Chaviré

Bleu est l'océan de ses yeux
Quand l'eau triste et amère
Y dépose le sel merveilleux.

Il a tant navigué
Et si souvent chaviré
De par le monde
Qu'il la finit par se noyer
Dans ces eaux profondes
Que sont les rapts de l'Achéron.

On le croyait perdu à jamais
Alors qu'il s'aguerrissait
A la morsure des flots boueux
A la fonte des larmes
Ruisselantes de faiblesse.

Sorti invincible du fleuve infernal
Il est revenu un soir d'hiver
Hanté par cet air sévère
Tel un féroce animal.

La vie qui l'avait emporté adolescent
Nous le rendait à présent homme défiant.




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