gange


LE GANGE
Le Gange tient une place extrêmement importante dans la religion hindoue est ceci indépendamment du dieu que l'on prie, c'est en effet plus qu'un fleuve, c'est la déesse Ganga descendue du ciel pour sauver l'humanité...impossible de saisir par la raison seule la place qu'occupe le Gange dans la vie des hindous. il faut rester des heures au bord du fleuve, sentir peu à peu dans son coeur et dans son corps que, comme toute eau qui coule, comme toute rivière, le Gange est femme, le Gange est mère. Une mère redoutable qui emporte, submerge, dévaste. Mais une mère protectrice aussi, qui féconde et nourrit.

Chaque fidèle entretient donc avec elle un rapport personnel, intime, qui se répercute à travers les générations. Prières murmurées à l'aube et au couchant, face au soleil. Certains reste des heures immergés jusqu'à la taille, les mains jointes, une étoffe sur la tête pour s'y isoler du monde: le fleuve est un temple. D'autres nagent et rient, s'ébrouent: le Gange est un jeu. Sous ces gestes familiers que chacun égrène à sa manière, une conviction instinctive commune à tous: le Gange transforme ceux qui viennent à lui.

L'Hindou qui descend dans l'eau pour ses ablutions quotidiennes en ressort libre des obstacles qui le séparaient de la divinité.
Mais pour comprendre plus profondément les liens qu'il y a entre individu et fleuve il convient de commencer par lire la légende...
Il y a des dizaines et des dizaines de siècles, au bord du Golfe du Bengale, vivaient les yogis qui passaient leur vie en méditations, afin d'atteindre la sagesse infinie.
Or, chaque fois qu'ils étaient prés d'y parvenir, voilà que des démons sortants de l'océan venaient les distraire...L'un de ses yogis, grâce à ses mortifications, avaient acquis la faculté d'avaler n'importe quoi. Ses compagnons le décidèrent donc à avaler l'océan et à les débarrasser des démons. Ainsi fût fait...
Mais le remède fût pire que le mal, il n'y avait plus d'eau, plus de nuages, plus de pluies, plus de récoltes...Les arbres jours après jours s'effeuillèrent jusqu'à complètement sécher. Le soleil, plus fort que jamais brûlait tout sur son passage, les prés si verdoyant étaient ils, se transformèrent en un désert arides. Mais pires que tout il n'y avait même plus assez d'eau, pour accomplir les rites de purifications, et les prières n'étaient donc plus exaucées.
Pendant des centaines de siècles, les yogis tentèrent en vain, d'obtenir que la déesse Ganga descendît du ciel..
Le roi Bagiratha résolut, lui, d'implorer le créateur lui-même, Brahma, qui tient à la main le vase contenant les eaux primordiales. Pour l'atteindre, il se livra pendant prés de mille ans à une méditations des plus difficiles, en effet il se tenait au sommet de l'Himalaya, sur un pied, se nourrissant de l'air qui fouetter son visage et de sa foi profonde en son créateur...
...Brahma, touché, par tant de courage, de foi et de contenance, lui accorda la réalisation d'un souhait, le roi Bagiratha, sans hésiter, le supplia d'envoyer la déesse Ganga sur terre.
Le créateur ordonna au Grand Himalaya, d'envoyer sa fille Ganga, sur terre, pour sauver les Hommes, mais elle n'avait aucune raison de vouloir descendre sur terre, sa colère décupla la force de sa chute, et la terre risquait d'être détruite, par la force de son flot terrifiant...
Seul, Shiva, le divin yogi, vivant en constante méditation sur un des sommets de l'Himalaya, serait capable de la calmer, alors, résolu à sauver la terre, Bagiratha, repartit pour les sommets de la montagne sacrée, et se livra encore et encore à ses méditations plus intenses que jamais, se concentrant uniquement sur l'image suprême...
Et il atteignît Shiva, lui aussi toucher par son courage et sa dévotion, accepta de l'aider. Les flots de Ganga se précipitèrent sur terre, Shiva les reçus dans sa chevelure, ou ils tournèrent, se tordirent tant est si bien qu'ils finirent par se calmer pur dévaler sans risque pour les Hommes, les pentes enchanteresses de l'Himalaya. Puis ils s'étalèrent de tout leur long dans la plaine, comme une main largement ouverte, apportant partout, avec l'eau, la pureté et la vie...
Ce fût une grande joie dans le ciel et sur la terre assoiffé...
Et c'est ainsi que le Gange naquit, avec ses rites, ses croyances et ses incantations...

Voilà peut- être comprenez-vous mieux maintenant ce qui fait de ce fleuve quelque choses d'unique, chaque ville, chaque lieu entretient des rapports intimes avec le fleuve. Les oiseaux ont droit à des perchoirs de Bambou arrimés dans le courant à Bénarès, "mère Gange", veille sur eux. Les jeunes mariés entraînent une immense guirlande de fleurs d'une rive à l'autre derrière une barque: ils s'entourent la rivière d'un collier d'amour. Les paysans du Bihar, loin à l'est, enterrent des pots remplit d'eau du Gange dans les champs qu'ils viennent d'ensemencer. Le Bengale consacre mille poèmes au fleuve, l'homme dit à son aimée: tu es mon eau du Gange.
Les pèlerins repartent tous avec un bidon en plastique, l'objet-souvenir le plus prisé dans les bazars. L'eau sacrée reste pure de long mois, quelques gouttes aspergeront les moments importants de l'année.

Il est difficile de doter d'une source géographique toute simple un fleuve aussi complexe, descendu droit du ciel! On la voudrait introuvable, cette source, perdue à jamais dans les étoiles, comme le dit la légende. Mais l'empereur moghols Akbar ne l'entendit pas de cette oreille à la fin du 16éme siècles, car il décida de connaître l'origine physique du plus beau "joyau de sa couronne: il envoya une expédition qui décrivit à son retour une montagne taillée en "museau de vache", gomukh, d'ou jaillissait un torrent.
Un siècle plus tard, les Anglais tiennent à établir scientifiquement cet emplacement. Les premiers jésuites qui se sont aventurés dans la région pour y prêcher l'Evangile n'en n'ont ramenés que des descriptions floues, aucun document n'est encore là pour satisfaire leur besoin de précision.
La compagnie des Indes orientales, dépêche donc une expédition officielle en 1808 dans l'Himalaya pour y repérer le lieu dit "museau de vache. La nature se rebiffe, les explorateurs rentrent bredouilles. Le premier européen à y arriver officiellement est le capitaine Hodgson en 1817.

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