Factice


Enluminée par la parure des falbalas
Dissimulé mon triste corps sous ce fatras
Caché mon visage blême sous l'éclat du fard
Supplantée mon odeur sous un parfum rare
Beauté factice qui n'est plus moi mais mon reflet.

C'est à cette image aussi lisse que la batiste
Que s'adressent ces sourires aux quels je résiste.
Ces signes subreptices dont j'ignore la cause
Auxquels répondre par un regard je n'ose.

Moi portefaix, je traîne le long du chemin
Mon âme lourde dans ce sac charnel
Les paumes excoriées par la corde qui me flagelle.

La personnalité qui m'a été insufflée
N'est pas de cette insoutenable légèreté
Je crains de vous décevoir
.

C'est de cette icône chimérique dont vous vous éprendrez
Non de ma personne dans sa pesante totalité.