Souvenirs dispersés


Je suis protée
Naïve sous l'auréole de la jeunesse
Vieille sous le voile de ton deuil.
Maintenant est l'heure de la messe
Sur ton cippe, je me recueille.

Je suis navrée
A ton obit, je n'ai pas pleuré.
Le limier a chassé le chagrin
La manade s'est dispersée
Les chevaux errent au fond du jardin.

Je suis désolée
Même si je suis sous ce gemmail
Mon cœur est une fleur nivéale
De la souffrance hivernale
Il a fait son berceau.

Je suis né
Mes rêves me donnent un destin
Même si je ne t'ai pas oublié
Mon futur se tisse dans le lointain
Aussi fin et incertain que la Malines l'est.