La Centrafrique a velo

La Centrafrique à vélo

Ces informations sont extraites d'un séjour effectué en République Centrafricaine en tant que VSNE (volontaire pour le service national en entreprise, sorte de coopération qui remplace le service national) en 89/90. La situation a bien changée depuis, car suite aux évenements de 96, la plupart des expatriées sont partis. Par contre, il est sûr que la situation n'a pas évolué en brousse, puisqu'elle n'avait pas évoluée depuis la colonisation. Il est vrai aussi que la situation en ville était déjà à ce moment tendue, et que un profil bas était de rigueur dans la capitale (pas de photos, raquet systématique partout la nuit par de vrais ou faux policiers ou militaires, en certains endroits à connaitre la journée (le rond point du km0 par exemple)).

Généralitées géographiques

La RCA est un pays moyen en surface (idem France), mais peu peuplé (mois de 5 millions d'habitants). La population est répartie sur la moitée ouest du pays, car toute la moitée Est connaît un probleme de mouches tsé-tsé qui empêche l'élevage du bétail.

L'extremitée sud (tout ce qui est au sud de bangui) est couvert de "grande" forêt (la forêt équatorialle, majestueuse avec ses grands troncs blancs). La seule route macadamée est la route Bangui - M'baïkï (100km). En dehors de cettte route, ce sont des pistes qui sont sur leur longueur au deux-tiers de latérite (trés roulant, parfois tôle ondulée donc fatiguant), un tiers de sable (impossible d'avancer avec un vélo, surtout s'il est chargé). J'ai essayé, il y a vraiment de quoi bloquer l'avancée !.
Le seul itininéraire est donc cette route, mais elle vaut quand même le trajet, vous passerez a mi-chemin devant le village natal de Bokassa (vous vous souvenez, le couronnement de l'empereur, les bijoux, la fosse aux lions, le frigo ?. Il avait voulu en faire la capitale, on y voit encore couvert par la végétation sa villa (avec le frigo), les batiments importants pour lui... Intéressant aussi ce qui est au sud de M'baïkï, vous verrez les pygmées, qui sont encore réduits à l'état d'esclavage de la part des "grands" Africains (les bantous). Les Sangos (tribu ou ethnie bantous du coin) possèdent des familles de pygmées qui s'héritent de père en fils et qu'ils font travailler pour leurs petits travaux (jardins, chasse, bananerais ...) femmes et hommes compris.
Parlez aux bantous par là, ils seront fiers de vous montrer "leur" pygmés qu'ils iront vous chercher en général sans ménagements ...

Si vous vous enfoncez assez au sud, vous serez au Congo sans vous en rendre compte et verrez les pygmes travaillant pour les compagnies de bois.

En vous faisant guider, par exemple du côte de Monbassa, vous pourrez peut être rencontrer des pygmes "libres", enfin, leur campement (surement abandonné) au coeur de la forêt ... mais là, plus possible d'y entrer avec votre vélo, il n'y a pour ainsi dire pas de chemins, et le coupe-coupe (ou machette) devient indispensable : les points de repères sont pour votre guide les marques de machette sur les trons des arbres !.

N'oubliez pas que dans cette partie sud, et tout le long de l'Oubangui, le moyen de transport roi est la pirogue, facile à louer avec le pécheur qui va avec a Bangui, et il est alors possible d'explorer avec une grande libertée à condition de passer plusieurs jours sur le fleuve (de l'itinérant pirogue à la place du vélo, ça c'est chouette aussi !).

Au nord de Bangui, c'est la brousse, c'est à dire savanne mi sèche, avec parfois parties de forêts mi humides, terrains de laterite rouges (il n'y a plus de sable) et donc pistes praticables à vélo. Il y a une route en macadam qui part de Bangui vers le nord et qui fait a peu près 150km, a part ça, adieu confort et bonjour la latérite.
Au nord de Banhui, faites un crochet vers les chutes de Boali (100km), ca vaut le coup d'oeil, allez éventuellent voir le lac aux caïmans un peu avant a gauche, vous pourrez offrir un poulet vivant aux crocos, c'est l'attraction du coin !
A 150km, il y au d'autres chutes (de la M'Bi), le terrain devient plus sec, il n'y a plus de macadam et bonjour la tôle ondulée (pénible pous les vertebres cervicales, les bras, et tout le reste y compris le vélo !).
En poussant vers l'est, vous rencontrerez des terrains légèrement vallonés, encore plus sauvages !

Mais je n'ai d'expérience de vélo que ce qui est dans un rayon de 100/150km autour de Bangui ! Le reste reste néanmoins praticable, mais de moins en moins peuplé selon que l'on s'éloigne de l'Oubangui, et deviens désertique vers les frontières nord et est.

Lorsque j'y était, il existait des groupes armés de "bandits" au nord d'une ligne est-ouest de 200km au nord de Bangui qui detroussent les voyageurs (Attention, un peace corps Américain a été tué lors d'une attaque en 90, il circulait en voiture en journée). Ils s'attaquent plutôt aux voitures et de nuit, mais ce n'est pas toujours le cas !

Essayer de visiter la réserver ce Manovo (dite aussi Gounda du mon de la rivière qui traverse la réserve, elle est située au nord est prés de la frontière Tchadienne, mais dur dur d'y arriver, l'avion est presque le seul moyen ! En tous cas, interdis de circuler en vélo dans les endroits à lions, ils n'attaquent pas les hommes debouts, mais interpretent les vélos et motos comme une gazelle en train de courrir, et ça les excite à attaquer, (un des guides de la réserve a faillit y passer comme ça !). Demander a pêcher à la sagaie, ça marche !

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