques et hôpitaux.

Les décès causés par les erreurs de médication, poursuit le rapport, sont au nombre d'environ 7.000 par an, soit plus que les blessures sur le lieu de travail."Ces taux étonnants d'erreurs médicales, qui provoquent morts, handicaps permanents et souffrances non nécessaires, sont tout simplement inacceptables dans un système médical qui promet avant tout de +ne pas faire de mal+", a souligné le président de la commission chargée de rédiger cette étude, M. William Richardson.La commission a édicté plusieurs recommandations pour réduire ces erreurs de 50% au cours des cinq prochaines années. Elle propose notamment de créer un Centre national pour la sécurité du malade chargé de mettre en place un dispositif de surveillance.


EUTHANASIE

Chirac: le rôle du médecin n'est pas de pratiquer l'euthanasie PARIS (AFP) - le 23/11/99 à 12:42 -
Le président Jacques Chirac a affirmé mardi que le rôle du médecin est "de défendre la vie" et non de pratiquer l'euthanasie, et il a plaidé pour le développement des soins palliatifs pour les malades en fin de vie.
"A l'extrémité de la vie, l'euthanasie active, telle qu'elle a été autorisée par certaines législations étrangères, impose elle aussi de nouveaux questionnements", a dit le chef de l'Etat, à l'ouverture d'un colloque international francophone de l'Académie nationale de médecine, à Paris.
L'euthanasie, a-t-il ajouté, "conduit des médecins à mettre leur savoir au service d'une mort qu'un malade, sa famille ou le médecin lui-même considère comme une délivrance. Pour ma part, je crois que ce n'est pas le rôle du médecin. Son rôle, c'est de défendre la vie", a-t-il dit.
Le président de la République s'est félicité du vote à l'unanimité, en mai, par le Parlement de la proposition de loi du sénateur RPR Lucien Neuwirth sur le développement de l'accès aux soins palliatifs.
"C'est la vraie réponse à la souffrance de malades confrontés à l'évolution d'un mal incurable, et à l'angoisse de leur famille", a-t-il dit. Pour Jacques Chirac, les expériences menées dans ce domaine constituent "toujours un projet de vie, jamais un projet de mort".
Début novembre, le chef de l'Etat avait présidé sur ce thème une réunion à l'Elysée avec des professionnels de la santé et des bénévoles.
En mars, au Puy-en-Velay (Haute-Loire), Jacques Chirac avait déploré que la France soit "très en retard" en matière de soins palliatifs et de traitement de la douleur.
En septembre, il avait demandé au président de l'Académie de médecine Charles Pilet d'engager avec ses collègues une réflexion sur la lutte contre la douleur, notamment chez les enfants, ainsi que sur "l'accompagnement de la fin de vie".
A l'Elysée, on considère que la demande de mort des malades en fin de vie reste rare et que souvent elle cache une autre demande pour mettre fin à la douleur ou rompre la solitude. A ce titre, les expériences de soins palliatifs sont considérées comme très prometteuses.

http://www.lexpress.fr/Express/Info/Sciences/Dossier/malade/dossier.asp?id=30296


Euthanasie et suicide assisté impliquent des risques pour le malade
BOSTON (Etats-Unis) (AFP) - le 24/02/00 à 01:18 -
L'euthanasie et le suicide assisté ne se passent pas toujours bien pour le malade, indique une étude réalisée aux Pays-Bas, à paraître jeudi dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

"Les problèmes, en tous genres, ont été plus fréquents dans les cas de suicide assisté que dans ceux d'euthanasie", selon les chercheurs de l'université Erasmus de Rotterdam, qui ont analysé deux enquêtes réalisées en 1990/1991 et 1995/1996 aux Pays-Bas, où ces pratiques sont légales.

En matière de suicide assisté, sur 114 personnes, des complications ont été enregistrées dans 7% des cas et des problèmes avec l'exécution de l'acte (temps plus long que prévu avant la mort, coma ou même réveil du patient tombé dans le coma) notés pour 16% d'entre elles.

Pour l'euthanasie (535 personnes), des complications ont été observées dans 3% des cas et des problèmes dans 6% des cas.

Les médecins ont dû administrer une médication létale lors de 21 suicides assistés (18%), devenus donc des actes d'euthanasie. Les principales raisons invoquées ont été des problèmes avec la réalisation du suicide (12 cas) et l'incapacité du patient à prendre toutes les médications (5 cas).

"Il peut y avoir des problèmes cliniques dans l'exécution du suicide assisté par un médecin ou de l'euthanasie", concluent les spécialistes.

"Cette information représentera un choc pour les nombreuses personnesqui n'ont jamais pensé que les procédures impliquant le suicide assisté par un médecin et l'euthanasie peuvent parfois ajouter aux souffrances qu'elles sont supposées alléger et peuvent également empêcher la mort tranquille qui est recherchée", relève le Pr Sherwin Nuland, de l'Université américaine de Yale.


L'Ordre des médecins réticent sur l'Euthanasie

Le Président Bernard Glorion, interrogé à propos des conclusions du rapport sur l'euthanasie, s'est déclaré très réticent sur le principe d'exception utilisé pour présenter comme consensuel l'avis du Comité consultatif d'éthique. Il explique que les médecins, qui ne sont peut-être pas suffisamment impliqués dans cette période particulière qu'est la fin de vie, ont actuellement des guides qui leur permettent d'assurer les soins palliatifs dont tout le comité a reconnu les progrès spectaculaires, ces dernières années. Ces soins peuvent encore être améliorés pour se poursuivre, sans acharnement, jusqu'au dernier souffle. Dans ces circonstances, l'euthanasie ne peut être ressntie que comme un abandon précoce des soins palliatifs considérés comme un échec. "Lorsqu'on propose à des médecins de donner la mort, on bascule dans un système dont on ne connît pas les limites" conclut le président du Conseil de l'Ordre.L


L'« exception d'euthanasie » contre les soins palliatifs ?, par Jean-Yves Nau Jean-Yves Nau

Mis à jour le lundi 6 mars 2000 nau@lemonde.fr

En publiant, vendredi 3 mars, un avis dans lequel il demande au législateur de prévoir « une exception d'euthanasie », le Comité national d'éthique n'a pas seulement relancé le débat sur la médicalisation de la fin de vie et sur le droit de chacun à mourir dans la dignité. Au terme d'une longue réflexion, conduite durant près de deux ans, il a aussi pris le risque de bouleverser le développement actuel des soins palliatifs et, sous couvert d' « une réappropriation de sa mort », de faciliter le développement de la pratique du suicide assisté.

Clef de voûte de la nouvelle position du Comité national d'éthique, l' « exception d'euthanasie » marque en effet une évolution notable de la position des « sages » qui ont pour mission de conseiller le gouvernement sur les grandes questions morales nées de l'avancement des sciences biologiques et des pratiques médicales. Il y a neuf ans, les choses étaient plus simples. Dans un avis daté du 24 juin 1991, le comité « désapprouvait [formellement] qu'un texte législatif ou réglementaire légitime l'acte de donner la mort à un malade ». Le comité estimait qu'inclure l'euthanasie dans les missions du médecin en trahirait la finalité, jetterait un soupçon sur les équipes soignantes et serait in fine une cause d'angoisse pour les malades et leurs familles.

Aujourd'hui, le comité juge nécessaire, sinon de renoncer à son analyse, du moins d'en aménager les conclusions en demandant la création d'une forme d'exception qui permettrait, en cas de procédure, d'exposer à la justice les circonstances ayant pu conduire à « un arrêt de vie » ainsi que les conditions de la réalisation d'un acte dans lequel il ne faudrait voir qu' « un engagement solidaire » réunissant le patient, ses proches et ceux qui le soignaient. L'acte d'euthanasie serait ainsi soumis à l'autorité judiciaire sans que soient modifiés les termes du code pénal selon lesquels le fait de donner la mort est un meurtre, puni de trente ans de réclusion criminelle ou, s'il est commis avec préméditation, de la réclusion criminelle à perpétuité.

  DÉONTOLOGIE MÉDICALE

On comprend sans mal les motivations des membres du comité désireux de mettre un terme au déni d'éthique que constituent, à leurs yeux, d'une part des pratiques hypocrites et clandestines, et, d'autre part, les issues inégales que peuvent connaître les affaires d'euthanasie en fonction des juridictions et des procédures. Il n'en est pas moins paradoxal que le comité prenne une telle position au moment où se développent enfin, en France, des soins palliatifs qui constituent, de l'avis même de ses membres, la meilleure parade aux gestes d'euthanasie mis en oeuvre avec ou sans l'accord explicite des malades.

Pourquoi, en d'autres termes, relancer le débat sur l'euthanasie, alors même que la promotion des techniques assurant le contrôle de la douleur, la poursuite du dialogue et l'accompagnement du mourant jusqu'au terme de son existence permettraient, précisément, de prévenir le problème auquel on cherche à apporter une solution ? Pourquoi vouloir, en traitant de ce qui ne devrait être qu'une exception, prendre le risque de ruiner la seule approche qui permette de concilier le respect du mourant, l'application des textes en vigueur et les fondements de la déontologie médicale ?

Le comité évoque, pour justifier son choix, « divers événements » qui ont « mis à jour les problèmes humains et éthiques inédits » révélés aussi bien par l'accroissement de la longévité que par les situations de fin de vie de personnes jeunes atteintes de sida. Il évoque aussi l'efficacité relative du texte législatif de juin 1999 garantissant l'accès aux soins palliatifs, dont l'application demeure subordonnée à des questions de financement.

On explique également, auprès du Comité d'éthique, que la formulation de l'avis proposant « une exception d'euthanasie » constitue, au vu de l'évolution des moeurs, la meilleure synthèse possible entre deux courants de pensée que tout oppose : celui qui refuse radicalement toute forme de pratique euthanasique active et celui qui y est favorable dans la mesure où elle est la seule possibilité pour les personnes d'exercer leur droit à mourir dans la dignité.

  LA LOI DOIT-ELLE S'ADAPTER AUX MOEURS ?

Pour certains praticiens, spécialistes de longue date des soins palliatifs, cette synthèse, bien loin d'être équilibrée, penche dangereusement en leur défaveur. Modifier les textes en vigueur pour introduire ce nouveau concept ne serait, selon eux, que la première étape d'un processus conduisant à terme, quelles que soient les précautions prises, à une banalisation du geste euthanasique et in fine à sa dépénalisation. Membre du Comité national d'éthique et militant de longue date en faveur du droit de mourir dans la dignité, Henri Caillavet les conforte dans leur analyse, qui voit dans cet avis un élément de poids en faveur de ses convictions. Et le comité lui-même reconnaît qu'une justification légale de l'euthanasie, fût-ce dans des cas très limités, « serait de nature à mettre un cran d'arrêt aux soins palliatifs ou du moins à en retarder l'évolution ou à permettre qu'interviennent des paramètres économiques ou de gestion hospitalière ».

Dans une matière aussi difficile, la loi doit-elle s'adapter aux moeurs ? Les membres du comité rappellent que les juridictions sont rarement saisies d'affaires d'euthanasie et que, lorsqu'elles le sont, « elles condamnent avec la plus grande indulgence ». Mais ils estiment aussi que « la valeur de l'interdit du meurtre demeure fondatrice ». « Il y a l'interdit, qui est juridique, et il y a la transgression qui est humaine et qui ne peut être juridique, souligne le docteur Renée Sebag-Lanoe, spécialiste de soins palliatifs (hôpital Paul-Brousse, Villejuif). Or ce qui nous est proposé ici c'est une officialisation de la transgression de la loi par un codicille qui fait, précisément, que l'euthanasie ne serait plus, véritablement, une transgression. »
Le Monde daté du mardi 7 mars 2000


Euthanasie et soins palliatifs :( http://sos-net.eu.org)

Ethymologiquement, "euthanos" signifie" la bonne mort". Au sens moderne du terme, l'euthanasie signifie: provoquer ou hâter la mort pour abréger les souffrances.

On distingue : l'euthanasie passive, c'est -à-dire l'arrêt des traitements (sauf soins palliatifs) qui abrège la vis lorsque le cas est désespéré, et l'euthanasie active qui suppose le geste d'un tiers qui donne la mort.

Certains contestent cette distinction au motif que l'euthanasie passive serait un refus d'acharnement thérapeutique (légal).

Toute personne qui a contribué à sa réalisation peut être poursuivie comme coauteur ou complice.

ACTUALITE : Une enquête rendue publique par "libération " le 12 Mars 1998 à l'hôpital Henri Mondor de Créteil, a révélé l'étendue des décisions d'abstentions thérapeutiques prises par le corps médical. Il s'agit d'un véritable refus de l'escalade thérapeutique en cas de pronostic fatal. Il est ressorti de cette enquête que la décision est généralement prise par la collectivité.

Un résultat est également ressorti: dans cet hôpital, dans le service de réanimation, la moitié des patients décèdent après une décision de limitation ou d'arrêt thérapeutique, étant précisé que la première abstention réside dans la non admission du patient dans un service thérapeutique!

- En ce qui me concerne, il ne s'agit pas de me faire dire ce que je n'ai pas dit! Je n'accuse pas le corps médical d'avoir euthanasié ma fille, je me contente de faire un constat et de relater les faits!

A ce sujet, il vient de sortir un livre de Sophie Aurenche "L'Euthanasie, la fin d'un tabou?" Extraits :

"...Qui meurt après une euthanasie en France? Combien d'hommes et de femmes? Le sujet est tabou, il n'existe pas de chiffre officiel. Pourtant la pratique est courante! l'immense majorité des médecins et des infirmières reconnaissent avoir pratiqué l'euthanasie au moins une fois dans leur carrière. Tout le monde le sait et tout le monde se tait...."


- Scandale sur des prélèvements d'organes en Grande-Bretagne

LONDRES, 3 déc (AFP) - Le gouvernement britannique a annoncé vendredi soir l'ouverture d'une enquête pour faire la lumière sur un scandale de prélèvement illégal d'organes sur 850 bébés et jeunes enfants décédés, sans l'accord de leurs parents.


(AFP) - le 08/12/99 à 00:18 -WASHINGTON 7 déc (AFP)- Le président Bill Clinton a annoncé mardi des mesures pour limiter les décès dûs à des erreurs médicales qui causent entre 44.000 et 98.000 morts chaque année aux Etats-Unis, selon une étude publiée la semaine dernière par l'Institut de médecine (IOM) des National Academies.
M. Clinton a indiqué qu'il avait fait débloquer 25 millions de dollars pour développer la recherche sur l'amélioration des soins de santé et la prévention des erreurs médicales.

Il a également demandé à une commission chargée de surveiller la qualité des soins d'analyser l'étude de l'IOM et de lui présenter des recommandations dans les deux mois sur les moyens de limiter les erreurs médicales et ordonné aux agences fédérales du secteur et à quelque 300 institutions participant à la couverture santé des fonctionnaires fédéraux de prendre des initiatives allant dans le même sens.

Selon l'étude de l'IOM, les décès dûs aux erreurs médicales sont plus nombreux que les morts par accident de la route, cancer du sein ou SIDA, et elles surviennent aussi bien lors des soins à domicile que dans les pharmacies, les maisons de retraite ou les cliniques et hôpitaux.

Les responsables de l'étude avaient présenté une série de recommandations pour réduire ces erreurs de 50% au cours des cinq prochaines années, notamment en créant un Centre national pour la sécurité des malades qui mettrait en place un dispositif de surveillance.


22/12/1999 Les usagers se rebiffent contre l'hôpital. Mauvais accès à l'information, mépris de la personne malade et de sa famille... La plupart des griefs des patients concernent la qualité des relations humaines à l'hôpital...

En mai dernier, le professeur Alain Carpentier, à l'hôpital Broussais, à Paris, réalisait une première médicale qui faisait grand bruit : six opérations à coeur ouvert grâce à l'intervention d'un robot piloté par ordinateur. Tout le monde a alors salué la prouesse technique (lire La Croix du 2 juillet 1998). Pourtant, en juillet dernier, la première patiente opérée ainsi a porté plainte devant le tribunal de Paris pour n'avoir pas été suffisamment avertie des risques de l'opération, bien qu'elle ait signé, à l'issue d'un entretien avec le chirurgien, un texte signifiant son consentement éclairé. Il est vrai que cette dame avait subi des complications et avait dû être réopérée en juin. Cette histoire résume les principaux griefs que les usagers _ qu'ils soient patients eux-même ou familles de patients _ formulent à l'encontre de l'hôpital : d'un côté, il y a les médecins, leur volonté de guérir qui n'est pas contestée, leur science de plus en plus pointue dans leur spécialité _ qui est également reconnue par les patients _ et leur méfiance extrême d'une judiciarisation de la médecine, selon le modèle américain. « De plus en plus exigeants » En face, il y a des personnes malades vulnérables, inquiètes de ce qui va leur arriver et dépassées par toute cette technologie qui auréole de prestige le médecin. Surtout _ et le phénomène va s'amplifiant _ les patients admettent de moins en moins cette réalité. Les états-généraux de la santé, ces débats publics, organisés toute l'année dernière, l'ont bien montré : dans un système globalement plébiscité, et qui semble fonctionner puisque l'espérance de vie s'allonge et la santé globale de la population s'améliore, les usagers de l'hôpital deviennent « de plus en plus exigeants », selon l'expression d'un médecin. Ils réclament notamment d'être considérés dans leur globalité et non « morceau par morceau », accueillis avec humanité par l'hôpital, de la naissance à la mort.

Les associations d'usagers n'en font pas mystère : les temps changent. « De plus en plus de plaintes nous parviennent », constate Josée Chineau, présidente de l'association « Santé-défense ». En effet, les patients connaissent désormais l'existence d'associations et aussi les bonnes pratiques qu'ils peuvent attendre d'un hôpital. Par exemple, Alain-Michel Ceretti, président de l'association « Le Lien », fondée en 1998 pour aider les victimes des infections nosocomiales _ maladies que l'on contracte à l'hôpital à cause d'un défaut d'hygiène _ a noté « qu'à chaque émission de télévision sur ces infections hospitalières, nous recevons des appels de personnes qui comprennent tout à coup ce qui leur est arrivé il y a quelques mois, voire quelques années ». Josée Chineau relève également « une dégradation de la qualité des soins dans certains services et notamment les urgences où l'on ne prend plus le temps d'examiner les patients correctement ». « Il est certain, renchérit Nicolas Brun, représentant du collectif interassociatif sur la santé, que la médecine de ville s'est totalement défaussée de ses gardes de nuit et de week-end sur l'hôpital, ce qui aboutit à une augmentation continue du nombre de patients dans les services d'urgence. » D'où, d'ailleurs, les conflits sociaux qui touchent régulièrement ces services, et notamment en ce moment, ceux de la région parisienne, où les soignants ont l'impression de manquer de personnel pour faire face à l'afflux de patients ». Nicolas Brun plaide _ comme de nombreux médecins _ pour une réforme du système de garde en ville « afin de mieux répartir les tâches avec l'hôpital ».

« Le manque d'information à tous les niveaux » Chantal Deschamps est responsable du département des usagers à l'hôpital Broussais, à Paris et initiatrice de la Maison des usagers, unique lieu existant en France géré par d'anciens patients à titre individuel ou associatif dans un hôpital public. Elle analyse : « Les plaintes pour un acte médical raté sont très rares. Le plus gros problème, c'est effectivement le manque d'informations à tous les niveaux. S'il sait que sa vie est suspendue à un fil, le patient écoutera très mal ce que le médecin explique lors de la visite pré-opératoire. Même si ce dernier _ ce qui est loin d'être toujours le cas _ a eu l'impression de faire le nécessaire. Par la suite, surtout si cela se passe mal, le patient aura le sentiment d'avoir été mal informé. Surtout que, face à lui, fragile et couché, se dresse un système bien huilé où les médecins changent d'un jour à l'autre mais conservent toujours le pouvoir que leur confère la science. En revanche, leur formation a totalement fait l'impasse sur la question des relations vis-à-vis des malades et particulièrement, ils n'ont pas appris à gérer la mort et le deuil des familles. »

Le témoignage de Marie Calonne, qui a perdu en octobre dernier une petite fille de 9 mois, traitée pour des problèmes cardiaques, est accablant : « Pour un tas de soi-disant bonnes raisons médicales, on ne nous a pas laissés accompagner les derniers moments de notre fille. Et même après, nous avons été traités comme des gêneurs et le corps de notre enfant comme un déchet qu'on cherchait à cacher. » La jeune femme ne reproche rien au personnel sur le plan médical, mais constate qu'ils étaient incapables d'assumer l'échec de leur traitement. « Dans le premier établissement où a été traitée ma fille, au contraire, les soignants avaient pour politique de faire de la place aux parents à leurs côtés, sans craindre une quelconque remise en cause de leur pouvoir. Ils sont même persuadés que de sentir ses parents toujours là aide l'enfant à guérir ou à moins souffrir. Il était donc possible d'agir autrement. »

La prise en charge de la douleur Sous la pression croissante des patients, relayée par les médias et les politiques puisque le gouvernement prépare une loi sur les droits des malades (lire ci-contre), les médecins vont-ils changer de pratique ? Oui, affirme Chantal Deschamps, en prenant l'exemple de la prise en charge de la douleur : depuis le plan gouvernemental de 1998, « les soignants font leur révolution culturelle et nous recevons moins de plaintes à ce sujet ». Les responsables associatifs sont plus sceptiques et parlent volontiers du « mur du silence » qui continue, dans bien des services, à se dresser face au patient qui demande à avoir accès à son dossier médical, à rencontrer les médecins qui l'ont soigné.

« Les soignants ont peur d'être attaqués en justice. Pourtant, il n'y aura pas d'américanisation du système français, estime Alain-Michel Ceretti. Pour deux raisons : 80 % des personnes qui se plaignent le font avant tout pour témoigner, pour que leur mauvaise expérience évite d'autres drames, fasse avancer les choses. Seuls 20 % des patients cherchent réellement une réparation financière au préjudice qu'ils estiment avoir subi. Ensuite, la justice française indemnise très mal les victimes d'un préjudice lié à un acte médical, et encore, au terme d'une procédure qui décourage beaucoup de monde. » Par ailleurs, ce responsable d'association ne comprend pas que lorsqu'une pratique nouvelle apporte un progrès reconnu, rien dans les règlements n'oblige un chef de service à l'appliquer : « Il existe désormais des produits désinfectants bon marché, à efficacité immédiate, qui éviteraient aux infirmières le fastidieux lavage des mains entre chaque patient, qu'elles n'arrivent pas à respecter, souligne Alain-Michel Ceretti. Pourquoi cela n'est-il pas imposé à tous les hôpitaux ?

Nous éviterions ainsi facilement un important pourcentage des 10 000 décès annuels dus aux infections nosocomiales. »

La procédure d'évaluation des hôpitaux en vue de leur future accréditation qui se met lentement en place devrait valoriser ce type de pratique et pousser les établissements publics à une « rivalité » salutaire en termes de qualité. Mais les usagers s'interrogent sur le nombre d'années encore nécessaires pour revoir la pratique des soignants et faire réellement une place à l'hôpital pour les patients, leur familles et leurs représentants. Sophie LAURANT LA CROIX


JANVIER

Mort d'une patiente: l'anesthésiste condamné à 4 mois de prison avec sursis
GRENOBLE (AFP) - le 03/01/00 à 17:10 -
Un médecin anesthésiste a été condamné lundi à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel d'Albertville, après la mort, le 7 mars 1995, d'une patiente de 38 ans à la suite d'une opération chirurgicale effectuée à l'hôpital de la ville.
Le tribunal, qui rendait son jugement en délibéré, a reconnu le médecin anesthésiste, Hervé Dubourg, 44 ans, coupable "d'homicide involontaire" et l'a également condamné à verser une amende de 10.000 francs.

Ce jugement est conforme à ce qu'avait requis le procureur de la République, lors de l'audience le 15 novembre. Celui-ci avait estimé, se fondant sur les avis des experts, que l'anesthésiste avait commis une faute.

La victime, Chantal Blanc, avait été opérée fin février et l'intervention, qui ne présentait pas de risque majeur, s'était bien déroulée, selon l'instruction. Mais son état s'est brutalement dégradé dans les vingt-quatre heures, et elle était décédée au CHU de Lyon, trois jours après son transfert.

Les experts ont attribué sa mort à un cathéter (sonde pour alimenter les patients dans les jours suivant l'opération) mal placé. L'aiguille aurait traversé une veine et versé le liquide de perfusion dans la plèvre, comprimant le poumon.

Hervé Dubourg avait expliqué à l'audience qu'il s'était bien aperçu avoir piqué une veine secondaire et non la veine cave supérieure, mais qu'il avait jugé "qu'il aurait été plus agressif de repiquer". Il avait également estimé que la patiente avait pu succomber à une embolie surajoutée au perfuso-thorax.


La chirurgie esthétique, une habituée des prétoires PARIS (AFP) - le 18/01/00 à 09:16 -
La chirurgie esthétique, en plein boum en France, se retrouve aussi de plus en plus souvent dans les prétoires : dernière affaire en date, un chirurgien plasticien reconnu comparaît mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris après le décès d'une de ses patientes.
Ce spécialiste bardé de toutes les qualifications, le dr Jacques Ohana, est poursuivi pour homicide involontaire, pour avoir sous-évalué les risques encourus par sa cliente, âgée de 64 ans et souffrant de troubles circulatoires. Cette femme était décédée d'une embolie pulmonaire après avoir subi cinq opérations, dont une liposuccion des cuisses, acte hasardeux dans ce contexte, estime l'accusation.

Le médecin assure pour sa part avoir informé sa patiente et pris toutes les précautions thérapeutiques pour prévenir l'accident, selon son avocat, Me Georges Lacoeuilhe.

Au-delà de ce cas dramatique, et exceptionnel, les recours après des opérations de chirurgie esthétique sont de plus en plus fréquents, de la part d'une clientèle à la fois exigeante et vulnérable.

En quelques années, les interventions se sont banalisées, ouvertes à toutes les catégories de patients, décomplexés à l'idée de devoir en passer par là, constate le dr Jean-Marie Faivre, chirurgien plasticien à l'hôpital de Montreuil et dans une clinique parisienne, qui vient ainsi d'opérer deux conjoints venus "en couple" s'offrir un lifting pour leurs 60 ans.

La reprise économique a fait le reste, estime-t-il : "L'argent et surtout le moral sont de retour. Aujourd'hui les blocs opératoires sont pleins." Le dr Dominique Nivesse, qui officie à Avignon, note que son activité a "doublé en deux ans".

Une 7e opération de la poitrine

Mais c'est aussi "en chirurgie esthétique que la fréquence des sinistres est la plus importante", et elle augmente avec les années (+ 117% en dix ans), relève-t-on au Sou médical, assureur des praticiens. "Un plasticien sera confronté à 12 à 15 mises en cause au cours de sa carrière, contre 8 à 10 pour tout autre chirurgien exerçant en libéral", indique le directeur juridique du Sou, Nicolas Gombault. La moitié concerne des chirurgies mammaires, suivies par les liposuccions.

"Dans la plupart des cas, la faute du praticien a été d'accepter d'intervenir. A tort ou à raison, certains patients seront toujours insatisfaits et devraient être dissuadés. Les médecins paient là sans doute une forme d'abattage", explique M. Gombault, qui a sous les yeux le dossier d'une quinquagénaire mécontente de sa 7e opération de la poitrine.

Les formations se sont améliorées, les patients sont mieux informés, estime-t-on à l'Ordre des médecins comme à l'Institut national de la consommation. Mais dans un pays où tout médecin peut pratiquer des gestes chirurgicaux, où seuls 650 praticiens sur 4.000 possèdent une qualification en chirurgie plastique, et où un établissement n'est pas tenu d'obtenir une autorisation pour ouvrir, les marchands d'illusions restent nombreux.

"Les gens n'hésitent plus en consultation à me demander mes diplômes. Dans le même temps, de plus en plus de liposuccions sont réalisées n'importe comment, dans des cabinets, sous anesthésie locale, par des généralistes", relève le dr Nivesse.

Nombre de professionnels mettent ainsi en garde contre une trop grande banalisation de l'acte, la dilution des responsabilités dans certaines structures, et réclament une clarification des réglements sur la publicité.

Si la majorité des litiges se règlent à l'amiable, les autres se traitent souvent devant une juridiction civile, mais rarement au pénal, solution plus longue et incertaine pour les plaignants.

ait être contraint à une transplantation ou devra recourir à la dialyse tout le reste de sa vie, selon les experts médicaux.

John Roberts, le chirurgien de 58 ans qui l'a opéré, fait l'objet d'une enquête administrative entamée mercredi. L'hôpital a suspendu toute intervention similaire.

L'organisme régional supervisant la gestion de l'établissement incriminé a révélé jeudi que l'enquête portera également sur une autre intervention - une opération de la prostate - pratiquée auparavant dans un autre établissement par le même médecin, qui avait abouti au décès d'un patient à la suite de complications.

Le Trust Carmarthenshire a également indiqué que John Roberts avait déjà vu ses activités professionnelles suspendues dans un autre hôpital du pays de Galles, à la suite d'un différend avec la direction de l'établissement. "Mais il est possible que cela n'ait été lié qu'à des difficultés relationnelles avec la direction et non à des problèmes médicaux", a indiqué le directeur du Trust Peter Thomas.

Un rapport préliminaire d'enquête est attendu dès vendredi, a-t-il ajouté.

Selon la presse, la famille du retraité victime de la méprise, qui était ouvrier dans une centrale électrique avant sa retraite, a déjà contacté des avocats.

Les télés et radios britanniques ont abondamment commenté l'affaire, qui intervient à un moment où une épidémie de grippe a donné un nouveau coup de projecteur sur les défaillances répétées du système britannique de santé, rendu exsangue par des années de rigueur budgétaire.


Le dossier médical bientôt accessible?par Anne-Marie Castere
C'est en tout cas ce que devrait proposer le futur projet de loi sur la modernisation du système de santé. Certains médecins y voient un risque de judiciarisation à l'américaine

© Couderc/L'Express (photo d'archives)

Visite du médecin à l'hôpital Boucicaut (Paris). «Si un patient veut avoir accès à son dossier, il doit bénéficier de mesures d'accompagnement pour l'aider à comprendre les résultats d'examen.»

Sitôt posée, c'est l'une de ces questions qui provoquent la cacophonie chez les professionnels de la santé. A qui appartient le dossier médical d'un malade? «A lui-même», revendiquent les associations d'usagers, qui réclament, depuis bientôt dix ans, un libre accès à ce dossier. «Aux médecins», estiment la majorité des praticiens, peu enclins à la transparence dans un domaine complexe, hautement technique, où toute vérité ne serait pas bonne à lire... Jusqu'à présent, la loi donnait raison au milieu médical: un malade qui le désire peut avoir connaissance des éléments de son dossier, mais uniquement par l'intermédiaire d'un médecin. Le futur projet de loi sur la modernisation du système de santé, présenté au Parlement en mars, devrait changer la donne.


FEVRIER

5.000 patients meurent chaque année dans les hopitaux britanniques LONDRES (AFP) - le 17/02/00 à 03:07 -
Jusqu'à 5.000 personnes meurent chaque année d'infections contractées dans les hopitaux britanniques, selon une étude officielle publiée jeudi.
Une mauvaise hygiène, notamment de médecins qui ne se lavent pas bien les mains, et des conditions sanitaires insuffisantes sont citées parmi les causes d'infection dans le rapport du National Audit Office (NAO), le Bureau d'audit national.

L'étude basée sur 219 hopitaux affirme qu'un meilleur controle de l'hygiène et des mesures plus strictes pour en limiter la propagation pourrait réduire le taux d'infection à l'hopital de 15%.

Les soins des suites de ces infections coutent au budget de la santé britannique un milliard de livres par an (1,6 milliard de dollars), selon l'étude.

L'étude du NAO indique que plus de 100.000 personnes chaque année sont contaminées lors de traitements à l'hopital par des agents infectieux potentiellement mortels.

Quelque
15.000 autres morts pourraient être en partie attribuables aux infections contractées dans les hopitaux, selon certaines estimations.

Outre les questions d'hygiène, une partie du problème vient de la résistance croissante de germes aux antibiotiques, disent les experts.

Les agents infectieux les plus fréquents sont ceux qui s'en prennent aux voies urinaires, souvent après une intervention chirurgicale.gd:jlb


Vers une indemnisation des victimes d'accidents médicaux PARIS (AFP) - le 16/02/00 à 19:32 -
L'inspection générale des affaires judiciaireset l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), dans un rapport conjoint, recommandent la création d'un fonds d'indemnisation pour les personnes victimes d'accidents médicaux graves survenus sans faute d'un soignant.
Les auteurs de ce rapport remis mercredi à l'AFP excluent toutefois de ce dispositif les victimes de la contamination par le virus de l'hépatite C.

"Les caractéristiques propres à ce type de contaminations virales justifient d'importantes réserves à l'égard d'un principe général de prise en charge, fondées principalement sur l'importance des incertitudes qui affectent l'identification de l'origine des contaminations et le rôle des co-facteurs personnels dans l'évolution vers les formes les plus graves", estiment les auteurs de ce rapport, confirmant des informations publiées par le Monde.

Les accidents médicaux peuvent être de nature individuelle ou, au contraire, de nature "sérielle", c'est-à-dire affecter plusieurs patients. C'est le cas notamment si des produits défectueux ont été distribués - comme dans l'affaire du sang contaminé - ou si survient une infection nosocomiale (contractée à l'hôpital).

Le fonds pourrait être financé par une assurance médicale obligatoire des médecins et son coût "pourrait être contenu en prévoyant l'abandon par les caisses d'assurance maladie de leur recours contre les tiers", proposent les auteurs du rapport.

Ce texte fait suite à une multitude de débats, colloques et rapports sur ce que les experts appellent "l'aléa thérapeutique". En tout, plus de vingt projets et propositions de lois ont été élaborés sur ce thème en France.

Une facture énorme

Faute de loi, les juges ont peu à peu modifié les obligations des médecins. La jurisprudence a ainsi ouvert plusieurs brêches importantes puisque, jusqu'à une période récente, pour pouvoir être indemnisés, les patients devaient prouver que le médecin avait commis une faute. Mais cette charge de la preuve a été en partie renversée : en cas d'infection hospitalière, c'est la présomption de faute qui prévaut.

Dernier rebondissement, en janvier dernier, le Conseil d'Etat a jugé que les médecins devaient informer leurs patients des risques de décès ou d'invalidité inhérents à une intervention ou à des soins, même lorsque ceux-ci étaient exceptionnels.

La plus haute juridiction administrative a ainsi modifié sa jurisprudence et imposé aux médecins hospitaliers - comme c'est déjà le cas pour les médecins libéraux - de prouver que le devoir d'information du malade "n'a pas été méconnu".

Les contaminations par le virus de l'hépatite C - que les auteurs du rapport ne souhaitent pas inclure dans le dispositif d'indemnisation proposé - sont infimes depuis la mise au point d'un test de dépistage en 1989. Mais l'ampleur de la contamination et le montant des indemnisations déjà versées expliquent sans doute que ces derniers préfèrent exclure les porteurs de ce virus du fonds. Et il est probable que cette exclusion - qui contraste avec la relative facilité avec laquelle les porteurs du virus du SIDA avaient été indemnisés - va provoquer une levée de boucliers.

Entre 500.000 et 600.000 personnes ont été contaminées par le virus de l'hépatite avant 1989 et, selon les autorités sanitaires, 30 à 37 % d'entre elles - soit 150.000 à 222.000 - l'auraient été par transfusion sanguine.

Au coup par coup, les tribunaux ont accordé des compensations tournant autour de 2 millions de francs par personne. Si ces personnes pouvaient être indemnisées - comme le recommandait le Conseil d'Etat en mars 1998 - la facture oscillerait alors entre 300 et 444 milliards de francs...

Le fonds d'indemnisation aux personnes contaminées par le virus du SIDA avant la mise au point de tests de dépistage n'a pour sa part coûté "que" 10 milliards de francs.


Le New Jersey s'apprête à mettre les fautes médicales sur Internet

Le projet de parlementaires du New Jersey, aux Etats-Unis, de mettre sur Internet les dossiers des médecins qui ont commis des « fautes  » médicales est vivement combattu par le corps médical. Quatre autres Etats américains ont déjà mis en place un système similaire.
De notre correspondant L E Parlement du New Jersey pourrait très prochainement adopter une loi qui autoriserait les pouvoirs publics à mettre en ligne les dossiers des médecins qui ont commis des fautes médicales.
Le projet de loi est vivement combattu par la Medical Society du New Jersey, branche de l'American Medical Association (AMA) ; mais le chef de la majorité démocrate au Sénat du New Jersey, Richard Codey, auteur du projet, se déclare convaincu qu'il sera adopté.
En fait, les dossiers que tout patient pourra trouver sur Internet seront localisés sur un site Web et chaque dossier comprendra les coordonnées du praticien, sa formation, son expérience, sa spécialité et toute sanction disciplinaire ou pénale qui résulterait d'un procès pour « malpractice ».
Informer les patients
Les partisans de la mesure, loi S-575, estiment qu'elle est de nature à satisfaire le besoin d'information des patients sur les praticiens qui les soignent. Les détracteurs pensent au contraire que des informations partiales ou même fausses risquent d'apparaître, qui porteront alors un préjudice irréparable au médecin.
L'avocat de la Medical Society, Vince Maressa, a demandé à la commission du Sénat chargée de la Santé d'amender le texte de telle manière que l'Etat du New Jersey soit en mesure de modifier les dossiers où les cas de faute sont uniques (même s'ils ont donné lieu à des indemnités) et risquent de faire au médecin une mauvaise réputation qu'il n'a pas méritée. Telle que la loi est rédigée pour le moment, toutes les fautes commises dans les cinq années qui précèdent leur publication sur Internet doivent être enregistrées dans le dossier.
Me Maressa affirme qu'un jugement ordonnant le paiement d'indemnités à un patient victime d'une erreur médicale ne préjuge pas de la qualité du médecin traitant. « Un jugement de ce genre ne dit pas que le praticien est bon ou mauvais, explique-t-il, de la même manière qu'un accident automobile ne dit pas que le conducteur est bon ou mauvais ». L'avocat ajoute qu'il n'a rien contre le reste de la loi et que la Medical Society ne s'oppose nullement à la publication des coordonnées des médecins sur Internet ; mais il estime que dès lors que la loi concerne les médecins libéraux, elle doit s'appliquer aussi et surtout aux médecins hospitaliers qui sont fréquemment appelés à procéder à des opérations.
Richard Codey, pour sa part, pense à une présentation ordonnée de la liste des médecins, qui seraient répartis par groupes selon leur spécialité. Les patients, affirme-t-il, s'apercevront alors que les gynécologues-obstétriciens ont plus souvent des procès que les pédiatres ou autres spécialistes.
Déjà quatre Etats
Par ailleurs, le texte de loi permet au médecin concerné d'ajouter son propre commentaire à la partie du site Web qui mentionne son dossier, de sorte qu'il est en mesure de réfuter les accusations éventuelles qui y seraient inscrites. Il précise que des sites identiques existent déjà dans quatre autres Etats, le Maryland, la Californie, le Massachusetts et la Floride. Le texte de loi prévoit de consacrer 300 000 dollars (environ 2 millions de francs) à la mise en place du site qui pourrait par la suite contenir les dossiers d'autres professionnels de santé, comme les dentistes et les infirmières.
Laurent SILBERT


- France Soir fevrier 2000: courrier des lecteurs : SUBIR EN SILENCE : " Je m'aperçois que beaucoup de gens ont eu des problèmes avec le corps médical, mais chacun subit son sort dans son coin car, pour se défendre, comme le dit trés justement Mme D... (france soir du 18 février 2000), cela coûte trés cher. Je vais essayer de vous résulmer mon cas. Moi, c'est l'hôpital où je suis allée qui m'a sauvé. C'est grâce au médecin de garde que je suis toujours vivante. J'étais soignée par un médecin généraliste pour de fortes douleurs à la nuque. Il a diagnostiqué de l'arthrose cervicale(...) il m'a même fait faire des séances de kinésithérapie, tout à fait contre-indiquées pour ce que j'avais. A la suite d'un malaise, mon mari a pris le taureau par les cornes et m'a emmenée aux urgences de l'hôpital Sainte Camille. En quelques heures, (...) les médecins ont décelé une tumeur sur le cervelet et m'ont alors opérée trés rapidement.J'ai donc eu de la chance, mais cela aurait pu trés mal se terminer si j'étais restée dans les mains de ce généraliste. Il y a sûrement d'autres personnes dans mon cas , mais elles subissent en silence. La justice côute trop chère pour les ouvriers. R.K.Noisy le Grand.


LE SOU MEDICAL

APPELÉ au domicile d'un homme de 30 ans présentant des troubles du comportement (l'homme en question est prostré, et parle en breton !), un médecin généraliste se contente, sans examiner le patient, d'interroger l'épouse de celui-ci. Cet interrogatoire lui apprend que ces troubles sont apparus subitement ce jour, que les trois jours précédents plusieurs médecins consultés pour des vomissements ont conclu à une probable gastro-entérite et surtout que le patient a été traité pour une bouffée délirante plusieurs années auparavant. A noter que, plus tard, le médecin généraliste avouera à l'expert missionné qu'il s'est abstenu d'examiner ce patient, étant resté traumatisé par une agression perpétrée à son encontre par un malade psychiatrique. L'épouse expliquera quant à elle, lors de sa déposition, qu'étant alors obnubilée par les troubles mentaux de son mari elle avait omis de signaler l'existence d'une fièvre pendant ces trois jours, le médecin ne l'ayant pas non plus questionnée sur ce point.


Toujours est-il que notre sociétaire décide une hospitalisation à la demande d'un tiers et mentionne seulement dans sa lettre d'accompagnement qu'un de ses confrères passé le matin même a prescrit un traitement symptomatique pour une gastro-entérite et que le patient, « déconnecté », présente « depuis trois jours des problèmes somatiques d'expression digestive ».
Le malade est alors pris en charge par la psychiatre de garde, qui, informée par l'épouse des épisodes fébriles, demande une surveillance régulière du pouls, de la tension artérielle et de la température. Ces constantes étant normales, elle ne prescrit pas de bilan biologique, laissant le soin de décider à l'interne de médecine, qui passera le lendemain matin, comme c'est l'usage dans l'établissement. Effectivement, dans la matinée, l'interne examinera le patient, notera que « l'examen neurologique est difficile chez ce patient confus, agité, se contractant », mais aussi que « la nuque est souple, qu'il n'existe pas d'anomalie de l'examen neurologique ». De telle sorte qu'il ne prescrira aucun examen complémentaire, n'étant pas assuré qu'ils soient réalisés en urgence le lendemain (qui est un dimanche), alors que l'état clinique du malade ne l'impose pas.
Mais le lendemain, le patient sera retrouvé en arrêt cardio-respiratoire et décédera malgré la réanimation entreprise. Décès qui, d'après le rapport d'autopsie, sera imputé à une méningite cérébro-spinale à pneumocoque.
L'expert, missionné dans le cadre d'une procédure pénale intentée par la veuve, conclura à l'entière responsabilité du médecin généraliste pour avoir commis plusieurs fautes : ne pas avoir examiné son patient même si, finalement, « cela n'aurait pas changé grand-chose », mais surtout « avoir négligé le contexte de pathologie somatique évidente, s'être exclusivement attaché à un antécédent un peu vague de bouffée délirante et avoir considéré qu'il s'agissait d'une pathologie psychiatrique pure », le « seul principe de précaution demandant que le patient soit d'abord orienté vers des urgences médicales, puis en cas de négativité des bilans somatiques et biologiques, qu'il soit envisagé de l'orienter vers la psychiatrie ».
Erreur d'orientation jugée par l'expert comme « grave de conséquences », puisque, selon lui, « ce décès aurait pu être évité si une antibiothérapie avait été mise en route précocement ». L'expert ajouta que la lettre rédigée par le médecin généraliste avait faussement rassuré le psychiatre comme l'interne de médecine de garde et « ne leur avait pas permis d'évoquer la possibilité d'une pathologie infectieuse décapitée ou la possibilité d'une pathologie infectieuse grave dont on sait qu'à un certain stade de leur évolution elles peuvent évoluer sans fièvre ».
Après avoir rappelé que « l'erreur de diagnostic ne constitue pas en elle-même une faute d'imprudence ou de négligence », les magistrats jugèrent néanmoins qu'il résultait du rapport de l'expert que seul le médecin généraliste « avait posé un diagnostic hâtif sans se donner les moyens de recueillir un nombre suffisant d'informations » et qu'il avait ainsi commis une négligence à l'origine de l'erreur de diagnostic, erreur de diagnostic elle-même à l'origine d'une erreur d'orientation en relation directe avec le décès de la victime. Motif suffisant pour qu'il soit reconnu coupable d'homicide involontaire et condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis. Jugement qui sera d'ailleurs confirmé en appel et assorti d'une condamnation sur le plan civil, à réparer le préjudice économique (550 000 F) et moral (260 000 F) subi par la veuve et ses deux enfants.Dr Carole GERSON Le SOU Médical


MARS

Un an après sa mort, il reçoit un rendez-vous pour une opération LONDRES (AFP) - le 01/03/00 à 18:59 -
Un an après sa mort d'une crise cardiaque, un Britannique a finalement obtenu un rendez-vous pour une opération du coeur qui aurait pu lui sauver la vie et qu'il avait désespérément attendue pendant 18 mois de son vivant, a-t-on appris mercredi de source médicale.
L'impair a une nouvelle fois mis en évidence l'embouteillage de patients auquel sont confrontés les hôpitaux publics du pays, avec des délais d'attente dépassant régulièrement un an pour les opération qualifiées de non urgentes.

Brian Booy, un ancien ouvrier du bâtiment installé à Bristol (ouest de l'Angleterre) avait vainement attendu pendant 18 mois de pouvoir subir un triple pontage coronarien, en raison des listes d'attente interminables à l'hôpital.

Le patient avait fini par décéder d'une crise cardiaque il y a un an à l'âge de 60 ans.

Quelques jours avant le premier anniversaire de sa mort, sa famille a eu la surprise de recevoir récemment une lettre de l'hôpital l'informant qu'un rendez-vous était finalement possible cette semaine pour procéder à l'opération tant espérée.

Au moment où cette bourde était rendue publique mercredi, les autorités médicales britanniques ont également dû annoncer le décès d'un patient récemment victime d'une grave erreur médicale dans un établissement public du Pays de Galles.

Un chirurgien avait retiré fin janvier au malade son rein sain, au lieu de son rein malade. Placé depuis en service de réanimation, le patient, Graham Reeves, 69 ans, est mort des suites des complications provoquées par l'intervention ratée. Le chirurgien a été suspendu et une enquête administrative a été ouverte.


ORLEANS, 9 mars 2000(AFP) -

Le tribunal administratif d'Orléans a condamné l'hôpital de Pithiviers (Loiret) à verser plus de 800.000 francs à un artisan qui avait dû être amputé d'une jambe à la suite d'une gangrène due à des soins non appropriés, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Blessé au pied par un clou en août 1997, cet artisan dans le bâtiment se fait soigner, dans un premier temps, par un généraliste qui le met sous antibiotiques. Alors que l'état de son pied s'aggrave, il se rend à l'hôpital où on opère une excision de la nécrose et on lui confirme son traitement antibiotique.

Un mois après l'accident, l'artisan doit être hospitalisé d'urgence pour cause de gangrène et subit une amputation au tiers supérieur de la jambe droite.

Le tribunal a reconnu que l'hôpital était en faute pour s'être borné à renouveler le traitement d'un médecin traitant, qualifié d'inadapté, mais a reproché à la victime de ne pas avoir consulté un médecin à temps lorsque l'état de son pied a empiré, un mois après la blessure.


© Le Monde 15 Mars 97 - SOCIETE Un jugement de la cour d'appel de Lyon . Le décès d'un foetus qualifié d'homicide

La cour jugeait de la responsabilité pénale d'un médecin dans la mort accidentelle d'un foetus de cinq mois. Cette décision, qui remet hypocritement en cause le droit à l'avortement, revient à accorder - contrairement au droit français - une personnalité juridique à l'embryon. Nombreuses protestations.

LE décès, consécutif à une erreur médicale, d'un foetus viable âgé de vingt à vingt-quatre semaines constitue un homicide involontaire, a jugé jeudi la cour d'appel de Lyon. Par application de ce raisonnement, les juges ont condamné un médecin gynécologue lyonnais, le Dr François Golfier, à six mois de prison avec sursis et à 10.000 francs d'amende: son intervention, à la suite d'une erreur, sur une patiente vietnamienne enceinte, avait provoqué la rupture de la poche des eaux, puis la mort du foetus, âgé de vingt à vingt-quatre semaines.

Dans son arrêt, la cour estime que 'la loi consacre le respect de tout être humain dès le commencement de la vie, sans qu'il soit exigé que l'enfant naisse viable, du moment qu'il était en vie lors de l'atteinte qui lui a été portée'. Une règle qui, ajoutent les juges, vaut, 'sous réserve des dispositions relatives à l'interruption volontaire de la grossesse et de celles relatives à l'avortement thérapeutique'. L'IVG est autorisée en France jusqu'à trois mois, ce délai passant à six mois en cas d'avortement thérapeutique. La réserve de la cour est 'hypocrite', estime Catherine Vannier, membre du Syndicat de la magistrature: 'A partir du moment où l'on déclare qu'un embryon est un être humain, pourquoi pourrait-on avorter à six mois?', s'alarme-t-elle.

Par ailleurs, les juges considèrent que 'la viabilité constitue une notion scientifiquement contingente et incertaine'. Et que la viabilité à la naissance constitue, 'de surcroît', une notion 'dépourvue de toute portée juridique, la loi n'opérant pas de distinction à cet égard'. Elle se réfère à certaines expériences ayant permis de maintenir en vie des foetus nés vingt-trois ou vingt-quatre semaines après leur conception. Curieusement, c'est aux Etats-Unis, berceau des commandos 'pro life', qu'ont été réalisées ces avancées.

'Cette décision est dans le droit-fil de la logique des commandos anti-IVG', estime Joëlle Brunerie-Kauffmann, médecin et vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme. 'Elle n'est pas juridique mais philosophique. Le statut de l'embryon ne relève pas, en France, du droit, mais de la croyance.' Rappelant que le droit français fixe la viabilité du foetus à six mois, Joëlle Brunerie-Kauffmann voit dans cet arrêt une atteinte à la laïcité. Elle poursuit: 'Il est évident que le médecin devait être puni, car il a commis une faute professionnelle. Mais, en le condamnant pour homicide, les juges considèrent qu'un embryon est un homme. Ce qui remet en cause, dans sa globalité, le droit à l'avortement.' Vingt ans après l'adoption de la loi sur l'IVG, cette décision a de quoi inquiéter.

ELISABETH FLEURY.


© Libération www.pressed.com Mercredi 15 Mars 2000 - Page 4
Ces barrages médicaux qui font mal. L'inaccessibilité au dossier est une source de conflits, parfois de drames.


QUOTIDIEN - EVENEMENT - ARTICLE
En situation de maladie grave: sans dossier, aucune alternative thérapeutique

On croit toujours que la demande du dossier médical est un acte de méfiance du patient pour aller ensuite en justice, note Claire Compagnon, directrice du développement à la Ligue nationale contre le cancer. Ce n'est pas toujours le cas, loin s'en faut. Et de citer plusieurs exemples: On l'a vu lors des états généraux des malades du cancer; très souvent les patients demandent leur dossier pour avoir un deuxième avis médical. C'est sain, c'est positif. On vient de leur annoncer, soit un diagnostic lourd, soit le début d'un traitement difficile. Alors, ils veulent se renseigner, se réconforter, voir un autre médecin. Mais pour cela, ils doivent avoir leur dossier. Et ce n'est pas facile, ni de le demander, ni de l'avoir. Claire Compagnon raconte plusieurs histoires de patients à qui le médecin lui-même suggère d'aller solliciter un autre avis. Mais de là à lâcher le dossier, il y a un grand pas.

Autre cas de figure, lui aussi assez régulier, celui des patients qui arrivent au bout de leur maladie: L'équipe qui les suit n'a plus rien à leur proposer que des soins palliatifs. Dans ces cas-là, certains patients disent qu'ils aimeraient avoir leur dossier, pour aller voir d'autres équipes, d'autres médecins, simplement pour y croire encore, pour essayer d'autres alternatives thérapeutiques. Or, aujourd'hui, c'est impossible.

Pour Claire Compagnon, cette demande d'accès direct est tout sauf une mode. Avec le médecin de ville, c'est aussi très complexe. Et cette responsable de la ligue de reprendre les témoignages des états généraux. Une femme écrit: Bien sûr, on a notre médecin généraliste qui peut coordonner, mais il n'a pas notre dossier. Une autre: Le malade doit connaître un peu son dossier médical et transmettre les informations à son médecin, ce qui est difficile. Le médecin de la famille n'est pas non plus tellement reçu à bras ouverts à l'hôpital, et ce dossier, pour l'avoir, ce n'est pas très facile, malgré les progrès qui ont été accomplis. Ou encore: Comment avoir son dossier médical? Le moyen va être l'informatique. Mais en attendant

Déjà, via l'Internet, des patients envoient des éléments de leur dossier à un médecin pour avoir son avis. Mais encore faut-il avoir son dossier, remarque Claire Compagnon.

Soupçon d'erreur médicale: une procédure administrative trop longue

Pour les uns, médecins et institution hospitalière, la procédure a bien fonctionné. Pour lui, monsieur Henriquez, c'était long, si long qu'il en parle comme d'un malheur en plus. Sa fille Deyla avait 16 ans. Elle était atteinte d'une grave maladie, une vascularite, c'est-à-dire une inflammation de vaisseaux sanguins qui ensuite peut dégénérer et détruire les reins. Y a-t-il eu ou non erreur dans la dialyse qu'elle a subie, le 26 décembre dernier, à l'hôpital Necker de Paris, dans le service de néphrologie? Tout se passe mal, en tout cas. Elle repart de cette séance, croit savoir son père, en ayant perdu 10% de son poids. Ensuite? Deyla, très affaiblie, est à nouveau hospitalisée. Rien n'y fait. Ils ne voulaient pas la réhydrater, dit cet émigré chilien. C'est une des meilleures équipes au monde, je ne sais pas, comment vous voulez que je sache? Et le lundi 3 janvier, le médecin me fait venir, et me dit qu'ils ne peuvent plus rien, qu'elle va mourir, ce soir ou demain, qu'ils vont lui faire une piqûre de morphine. A 23 heures, Deyla meurt.

Je comprends combien il a été difficile pour vous d'accepter son départ pour lui éviter d'autres souffrances. Je regrette que nous ayons eu des difficultés à nous comprendre les derniers jours, et j'espère que vous me pardonnerez d'avoir été un peu dur par moments, écrit le chef de service au père de Deyla. M. Henriquez ne veut plus lui parler. Il veut le dossier de sa fille. Le 8 janvier, M. Henriquez écrit au directeur de l'hôpital: il insiste, réclame le dossier médical, et en particulier les comptes rendus des dialyses. Il reçoit, une réponse, le 17 janvier, de la direction des affaires générales de la communication de l'hôpital, lui informant que conformément aux dispositions réglementaires, il ne peut être directement destinataire d'un tel document. Et ce responsable l'invite à indiquer le nom et l'adresse d'un médecin à qui il peut transmettre ce dossier. Le 22 février, un médecin généraliste, choisi par M. Henriquez, écrit à l'hôpital. Le 25 février, le directeur de la communication adresse copie de la lettre du médecin généraliste au chef de service de néphrologie. Le 13 mars, le médecin généraliste reçoit le dossier de Deyla, neuf semaines après sa demande. C'est, dit-on, plus rapide que le délai habituel.

Rétention d'information: l'action judiciaire comme seul recours

C'est l'histoire de deux soeurs qui ont perdu leur père. Il se fait opérer des reins dans une grande clinique parisienne en plein mois d'août 1999. Après l'opération et le passage en réanimation, il est transféré dans un hôpital. Il y meurt d'une infection au bout de deux jours. Ses deux filles réclament le dossier médical à la clinique. L'obtiennent, mais il manque des pièces. Elles saisissent l'agence régionale de l'hospitalisation. Celle-ci demande à la Ddass de faire une enquête. Six mois après leur première requête, les soeurs se voient répondre que leur père est mort de sa belle mort. Elles ont tout essayé en termes de discussion amiable, dit Alain-Michel Ceretti, président du Lien, une association de lutte contre les infections nosocomiales. Lors d'une tentative de conciliation avec un médecin, on leur a expliqué que de toutes façons, même si elles intentaient un procès, elles ne gagneraient jamais, dit Ceretti. Furieuses, les deux femmes vont prendre un avocat et porter l'affaire devant les tribunaux. Chaque année, le Lien traite environ 800 dossiers médicaux, qu'il finit par obtenir, avec de la patience. Et l'aide des avocats. Le problème c'est le temps ­ deux à trois mois en moyenne ­ et les difficultés rencontrées pour les obtenir. C'est un second traumatisme pour les familles, dit Alain-Michel Ceretti.

Josée Chineau, responsable de l'Association des usagers de l'hôpital et des soins médicaux, se plaît à raconter l'anecdote de ce chirurgien hospitalier qui punit ainsi sa patiente. Elle lui réclame ses radios pour demander un second avis médical. Il lui écrit: C'est de la méfiance vis-à-vis de moi. La prochaine fois que vous viendrez à l'hôpital, vous n'aurez qu'à vous y rendre dans le cadre strict des urgences. Mme Chineau se plaint: On n'est pas des citoyens à part entière lorsqu'on est usager à l'hôpital. Elle précise qu'il manque souvent des documents essentiels. Egarés. Récemment, on a retrouvé les pièces d'un dossier dans un hôpital où la personne n'était jamais allée, dit-elle.

Selon Alain-Michel Ceretti, la moitié des actions judiciaires n'auraient pas lieu si le dialogue pouvait s'instaurer. Les gens ont besoin de reconnaissance, plaide-t-il. La moindre des choses lorsqu'il y a eu une erreur, ce sont des mots de compassion ou d'excuse. Josée Chineau est plus que réservée. Il y a toujours des médecins ouverts et qui respectent le malade, dit-elle. Mais il y a aussi une nouvelle génération de techniciens qui n'apprennent pas à écouter les patients...


AVRIL

Le Monde daté du mardi 4 avril 2000 - Le gouvernement hésite encore sur le contenu exact du projet de loi LE FUTUR PROJET de loi sur la modernisation du système de santé devrait inclure un chapitre sur les droits des personnes malades, un chapitre sur l'amélioration de la qualité des soins et un troisième sur l'aléa thérapeutique.

Comme l'a indiqué Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la santé et aux handicapés, le 15 mars, le gouvernement souhaite voir les associations d'usagers et le Conseil national de l'ordre des médecins parvenir à un compromis sur l'accès au dossier médical.

En attendant, toutes les hypothèses sont ouvertes. Cinq modalités d'accès au dossier médical sont envisagées. Selon Mme Gillot, le texte « pourra donner à toute personne malade le droit d'accéder à toutes les informations relatives à sa santé si elle le souhaite. Mais il peut aussi décider d'exclure du champ de l'accès direct certaines parties du dossier, comme les notes personnelles du médecin, par exemple ». Troisième cas de figure : l'accès au dossier médical pourrait ne « s'exercer qu'en présence d'un tiers ». Autre variante : ce droit pourrait être assorti « d'un délai de réflexion, même court, entre le moment où est exprimée la demande et le moment où l'on accède au dossier ».

Enfin, la ministre dit s'interroger sur la possibilité d' « introduire une clause permettant au médecin de refuser l'accès direct au dossier, au motif qu'il l'estime susceptible de mettre en danger le patient ». Cette clause « pourrait n'être réservée qu'à certaines situations pathologiques particulièrement délicates », a précisé Mme Gillot, citant l'exemple de « certains patients psychiatriques ».

En l'état actuel des choses, le chapitre sur le droit des personnes malades se subdiviserait en deux volets. Le premier, sur les droits individuels, réaffirmerait la nécessité du respect de la dignité de la personne et du secret médical, qui vise à la protéger. Il insisterait sur la non-discrimination du fait de l'état de santé, du handicap ou, ce qui est nouveau, des caractéristiques génétiques. Ce dernier point vise à prévenir les dérives d'assureurs tentés de demander aux personnes désirant souscrire un contrat de fournir les résultats de tests génétiques en échange d'une minoration des primes. L'accès à l'assurance des personnes à risque aggravé par une pathologie serait également garanti, en s'inspirant de la convention signée avec les assurances pour les personnes séropositives.

COMMISSIONS DE CONCILIATION

Le second volet, sur les droits collectifs, reprendrait largement les conlusions du rapport d'Etienne Cagniard sur « la place des usagers dans le système de santé », rendu public le 7 mars. Le principe de l'agrément des associations d'usagers, d'un élargissement du nombre de structures où les usagers devraient être représentés, et du développement de l'information des patients sont retenus. De même, une réforme des actuelles commissions de conciliation, introduites par les ordonnances d'avril 1996, devrait intervenir.

Une commission serait maintenue à l'intérieur de l'établissement, avec vocation d'être un observatoire de la qualité des relations entre soignants et malades et de la qualité du traitement des plaintes de patients. Cela afin de ne pas dessaisir les directeurs d'hôpitaux du traitement des plaintes de patients de leur établissement.

En revanche serait instituée au niveau régional une commission chargée de diligenter des expertises et pouvant être saisie de plaintes ne donnant pas lieu à une demande d'indemnités. La composition de cette structure mêlerait usagers, soignants et personnalités compétentes.P. Be.


La montée en puissance des associations d'usagers : ANALYSE : Les patients sont en train de prendre une nouvelle place dans le système de santé

Paul Benkimoun benkimoun@lemonde.Fr Mis à jour le lundi 3 avril 2000

LES PERSONNES MALADES les usagers de la santé, comme on tend à les dénommer haussent le ton. Derrière la volonté de voir leurs droits pleinement reconnus se profile un mouvement profond. Les usagers sont en train de prendre une nouvelle place dans le système de santé. Non plus celle de patients, considérés à travers le cas médical qu'ils présentent ou un organe malade, mais celle de citoyens à part entière. Ce qui va au-delà d'une présence-alibi dans les conseils d'administration d'établissements de santé, ouverts aux représentants des malades depuis la réforme hospitalière d'avril 1996. « Les médecins veulent garder une attitude paternaliste leur donnant la légitimité pour faire le tri des informations à communiquer », accuse Pierre Lascoumes, l'un des deux coordonnateurs du Collectif interassociatif sur la santé (CISS), qui rassemble depuis 1996 les plus importantes associations de malades et de consommateurs.

Tout a changé avec le sida. « Les associations de lutte contre le sida, avec leurs militants apparaissant comme des »profanes éclairés«, ont servi de modèle à des gens qui jusqu'ici subissaient sans rien dire par crainte de représailles du milieu médical. Elles ont fait appréhender l'ensemble des aspects de la maladie », analyse Pierre Lascoumes. Un point de vue que partage Claire Compagnon, ancienne militante d'Aides avant de rejoindre la Ligue nationale contre le cancer et de devenir la cheville ouvrière des Etats généraux des malades du cancer, à l'automne 1998. « Aujourd'hui, les malades du cancer sont moins mobilisés que ceux touchés par le sida, dit-elle . Ils ont souvent cet état de sidération au moment de l'annonce du diagnostic. Mais leur volonté d'avoir leur mot à dire est de plus en plus forte, comme l'ont montré les états généraux. Au fur et à mesure que leur expertise progresse, notamment grâce à l'Internet, l'implication augmente, par exemple dans des comités de patients sur les essais cliniques et thérapeutiques. Cela fait aussi évoluer la Ligue. »

PAS À LA TRAPPE

Lassées d'entendre leurs interlocuteurs des pouvoirs publics poser sempiternellement la question : « Mais est-ce que les autres associations sont d'accord ? », vingt et une d'entre elles ont créé le CISS. Intervenant aussi bien sur le terrain du sida, du cancer, des myopathies ou des infections nosocomiales que sur celui de la famille et du handicap, elles ont constaté qu'elles partageaient la même problématique autour du consentement, des assurances, du maintien à domicile ou de l'accès aux soins.

L'intervention des usagers a fait des états généraux de la santé de 1998-1999 autre chose qu'une cérémonie institutionnelle. L'engagement pris par Lionel Jospin de consacrer le droit des malades par une loi constituait un aboutissement. « On ne peut pas faire comme si les états généraux n'avaient pas eu lieu », s'indigne Christian Saout, président d'Aides. Les associations regroupées dans le CISS ont donc adressé, le 16 mars, une lettre à Lionel Jospin afin que ce projet de loi ne passe pas à la trappe. « La loi permet de faire remonter à un niveau supérieur l'obligation de respecter des dispositions qui ne sont pas appliquées », affirme le professeur Henri Pujol, président de la Ligue nationale contre le cancer, qui appelle les médecins à « d'abord écouter les malades ».

Paul Benkimoun


Le Monde daté du mardi 4 avril 2000 : Le fils d'un patient décédé : « Nous avons été confrontés à un véritable écran » Mis à jour le lundi 3 avril 2000
JEAN TAQUET n'oubliera pas ce 12 février 1998, jour où son père, André Taquet, quatre-vingt-trois ans, s'est cassé le col du fémur droit. Deux semaines après une longue hospitalisation, André Taquet est décédé. « Dans cette affaire, s'indigne le fils du défunt, nous n'avons pas pu établir une véritable communication avec les autorités médicales, comme avec le personnel infirmier. Nous avons été confrontés à une ambiance d'impatience ou d'incompréhension condescendante, un véritable écran. »

Après le décès du père, la famille a tenté d'obtenir communication de son dossier médical. « Pendant deux mois et demi, se souvient Jean Taquet, nous avons dû lutter, à raison de deux courriers par semaine. Nous avons pris contact avec l'association le Lien (lutte, information et études des infections nosocomiales). »

Jusqu'à son accident, André Taquet était parfaitement autonome et se portait bien, en dehors de problèmes cardiaques ayant nécessité la pose d'un stimulateur en 1997 et d'une maladie de Parkinson bien contenue par un traitement médicamenteux. « Mon père est entré dans le service d'orthopédie d'un hôpital de la région parisienne, raconte Jean Taquet . La réduction de la fracture a lieu sans problème, du moins apparemment, car une infection par Staphyloccocus epidermidis a été découverte. Non sans mal, nous avons fini par apprendre qu'elle serait due à un drain insuffisamment stérilisé utilisé durant l'opération. »

DE 66 À 82 KILOS

La famille du malade est alarmée par le développement d'un oedème atteignant d'abord la jambe accidentée, avant de gagner l'autre jambe, puis le bras, et de se généraliser. « L'anesthésiste à qui nous en avons parlé ne trouvait rien d'anormal, alors que mon père, qui pesait 66 kg à son entrée à l'hôpital, était passé à 82 kg le 6 mars, un peu plus de trois semaines après. »

Transféré dans le service de médecine pour « pneumopathie » et « dyspnée et encombrement pulmonaire », André Taquet voit son poids ramené à 50 kg à la suite d'un traitement intensif par un diurétique.

DATE DE PÉREMPTION Une sonde d'alimentation gastrique lui est posée. « Parmi ce qui était introduit dans la sonde figuraient des aliments »hautes protéines« dont la date de péremption était dépassée, remarque Jean Taquet. Une infection urinaire s'est développée. Nous n'avons pas été informés des médicaments administrés à mon père. Rien n'indique que le traitement antiparkinsonien ait été poursuivi. De plus, l'hygiène était loin d'être respectée : des comprimés étaient écrasés avec des pilons de fortune sur des dessertes conservant l'empreinte d'auréoles de verres et de gobelets non lavés. »

Un mois et demi après son admission dans le service de médecine, le couchage d'André Taquet est amélioré grâce à un matelas anti-escarres. « C'est à ce moment que nous avons découvert l'existence de deux escarres lombaires dont on ne nous avait rien dit. » La sortie est autorisée le 20 mai 1998. « L'ordonnance de sortie ne mentionnait pas de traitement préventif des phlébites et il nous a fallu retourner à l'hôpital pour un complément d'ordonnance, poursuit Jean Taquet . Mon père est décédé à la maison le 6 juin. »

Ce n'est que le 30 juin 1999 que Jean Taquet a obtenu le dossier médical de son père. Le même jour, Lionel Jospin intervenait lors de la clôture des états généraux de la santé pour affirmer la nécessité d'une loi consacrant le droit des malades et permettant l'accès direct au dossier médical.

P. Be.


Hôpitaux britanniques : au secours ! - Sud-Ouest du vendredi 14 avril 2000, p. 3
Scandale en Angleterre : dans certains hôpitaux publics à court d'argent, les personnes trop âgées ne sont plus soignées. Certains malades jugés incurables ne sont pas réanimés!


Mort, faute de césarienne - France Soir du vendredi 14 avril 2000, p. 9
Témoignage d'une femme qui vient de perdre son bébé pour un "oubli" de césarienne. Epreuve d'autant plus difficile pour cette femme a pratiqué une fécondation in vitro après s'être longtemps battue contre la stérilité...


AFP) - Accident post-opératoire: la famille d'un patient dans le coma porte plainte 25/04/2000 18:29
NANCY

- La famille d'un homme opéré le 3 avril au centre hospitalier universitaire de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et qui se trouve dans un coma irréversible à la suite d'un accident post-opératoire depuis le 15 avril, a porté plainte mardi contre le CHU, a-t-on appris auprès de la famille.

L'association LIEN.S (Lutte, info, étude des infections nosocomiales et sécurité), spécialisée dans les dysfonctionnements hospitaliers et la sécurité sanitaire, va également porter plainte avec constitution de partie civile, car "il y a eu un défaut de surveillance évident", a expliqué à l'AFP le président de l'association, Alain-Michel Ceretti.

A la suite de l'ablation d'un poumon, le 3 avril, le patient, Gérard Chollot, âgé de 65 ans et retraité des mines de fer, se trouvait sous respirateur artificiel et une trachéotomie lui avait été pratiquée le 13 avril, a expliqué son fils, Denis Chollot, joint au téléphone.

Dans la nuit du 14 au 15 avril, le tuyau de l'aérateur s'est débranché, et le patient a fait un arrêt respiratoire et un malaise cardiaque, a précisé son fils.

"Mon père se remettait doucement de son opération qui s'était bien passée", a-t-il ajouté. "Normalement, il y aurait dû avoir deux alarmes, celle du respirateur et celle de l'électrocardiogramme, mais personne n'a rien entendu", souligne-t-il.

"Une enquête interne de matériau-vigilance est en cours", a-t-on expliqué à la direction générale du CHU, qui évoque "sans aucune certitude pour l'instant", "un problème d'alarme sonore qui n'aurait pas fonctionné".


CHARTRES - Deux chirurgiens de l'hôpital de Châteaudun ont été suspendus de leurs fonctions par la ministre de l'Emploi et de la Solidarité Martine Aubry à la suite d'"incidents" au sein de leur service, a annoncé la préfecture d'Eure-et-Loir dans un communiqué reçu samedi.

Le préfet a par ailleurs saisi, dès le 20 mars dernier, le procureur de la République "des faits portés à sa connaissance", précise le communiqué.

Le même jour, le préfet avait également informé le directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation "d'incidents survenus au sein du service de chirurgie de cet établissement".

Une enquête, dirigée par le médecin inspecteur régional de la santé, avait été effectuée au centre hospitalier du 24 à 29 mars. La suspension des deux praticiens "est apparue nécessaire et urgente au vu des conclusions" de cette enquête, rendues le 4 avril, souligne le communiqué.

Un porte-parole de la préfecture, joint par l'AFP, s'est refusé à préciser la teneur exacte de ces incidents, d'ordre "purement médical" selon lui.

L'activité chirurgicale de l'hôpital de Châteaudun est désormais "assurée sous la responsabilité et avec le concours des chefs de service de chirurgie du Centre hospitalier de Chartres", selon la préfecture.

"Cette solution garantit la prise en charge de l'urgence chirurgicale et de la couverture de l'activité de la maternité du centre hospitalier de Châteaudun", poursuit le communiqué.

La multiplication d'incidents dans le service chirurgie de l'hôpital de Châteaudun avait déjà été dénoncée par l'intersyndicale de l'établissement lors du mouvement de grève qui avait touché le centre hospitalier début février.


RISQUE ET RESPONSABILITE Une prescription de « repos au lit » jugée non explicite : le Sou Medical 26 avril
Un cardiologue a été condamné en appel à indemniser la femme d'un patient décédé car, suspectant une embolie pulmonaire, il n'avait pas explicité suffisamment sa prescription de « repos au lit ».

Suspectant une embolie pulmonaire chez un patient de 76 ans admis en clinique pour une dyspnée d'apparition brutale, un cardiologue a prescrit un traitement par héparine à la seringue électrique, une oxygénothérapie par voie nasale et le « repos au lit » du patient. En outre, il a demandé qu'une échographie cardiaque soit faite dans la journée. Ces prescriptions ont été appliquées par l'infirmière chargée du malade mais certainement pas aussi scrupuleusement que le cardiologue l'espérait.

En effet, en fin d'après-midi, le patient a été emmené en salle d'échographie en fauteuil roulant, l'aide-soignante ayant obtenu l'autorisation de l'infirmière sollicitée. Erreur que le médecin échographiste a tenté de corriger au vu des résultats de l'échographie, plaidant en faveur d'une embolie pulmonaire probablement massive (dilatation importante des cavités droites et hypertension pulmonaire artérielle mesurée à 64 mmHg). Il a demandé en effet à l'aide-soignante de descendre le lit du patient en salle d'échographie afin que le malade, toujours dyspnéique, puisse regagner sa chambre en position allongée, dans l'attente d'un transfert dans l'unité de soins intensifs où le médecin-réanimateur l'attendait dès qu'un lit y serait libéré.
Moins d'un quart d'heure plus tard, le patient a enfin franchi les portes de la réanimation. Retrouvé dès son arrivée en état de choc, marbré et polypnéique quoique encore conscient, il a dû être immédiatement intubé. Quelques minutes plus tard, il a été victime d'un arrêt cardio-respiratoire irréversible malgré les manœuvres de réanimation immédiatement entreprises.

Six mois plus tard, la fille de ce malade a assigné le directeur de la clinique en justice : elle a demandé une expertise pour faire toute la lumière sur les circonstances du décès de son père. Le directeur de la clinique, à son tour, a appelé en garantie le cardiologue et son assureur, le Sou Médical.
Pour l'expert cardiologue nommé, bien qu'il n'y ait pas eu d'autopsie, le décès était dû sans conteste à une défaillance cardiaque aiguë, conséquence très vraisemblablement d'embolies pulmonaires répétées. La mobilisation du patient pour réaliser l'échocardiographie était, sans conteste non plus, une imprudence qui avait contribué à aggraver l'état clinique sans qu'on puisse pour autant affirmer qu'elle était la cause exclusive et directe du décès.
Cette imprudence était à rapprocher du fait que l'interdiction de mobilisation du patient n'avait pas été clairement explicitée par le cardiologue qui, dès lors qu'il évoquait le diagnostic d'embolie pulmonaire, aurait dû prescrire un repos absolu au lit, prendre des mesures pour éviter la mobilisation du patient et en informer le personnel soignant.
L'expert n'a relevé cependant aucune faute du personnel de la clinique, contrairement à ce qu'estimait la fille du patient, et s'est contenté de conclure que l'infirmière et l'aide-soignante n'avaient fait qu'exécuter les prescriptions médicales. Au vu du rapport, les magistrats ont estimé que la plainte visant le directeur de la clinique devait donc être rejetée, aucun dysfonctionnement dans l'organisation des soins ni défaillance dans les matériels n'ayant été relevés. Ils ont jugé que, si une faute avait effectivement été commise par le cardiologue, le lien de causalité entre la faute et le décès du patient n'était pas démontré, de telle sorte que sa responsabilité ne pouvait être reconnue.

Perte de chance
L'analyse des magistrats de la cour d'appel a été quelque peu différente ; elle s'est fondée sur la notion de « perte de chance », qui permet devant les juridictions civiles de condamner un médecin dès lors qu'il a commis une faute, même si le lien de causalité entre la faute et le préjudice n'est pas démontré. Car si, comme les juges en première instance, ils considèrent qu'il appartenait au médecin d'expliciter ses prescriptions de telle sorte « qu'aucune ambiguïté n'existe pour le personnel soignant chargé de les exécuter », et s'ils rappellent qu'il ne saurait être reproché au personnel soignant de ne pas avoir interrogé le médecin prescripteur, ils jugent que cette imprudence « a ainsi privé le malade d'une chance de survivre » à l'embolie pulmonaire dont le diagnostic était clairement posé depuis le matin même de la prescription litigieuse. Et, par ces motifs, ils condamnent le cardiologue - et en l'occurrence son assureur - à verser à la veuve du patient la somme de 15 000 F pour son préjudice matériel (frais d'obsèques et de sépulture) auxquels s'ajoutent 20 000 F au titre de son préjudice moral et 25 000 F pour celui de ses enfants et petits-enfants.
Notre sociétaire a décidé de ne pas engager un pourvoi en cassation contre cet arrêt. Il est vrai que les chances de succès d'un tel pourvoi semblaient minimes, sa responsabilité étant difficilement contestable. D'autant que, interrogé par l'expert, le cardiologue avait reconnu ne pas avoir avisé l'infirmière de l'interdiction impérative de mobiliser le malade et qu'il lui aurait été possible de demander que cette échographie fût réalisée au lit du patient, ce que la prudence et le bon sens imposaient devant la forte suspicion d'embolie pulmonaire.
Dr Carole GERSON
Le Sou Médical
http://www.quotimed.com/articles/actualite/getarticle.cfm?ArtIdx=28877&IdxNumber=5&Random=599


Journal N° 6697 du 28-Avr-2000 Page 12 www.quotimed.com Le gouvernement semble favorable à un accès direct au dossier médical

L E gouvernement semble favorable à un accès direct au dossier médical. Mais les conditions d'accès au dossier restent encore assez imprécises et devraient être laissées à l'appréciation du Conseil d'Etat. Voilà ce qui ressort d'un document de travail envoyé par Dominique Gillot aux associations et aux syndicats. Dans un courrier d'accompagnement, la secrétaire d'Etat à la santé invite ses interlocuteurs associatifs et syndicaux à une réunion de concertation le 5 mai afin de « préparer le projet de texte législatif » concernant l'accès au dossier médical, l'information de la personne malade et les modalités de recueil de son consentement.
Ce document de travail comporte deux articles. Le premier indique que « toute personne a le droit de prendre connaissance de l'ensemble des informations concernant sa santé détenues par des professionnels et établissements de santé et ayant contribué à l'élaboration et au suivi du diagnostic et du traitement ou ayant fait l'objet d'échanges écrits entre professionnels et notamment des résultats d'examen, comptes rendus d'intervention, d'exploration ou d'hospitalisation, des protocoles et prescription thérapeutiques mis en œuvre, feuilles de surveillance, correspondances entre professionnels de santé à l'exception des informations mentionnant qu'elles ont été recueillies auprès de tiers n'intervenant pas dans la prise en charge thérapeutique ou concernant un tel tiers ».
L'article précise ensuite que la personne peut accèder à ces informations « directement » ou par l'intermédiaire d'un praticien qu'elle désigne, dans des conditions définies en Conseil d'Etat. « La présence d'une tierce personne (d'un praticien désigné par le patient) lors de la consultation de certaines informations peut être recommandée par le médecin les ayant établies ou en étant dépositaire, pour des motifs déontologiques tenant aux risques que leur connaissance sans accompagnement pourrait faire courir à la personne concernée », précise le texte ministériel, qui ajoute qu'une personne mineure peut s'opposer à ce que le ou les titulaires de l'autorité parentale accèdent directement aux informations médicales la concernant.
Le second article prévoit une modification de l'article L. 710-2 du code de la Santé publique afin d'y faire préciser que la communication du dossier « est effectuée, au choix de la personne concernée, directement ou par l'intermédiaire d'un médecin qu'elle désigne ».
Ce document de travail est accueilli avec inquiétude par Christian Saout, le président de AIDES. « Ce document ne comporte que deux malheureux articles et n'évoque absolument pas la question de l'aléa thérapeutique, de l'assurabilité des personnes et des droits collectifs, explique-t-il. Cela donne le sentiment que le gouvernement va renoncer à faire un projet de loi et faire passer ces dispositions à la va-vite dans les traditionnelles diverses mesures d'ordre législatives. Enfin, la formulation du texte, concernant les modalités d'accès au dossier, laisse un pouvoir d'appréciation beaucoup trop large au Conseil d'Etat. » . P.B. et S.H.


- 25/04/2000 Les AGF lancent la "Garantie des Accidents de la Vie" Les AGF lancent, à partir du 25 avril 2000 un nouveau produit : la Garantie des Accidents de la Vie. La principale nouveauté de ce produit est que l'indemnisation est versée même en l'absence de responsabilité ou de faute d'un tiers. De même, les accidents liés à l'aléa thérapeutique sont couverts même en l'absence de faute médicale.

Il sera commercialisé par les 3 000 Agents Généraux, le Réseau salarié Santé du Groupe et les Courtiers. La Garantie Accidents de la Vie des AGF offre :
- une garantie pour toute la famille, en incapacité et décès,
- une garantie pour tous les accidents de la vie privée (hors auto),
- une garantie à partir de 10% d'incapacité,
- une garantie partout en Europe et dans les autres pays pour les enfants étudiant à l'étranger fiscalement à charge.

La principale nouveauté de ce produit est que l'indemnisation est versée même en l'absence de responsabilité ou de faute d'un tiers. De même, les accidents liés à l'aléa thérapeutique sont couverts même en l'absence de faute médicale.

La cotisation est inférieure à 75 F. par mois en formule de base pour garantir une famille, quel que soit le nombre de ses membres.

La garantie des accidents de la vie privée correspond à un véritable besoin des particuliers. En effet, en France, chaque année, les accidents de la vie privée (hors circulation automobile) touchent 8 millions de personnes, dont 400 000 gardent des séquelles graves.
Jusqu'ici aucune solution satisfaisante ne permettait de faire face aux difficultés financières de ces personnes (régimes sociaux, assurances individuelles...).

Cette nouvelle protection résulte des travaux initiés par la profession (FFSA), auxquels les AGF ont activement contribué. Une charte a ainsi été conçue, qui prévoit une garantie minimale que l'ensemble des adhérents s'engage à proposer à leurs clients.
Les AGF sont ainsi en mesure, dès aujourd'hui, de proposer à leurs clients une offre complète, simple avec une large couverture des risques.
Avec ce nouveau produit, les AGF, fortes de leur expérience dans l'assurance des risques de particuliers, renforcent leur position sur ce marché et enrichissent leur gamme, gage d'un progrès continu au service de leurs clients.

Contacts presse Relations analystes et investisseurs François Vikar : 01 44 86 29 12 Jean-Michel Mangeot : 01 44 86 21 25 Sylvie Lefoll: 01 44 86 78 97 Marc de Pontevès: 01 44 86 20 99 Anne-Sandrine Cimatti: 01 44 86 67 45 Patrice Cardinaud: 01 44 86 29 28 PRLine le 25/04/2000 Internet :
http://www.agf.fr E-Mail : mangejm@agf.fr Contact : Jean-Michel MANGEOT Telephone : 01 44 86 21 25


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